Santé du dos
Les muscles du dos : anatomie, groupes musculaires et rôles
Selon StatPearls (2024) et Cureus (2022), les muscles du dos se répartissent en deux ensembles : les extrinsèques, superficiels (trapèze, grand dorsal, rhomboïdes), qui mobilisent surtout le bras, et les intrinsèques, profonds (érecteurs du rachis, multifides). Pour StatPearls (2023), seuls ces derniers sont de vrais muscles du dos.
Relecture médicale en cours. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Publié le 23 octobre 2026. Relecture médicale en cours. « Le muscle du dos » n'existe pas : les sources décrivent plusieurs muscles disposés en couches. Ce guide d'anatomie s'appuie sur une thèse de l'Université de Lille, un article de la faculté de médecine de l'université de Sofia, un document du CHU de Liège, les résumés des fiches StatPearls du NCBI, ainsi que sur l'Assurance Maladie et la Haute Autorité de santé pour les repères santé. Il n'est pas illustré par un schéma médical : les noms sont donnés avec leur rôle, pour s'y repérer. Il ne remplace pas un avis médical.
À retenir
- Selon StatPearls (NCBI, 2023), seuls les muscles intrinsèques, profonds, sont considérés comme de vrais muscles du dos.
- Les muscles extrinsèques (trapèze, grand dorsal, rhomboïdes, élévateur de la scapula, dentelés postérieurs) servent surtout à bouger le bras en contrôlant l'omoplate et l'humérus (StatPearls, 2024).
- Les érecteurs du rachis (iliocostal, long dorsal, épineux) participent à l'extension du tronc ; le multifide, plus profond, participe à la mobilité, à la stabilisation et à la rotation des vertèbres (Université de Lille, 2019).
- Ces muscles ne travaillent pas seuls : abdominaux, fessiers et ischio-jambiers participent à la stabilité et à la mobilité du rachis (Université de Lille, 2019).
- Aucune source lue ne désigne un muscle précis comme responsable d'un mal de dos donné.
Comment sont organisés les muscles du dos ?
Les auteurs ne découpent pas tous le dos de la même façon. Dans sa fiche « Anatomy, Back, Muscles » (14 août 2023), StatPearls distingue trois groupes : les muscles intrinsèques ou profonds, qui se fixent à la colonne vertébrale ; les muscles superficiels, qui aident aux mouvements de l'épaule et du cou ; et les muscles intermédiaires, qui aident au mouvement de la cage thoracique. Seuls les muscles intrinsèques y sont considérés comme les vrais muscles du dos.
Dans sa fiche sur les muscles extrinsèques (30 janvier 2024), StatPearls distingue deux composantes, extrinsèque et intrinsèque, séparées selon leur origine embryologique et leur rôle dans le mouvement. L'article publié dans Cureus (11 juillet 2022) reprend ces deux ensembles, extrinsèque (superficiel) et intrinsèque (profond), à partir d'une dissection en couches d'un cadavre.
| Ensemble | Muscles cités par les sources | Rôle décrit par les sources |
|---|---|---|
| Extrinsèques (superficiels) | Trapèze, grand dorsal, rhomboïdes (grand et petit), élévateur de la scapula, dentelés postérieurs supérieur et inférieur | Bouger le membre supérieur en contrôlant l'omoplate et l'humérus (StatPearls, 2024) |
| Intrinsèques, couche intermédiaire | Érecteurs du rachis : iliocostal, long dorsal, épineux | Participer à l'extension du tronc (Université de Lille, 2019) |
| Intrinsèques, couche profonde | Transversaire épineux, aussi appelé multifide ; muscles interépineux et intertransversaires | Mobilité du tronc, stabilisation et rotation des vertèbres ; rôle de repérage de la position du rachis suggéré pour les petits muscles entre vertèbres (Université de Lille, 2019) |
Quels sont les muscles superficiels du dos ?
Selon StatPearls (30 janvier 2024), les muscles extrinsèques comprennent le trapèze, le grand dorsal, le grand et le petit rhomboïde, l'élévateur de la scapula et les dentelés postérieurs supérieur et inférieur. Leur fonction principale est de déplacer le membre supérieur, en contrôlant le mouvement de l'omoplate (scapula) et de l'humérus.
