Programme abdos : semaine type, fréquence et progression sur six semaines

Un programme abdos tient en trois décisions : la fréquence, la dose et la progression. L'article donne une semaine type et six semaines de progression, présentées comme des exemples non testés, et expose les essais sur la graisse abdominale avec leurs divergences.

Un programme abdos tient en trois décisions : combien de séances par semaine, quels exercices à quelle dose, et comment progresser. Cet article propose une semaine type et six semaines de progression, des exemples non testés en étude, puis expose les essais sur la graisse abdominale. La liste des exercices se trouve dans l'article sur les exercices d'abdos.

Programme abdos : selon le NHS, les adultes devraient renforcer tous les grands groupes musculaires, abdomen compris, au moins 2 jours par semaine. Aucune étude citée ne compare des dosages d'abdos sur la graisse abdominale ; la semaine type est un exemple non testé. Chez Vispute et al. (2011), six semaines d'abdominaux seuls n'ont pas réduit la graisse abdominale sous-cutanée.

À retenir

  • NHS et OMS : renforcer les grands groupes musculaires (abdomen compris pour le NHS) au moins 2 jours par semaine ; ACSM (2009), pour l'entraînement de résistance en général, 2 à 3 jours par semaine et 8 à 12 répétitions maximum pour un débutant.
  • Aucune étude citée ne compare des dosages d'abdos sur la graisse abdominale. Les protocoles publiés sont ceux de Vispute et al. (7 exercices, 2 séries de 10, 5 jours par semaine, 6 semaines) et de Gluppe et al. (relevés de buste, 5 jours par semaine, 12 semaines, diastasis) ; la semaine type de l'article, moins chargée, est un exemple non testé.
  • La progression de l'exemple change un facteur à la fois de la semaine 1 à la semaine 4 ; la semaine 5 introduit une charge (valeur de départ au choix de la page) et repart de 8 répétitions ; ensuite seulement, +2 à +10 % (ACSM, 2009).
  • Graisse abdominale : Vispute et al. (2011, abdominaux seuls) ne trouvent aucun effet ; Brobakken et al. (2023, course plus abdominaux contre course seule) trouvent une baisse de la graisse du tronc ; Kostek et al. (2007, musculation du bras) une perte généralisée. Les essais divergent.
  • Les classements d'exercices par EMG ne disent pas quel programme donne quel résultat.

Programme abdos : combien de séances par semaine ?

Le NHS recommande des activités de renforcement qui travaillent tous les grands groupes musculaires (jambes, hanches, dos, abdomen, poitrine, épaules et bras) au moins 2 jours par semaine, et précise de les faire jusqu'au point où l'on a besoin d'un court repos avant de recommencer. L'OMS demande le même minimum, 2 jours ou plus, pour tous les grands groupes. Déduction de cette page : les abdominaux ne sont qu'un de ces groupes, un programme d'abdos seul ne couvre donc pas ces recommandations.

L'ACSM (2009) indique, pour l'entraînement de résistance en général et non pour les abdominaux, 2 à 3 jours par semaine pour un débutant, 3 à 4 pour un niveau intermédiaire et 4 à 5 pour un niveau avancé. Le débat sur la fréquence par groupe musculaire (Schoenfeld et al., 2016 et 2019) porte sur la croissance des grands groupes, pas sur les abdominaux.

Une semaine type d'abdos : exemple de cette page, non testé en étude

Le tableau ci-dessous compte 2 séances, le minimum du NHS et de l'OMS, qui est aussi le bas de la fourchette de l'ACSM (2009) pour un débutant. Les nombres sont des choix de cette page : pour le dead bug, Harvard Health décrit 8 à 12 répétitions pour une série, puis une ou deux séries de plus après un repos.

Semaine type d'un débutant, 2 séances : exemple de cette page, non testé en étude
JourSéanceExercice 1Exercice 2Repos entre les sériesRépétitions par séance
LundiACrunch, 2 séries de 8 répétitionsDead bug, 2 séries de 8 répétitions1 minute32
JeudiBRelevé de bassin (crunch inversé), 2 séries de 8 répétitionsCrunch avec rotation du buste, 2 séries de 8 répétitions en alternant les côtés1 minute32
Mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimancheAucunePas de séance d'abdosPas de séance d'abdosSans objet0

Calcul de cette page : 2 exercices × 2 séries × 8 répétitions = 32 répétitions par séance, soit 64 sur la semaine. Les autres jours restent libres pour le reste du renforcement que demandent le NHS et l'OMS. Le crunch suit les repères de l'ACE (allongé sur un tapis, genoux fléchis, pieds à plat) ; le dosage n'est pas celui d'une étude.

