Chaussures running : comment choisir selon ce que disent les études

Choisir ses chaussures de running ne repose sur aucune règle démontrée par les études lues. Cette page, sans marque ni prix, dit ce que les revues et essais mesurent, ce qu'ils ne mesurent pas, et laisse le confort à l'essai comme critère à tester.

Pour choisir des chaussures running, les conseils en ligne parlent de drop, d'amorti, de pronation. Les études lues, elles, concluent peu : cette page ne donne ni marque ni prix, et sépare ce que les revues et essais ont mesuré de ce qui n'a, jusqu'ici, aucune source.

Chaussures running : selon la revue Cochrane (2022, 12 essais, 11 240 participants), la plupart des preuves ne montrent pas de réduction des blessures selon le type de chaussure (certitude faible à très faible). Aucune source lue ne désigne un drop idéal contre les blessures ; Renninger et Beck (2026) trouvent la meilleure économie de course à 0 mm.

À retenir

  • Cochrane (2022) ne trouve aucune preuve que prescrire des chaussures selon le type de pied réduise les blessures ; les trois essais portaient sur des militaires.
  • Malisoux et collègues (2020, 848 coureurs récréatifs) observent plus de blessures avec une chaussure dure, surtout chez les plus légers ; Cochrane (2 études, 1 095 participants) conclut à peu ou pas de différence entre semelles souples et dures, et inclut très probablement l'essai de Malisoux.
  • Sun et collègues (2020) jugent que le drop demande d'autres recherches avant tout guide scientifique.
  • Drop idéal pour prévenir les blessures, pointure et renouvellement en kilomètres : aucune source lue ; cette page l'écrit comme une absence de preuve.

Chaussures running : par où commencer pour choisir ?

Pour des séances de course, le NHS conseille de porter des chaussures de running qui soutiennent les pieds. C'est le seul conseil de choix lu dans une source institutionnelle ; il ne dit rien du drop, de l'amorti ni de la marque.

Aucune source lue n'a mesuré le critère inverse non plus : la revue Cochrane n'a trouvé aucun essai comparant des chaussures de running à des chaussures qui n'en sont pas. Elle ne peut donc pas dire si une chaussure de running protège davantage qu'une chaussure ordinaire.

Ce que disent les études sur les chaussures et les blessures

La revue Cochrane (Relph et collègues, 2022, recherche close en juin 2021) rassemble 12 essais randomisés ou quasi randomisés, soit 11 240 participants, coureurs ou recrues militaires, avec des essais de 6 à 26 semaines. La plupart des preuves sont de certitude faible ou très faible.

Études lues : population, comparaison, résultat, limite (résumés PubMed)
ÉtudePopulationComparaisonCe qu'elle conclutCe qu'elle ne conclut pas
Cochrane 2022 (Relph)12 essais, 11 240 participants, coureurs ou recrues militairestypes de chaussurespas de réduction démontrée des blessuresne peut pas dire si un type de chaussure protège ; certitude très faible à faible
Malisoux 2020848 coureurs récréatifs, 6 moisdeux prototypes qui ne diffèrent que par l'amortiplus de blessures avec la chaussure durepas d'effet démontré chez les plus lourds ; deux prototypes seulement
Malisoux 2025527 participants, analyse secondaire du même essaiperception de l'amorti et appréciationappréciation maximale associée à moins de blessuresassociation observationnelle, pas causalité (lecture de cette page)
Nielsen 2014927 novices, un anpronation, en chaussure neutrepas de sur-risque pour une pronation modérée18 pieds très pronés, sans écart significatif ; rien sur les autres chaussures
Sun 202063 études de biomécaniqueconstructions de chaussureseffets sur la biomécaniquepas de mesure de blessures
Renninger 202620 coureurs à 3,5 m/sdrop de 0, 10, 20 et 30 mmdépense énergétique qui varie avec le droppas de mesure de blessures

Sur les types de chaussures, Cochrane (5 études, 766 participants) trouve que les chaussures neutres ou amorties font peu ou pas de différence sur le nombre de coureurs blessés par rapport aux chaussures minimalistes (certitude faible ; rapport de risque 0,77 ; IC 95 % 0,59 à 1,01). Pour les chaussures de stabilité (1 étude, 57 participants), on ne sait pas si elles réduisent les blessures par rapport aux chaussures neutres ou amorties (certitude très faible).

Chaussures running : le confort, le critère à essayer

Nigg et collègues (2015), dans un article de synthèse, écrivent que les caractéristiques d'impact et la pronation, longtemps jugées prédictives des blessures, manquent de preuves concluantes. Ils proposent que le coureur choisisse intuitivement un produit confortable grâce à son propre « filtre de confort », qui le maintient sur sa trajectoire de mouvement préférée. C'est une hypothèse, non un résultat d'essai.

