Rester longtemps au sol après une chute : risques, conduite à tenir et alerte des proches
Selon la HAS (mars 2024), une chute avec plus d'une heure au sol, faute de pouvoir se relever, est une chute grave, de mauvais pronostic. Selon l'Assurance Maladie, on reste calme, on bouge bras et jambes, puis on alerte (téléassistance, 112 ou 15) et, si possible, on se couvre en attendant les secours.
Publié le 23 octobre 2026. Relecture médicale en cours. Que se passe-t-il quand une personne âgée tombe et ne parvient pas à se relever ? Cette page reprend ce que disent la Haute Autorité de santé, Santé publique France et l'Assurance Maladie sur la station prolongée au sol : ce que les sources appellent ainsi, les risques qu'elles décrivent, la conduite à tenir qu'elles indiquent et la manière de s'organiser à l'avance avec ses proches. En cas d'urgence, appelez les secours sans attendre de finir cette lecture.
Selon la HAS (mars 2024), une chute avec plus d'une heure au sol, faute de pouvoir se relever, est une chute grave, de mauvais pronostic. Selon l'Assurance Maladie, on reste calme, on bouge bras et jambes, puis on alerte (téléassistance, 112 ou 15) et, si possible, on se couvre en attendant les secours.
À retenir
- La HAS (28 mars 2024) classe parmi les chutes graves celle qui s'accompagne d'une station au sol de plus d'une heure, du fait de l'incapacité de la personne à se relever.
- Les chiffres de mortalité à six mois diffèrent selon l'organisme : multipliée par deux selon la HAS (2024), par cinq selon Santé publique France (30 mars 2026) au-delà d'une heure au sol.
- Selon l'Assurance Maladie (28 mai 2025), si l'on ne peut pas se relever : appuyer sur le médaillon de téléassistance, composer le 112 avec un mobile, ou se glisser vers un téléphone fixe pour appeler le 15 ; en attendant, prendre la position la plus confortable et, si possible, surélever la tête et se couvrir.
- La brochure de Santé publique France (février 2022) conseille de garder un téléphone à portée de main, d'enregistrer les numéros d'urgence et ceux des personnes à prévenir, et de donner à des voisins ou des proches un numéro de téléphone et les clés du logement.
Qu'appelle-t-on une station prolongée au sol ?
La HAS définit, dans sa synthèse du 28 mars 2024, une chute grave notamment comme une chute avec station au sol de plus d'une heure du fait de l'incapacité de la personne à se relever. Dans son référentiel de septembre 2012, elle cite parmi les signes de gravité chez une personne âgée qui chute à répétition l'impossibilité de se relever du sol avec un séjour de plus d'une heure, et parmi les facteurs prédictifs de récidive un temps passé au sol supérieur à trois heures.
Pour le repérage d'un risque de chute, la HAS (2024) propose au médecin de demander à la personne si elle a été dans l'incapacité de se relever du sol sans aide humaine. Une réponse positive fait considérer la chute comme grave.
Quels risques les sources décrivent-elles ?
| Organisme et date | Ce qu'il écrit |
|---|---|
| HAS, 28 mars 2024 | La station prolongée au sol est un facteur de mauvais pronostic, avec une mortalité à 6 mois multipliée par deux |
| Santé publique France, 30 mars 2026 | Même sans traumatisme immédiat, l'incapacité à se relever est de mauvais pronostic : les complications métaboliques d'un séjour au sol de plus d'une heure multiplient par cinq la mortalité dans les 6 mois |
| Assurance Maladie, 2 octobre 2025 (« Tomber n'est pas sans conséquences ») | Lésion des tissus musculaires lorsque la personne est restée longtemps à terre |
| Assurance Maladie, 2 octobre 2025 (« Mieux marcher pour prévenir les chutes ») | La station prolongée au sol aggrave l'état de santé et augmente le risque de syndrome post-chute |
| Assurance Maladie, 2 octobre 2025 | Le syndrome post-chute est d'autant plus marqué que la personne est restée longtemps au sol : réduction des activités, peur de marcher et de sortir ; au maximum, perte des automatismes de la marche et de l'équilibre |
| HAS, septembre 2012 | L'isolement est rapporté dans la littérature comme un facteur aggravant : si la personne n'arrive pas à se relever seule, elle risque de rester longtemps au sol, sans personne pour la secourir |
Les deux chiffres de mortalité ne coïncident pas, et les sources lues n'expliquent pas l'écart. Cette page les cite tous deux avec leur date, sans les départager. L'Assurance Maladie précise qu'une rééducation intensive très précoce est le seul traitement parfois efficace du syndrome post-chute, faute de quoi l'évolution se fait vers la perte d'autonomie.
