Burn-out : reconnaître l'épuisement professionnel et être pris en charge

Burn-out : définition, manifestations, démarche diagnostique et prise en charge selon la HAS (mise à jour du 1er décembre 2025), visite de pré-reprise.

Mis à jour le 16 octobre 2026. Relecture médicale en cours. Le burn-out, ou syndrome d'épuisement professionnel, n'est pas une simple fatigue. Cette page suit la fiche mémo de la Haute Autorité de santé (HAS), mise en ligne le 22 mai 2017 et mise à jour le 1er décembre 2025, qui s'adresse aux médecins et décrit ce que le patient peut attendre d'une prise en charge. En cas de détresse ou d'idées suicidaires, appeler le 3114, gratuit, 24 heures sur 24.

La HAS définit le syndrome d'épuisement professionnel comme un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d'un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel. Il se décrit selon trois dimensions : l'épuisement émotionnel, le cynisme vis-à-vis du travail et la diminution de l'accomplissement personnel. Il n'est pas considéré comme une maladie dans les classifications de référence (CIM-10 et DSM-5). Le médecin traitant coordonne la prise en charge, qui comprend le plus souvent un arrêt de travail, et travaille avec le médecin du travail.

À retenir

  • Trois dimensions : épuisement émotionnel, cynisme ou dépersonnalisation, diminution de l'accomplissement personnel (HAS).
  • Le burn-out n'est pas une maladie caractérisée : une démarche diagnostique cherche aussi anxiété, dépression ou trouble de l'adaptation.
  • Le risque suicidaire doit être évalué.
  • Prise en charge : traiter le trouble et agir sur le contexte de travail ; arrêt de travail le plus souvent nécessaire.
  • Retour au travail : visite de pré-reprise avec le médecin du travail, obligatoire pour un arrêt de plus de 3 mois.

Ce que recouvre le mot

La HAS précise que le syndrome se rapproche d'autres situations non spécifiques comme la souffrance au travail ou les effets du stress lié au travail. Après les affections de l'appareil locomoteur, la souffrance psychique causée ou aggravée par le travail est le deuxième groupe d'affections d'origine professionnelle décrit chez les salariés en France, selon les travaux qu'elle cite.

Les manifestations

Elles s'installent progressivement, souvent de façon insidieuse, en rupture avec l'état antérieur, et la liste de la HAS n'est pas exhaustive :

Manifestations évoquées par la HAS
FamilleExemples
Émotionnellesanxiété, tensions musculaires, tristesse de l'humeur ou manque d'entrain, irritabilité, hypersensibilité, absence d'émotion
Cognitivestroubles de la mémoire, de l'attention, de la concentration
Comportementalesrepli sur soi, isolement social, comportement agressif, comportements addictifs
Motivation et attitudedésengagement progressif, baisse de motivation et du moral, doutes sur ses propres compétences
Physiques non spécifiquesfatigue, troubles du sommeil, douleurs musculo-squelettiques, crampes, maux de tête, vertiges, perte d'appétit, troubles digestifs

Comment le médecin procède

La HAS décrit une démarche en plusieurs temps : caractériser la sévérité du trouble, son type diagnostique et ses liens avec les conditions de travail ; repérer une pathologie sous-jacente (trouble de l'adaptation, trouble anxieux, trouble dépressif, état de stress post-traumatique) ; évaluer le risque suicidaire ; faire un bilan somatique pour rechercher une maladie organique qui expliquerait certains symptômes. Les questionnaires comme le Maslach Burnout Inventory peuvent guider un entretien mais n'ont pas été construits pour évaluer un individu. Tout travailleur peut solliciter une visite auprès du médecin du travail à tout moment, y compris pendant un arrêt de travail.

Les facteurs de risque liés au travail

La HAS reprend six catégories de facteurs de risque psychosociaux : l'intensité et l'organisation du travail, les exigences émotionnelles, le manque d'autonomie, les relations de travail, les conflits de valeurs et l'insécurité de l'emploi. Les ressources protectrices sont le soutien social, la stabilité du statut, un collectif de travail vivant et des moyens suffisants. Les facteurs individuels ne servent qu'à préconiser une prévention renforcée et n'exonèrent pas les facteurs de l'environnement de travail.

La prise en charge

Préparer le retour

La HAS recommande de préparer le retour au travail par une visite de pré-reprise avec le médecin du travail, à tout moment pendant l'arrêt, à l'initiative du patient, du médecin traitant ou du médecin-conseil. Elle est obligatoire pour les salariés en arrêt de plus de 3 mois (article R. 4624-20 du Code du travail). À son issue, le médecin du travail peut recommander des aménagements de poste, des pistes de reclassement ou des formations.

Et le suivi connecté ?

Un bracelet de bien-être comme Elio affiche le sommeil et la fréquence cardiaque, qui peuvent aider à décrire ses semaines à un médecin. Il ne mesure pas le burn-out et ne le diagnostique pas. Le billet sur le stress et les données détaille ce que les courbes peuvent et ne peuvent pas dire.

Sources et références

À lire aussi

FAQ

Le burn-out est-il une maladie ?

Selon la HAS, le syndrome d'épuisement professionnel n'est pas considéré comme une maladie dans les classifications de référence (CIM-10 et DSM-5). Une démarche diagnostique recherche notamment anxiété, dépression ou trouble de l'adaptation.

Quels sont les signes d'un burn-out ?

Épuisement émotionnel, cynisme vis-à-vis du travail, baisse de l'accomplissement, mais aussi irritabilité, troubles de la concentration, repli sur soi, fatigue et troubles du sommeil.

Qui consulter ?

Le médecin traitant coordonne la prise en charge ; le médecin du travail peut être consulté à tout moment, y compris pendant l'arrêt.

Faut-il un arrêt de travail ?

La HAS indique qu'il est le plus souvent nécessaire, avec une durée adaptée à l'évolution.

Comment se passe le retour au travail ?

Par une visite de pré-reprise avec le médecin du travail, obligatoire pour un arrêt de plus de 3 mois, qui peut recommander des aménagements.