Programme personnalisé de musculation : ce qui se règle, comment le juger

Un programme personnalisé se reconnaît à ce qu'il tient compte de votre niveau, de vos objectifs et de vos réponses. Le texte liste les variables à régler, les critères pour juger une offre et un exemple à deux profils.

Programme personnalisé de musculation : c'est un programme réglé sur vous, sur votre niveau, votre objectif, votre matériel, votre temps et vos contraintes. Voici ce qui peut changer d'une personne à l'autre, ce que les études apportent sur la question, comment juger une offre qui se dit sur mesure, et ce que l'on peut faire soi-même.

Programme personnalisé de musculation : selon l'ACSM (2009), les recommandations s'appliquent en fonction des objectifs, de la capacité physique et du niveau d'entraînement de chacun. Aucune étude lue ne compare un programme personnalisé à un programme générique : on peut le construire soi-même avec les variables ci-dessous, ou le faire construire.

À retenir

  • Ce qui se règle : fréquence, charge, volume, progression et effort ressenti, avec des repères de l'ACSM (2009) et de revues publiées.
  • La réponse à l'entraînement varie : sur 585 personnes, Hubal et al. (2005) mesurent de -2 à +59 % de taille du biceps après 12 semaines.
  • Les études lues ne comparent ni un programme personnalisé à un programme générique, ni les voies (seul, application, coach).
  • Huit critères aident à juger une offre : cinq viennent de l'ACSM (2011), trois sont des critères de cette page.
  • Chutex Sport ouvrira bientôt en France ; le texte se suit sans lui.

Programme de musculation personnalisé : de quoi parle-t-on ?

L'ACSM (American College of Sports Medicine, 2009) écrit que ses recommandations doivent s'appliquer en contexte, selon les objectifs visés, la capacité physique et le niveau d'entraînement de la personne. C'est la définition de travail retenue ici : un programme personnalisé part de ces trois éléments, au lieu d'être copié tel quel.

Dans sa position de 2011, l'ACSM (Garber et al.) va plus loin : le programme devrait être modifié selon l'activité habituelle, la fonction physique, l'état de santé, les réponses à l'exercice et les objectifs déclarés. Ces cinq éléments servent de base à la grille plus bas.

Une limite est à dire clairement. Les études lues ne mesurent pas si un programme personnalisé donne de meilleurs résultats qu'un programme générique. La personnalisation se justifie ici par ce que les recommandations demandent et par la variabilité des réponses, pas par un gain chiffré.

Pourquoi un même programme ne produit pas le même effet chez tous

Hubal et al. (2005) ont fait entraîner le seul biceps (flexeurs du coude du bras non dominant) de 585 personnes, 342 femmes et 243 hommes, pendant 12 semaines. La taille du muscle a varié de -2 à +59 % et la force maximale (1RM, la charge maximale pour une répétition) de 0 à +250 %.

Les auteurs notent que certains sujets progressent peu ou pas, tandis que d'autres doublent leur force, chez les hommes comme chez les femmes. Cette étude porte sur un seul muscle et un seul protocole : elle montre que la réponse varie, elle ne dit pas comment prédire qui répond le plus.

Faire soi-même son programme : les variables à régler

Le RM (répétition maximale) désigne la charge qu'on ne peut pas soulever plus d'un nombre donné de fois : 8 RM, c'est une charge qu'on ne soulève pas plus de 8 fois. Le volume est le nombre de séries effectuées par semaine pour un groupe musculaire. Le tableau réunit les repères sourcés ; chacun est un point de départ à ajuster, pas une prescription individuelle.

Variables d'un programme de musculation et repères sourcés (ACSM, 2009 ; Schoenfeld et al., 2017 et 2019 ; Iversen et al., 2021 ; Zourdos et al., 2016)
VariableRepère sourcéSource
Fréquence2 à 3 jours par semaine pour un novice, 3 à 4 pour un intermédiaire, 4 à 5 pour un avancéACSM, 2009
ChargeNovice : 8 à 12 RM. Intermédiaire à avancé : 1 à 12 RM de façon périodiséeACSM, 2009
VolumePlus de séries par semaine, plus d'hypertrophie (15 études) ; au moins 4 séries par semaine et par groupe musculaire à 6 à 15 RM (Iversen et al. : revue narrative)Schoenfeld et al., 2017 ; Iversen et al., 2021
RépartitionÀ volume égal, la fréquence hebdomadaire par groupe musculaire peut suivre la préférence personnelle (25 études)Schoenfeld et al., 2019
ProgressionAugmenter la charge de 2 à 10 % quand on réussit une à deux répétitions de plus que prévuACSM, 2009
EffortUne échelle où 10 correspond à zéro répétition en réserve et 9 à une répétition en réserveZourdos et al., 2016

Les répétitions en réserve (RIR) sont le nombre de répétitions que l'on pourrait encore faire à la fin d'une série. Zourdos et al. (2016, 29 sujets, au squat) concluent que cette échelle est une méthode pratique pour régler la charge du jour, et Helms et al. (2016, article de synthèse) estiment qu'elle peut être plus précise que l'effort perçu global. L'exactitude des estimations par un débutant n'est pas mesurée dans les résumés lus.