Que faire si l'on est tombé et que l'on ne peut pas se relever ?
L'Assurance Maladie (28 mai 2025) s'adresse à la personne qui est tombée. Elle indique d'abord de prendre quelques minutes pour se remettre de ses émotions, de rester calme et de respirer profondément, puis de bouger les bras et les jambes pour vérifier qu'on n'est pas blessé. En cas d'impression de malaise, il faut attendre qu'elle passe avant d'essayer de se redresser. Si l'on ne peut pas se relever, parce que la force musculaire manque ou à cause d'un traumatisme important (fracture du col du fémur, entorse de cheville, fracture du poignet), elle décrit les moyens suivants, selon ce dont on dispose.
| Si vous disposez de | Ce que décrit l'Assurance Maladie |
|---|---|
| Un système de téléassistance | Appuyer sur le médaillon porté ; l'Assurance Maladie écrit que le service répond 24 heures sur 24 |
| Un téléphone mobile | Composer le 112 |
| Ni téléassistance ni mobile | Appeler à l'aide si l'on pense pouvoir être entendu, faire du bruit avec un objet, ou se glisser vers un téléphone fixe pour contacter le 15 ou un lieu où l'on peut répondre (domicile d'un proche, commerce voisin) |
Que faire en attendant les secours ?
- Prendre la position qui semble la plus confortable (Assurance Maladie, 28 mai 2025).
- Si possible, surélever la tête avec un coussin ou un vêtement.
- Si possible, se recouvrir d'un vêtement ou d'une couverture pour rester au chaud.
- Si possible, bouger les bras et les jambes pour faciliter la circulation du sang et éviter les raideurs articulaires ou la survenue d'une phlébite.
Comment appeler les secours ?
L'Assurance Maladie (28 mai 2025) donne des règles pour bien informer les secours : parler calmement et clairement, donner son numéro de téléphone, son nom et celui du malade, indiquer l'adresse exacte (étage, code d'accès), décrire le plus précisément possible les symptômes et ne pas raccrocher avant que l'interlocuteur ne le demande. La brochure de Santé publique France (février 2022) ajoute qu'en cas de chute, on ne doit pas hésiter à appeler le 15 pour demander conseil.
Et si l'on peut se relever seul ?
L'Assurance Maladie décrit une technique pour se relever en passant par la position sur le ventre. Elle est à apprendre à l'avance, de préférence en présence d'une autre personne.
- Plier la jambe la plus forte, s'appuyer dessus pour basculer doucement sur le côté et se retrouver sur le ventre.
- Prendre appui sur les avant-bras, plier à nouveau la jambe forte et l'amener vers les bras ; poser le genou à terre en gardant l'autre jambe tendue.
- Se glisser vers un fauteuil, une chaise ou, à défaut, un autre meuble solide.
- Près du meuble, replier la jambe tendue pour se mettre à quatre pattes, genoux écartés pour plus de stabilité.
- Poser les deux mains sur le meuble et se relever doucement en s'aidant de la jambe forte.
- Une fois debout, se tourner et s'asseoir.
