Prise de masse ou sèche : par quoi commencer, et ce que les sources ne tranchent pas

Faut-il commencer par une prise de masse ou par une sèche ? Les sources lues ne le disent pas. La page montre ce qu'elles mesurent, sur qui, et où s'arrête leur portée, sans calorie ni seuil de masse grasse.

Prise de masse ou sèche : la question revient chez tous les pratiquants, et les articles y répondent par des seuils de masse grasse et des chiffres de calories. Cette page fait l'inverse : elle dit ce que les sources lues mesurent, sur quelles populations, et reconnaît qu'elles ne tranchent pas l'ordre des phases.

Prise de masse ou sèche : les sources lues ne disent pas par quoi commencer. Selon Iraki et al. (2019, revue sur des culturistes), l'objectif d'une prise de masse est d'augmenter la masse musculaire sans ajouter de graisse inutile. Slater et al. (2019) écrivent que le surplus d'énergie nécessaire à l'hypertrophie est inconnu.

À retenir

  • Aucune source lue ne fixe l'ordre des phases, ni un pourcentage de masse grasse de départ, ni la durée d'une sèche.
  • Les revues sur la nutrition lues portent sur des culturistes ou des sportifs entraînés, pas sur le grand public.
  • Helms et al. (2023) concluent qu'un surplus plus grand augmente surtout la graisse, dans les conditions de leur essai.
  • Selon Cataldi et al. (2024), l'hydratation peut fausser les mesures de composition corporelle.

Prise de masse ou sèche : de quoi parle-t-on ?

Dans cette page, la prise de masse vise à gagner du muscle et la sèche à perdre de la graisse, selon l'usage de la pratique ; ce sont des termes de salle, sans définition institutionnelle. Iraki et al. (2019, revue narrative sur les culturistes naturels en intersaison) décrivent l'objectif de la phase de prise de masse comme l'augmentation de la masse musculaire sans graisse inutile, et notent que peu d'attention a été portée à cette phase, contrairement à la sèche.

Côté institutions, l'OMS définit chez l'adulte le surpoids par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 25 et l'obésité par un IMC supérieur ou égal à 30. Ce sont des repères de santé publique, pas des objectifs de musculation. L'OMS recommande aussi des activités de renforcement musculaire au moins 2 jours par semaine chez l'adulte.

Par quoi commencer : ce que disent, et ne disent pas, les sources

Helms et al. (2014, revue sur la préparation de compétition de culturisme naturel) écrivent que les recommandations fondées sur des preuves manquent pour ce sujet. Iraki et al. (2019) notent que de nombreuses pratiques nutritionnelles des culturistes manquent de soutien scientifique et peuvent être nuisibles à la santé. Ce sont des avis d'auteurs sur des compétiteurs. Sur ce sujet, la seule source institutionnelle lue est l'OMS (IMC, tour de taille, renforcement musculaire) ; ANSES et Santé publique France n'ont pas été lues. L'OMS ne traite pas de la prise de masse ni de la sèche en musculation.

Ce que les sources lues apportent sur l'arbitrage, avec leur population
Situation de départCe que disent les sources luesCe qu'elles ne disent pas
Peu de masse musculaireIraki et al. (2019) : objectif de la prise de masse, chez des culturistesNon établi dans les sources lues : commencer par la prise de masse convient-il au grand public ?
Masse grasse élevéeL'OMS définit surpoids et obésité par l'IMC ; le tour de taille peut aussi servir à les repérerAucun seuil de masse grasse pour décider dans ces revues
DébutantLe débutant n'est pas traité à part ; l'ACSM (2026, 137 revues) vise les adultes en bonne santé, pour lesquels elle retient un entraînement en résistance progressifNon établi pour le débutant qui gagne du muscle et perd de la graisse en même temps
Déjà entraînéHelms et al. (2023) et Slater et al. (2019) sur le surplus d'énergie, chez des pratiquants entraînésNi valeur de surplus validée, ni durée d'une phase

Face à ce vide, la page ne propose pas d'ordre. Choisir entre les deux phases dépend de votre situation, de votre santé et de vos objectifs : un coach diplômé ou un professionnel de santé peut en discuter avec vous.

Le surplus d'énergie : ce que montrent Slater et Helms

Slater et al. (2019, revue) écrivent que le surplus d'énergie nécessaire à l'hypertrophie est inconnu et que les estimations courantes n'ont jamais été validées chez des pratiquants de musculation pour confirmer le niveau optimal. Cette page ne reprend donc aucun chiffre de surplus.

Helms et al. (2023, 21 sportifs entraînés répartis au hasard entre énergie d'entretien, surplus modéré et surplus élevé, 3 séances par semaine pendant 8 semaines, 17 participants au bout) concluent qu'une prise de poids plus rapide, donc un surplus plus grand, augmente surtout la prise de graisse plutôt que la force ou l'épaisseur musculaire. Les auteurs précisent que leurs résultats se limitent à cet essai : sportifs d'expérience mixte, volumes modérés, 8 semaines. Les niveaux de surplus testés sont des conditions d'essai, pas des repères à suivre.