En retirant la peau et le tissu sous-cutané, la dissection décrite dans Cureus (2022) fait apparaître en premier le trapèze, le grand dorsal, une partie du splénius et les rhomboïdes ; après avoir écarté le trapèze, les auteurs exposent plus profondément le splénius, l'élévateur de la scapula et les rhomboïdes. Pour StatPearls (2023), le groupe des muscles superficiels aide aux mouvements de l'épaule et du cou, et seuls les muscles intrinsèques y sont considérés comme de vrais muscles du dos.
Quels sont les muscles profonds, les « vrais » muscles du dos ?
L'Université de Lille (thèse du 14 mai 2019) décrit les muscles paravertébraux, situés à l'arrière du rachis et recouverts d'une enveloppe appelée fascia thoraco-lombaire, en plusieurs couches. Dans la couche intermédiaire, l'iliocostal, le long dorsal et l'épineux forment le groupe des érecteurs du rachis, parce qu'ils participent à l'extension du tronc. Ils prennent leur origine au niveau de la crête iliaque, du sacrum et des apophyses épineuses lombaires et sacrales.
| Muscle | Position et insertions décrites |
|---|---|
| Iliocostal (iliocostalis) | Le plus latéral des trois ; s'insère sur les côtes et, pour sa partie cervicale, sur les apophyses transverses |
| Long dorsal (longissimus) | S'insère sur les apophyses transverses des vertèbres thoraciques et cervicales, et au niveau de l'os temporal |
| Épineux (spinalis) | S'insère sur les apophyses épineuses de la région thoracique inférieure, de la région cervicale supérieure et sur le crâne |
Dans la couche profonde, le muscle transversaire épineux s'étend en plusieurs faisceaux depuis le sacrum, les crêtes iliaques, les apophyses transverses et les apophyses articulaires, jusqu'aux apophyses épineuses. Ses nombreux faisceaux lui valent le nom de multifide. Il participe à la mobilité du tronc et joue un rôle dans la stabilisation et la rotation des vertèbres. Les muscles interépineux et intertransversaires relient les vertèbres entre elles ; leur forte concentration en fuseaux neuromusculaires suggère, selon la thèse, un rôle important pour renseigner sur la position du rachis.
Comment les nerfs commandent-ils ces muscles ?
Le document du CHU de Liège (octobre 2005) indique que la musculature paravertébrale est innervée par le rameau postérieur du nerf rachidien. Le multifide a une innervation dite monosegmentaire : chaque faisceau inséré sur le sommet d'une apophyse épineuse est innervé par le rameau postérieur issu du même niveau. À l'inverse, le longissimus et l'iliocostalis ont une innervation plurisegmentaire, avec un chevauchement de deux à quatre myotomes.
Pour les muscles superficiels, la dissection de Cureus (2022) montre le trapèze innervé par le nerf accessoire, l'élévateur de la scapula par le nerf dorsal de la scapula, et le grand dorsal par le nerf thoraco-dorsal. Le document de Liège situe le multifide dans la masse commune des érecteurs du tronc, alors que la thèse de Lille le range dans la couche profonde : les sources ne classent pas ce muscle de la même façon.
À quoi servent les muscles du dos ?
Selon l'Université de Lille (2019), les muscles paravertébraux sont les principaux muscles de l'extension du tronc lorsqu'ils se contractent des deux côtés, tandis que la contraction d'un seul côté permet l'inclinaison du tronc. Ils sont aussi sollicités pour la stabilité du rachis, et se contractent même par anticipation lorsqu'on déplace volontairement un membre. La thèse précise que ces muscles sont essentiellement composés de fibres lentes, de 54 à 73 % selon les études qu'elle cite, avec une grande variabilité d'une personne à l'autre.
L'Assurance Maladie (9 avril 2025) résume l'ensemble avec l'image d'un voilier : les vertèbres sont le mât, les muscles et les ligaments en sont les haubans, c'est-à-dire les câbles qui le soutiennent. Les ligaments relient les vertèbres entre elles et les muscles permettent de faire bouger le dos.
| Muscles | Rôle décrit |
|---|---|
| Abdominaux (obliques, transverse de l'abdomen, grand droit) | Stabilité et mobilité du rachis, en synergie avec les muscles postérieurs du tronc |
| Carré des lombes et psoas | Attachés aux vertèbres lombaires ; participent aux déplacements du tronc, dont l'inclinaison et la rotation |
| Grands glutéaux et ischio-jambiers | Co-agonistes de l'extension du tronc, par l'extension de la hanche |
Les muscles sont-ils en cause dans le mal de dos ?
