Point de côté en course à pied : ce que disent Santé.fr et les études

Le point de côté est une douleur abdominale qui survient à l'effort, très fréquente chez les coureurs. L'article rapporte ce que disent Santé.fr et les études, avec leurs limites, et les signes qui justifient un avis médical.

Selon Santé.fr, le point de côté en course à pied est une douleur abdominale aiguë qui survient au cours d'un effort physique. Cet article rapporte ce que disent Santé.fr, l'Assurance Maladie, deux revues et deux études, ce qui reste débattu, et les signes qui justifient un avis médical. Il ne pose aucun diagnostic.

Point de côté en course à pied : selon Santé.fr, c'est une douleur abdominale aiguë, soudaine, sous les côtes ou en haut du ventre, qui survient à l'effort. Morton et Callister (2015) estiment qu'environ 70 % des coureurs la rapportent sur un an ; sa cause reste à élucider. L'article ne diagnostique pas.

À retenir

  • Santé.fr : douleur soudaine sous les côtes ou en haut du ventre, à droite ou à gauche ; la plupart du temps elle disparaît au repos.
  • Morton et Callister (2015) : environ 70 % des coureurs la rapportent dans l'année ; l'irritation du péritoine pariétal est la théorie qui explique le mieux ses caractéristiques, mais des études restent nécessaires.
  • Mole et al. (2014, 50 coureurs, étude observationnelle) : un tronc plus fort est associé à une douleur moins fréquente : une association, pas une cause.
  • Les gestes conseillés par Santé.fr côtoient un constat de Morton et Callister (2015) : les techniques de soulagement en cours d'épisode sont équivoques.
  • Un point de côté qui se renouvelle très fréquemment, présent au repos ou accompagnée de pâleur, de sueurs froides, de malaise ou de vertiges justifie, selon Santé.fr, de consulter.

Point de côté en courant : de quoi parle-t-on ?

Santé.fr (Service public d'information en santé) décrit le point de côté comme une douleur soudaine située sous les côtes ou en haut du ventre, à droite ou à gauche, qui survient au cours de l'effort ; elle ne doit pas être confondue avec des crampes des muscles situés entre les côtes. Les études l'appellent « exercise-related transient abdominal pain » (ETAP).

Morton et Callister (2015) la décrivent comme une douleur localisée, le plus souvent sur les côtés du milieu de l'abdomen le long du rebord costal, possible partout dans l'abdomen, parfois liée à une douleur du bout de l'épaule. Dans leur questionnaire de 2000 auprès de 965 sportifs réguliers, la douleur est décrite comme bien localisée (79 %), le plus souvent dans les régions lombaires droite ou gauche de l'abdomen (78 %) ; moins intense, elle est décrite comme une crampe, une courbature ou un tiraillement, plus intense comme aiguë ou en coup de poignard.

Point de côté : ce que mesurent les études lues
ÉtudeParticipantsMéthodeRésultat publié
Morton et Callister 2000965 sportifs réguliers, six sportsQuestionnaireCourse à pied : 69 % (439 répondants) ont eu un point de côté dans l'année écoulée ; natation 75 %, vélo 32 %
Morton et Callister 2015RevueSynthèse de la littératureEnviron 70 % des coureurs dans l'année, environ un participant sur cinq lors d'une course ; stratégies de soulagement largement anecdotiques
Mole et al. 201450 coureurs (28 hommes, 25,8 ans en moyenne)Étude observationnelleTronc plus fort et transverse de l'abdomen plus épais au repos : douleur moins fréquente (association)
Saubade et al. 2016Synthèse (Revue médicale suisse), résumé luArticle de synthèse (résumé lu)Problème bénin ; autres pathologies à exclure devant toute présentation atypique ; disparaît en général en quelques minutes en ralentissant ou en arrêtant

Pourquoi a-t-on un point de côté ? Une cause encore débattue

Santé.fr cite des causes variées : crampe des muscles du diaphragme ou des abdominaux, problème de circulation sanguine des organes du ventre, ballonnements intestinaux, froid, inflammation de l'intestin. Morton et Callister (2015) passent en revue plusieurs théories (ischémie du diaphragme, ligaments, ischémie digestive, crampe abdominale, ligament arqué, nerfs rachidiens, péritoine pariétal) et concluent que l'irritation du péritoine pariétal explique le mieux les caractéristiques de la douleur, mais que des études restent nécessaires. Saubade et al. (2016) écrivent que l'étiologie est encore débattue. Mole et al. (2014) rappellent dans leur introduction que la cause est inconnue. L'article ne retient aucune cause comme établie.