Masse maigre pendant une perte de poids : deux essais sur des populations étroites

Dans cette page, la masse maigre désigne la masse du corps hors graisse, muscles compris. Dans cette page, la recomposition corporelle désigne le fait de perdre de la graisse tout en gagnant de la masse maigre.

Deux essais sur la masse maigre pendant une perte de poids (populations étroites, non généralisables)
ÉtudePopulation et protocoleCe qui est mesuré
Longland et al. (2016)40 jeunes hommes, 4 semaines, musculation et intervalles à haute intensité 6 jours par semaine, déficit d'énergie marqué, deux apports de protéinesLa masse maigre a augmenté (1,2 kg) dans le groupe à apport protéique plus élevé, et la masse grasse a baissé
Garthe et al. (2011)24 athlètes de haut niveau, perte de poids lente ou rapide, 4 séances de musculation par semaineMasse maigre en hausse de 2,1 % avec la perte lente, inchangée avec la perte rapide

Ces essais montrent qu'un gain de masse maigre pendant une perte de poids a été observé dans ces conditions, pas qu'il est possible pour vous. Longland et al. (2016) l'obtiennent avec un programme intense et un apport protéique plus élevé : ce n'est pas une méthode à copier. Ces essais ne portent pas sur le non-athlète qui commence la musculation.

Suivre son évolution : l'hydratation fausse les mesures

Cataldi et al. (2024, 70 athlètes universitaires, 35 femmes, âge moyen 21,8 ans) notent que l'eau étant l'un des plus grands compartiments du corps, sa variation peut faire mal interpréter les mesures de composition corporelle. Selon ces auteurs, les meilleures méthodes de laboratoire sont la pléthysmographie par déplacement d'air et la DXA, tandis que les méthodes commerciales ont un accord moyen à faible avec la référence. L'étude ne teste pas la balance Vita.

Une valeur isolée dit donc peu. Suivre une tendance sur plusieurs semaines, avec le tour de taille que l'OMS cite parmi les mesures possibles, est un choix de cette page, sans étude lue qui le chiffre.

Quand consulter : demander un avis professionnel

Helms et al. (2014) signalent que les compétiteurs devraient connaître le risque accru de troubles du comportement alimentaire et de l'image corporelle dans les sports esthétiques, et avoir accès à des professionnels de santé mentale. Ils jugent aussi que la déshydratation et la manipulation des électrolytes juste avant une compétition peuvent être dangereuses.

Le NHS conseille de parler à son médecin avant de commencer si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un moment ou en cas de maladie. Une restriction alimentaire peut mal convenir à une personne mince, enceinte, atteinte d'une maladie ou qui se reconnaît dans un trouble du comportement alimentaire : un médecin ou un diététicien peut alors conseiller, précaution de cette page. Cette page ne donne ni calorie, ni consigne de protéines, ni conseil de complément.

Relecture médicale en cours : cette page est publiée avant la relecture d'un professionnel de santé. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Suivre sa composition corporelle dans le temps

Pour suivre l'évolution de votre composition corporelle au fil des semaines, la balance Vita en donne une estimation indicative dans l'application Chutex. Elle est contre-indiquée avec un stimulateur cardiaque ou un implant électronique actif. Une valeur isolée dit peu : suivez la tendance.

Voir la balance Vita

Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

Faut-il commencer par une prise de masse ou par une sèche ?

Les sources lues ne tranchent pas : Iraki et al. (2019) décrivent l'objectif de la prise de masse et Helms et al. (2014) la préparation de compétition, chez des culturistes. Aucune ne fixe l'ordre des phases pour le grand public.

Peut-on prendre du muscle et perdre du gras en même temps ?

Longland et al. (2016, jeunes hommes, programme intense) et Garthe et al. (2011, 24 athlètes) observent un gain de masse maigre pendant une perte de poids. Ces résultats ne se généralisent pas, et les essais ne portent pas sur le débutant.

Comment savoir si je prends du muscle ou du gras ?

Cataldi et al. (2024, 70 athlètes) notent que l'hydratation peut fausser les mesures de composition corporelle. Les revues lues ne chiffrent pas la précision d'une balance domestique : suivre une tendance est un choix de cette page.

Quel pourcentage de masse grasse pour commencer une prise de masse ?

Aucune source lue ne donne de pourcentage de masse grasse de départ, et cette page n'en recommande aucun. L'OMS définit des repères d'IMC (25 pour le surpoids, 30 pour l'obésité) et cite le tour de taille, en santé publique.

Une sèche fait-elle perdre du muscle ?

Les essais lus mesurent la masse maigre, pas le muscle : Garthe et al. (2011, 24 athlètes de haut niveau) la trouvent en hausse avec une perte lente et inchangée avec une perte rapide. Cela ne répond pas à la question pour le non-athlète, absent des essais lus : l'avis d'un professionnel de santé est utile.