Même si la chute semble sans conséquence, l'Assurance Maladie invite à rester vigilant : des douleurs, un malaise, le gonflement d'une articulation ou un hématome peuvent apparaître ensuite, et il faut alors consulter son médecin traitant.
Comment prévenir ses proches et s'organiser à l'avance ?
La brochure « Bouger en toute sérénité » de Santé publique France et des caisses de retraite (édition de février 2022) rapporte, parmi les 18 points de prévention issus de la HAS, celui de savoir alerter et s'installer confortablement en attendant les secours quand on ne peut pas se relever du sol. Elle donne des gestes concrets.
- Garder un téléphone à portée de main, dans la pièce où l'on est le plus souvent et sur la table de nuit, avec en favoris les numéros d'urgence et ceux des personnes à prévenir. Sur un mobile, les numéros d'urgence sont accessibles sans code secret.
- Demander à des voisins et à des proches leur numéro de téléphone pour les prévenir en cas de problème, et leur confier les clés du logement pour faciliter l'accès.
- En parler à ses proches : la brochure écrit que les informer d'une chute dédramatise la situation.
- Fixer des barres d'appui au mur à des endroits clés : la brochure indique qu'elles seront utiles pour se relever en cas de chute.
- Apprendre à se relever avec un proche : la HAS (2024) écrit que l'apprentissage du relever du sol doit être intégré aux programmes d'activité physique, et Santé.fr (6 janvier 2025) propose de s'entraîner en compagnie d'un proche.
- Envisager une téléassistance : Santé.fr la décrit comme une aide précieuse si l'on est seul au moment d'une chute et que l'on ne parvient pas à se relever, et l'Assurance Maladie (24 décembre 2024) conseille, si on le peut, de s'équiper d'une télé-alarme pour prévenir ses proches ou les secours.
Et si c'est un proche que l'on trouve au sol ?
Les pages de l'Assurance Maladie et de Santé publique France lues pour cette page s'adressent à la personne qui est tombée. Elles ne donnent pas de consigne propre au témoin, par exemple sur le fait de relever ou non la personne. La brochure de Santé publique France recommande d'appeler le 15 pour demander conseil en cas de chute. Pour une conduite détaillée côté aidant, voir Mon parent est tombé : que faire.
Quand consulter ?
La HAS (2024) recommande de prévenir son médecin en cas de chute. L'Assurance Maladie invite à consulter le médecin traitant si des symptômes apparaissent après la chute et à appeler les secours quand on ne peut pas se relever. La HAS ajoute que l'aspect psychologique de la chute doit être évoqué par le médecin ou le psychologue, d'autant plus après une blessure ou un séjour long au sol. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Ce que l'on ne peut pas affirmer
- Les sources lues ne donnent pas de durée « sans risque » au sol : la HAS et Santé publique France retiennent le seuil d'une heure pour parler de station prolongée.
- Elles n'expliquent pas l'écart entre une mortalité multipliée par deux (HAS) et par cinq (Santé publique France).
- Elles ne donnent pas de consigne pour un témoin qui découvre une personne au sol, ni sur le fait de la relever.
- Aucune source lue ne donne le délai d'intervention d'un service de téléassistance.
Chutex Care, une téléassistance de santé préventive en France
Pour qui dispose d'un système de téléassistance, l'Assurance Maladie décrit un geste simple : appuyer sur le médaillon porté. Chutex Care est un service de téléassistance de santé préventive proposé en France : un bracelet Elio 4G avec une fonction SOS, Aria, une IA vocale qui appelle la personne pour lever le doute, et l'alerte des proches désignés dans l'application Chutex ; si le doute n'est pas levé, une aide à domicile partenaire peut intervenir selon le parcours, et les secours (15, 18 ou 112) restent le recours en cas d'urgence vitale. Ce n'est pas une télésurveillance médicale ni un dispositif médical, et le service ne remplace ni un médecin ni les secours. Le gilet airbag Elder est une option distincte : il amortit l'impact d'une chute détectée, mais il ne prévient pas la chute et n'appelle pas les secours.