Une analyse secondaire de l'essai de Malisoux (2025, 527 participants, 60 blessés) va dans ce sens : la plus forte appréciation globale de la chaussure est associée à un risque de blessure plus faible (rapport de risque instantané 0,47). Cette analyse est observationnelle : l'association ne prouve pas une causalité (lecture de cette page). Les auteurs y voient, dans la perception de l'amorti, une piste de choix de chaussure pour prévenir les blessures. Essayer des chaussures qui paraissent confortables est donc un critère cohérent avec ces deux sources, pas une règle démontrée.

Choisir ses chaussures de running : une méthode en quatre points

Synthèse de cette page, non testée en étude : elle ne retient que ce que les sources ci-dessus permettent.

Drop d'une chaussure de running : définition et ce qu'on sait

Le drop est la différence de hauteur entre le talon et l'avant-pied de la chaussure. Sun et collègues (2020), revue systématique de 63 études de biomécanique publiées entre 1994 et 2018, jugent que le drop, entre autres constructions, nécessite d'autres recherches avant qu'une recommandation scientifique puisse être établie. Ils appellent à des protocoles d'essai standard pour déterminer la rigidité, l'épaisseur et le drop optimaux.

Renninger et Beck (2026) ont mesuré 20 coureurs à 3,5 m/s (12,6 km/h, conversion de cette page) dans des chaussures sur mesure de drop 0, 10, 20 et 30 mm : la dépense énergétique augmente avec le drop : passer de 20 à 0 mm réduit de 1,6 % la puissance métabolique nette. Les auteurs concluent qu'un drop de 0 mm donne la meilleure économie de course. Le critère est l'économie de course, pas les blessures : aucune étude lue ne mesure les blessures selon le drop, et aucune valeur en millimètres n'est recommandée ici pour les prévenir.

Amorti d'une chaussure de running : poids, terrain et usage

Dans l'essai de Malisoux et collègues (2020), l'amorti d'une chaussure s'exprime par sa rigidité, en N/mm : 848 coureurs récréatifs sains ont reçu l'un de deux prototypes qui ne diffèrent que par cet amorti (61,3 contre 94,9 N/mm), avec un suivi de 6 mois ; une blessure était une gêne réduisant la course pendant au moins 7 jours. Les coureurs qui avaient reçu la chaussure dure ont un taux de blessure plus élevé (SHR 1,52 ; IC 95 % 1,07 à 2,16), la masse corporelle seule n'étant pas associée au risque.

Après stratification selon la masse corporelle, seuls les coureurs plus légers présentent un taux plus élevé avec la chaussure dure (SHR 1,80 ; IC 95 % 1,09 à 2,98) ; chez les plus lourds, l'écart n'est pas significatif (SHR 1,23 ; IC 95 % 0,75 à 2,03). Un SHR est un rapport de taux instantanés, non une probabilité de se blesser.

Cochrane, sur 2 études et 1 095 participants comparant une semelle intermédiaire souple à une dure, conclut à peu ou pas de différence (certitude faible ; RR 0,82 ; IC 95 % 0,61 à 1,10). Le résumé ne détaille pas la composition de ces 2 études : elles incluent très probablement l'essai de Malisoux, de sorte que les deux résultats ne sont pas deux sources indépendantes. Sun et collègues notent de leur côté que des semelles plus souples peuvent réduire les forces d'impact et les taux de charge, une mesure de biomécanique, pas de blessure. Aucune de ces sources ne démontre qu'une chaussure amortie prévienne les blessures.

Pronation et foulée : ce que disent les sources

Cochrane ne trouve aucune preuve que prescrire des chaussures selon le type de pied réduise les blessures du membre inférieur chez l'adulte (preuve de certitude modérée). Les trois essais portaient sur des militaires : les résultats pourraient différer chez des coureurs récréatifs.

Nielsen et collègues (2014) ont suivi 927 novices (1 854 pieds) qui couraient en chaussure neutre pendant un an : l'étude contredit la croyance selon laquelle une pronation modérée augmente le risque de blessure. Elle porte sur 18 pieds très pronés seulement, sans écart significatif, et ses auteurs demandent d'autres travaux ; elle ne dit rien d'autres chaussures. Cochrane et Nielsen vont dans le même sens : pas de bénéfice démontré à choisir sa chaussure selon sa foulée.

Route, chemin, tapis, pointure : ce que les sources ne disent pas

Aucune source lue ne compare des chaussures selon le terrain (route, chemin, tapis). Aucune ne traite de la pointure ni de la manière de mesurer son pied. Cette page n'écrit donc pas de règle sur ces points : pour la pointure, juger le confort à l'essai est un choix de cette page, que Nigg et collègues rapprochent de leur critère de confort.