Sur la progression, le NHS donne la même idée sans pourcentage : augmenter graduellement le nombre de répétitions au fil du temps, en montant lentement. Sur la fréquence des ajustements, aucune source lue ne fixe de rythme : le déclencheur de l'ACSM (réussir une à deux répétitions de plus) fait office de signal.

Le faire faire : application, coach en ligne, coach en salle

Une seule voie est mesurée dans les études lues : la supervision directe, en personne. Mazzetti et al. (2000) ont suivi 20 hommes modérément entraînés, dont 18 analysés (10 supervisés, 8 non supervisés) pendant 12 semaines avec le même programme périodisé. La charge a augmenté plus vite et la force maximale davantage chez les hommes supervisés.

Ce résultat ne s'étend pas à une application ou à un suivi à distance, qui ne sont pas testés ici. L'ACSM (2011) relie de son côté la supervision par un instructeur expérimenté, avec un exercice agréable, à une meilleure adoption et à une meilleure adhésion aux programmes, sans chiffre dans le résumé lu.

Les études lues ne comparent donc pas les voies entre elles. Le détail d'un coaching à distance a sa propre page, liée en bas.

Comment juger si un programme est vraiment personnalisé ?

La grille suivante relie chaque critère à sa source quand elle existe. Les trois critères sans source sont des choix de l'éditeur : ils décrivent ce qu'un lecteur peut vérifier avant de se lancer.

Huit critères pour juger un programme personnalisé (cinq de l'ACSM, 2011 ; trois critères de cette page)
CritèreCe qu'il faut pouvoir vérifierOrigine
Activité habituelleLe programme tient compte de ce que vous faites déjà dans la semaineACSM, 2011
Fonction physiqueIl part de ce que vous savez faire aujourd'hui, pas d'un niveau supposéACSM, 2011
État de santéUne maladie, une douleur ou une blessure récente est prise en compteACSM, 2011
Réponses à l'exerciceIl change quand vos séances montrent que la charge est trop faible ou trop forteACSM, 2011
Objectifs déclarésVotre objectif est écrit et le programme en découleACSM, 2011
Matériel et tempsLes exercices correspondent à ce que vous avez et au temps réel disponibleCritère de cette page
Ajustement visibleVous savez quand et pourquoi la charge ou le volume changentCritère de cette page
Contact humainUne personne peut répondre à vos questions pendant le programmeCritère de cette page, à rapprocher de la supervision (ACSM, 2011 ; Mazzetti et al., 2000)

Un programme qui ne demande rien sur vos antécédents, qui reste identique quel que soit votre niveau et qui ne prévoit aucun ajustement ressemble à un programme générique, quel que soit son nom.

Un même programme de base, deux profils : un exemple concret

Pour voir la personnalisation à l'œuvre, partons d'une base commune : deux séances de corps entier, quatre exercices, 2 séries de 8 à 12 répétitions. Le choix des exercices, des jours et du nombre de séries est un exemple de cette page, non testé en étude ; les repères de répétitions viennent de l'ACSM (2009) pour un novice.

Le profil A a peu de temps et s'entraîne chez lui avec une paire d'haltères. Le profil B reprend après une longue pause : il garde les mêmes exercices, mais passe à trois séances et vise au moins deux répétitions en réserve.

Semaine type de deux profils sur la même base : exemple de cette page, non testé en étude (8 à 12 répétitions : ACSM, 2009 ; 2 à 3 jours pour un novice : ACSM, 2009)
ProfilJourSéance (2 séries de 8 à 12 répétitions par exercice)
A, peu de tempsMardiSquat gobelet ; pompes sur les genoux ; rowing un bras avec haltère ; pont fessier au sol
A, peu de tempsSamediLes mêmes quatre exercices, dans le même ordre
B, repriseLundiSquat gobelet ; pompes sur les genoux ; rowing un bras avec haltère ; pont fessier au sol, avec au moins 2 répétitions en réserve
B, repriseMercrediLes mêmes quatre exercices, avec au moins 2 répétitions en réserve
B, repriseVendrediLes mêmes quatre exercices, avec au moins 2 répétitions en réserve
Décompte des séries par semaine (calcul de cette page : séances × 2 séries par exercice)
ProfilSéances par semaineSéries par exercice et par semaineRepère Iversen et al. (2021) : 4 séries minimum
A, peu de temps24Atteint
B, reprise36Dépassé