Progresser sur six semaines : un facteur après l'autre, puis une charge

L'ACSM (2009) conseille d'augmenter la charge de 2 à 10 % quand on réussit une à deux répétitions de plus que prévu. Il ne donne pas de calendrier : les paliers ci-dessous sont un exemple non testé. Les semaines 1 à 4 ne changent qu'un facteur à la fois ; la semaine 5 introduit une charge, dont la valeur de départ est au choix de la page et non testée, ce qui oblige à repartir du bas de la fourchette de répétitions.

Six semaines, 2 séances par semaine, 2 exercices par séance : exemple de cette page, non testé en étude
SemaineSéries × répétitions par exerciceCe qui changeRépétitions par séance (calcul)
12 × 8Point de départ, poids du corps2 × 2 × 8 = 32
23 × 8Une série de plus2 × 3 × 8 = 48
33 × 10Deux répétitions de plus par série2 × 3 × 10 = 60
43 × 12Deux répétitions de plus par série2 × 3 × 12 = 72
53 × 8Le crunch passe à une charge (haltère tenu contre la poitrine ou poulie) ; on repart de 8 répétitions2 × 3 × 8 = 48
63 × 10Deux répétitions de plus par série2 × 3 × 10 = 60

Ensuite, la charge ne monte que lorsque vous dépassez d'une à deux répétitions le nombre prévu, d'au plus 2 à 10 % selon l'ACSM (2009). Sur 10 kg, cela fait de 0,2 à 1 kg ; sur 4 kg, de 0,08 à 0,4 kg : un pas de 1 kg respecte cette fourchette à partir de 10 kg de charge, et la dépasse en dessous. Pour le poids du corps, le NHS propose un repère plus simple : travailler jusqu'au point où une courte pause est nécessaire avant de recommencer.

Abdos et graisse abdominale : ce que montrent les essais

Les essais lus ne testent pas la même intervention : le tableau donne ce qui a été fait et mesuré.

Abdominaux, graisse et réduction localisée : ce que mesure chaque essai lu
ÉtudeParticipantsIntervention réelleCe qui est mesuréRésultat publié
Vispute et al., 201124 adultes sédentaires en bonne santé (14 hommes, 10 femmes), 6 semaines7 exercices d'abdominaux, 2 séries de 10, 5 jours par semaine, alimentation isocalorique, contre un groupe sans interventionPoids, pourcentage de graisse, circonférence abdominale, plis cutanésAucun effet significatif ; plus de relevés de buste au test final (47 contre 32)
Brobakken et al., 202316 hommes en surpoids, 10 semainesCourse sur tapis plus rotations du torse et crunchs (27 min de course et 4 × 4 min), contre 45 min de course seule, dépense d'énergie contrôlée par la consommation d'oxygèneGraisse du tronc par DEXAGraisse du tronc en baisse de 1 170 g (7 %) dans le groupe abdominaux, sans changement pour la course seule ; graisse totale en baisse similaire dans les deux groupes
Paoli et al., 202114 volontaires, 8 semainesCircuit mêlant endurance et force, contre musculation classiquePlis cutanés, échographie, impédancemétrieBaisse du tissu adipeux sous-cutané abdominal dans le groupe circuit
Kostek et al., 2007104 adultes (45 hommes, 59 femmes), 12 semainesMusculation du bras non dominantGraisse sous-cutanée du bras, par IRM et par pli cutanéIRM : perte généralisée, sans différence entre les bras ; pli cutané : baisse du bras entraîné chez les hommes seulement
Ramírez-Campillo et al., 201311 adultes (7 hommes, 4 femmes), 12 semainesUne jambe, une série de 960 à 1 200 répétitions à la presse, charge de 10 à 30 % du maximumMasse grasse par DEXAMasse grasse en baisse aux membres supérieurs et au tronc, mais pas dans le segment entraîné

Brobakken et al. concluent, dans leur résumé, que l'exercice abdominal d'endurance a utilisé plus de graisse locale que la course seule, ce qui indique selon eux que la réduction localisée existe chez l'homme adulte. Kostek et al. concluent à l'inverse que l'IRM, qui mesure tout le bras, soutient l'idée qu'elle ne se produit pas avec la musculation, tout en notant qu'au pli cutané la réduction locale apparaît chez les hommes. Ramírez-Campillo et al. voient la graisse baisser ailleurs que dans la jambe entraînée.

Ces résultats ne se superposent pas (abdominaux seuls, course et abdominaux, circuit, bras, jambe). Les effectifs sont petits (de 11 à 104). Cet article ne tire de ces essais aucune promesse de perte de graisse abdominale ; chez Vispute et al., ce que les abdominaux ont fait progresser est l'endurance abdominale (47 contre 32 relevés de buste).

Programme abdos pour une femme ou pour un homme ?

Les essais lus ne donnent pas de programme d'abdos différent selon le sexe. Vispute et al. ont inclus 14 hommes et 10 femmes, Brobakken et al. seulement des hommes, Kostek et al. 45 hommes et 59 femmes : chez ces derniers, la baisse locale au pli cutané n'apparaît que chez les hommes, mais pas à l'IRM. Cela n'autorise pas à conclure.