Morton et Callister (2015) relèvent que la douleur est fréquente dans les activités qui répètent un mouvement du tronc en extension, comme la course et l'équitation, et qu'elle est aggravée par l'état postprandial, les boissons hypertoniques étant particulièrement en cause. Ce sont des constats de revue, non des résultats d'essai d'intervention.

Que faire pendant la course ? Des gestes et leur niveau de preuve

Santé.fr conseille, en cas de douleur, de se pencher en avant, de comprimer doucement la zone douloureuse avec les mains et de respirer lentement et profondément, ou encore de s'étirer doucement en se penchant du côté opposé à la douleur. Elle indique qu'une respiration profonde et un point de compression font disparaître la douleur rapidement.

Que faire pendant un point de côté : quatre sources, quatre niveaux d'affirmation
SourceCe qu'elle écritNature de la source
Santé.frSe pencher en avant, comprimer la zone, respirer lentement et profondément ; s'étirer doucement du côté opposéPage d'information institutionnelle, sans étude citée
Assurance Maladie (ameli)Stopper l'effort, respirer profondément, appuyer sur le côté douloureux, étirer les muscles de l'abdomen, se pencher en avant les mains sur les cuissesPage d'information institutionnelle ; cite Saubade et al. (2016) en références
Morton et Callister 2015Les techniques de soulagement en cours d'épisode sont équivoques ; les stratégies sont largement anecdotiquesRevue de la littérature
Saubade et al. 2016La douleur disparaît en général en quelques minutes en ralentissant ou en arrêtant l'effort, ou avec des méthodes sans validation scientifiqueSynthèse, résumé lu

L'Assurance Maladie (ameli) décrit le point de côté, dans une section dédiée de sa page sur le mal de ventre, comme un problème fréquent et bénin, et conseille de stopper l'effort pour le faire passer. Santé.fr précise que, la plupart du temps, la douleur disparaît au repos et que l'entraînement peut continuer, mais que quelquefois le point de côté empêche de reprendre l'effort : les deux pages ne disent pas la même chose sur la poursuite de l'effort. L'article ne donne aucune durée d'arrêt au-delà des « quelques minutes » de Saubade et al. (2016).

Comment l'éviter ? Ce que conseille Santé.fr et ce que montrent les études

Santé.fr conseille de respecter un délai de deux heures entre le repas et le début de l'effort, de s'échauffer correctement et progressivement, d'adapter la respiration à l'intensité en veillant à faire des expirations complètes, et de boire régulièrement et en petites quantités pendant l'effort. Morton et Callister (2015) citent comme stratégies de prévention « couramment avancées » d'éviter de gros volumes d'aliments et de boissons au moins 2 heures avant, surtout hypertoniques, d'améliorer la posture, notamment thoracique, et de soutenir les organes abdominaux par un tronc plus fort ou une ceinture large. Ces stratégies sont présentées comme « avancées », sans essai cité dans les sources lues. L'Assurance Maladie (ameli) conseille de boire fréquemment de petites quantités d'eau pendant l'effort, de renforcer la musculature abdominale et de pratiquer régulièrement une activité physique.

Mole et al. (2014) ont mesuré la force du tronc et l'épaisseur du transverse de l'abdomen chez 50 coureurs (28 hommes, 25,8 ans en moyenne) et recueilli la fréquence de la douleur par questionnaire. Les participants au tronc plus fort et au transverse plus épais au repos avaient moins souvent la douleur. L'étude est observationnelle : elle montre une association, non l'effet d'un entraînement du tronc. L'ACSM (Garber et al., 2011) écrit par ailleurs qu'une progression graduelle de l'intensité et du volume peut réduire les risques de l'exercice, sans parler du point de côté.

Qui est le plus concerné ?

Morton et Callister (2015) écrivent que la douleur est plus fréquente chez les jeunes, sans lien avec le sexe ni la corpulence, et que les sportifs bien entraînés peuvent l'avoir moins souvent. Saubade et al. (2016) écrivent que la douleur touche les sportifs de tout niveau, débutants ou confirmés. Aucune étude lue ne la compare selon la durée de pratique. Les taux publiés ne se superposent pas : 69 % dans l'année chez 439 coureurs (Morton et Callister, 2000), environ 70 % dans l'année et environ un participant sur cinq lors d'une course (revue de 2015), 40 à 60 % de la population active (introduction de Mole et al., 2014). Les populations et les périodes diffèrent.