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Comment réagir en cas de chute lorsque l'on est âgé ? », 28 mai 2025, lue le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Tomber n'est pas sans conséquences quand on est âgé », 2 octobre 2025, lue le 23 octobre 2026
- Haute Autorité de santé, « Personnes âgées à risque de chute : prescription d'activité physique », synthèse validée le 28 mars 2024, lue le 23 octobre 2026
- Haute Autorité de santé, « Référentiel concernant l'évaluation du risque de chutes chez le sujet âgé autonome et sa prévention », argumentaire, septembre 2012, lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Mieux marcher pour prévenir les chutes », 2 octobre 2025, lue le 23 octobre 2026
- Santé publique France, « Le traumatisme », rubrique Chute, page mise à jour le 30 mars 2026, lue le 23 octobre 2026
- Santé publique France et caisses de retraite, « Bouger en toute sérénité : prévenir les chutes dans la vie quotidienne », brochure, édition de février 2022, lue le 23 octobre 2026
- Santé.fr (information Santé publique France), « Pour bien vieillir : éviter les chutes », page publiée le 6 janvier 2025, lue le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Comment prévenir les chutes des personnes âgées ? », 24 décembre 2024, lue le 23 octobre 2026
À lire aussi
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une station prolongée au sol après une chute ?
La HAS (28 mars 2024) parle de chute avec station au sol de plus d'une heure du fait de l'incapacité de la personne à se relever, et la classe parmi les chutes graves.
Combien de temps peut-on rester au sol sans danger ?
Les sources lues ne donnent pas de durée sans risque. La HAS et Santé publique France retiennent le seuil d'une heure pour parler de station prolongée, et le référentiel HAS de septembre 2012 cite un temps au sol de plus de trois heures parmi les facteurs prédictifs de récidive.
Quels sont les risques de rester longtemps au sol ?
L'Assurance Maladie cite des lésions des tissus musculaires et un risque accru de syndrome post-chute. La HAS (2024) indique une mortalité à six mois multipliée par deux, et Santé publique France (2026) par cinq au-delà d'une heure : les deux chiffres diffèrent et les sources n'expliquent pas l'écart.
Que faire si je suis tombé et que je ne peux pas me relever ?
Selon l'Assurance Maladie : rester calme, bouger les bras et les jambes, puis appuyer sur le médaillon de téléassistance si l'on en a un, composer le 112 avec un mobile, ou se glisser vers un téléphone fixe pour appeler le 15. En attendant, prendre la position la plus confortable et, si possible, surélever la tête et se couvrir.
Faut-il appeler le 15 ou le 112 après une chute ?
L'Assurance Maladie cite le 112 pour qui a un téléphone mobile et le 15 depuis un téléphone fixe ; la brochure de Santé publique France recommande d'appeler le 15 pour demander conseil en cas de chute.
Comment prévenir ses proches si l'on vit seul ?
La brochure de Santé publique France conseille de garder un téléphone à portée de main avec les numéros d'urgence et ceux des personnes à prévenir, de donner à des voisins ou des proches un numéro de téléphone et les clés du logement, et d'informer ses proches d'une chute.
Une téléassistance suffit-elle quand on vit seul ?
Santé.fr la décrit comme une aide précieuse si l'on est seul au moment d'une chute et que l'on ne peut pas se relever. Aucune source lue ne chiffre son effet sur le temps passé au sol ; elle ne remplace ni les secours ni un médecin.
Faut-il consulter un médecin après une chute sans gravité apparente ?
La HAS recommande de prévenir son médecin en cas de chute, et l'Assurance Maladie invite à consulter le médecin traitant si des douleurs, un malaise, un gonflement d'une articulation ou un hématome apparaissent ensuite.