L'Assurance Maladie (29 janvier 2026) écrit qu'on sait maintenant que la majorité des lumbagos communs est la conséquence de lésions des muscles, des ligaments et des tendons qui assurent le soutien et le fonctionnement de la colonne vertébrale. Elle précise qu'il n'existe aucun lien entre l'intensité de la douleur et la gravité du mal de dos, et que les examens radiologiques sont inutiles en première intention. Elle écrit aussi que, très souvent, la cause du mal de dos est la sédentarité : les muscles se relâchent et ne sont pas assez forts pour jouer leur rôle.
Pour la Haute Autorité de santé (fiche mémo du 4 avril 2019), dans 90 % des cas, la lombalgie commune évolue favorablement en moins de 4 à 6 semaines. Aucune de ces sources n'attribue un mal de dos à un muscle précis : voir plus bas ce que l'on ne peut pas affirmer.
Comment entretenir ses muscles du dos ?
L'Assurance Maladie (9 avril 2025) indique qu'il n'existe pas de gymnastique spécifique contre les douleurs lombaires : tous les mouvements de la vie quotidienne, sans forcer, peuvent être pratiqués et sont bénéfiques, et toute augmentation de l'activité physique, même minime, est bénéfique pour entretenir la musculature du dos. La prévention passe par une activité physique régulière et la limitation de la sédentarité. Elle suggère de marcher quelques minutes et de s'étirer au bout de 2 heures d'affilée en position assise ou allongée. Le médecin traitant peut aider à choisir une activité adaptée.
La HAS (2019) écrit que l'activité physique est le traitement principal permettant une évolution favorable de la lombalgie et d'éviter une récidive. Pour les patients ayant une lombalgie chronique ou à risque de chronicité, elle recommande des exercices thérapeutiques adaptés à la situation clinique, enseignés par un kinésithérapeute puis poursuivis à domicile (grade B). Voir aussi le guide École du dos.
Quand consulter ?
Pour une douleur du dos qui persiste, qui s'aggrave ou qui vous inquiète, parlez-en à votre médecin traitant. La HAS, dans une fiche destinée aux professionnels de santé, dresse une liste de signes d'alerte (« drapeaux rouges ») que le médecin recherche devant toute douleur lombaire récente, parmi lesquels une douleur d'aggravation progressive présente au repos et surtout la nuit, un déficit de contrôle des sphincters, une atteinte motrice des jambes, des fourmillements au niveau du pubis ou du périnée, un traumatisme important, une perte de poids inexpliquée, de la fièvre, une altération de l'état général, une douleur thoracique, ou un début avant 20 ans ou après 55 ans. La HAS précise que la spécificité de ces signes pris isolément est limitée et que c'est leur combinaison qui doit attirer l'attention : c'est au médecin de l'interpréter. Une douleur qui irradie dans la jambe est traitée dans le guide Comment soulager une sciatique. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Ce que l'on ne peut pas affirmer
- Aucune source lue ne relie un muscle précis à une douleur précise, ni ne chiffre l'effet d'un coussin, d'un siège ou d'un exercice sur un muscle donné.
- Les sources ne classent pas les muscles de la même façon : trois groupes pour StatPearls (2023), deux ensembles pour StatPearls (2024) et Cureus (2022), et le multifide figure dans la couche profonde pour l'Université de Lille mais dans la masse des érecteurs du tronc pour le CHU de Liège. Le classement du splénius n'est traité que dans Cureus, qui l'inclut dans les muscles extrinsèques de sa dissection.
- L'article Cureus repose sur la dissection d'un seul cadavre, et seuls les résumés des deux fiches StatPearls ont pu être lus : le détail de leurs articles n'est pas repris ici.
- La liste de muscles donnée ici n'est pas exhaustive : elle reprend les muscles que les sources lues citent.
