Pubalgie : causes, rééducation, reprise du sport et quand consulter

Douleur de l'aine ou du pubis à l'effort : classification du consensus de Doha, ce que disent les essais sur la rééducation active, limites des preuves et signes qui justifient de consulter.

La pubalgie est le mot que reprend le titre d'une revue de langue française lue ici (Puig et coll., 2004) pour une douleur de l'aine du sportif ; le consensus de Doha (2015), lui, ne reprend pas ce mot. Cette page résume ce consensus, des essais sur la rééducation active, des revues de langue française, et les pages de l'Assurance Maladie (ameli) et du service public de santé britannique (NHS) sur la hernie et la hanche : aucune source institutionnelle lue ne traite la pubalgie elle-même. Elle n'établit aucun diagnostic : plusieurs causes se ressemblent, et seul un examen médical permet de les distinguer.

Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Selon le consensus de Doha (2015), qui ne reprend pas le mot pubalgie, les douleurs d'aine du sportif se classent en entités cliniques (adducteurs, psoas-iliaque, inguinale, pubienne), douleur liée à la hanche et autres causes. Pour les douleurs d'adducteurs de longue durée, il juge l'entraînement actif supervisé plus efficace que la physiothérapie passive (preuve modérée).

L'essentiel en 5 points

  • Le consensus de Doha (24 experts de 14 pays, 2015) classe les douleurs de l'aine du sportif en entités cliniques, pour mettre fin à une terminologie confuse.
  • Il rappelle que la hanche doit toujours être envisagée comme cause possible : une douleur d'aine n'est pas forcément une pubalgie.
  • Dans l'essai de Hölmich (Lancet, 1999, 68 athlètes répartis en deux groupes), 23 athlètes du groupe entraînement actif sont revenus au sport sans douleur, contre 4 dans le groupe physiothérapie.
  • Les revues soulignent la fragilité des preuves : les études sont surtout des séries de cas et la certitude de la méta-analyse de 2023 est très faible.
  • Selon ameli, une hernie étranglée est une urgence chirurgicale : douleur permanente de l'aine avec nausées, vomissements et arrêt des gaz.

Qu'appelle-t-on pubalgie ?

Les sources lues ne donnent pas de définition institutionnelle de la pubalgie. Le titre de l'article de Puig et coll. (Annales de réadaptation et de médecine physique, 2004) emploie le mot « pubalgie » pour le parcours du diagnostic à la reprise du sport ; la Revue médicale suisse (2007) parle plus largement de « douleurs de l'aine chez le sportif », qui touchent surtout les disciplines avec accélérations, décélérations et changements de direction.

Le consensus de Doha explique pourquoi un vocabulaire commun était nécessaire : selon ses auteurs, la terminologie hétérogène des blessures de l'aine ajoutait à la confusion. Il décrit la douleur de l'aine chez le sportif comme un problème fréquent et complexe, et pose que, dans tous les cas, la douleur s'aggrave à l'effort.

Quelles sont les causes possibles d'une douleur d'aine du sportif ?

Le consensus de Doha distingue trois grands ensembles : des entités cliniques définies (adducteurs, psoas-iliaque, inguinale, pubienne), la douleur liée à la hanche et les autres causes. Un sportif peut cumuler plusieurs entités. Le tableau reprend les définitions des quatre premières.

Les quatre entités cliniques du consensus de Doha (Weir et coll., Br J Sports Med 2015), lu le 2026-10-19
EntitéDéfinition clinique du consensus
Douleur liée aux adducteursSensibilité des adducteurs et douleur lors de l'adduction contre résistance
Douleur liée au psoas-iliaqueSensibilité du psoas-iliaque ; plus probable si la douleur apparaît à la flexion de hanche contre résistance ou à l'étirement des fléchisseurs
Douleur inguinaleDouleur dans la région du canal inguinal avec sensibilité du canal ; aucune hernie palpable
Douleur pubienneSensibilité locale de la symphyse pubienne et de l'os voisin

Ce tableau sert de repère de lecture, pas d'outil d'auto-diagnostic : ces entités se reconnaissent à la palpation et à des tests de résistance faits par un professionnel. Le consensus ajoute que la douleur venant de l'articulation de la hanche doit toujours être envisagée, et la revue de Puig et coll. demande d'écarter les atteintes de la hanche. Pour les causes d'une douleur d'aine hors sport, voyez notre page sur la douleur de l'aine.