Quand consulter ?

Selon Santé.fr, il faut consulter si le point de côté se renouvelle très fréquemment, s'il apparaît spontanément ou après un tout petit effort, s'il persiste au repos, si l'on a du mal à reprendre sa respiration, ou s'il s'accompagne de signes inquiétants : pâleur, sueurs froides, malaise, vertiges, vomissements. Saubade et al. (2016) rappellent que d'autres pathologies, souvent plus graves, doivent être exclues devant toute présentation atypique.

La page de l'Assurance Maladie (ameli) sur le mal de ventre traite le point de côté dans la section « Que faire en cas de « point de côté » ? » ; elle liste aussi les situations de mal de ventre qui nécessitent une consultation urgente, dont une douleur brutale, comme un coup de poignard, et intense ; une douleur qui apparaît dans l'épigastre et s'étend à la poitrine, au cou ou aux épaules ; un malaise avec la douleur ; un essoufflement sans effort ; un ventre très dur, douloureux et contracté. Les études décrivent aussi le point de côté intense comme aigu ou en coup de poignard : l'article ne permet donc pas de trier une douleur, et en cas de doute, un avis médical est nécessaire. Cette page ameli ne cite aucun numéro d'urgence.

Pour une douleur thoracique, ameli écrit que toute douleur au niveau du thorax nécessite un avis médical, et qu'une douleur brutale, intense, qui serre la poitrine, dure plus de cinq minutes et ne disparaît pas au repos, ou s'accompagne de sueurs, de nausées, de vertiges ou d'une faiblesse inhabituelle, appelle le 15 ou le 112. Consigne générale sur la douleur thoracique, non issue d'une étude sur le point de côté. Le NHS conseille de parler d'abord à un médecin généraliste si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un moment ou en cas de problème de santé.

Relecture médicale en cours : cet article est publié avant la relecture d'un professionnel de santé ; il ne traite pas une douleur abdominale hors du sport, ne donne aucun conseil de médicament et ne pose aucun diagnostic. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Chutex Sport ouvrira bientôt en France

Chutex Sport, accompagnement sportif avec un coach diplômé d'État et un programme personnalisé, ouvrira bientôt en France. Si vous courez, la page de présentation permet d'être prévenu de l'ouverture.

Être prévenu de l'ouverture

Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

Pourquoi a-t-on un point de côté en courant ?

La cause reste débattue. Santé.fr cite crampe du diaphragme ou des abdominaux, circulation sanguine, ballonnements, froid ; Morton et Callister (2015) jugent l'irritation du péritoine pariétal la théorie qui explique le mieux la douleur, des études restant nécessaires.

Comment faire passer un point de côté ?

Santé.fr conseille de se pencher en avant, de comprimer doucement la zone et de respirer lentement et profondément ; ameli conseille de stopper l'effort, de respirer profondément, d'appuyer sur le côté douloureux et d'étirer l'abdomen. Morton et Callister (2015) jugent ces techniques équivoques, et Saubade et al. (2016) parlent de méthodes sans validation scientifique.

Comment éviter le point de côté ?

Santé.fr conseille deux heures entre le repas et l'effort, un échauffement progressif, des expirations complètes et de petites gorgées régulières ; ameli cite de petites quantités d'eau, le renforcement abdominal et l'exercice régulier. La revue de Morton et Callister (2015) décrit ces stratégies comme couramment avancées, non validées.

Peut-on continuer à courir avec un point de côté ?

Selon Santé.fr, la plupart du temps la douleur disparaît au repos et l'entraînement peut continuer, mais le point de côté empêche parfois de reprendre l'effort. Saubade et al. (2016) écrivent qu'elle disparaît en général en quelques minutes en ralentissant ou en arrêtant.

Point de côté à droite ou à gauche : quelle différence ?

Santé.fr écrit que la douleur peut siéger à droite ou à gauche, et Morton et Callister (2000) la décrivent le plus souvent dans les régions lombaires droite ou gauche. Aucune source lue ne donne de signification différente selon le côté.

Quand consulter pour un point de côté ?

Selon Santé.fr, s'il se renouvelle très fréquemment, apparaît après un tout petit effort, persiste au repos, gêne la reprise de la respiration, ou s'accompagne de pâleur, de sueurs froides, de malaise, de vertiges ou de vomissements.