Le profil A tient juste le minimum de 4 séries par semaine et par groupe cité par Iversen et al. (2021), pour 6 à 15 RM. Le profil B, avec trois séances, reste dans la fourchette de 2 à 3 jours de l'ACSM (2009) pour un novice. Dans sa page consacrée aux 65 ans et plus, le NHS conseille de parler d'abord à un médecin généraliste si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un certain temps : on l'étend ici au profil B, sans que le NHS le précise pour les adultes plus jeunes.

Régler et ajuster : répétitions en réserve, journal, progression

Notez, pour chaque séance, l'exercice, la charge, le nombre de répétitions et l'effort ressenti en répétitions en réserve. Ce journal est un simple conseil : il sert à repérer le moment où vous réussissez une à deux répétitions de plus que prévu, signal donné par l'ACSM (2009) pour monter la charge de 2 à 10 %.

Si vous ajustez la fréquence, rappelez-vous que Schoenfeld et al. (2019, 25 études) jugent le choix libre à volume égal. Selon Iversen et al. (2021), c'est le volume hebdomadaire qui compte davantage que la fréquence.

Programme personnalisé avec Chutex Sport : comment cela se passera

Chutex Sport ouvrira bientôt en France. Le service prévoit un coach sportif diplômé d'État attribué, un programme d'entraînement personnalisé, une messagerie dans l'application, un bilan mensuel et des ajustements selon les signaux du bracelet Elio (sommeil, variabilité de la fréquence cardiaque, fréquence cardiaque, charge). Le suivi nécessitera un abonnement Health (Elio).

Chutex Sport ne remplacera ni un médecin, ni un kinésithérapeute prescrit, ni une urgence. La page du service permet d'être prévenu de l'ouverture. Ce service n'est mesuré dans aucune étude lue : cette section décrit le fonctionnement prévu, pas un résultat.

Quand demander un avis médical avant de commencer

Dans sa page consacrée aux 65 ans et plus, le NHS conseille de parler d'abord à un médecin généraliste si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un certain temps, ou en cas de maladie ou de doute. L'ACSM (2011) précise qu'une consultation médicale est utile quand elle est cliniquement indiquée, sans la recommander pour un dépistage de tous. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Erreurs fréquentes avec un programme personnalisé

Être prévenu de l'ouverture de Chutex Sport

Chutex Sport ouvrira bientôt en France, avec un programme personnalisé et un coach diplômé d'État. La page du service permet d'être prévenu de l'ouverture. Le texte se suit sans lui.

Être prévenu de l'ouverture

Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un programme de musculation personnalisé ?

C'est un programme réglé sur la personne. L'ACSM (2009) demande d'appliquer ses recommandations selon les objectifs, la capacité physique et le niveau d'entraînement ; en 2011, elle ajoute l'activité habituelle, la santé et les réponses à l'exercice.

Peut-on se faire son programme de musculation soi-même ?

Oui, en réglant fréquence, charge, volume et progression avec les repères de l'ACSM (2009) et d'Iversen et al. (2021). Les études lues ne comparent pas cette voie à celle d'un coach ou d'une application.

Un programme personnalisé est-il meilleur qu'un programme générique ?

Les études lues ne les comparent pas. Ce que montre Hubal et al. (2005) sur 585 personnes, c'est que la réponse à l'entraînement du biceps varie beaucoup d'une personne à l'autre, de -2 à +59 % de taille.

Que doit contenir un programme de musculation personnalisé ?

Selon l'ACSM (2011), il tient compte de l'activité habituelle, de la fonction physique, de la santé, des réponses à l'exercice et des objectifs déclarés. La page ajoute le matériel, un ajustement visible et un contact humain.

Comment adapter un programme de musculation à son niveau et à son matériel ?

Pour le niveau, l'ACSM (2009) donne 8 à 12 RM et 2 à 3 jours par semaine pour un novice. Pour le matériel, la page garde les mêmes mouvements et change la charge ou l'exercice, comme dans l'exemple à deux profils.

À quelle fréquence faut-il ajuster son programme ?

Aucune source lue ne donne de rythme. Le signal de l'ACSM (2009) est de réussir une à deux répétitions de plus que prévu : la charge peut alors monter de 2 à 10 %.

Faut-il l'avis d'un médecin avant de commencer ?

Dans sa page consacrée aux 65 ans et plus, le NHS conseille de parler d'abord à un médecin si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un certain temps ou en cas de maladie ou de doute. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.