L'imagerie permet-elle de trancher ?

Pas toujours. Le consensus de Doha résume une revue de 17 articles sur l'imagerie dans les douleurs d'adducteurs ou de symphyse de longue durée : quatre constats reviennent (usure de la symphyse, atteinte de l'insertion des adducteurs, œdème de l'os du pubis, signes de fente secondaire), mais leur portée pour le traitement ou le pronostic reste incertaine. La revue de Puig et coll. notait déjà l'absence de consensus sur les critères du diagnostic et sur le rôle de l'IRM.

Quel traitement et quelle rééducation selon les études ?

Le consensus de Doha s'appuie sur une revue de 72 études, dont 90 % de séries de cas. Pour les douleurs d'adducteurs de longue durée, il retient une preuve modérée : l'entraînement actif supervisé donne plus de succès et plus de retours au sport que les moyens de physiothérapie passive. Il juge aussi la libération partielle du tendon de l'adducteur efficace pour la reprise du sport.

Ce que rapportent les principales études citées, lues le 2026-10-19
ÉtudeCe qui a été comparéRésultat rapporté
Hölmich et coll., Lancet 1999 : 68 athlètes, douleur d'adducteurs depuis 40 semaines en médianeEntraînement actif ou physiothérapie sans entraînement actif, pendant 8 à 12 semainesRetour au sport sans douleur : 23 patients avec l'entraînement actif, 4 avec la physiothérapie (sur 68 athlètes répartis en deux groupes)
Hölmich et coll., Am J Sports Med 2011 : suivi à 8 à 12 ansMêmes groupesEffet de l'entraînement actif toujours présent à long terme
Lahuerta-Martín et coll., 2023 : méta-analyse de 5 essaisPhysiothérapie passive associée aux exercices ou exercices seulsCertitude de la preuve très faible

Le programme testé en 1999 visait la force et la coordination des muscles du bassin, surtout les adducteurs. Un article de revue de 2023 (Thorborg, Journal of Athletic Training) estime que, dans la plupart des cas, la prise en charge repose sur des exercices spécifiques et des stratégies de charge. La revue de Puig et coll. cite la suppression des facteurs déclenchants, le gain de souplesse, le renforcement des abdominaux et des adducteurs. La Revue médicale suisse décrit un traitement conservateur long et difficile.

Les sources lues ne détaillent pas assez les mouvements, les séries ni les charges pour que cette page les reprenne : le programme est celui de votre kiné ou de votre médecin du sport. Règle de la rédaction, qui ne vient d'aucune source : arrêtez un exercice si la douleur augmente et prévenez votre kiné.

Combien de temps avant de reprendre le sport ?

Les sources lues ne donnent pas de délai de reprise valable pour tous. L'essai de Hölmich mesurait la reprise complète du sport au même niveau sans douleur, après 8 à 12 semaines de traitement et un examen quatre mois plus tard. Dans le suivi de 2011, l'effet restait présent 8 à 12 ans après. Pour décider de la reprise, appuyez-vous sur l'avis de votre médecin du sport et de votre kiné plutôt que sur une date.

Côté prévention, le consensus de Doha cite une méta-analyse de sept essais, sur 4 191 participants : pas d'effet significatif sur les blessures de l'aine (risque relatif de 0,81, intervalle de confiance de 0,60 à 1,09). Les auteurs notent une baisse possible de 19 % qui n'est pas statistiquement significative.

Quand consulter pour une douleur d'aine ou de pubis ?