Chaussures running homme, femme, enfant : ce qui change

van der Worp et collègues (2015), revue systématique de 15 études longitudinales, trouvent que les femmes ont globalement un risque de blessure de course plus faible que les hommes ; peu d'études présentent les sexes séparément, d'où la prudence. Cette revue compare des facteurs de risque entre sexes ; parmi eux, porter des chaussures de course pendant 4 à 6 mois est associé à un risque de blessure plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Le résumé ne dit ni quel modèle, ni si c'est une cause, ni quand changer : elle ne justifie pas, à elle seule, un modèle différent selon le sexe. Aucune étude lue en détail ne porte sur des chaussures de course pour enfants.

La même revue trouve des preuves fortes à modérées qu'une blessure antérieure et l'usage d'orthèses ou de semelles sont associés à un risque accru de blessure. C'est une association : elle ne dit pas que l'orthèse cause la blessure ni qu'il faille en changer.

Quand renouveler ses chaussures de course ?

Aucune source lue ne donne de kilométrage de renouvellement ni de durée de vie ; la revue de van der Worp associe seulement 4 à 6 mois de port chez les femmes à un risque plus élevé que chez les hommes. Cette page n'écrit pas de seuil : on ne sait pas, d'après ces sources, à quelle distance une chaussure cesse d'être adaptée.

Quand consulter

Consultez un professionnel de santé si une douleur au pied, à la cheville ou à la jambe persiste, s'aggrave ou apparaît brutalement, ou si une blessure récente n'est pas guérie. Les chaussures ne remplacent pas cet avis, et aucune source lue ne garantit qu'un modèle prévienne une blessure.

Relecture médicale en cours : cette page est publiée avant la relecture d'un professionnel de santé. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Chutex Sport ouvrira bientôt pour la course

Choisir ses chaussures se fait sans Chutex. Chutex Sport ouvrira bientôt en France ; la page permet d'être prévenu de l'ouverture. Il prévoit un coach diplômé d'État et un programme personnalisé, avec un abonnement Health (Elio). Il ne remplace ni un médecin ni un kinésithérapeute prescrit ni une urgence.

Être prévenu de l'ouverture

Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

Comment choisir ses chaussures de running ?

Le NHS conseille des chaussures de running qui soutiennent les pieds. Pour le reste, Cochrane (2022) ne trouve pas de réduction des blessures selon le type de chaussure : l'essai et le confort ressenti restent un critère cohérent, non démontré.

Quelle différence entre amorti et stabilité ?

Cochrane (2022) compare les chaussures neutres ou amorties à des modèles minimalistes (peu ou pas de différence) et note qu'on ne sait pas si les chaussures de stabilité réduisent les blessures, sur une seule étude de 57 participants.

Qu'est-ce que le drop d'une chaussure de running ?

C'est la différence de hauteur entre le talon et l'avant-pied. Sun et collègues (2020) estiment qu'il nécessite d'autres recherches avant tout guide scientifique ; aucune étude lue ne mesure les blessures selon le drop, et Renninger et Beck (2026) trouvent la meilleure économie de course à 0 mm.

Faut-il choisir selon sa pronation ?

Cochrane ne trouve aucune preuve que choisir ses chaussures selon le type de pied réduise les blessures, sur des essais de militaires. Nielsen et collègues (2014, 927 novices) ne voient pas de sur-risque pour une pronation modérée.

Comment choisir sa pointure de chaussures de running ?

Aucune source lue ne traite de la pointure ni de la façon de mesurer son pied en running. La page n'écrit donc pas de règle ; le confort à l'essai reste le seul critère évoqué par Nigg et collègues (2015).

Les chaussures de running sont-elles différentes pour les femmes ?

van der Worp et collègues (2015) comparent des facteurs de risque de blessure entre sexes : les femmes ont globalement un risque plus faible, avec prudence, et 4 à 6 mois de port de chaussures sont associés à un risque plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Aucune étude lue ne conclut à un modèle de chaussure propre aux femmes.

Quand changer ses chaussures de running ?

Aucune source lue ne donne de kilométrage ni de durée de renouvellement. La page n'en écrit pas ; si une douleur persistante apparaît pendant la course, un avis médical ou kinésithérapique passe avant un changement de chaussures.

Peut-on courir avec des chaussures de marche ?

La revue Cochrane n'a trouvé aucun essai comparant chaussures de running et chaussures qui n'en sont pas, donc aucune conclusion. Le NHS conseille pour la course des chaussures de running qui soutiennent le pied.