Ce que les classements d'exercices ne disent pas

Escamilla et al. (2006, 21 adultes en bonne santé) classent les exercices par activité des abdominaux : le relevé de bassin incliné à 30 degrés et le relevé de genoux suspendu avec sangles comptent parmi les plus actifs. McGill et al. (2015, 14 hommes) comparent trois exercices ; la revue d'Oliva-Lozano et Muyor (2020) trouve l'activité la plus forte du grand droit, de l'oblique externe et des érecteurs du rachis avec les exercices aux charges libres. Ce sont des mesures d'activité musculaire, pas des résultats d'un programme : le détail est dans l'article sur les exercices d'abdos.

Erreurs fréquentes dans un programme abdos

Programme abdos après une grossesse : ce que disent deux travaux

Cet article ne propose pas de programme post-partum. Gluppe et al. (2023, essai randomisé, 70 femmes de 6 à 12 mois après l'accouchement, avec un écartement des grands droits diagnostiqué) ont fait suivre 12 semaines de relevés de tête et de relevés de buste, 5 jours par semaine : l'écartement n'est ni amélioré ni aggravé, la force et l'épaisseur du grand droit augmentent. Beamish et al. (2025, 65 études, première année après l'accouchement) concluent, avec une certitude jugée faible, que l'entraînement abdominal réduit la distance entre les grands droits. Les deux travaux ne s'accordent pas sur la distance entre les grands droits : réduction chez Beamish, ni amélioration ni aggravation chez Gluppe. Le NHS (activité en général) indique que l'on peut reprendre des activités plus intenses après le contrôle postnatal de 6 à 8 semaines si l'on s'en sent capable, selon son niveau d'avant la grossesse, et que l'activité intense n'est pas recommandée si l'on était inactive avant ; il invite la femme enceinte à parler à sa sage-femme des activités qui lui conviennent.

Quand demander un avis avant de commencer

Le NHS conseille de parler d'abord à son médecin si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un moment ou en cas de maladie. Une douleur ou une gêne pendant un exercice d'abdos justifie d'arrêter et de demander un avis (Harvard Health). Pendant la grossesse ou après l'accouchement, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin avant de commencer. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Un crunch à charge réglable

Pour charger un crunch, la poulie murale Modèle I offre une charge réglable de 2 à 50 kg, par pas de 1 kg, et plus de 180 exercices guidés dans l'application Chutex. La semaine type se suit sans la poulie, avec un haltère.

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Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

Quel programme abdos choisir ?

Aucune étude citée ne compare des dosages d'abdos sur la graisse abdominale ; Vispute et al. (2011) ont testé 7 exercices, 2 séries de 10, 5 jours par semaine, 6 semaines. Une base cohérente avec le NHS et l'OMS est de renforcer tous les grands groupes musculaires au moins 2 jours par semaine ; la semaine type de l'article, 2 séances de 2 exercices, est un exemple non testé.

Combien de fois par semaine faire des abdos ?

Le NHS et l'OMS demandent du renforcement des grands groupes musculaires au moins 2 jours par semaine, l'abdomen compris pour le NHS. L'ACSM (2009) donne 2 à 3 jours pour un débutant en entraînement de résistance général, pas pour les abdominaux seuls.

Les abdos font-ils perdre la graisse abdominale ?

Les essais divergent : six semaines d'abdominaux seuls n'ont pas réduit la graisse abdominale chez Vispute et al. (24 sédentaires), alors que Brobakken et al. (16 hommes en surpoids, course plus abdominaux) concluent à une baisse locale. Aucune promesse n'est possible.

Faut-il des charges pour les abdos ?

Les sources citées ne disent pas qu'il en faut. L'ACSM (2009) décrit seulement comment augmenter une charge (2 à 10 % après une à deux répétitions de plus que prévu) ; au poids du corps, le NHS conseille de travailler jusqu'à un court repos.

Combien de séries et de répétitions pour les abdos ?

Harvard Health décrit 8 à 12 répétitions pour une série de dead bug, puis une ou deux séries de plus après un repos, et l'ACSM (2009) 8 à 12 répétitions maximum pour un débutant en résistance. Vispute et al. (2011) ont testé 2 séries de 10 répétitions de 7 exercices d'abdominaux, 5 jours par semaine, pendant 6 semaines.

Peut-on faire des abdos après une grossesse ?

Le NHS, pour l'activité physique en général et non pour les abdominaux, indique que l'on peut reprendre des activités plus intenses après le contrôle postnatal de 6 à 8 semaines si l'on s'en sent capable, en tenant compte de son niveau d'avant la grossesse ; parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin. Gluppe et al. (2023) : 70 femmes de 6 à 12 mois après l'accouchement, avec un diastasis diagnostiqué, 5 jours par semaine, sans aggravation de l'écartement ; Beamish et al. (2025) concluent à une réduction, avec une certitude faible.