Questions fréquentes
Quels sont les principaux muscles du dos ?
Selon StatPearls et la thèse de l'Université de Lille, les muscles superficiels comprennent le trapèze, le grand dorsal et les rhomboïdes, et les muscles profonds comprennent les érecteurs du rachis (iliocostal, long dorsal, épineux) et le multifide.
Quelle est la différence entre muscles extrinsèques et intrinsèques du dos ?
Les muscles extrinsèques, superficiels, servent surtout à bouger le bras en contrôlant l'omoplate et l'humérus (StatPearls, 2024). Les muscles intrinsèques, profonds, se fixent à la colonne vertébrale et sont les seuls considérés comme de vrais muscles du dos (StatPearls, 2023).
Que sont les érecteurs du rachis ?
D'après l'Université de Lille (2019), ce sont l'iliocostal, le long dorsal et l'épineux, trois muscles de la couche intermédiaire qui participent à l'extension du tronc.
Qu'est-ce que le muscle multifide ?
Selon l'Université de Lille (2019), c'est le muscle transversaire épineux de la couche profonde, formé de nombreux faisceaux, qui participe à la mobilité du tronc ainsi qu'à la stabilisation et à la rotation des vertèbres.
Les abdominaux font-ils partie des muscles du dos ?
Les sources lues ne les rangent pas parmi les muscles du dos ; selon l'Université de Lille (2019), ils agissent en synergie avec les muscles postérieurs du tronc pour la stabilité et la mobilité du rachis.
Comment entretenir les muscles du dos ?
L'Assurance Maladie (9 avril 2025) indique que tous les mouvements de la vie quotidienne, sans forcer, sont bénéfiques et que toute augmentation de l'activité physique, même minime, entretient la musculature du dos. Votre médecin traitant peut vous aider à choisir une activité adaptée.
Un mal de dos vient-il toujours d'un muscle ?
L'Assurance Maladie (29 janvier 2026) indique que la majorité des lumbagos communs est la conséquence de lésions des muscles, ligaments et tendons, mais aucune des sources lues ne désigne un muscle précis. Pour une douleur qui persiste, parlez-en à votre médecin.
Quand faut-il consulter pour une douleur du dos ?
Si la douleur persiste, s'aggrave ou vous inquiète, parlez-en à votre médecin traitant. La HAS liste des signes d'alerte que le médecin recherche, dont la fièvre, une perte de poids inexpliquée ou un déficit de contrôle des sphincters ; c'est leur combinaison qui doit attirer l'attention.
Sources
- Université de Lille, thèse d'Agathe Anthierens, « Réponses hémodynamiques et métaboliques des muscles paravertébraux à l'exercice », soutenue le 14 mai 2019, chapitre 1 (pages 18 à 24), lue le 23 octobre 2026
- Cureus, Spiriev et coll. (faculté de médecine de l'université de Sofia), « Three-Dimensional Immersive Photorealistic Layered Dissection of Superficial and Deep Back Muscles », 11 juillet 2022, lu le 23 octobre 2026
- CHU de Liège, service de médecine physique, Tomasella et Wang, « Exploration électromyographique des muscles paravertébraux », Correspondances en Nerf et Muscle, octobre 2005, lu le 23 octobre 2026
- NCBI Bookshelf, StatPearls, « Anatomy, Back, Muscles », Henson, Kadiyala et Edens, 14 août 2023 (résumé lu, page complète inaccessible aux robots), lu le 23 octobre 2026
- NCBI Bookshelf, StatPearls, « Anatomy, Back, Extrinsic Muscles », Mitchell, Imonugo et Tripp, 30 janvier 2024 (résumé lu, page complète inaccessible aux robots), lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Le dos, comment ça marche ? », rubrique Lombalgie aiguë, 9 avril 2025, lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Lombalgie ou mal de dos, de quoi parle-t-on ? », rubrique Lombalgie aiguë, 29 janvier 2026, lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Mal de dos : le bon traitement, c'est le mouvement ! », rubrique Lombalgie aiguë, 9 avril 2025, lu le 23 octobre 2026
- Haute Autorité de santé, « Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune », fiche mémo mise en ligne le 4 avril 2019, lue le 23 octobre 2026