Consultez un médecin si la douleur d'aine du sportif dure ou revient à chaque effort (conseil de la rédaction) : le consensus de Doha insiste sur la diversité des causes, dont la hanche. Les sources lues ne fixent pas de délai précis pour les cas habituels. Pour la hanche, le NHS (consigne écrite pour le Royaume-Uni) invite à consulter si la douleur gêne les activités ou le sommeil, ou ne s'améliore pas après 2 semaines de soins à domicile. Pour trier les autres signes d'alerte (chute, hanche chaude et gonflée, testicule), lisez la page sur la douleur à l'aine. Selon le NHS, la plupart des hernies se développent dans l'abdomen ou l'aine, avec parfois une sensation de lourdeur ou de traction dans la jambe pour une hernie inguinale ou fémorale.

Hernie inguinale : repères d'ameli, lu le 2026-10-19
SituationCe que dit la source
Gêne, pesanteur ou grosseur en bas de l'abdomenManifestation fréquente d'une hernie inguinale
Hernie de faible volumePeut ne donner aucun symptôme
Douleurs permanentes de l'aine avec nausées, vomissements, ballonnement et arrêt des gazSignes d'une hernie étranglée, qui est une urgence chirurgicale

En cas de douleur brutale et permanente de l'aine avec vomissements, ou de signe grave, appelez le 15 ou le 112.

Comment suivre sa pubalgie à la maison ?

Un carnet aide à voir ce qui change et à préparer la consultation. Ces repères viennent de la rédaction et pas d'une source de santé.

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À lire aussi

Sources et références

Questions fréquentes

Une pubalgie disparaît-elle d'elle-même ?

Les sources lues ne donnent pas de taux de disparition spontanée. L'essai de Hölmich (Lancet, 1999) portait sur des athlètes dont la douleur durait depuis 40 semaines en médiane : 23 de ceux qui avaient suivi l'entraînement actif sont revenus au sport sans douleur, contre 4 avec la physiothérapie (68 athlètes répartis en deux groupes). L'évolution dépend de la cause, à faire préciser par un médecin.

Faut-il arrêter le sport avec une pubalgie ?

Les sources lues ne donnent pas de consigne chiffrée de repos. La revue de Puig et coll. cite la suppression des facteurs déclenchants dans la rééducation. La décision d'arrêter ou de moduler l'activité se prend avec votre médecin du sport ou votre kiné.

Quels exercices faire pour une pubalgie ?

L'essai de Hölmich a testé un programme de force et de coordination des muscles du bassin, surtout des adducteurs, et les revues citent aussi le renforcement des abdominaux. Les sources lues ne détaillent pas les mouvements : suivez le programme de votre kiné et arrêtez si la douleur augmente.

Quelle est la différence entre pubalgie et hernie ?

Selon ameli, une hernie inguinale se manifeste par une gêne, une pesanteur ou une grosseur en bas de l'abdomen. Le consensus de Doha définit la douleur inguinale du sportif comme une douleur du canal inguinal sans hernie palpable. C'est l'examen médical qui fait la différence.

L'IRM est-elle utile pour une pubalgie ?

Le consensus de Doha rapporte que des anomalies d'imagerie sont fréquentes chez les sportifs avec douleur de longue durée, mais que leur portée pour le traitement ou le pronostic reste incertaine. Le médecin décide de l'examen en fonction de votre situation.

Peut-on prévenir une pubalgie ?

Dans la méta-analyse citée par le consensus de Doha (sept essais, 4 191 participants), aucun effet préventif significatif n'a été trouvé (risque relatif de 0,81, intervalle de confiance de 0,60 à 1,09). Les auteurs notent une baisse possible de 19 % non significative. D'autres études sont jugées nécessaires.

Quand consulter ou appeler le 15 pour une douleur d'aine ?

Consultez si la douleur d'aine revient à chaque effort ou ne cède pas (conseil de la rédaction). Selon ameli, des douleurs permanentes de l'aine avec nausées, vomissements, ballonnement et arrêt des gaz évoquent une hernie étranglée, urgence chirurgicale. En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112.