Bursite et tendinopathie trochantérienne : douleur sur le côté de la hanche

Douleur sur le côté de la hanche, bursite ou tendinopathie des fessiers : ce que disent les sources sur la charge, les exercices progressifs, les infiltrations et les signes qui font consulter.

Une douleur sur le côté de la hanche, qui gêne la marche et parfois le sommeil, est souvent appelée bursite trochantérienne. Les revues récentes parlent plutôt de tendinopathie des muscles fessiers ou de syndrome douloureux du grand trochanter. Cette page rassemble ce que disent l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, le Service national de santé britannique (NHS) et les études sur la charge, les exercices et les infiltrations. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un médecin.

Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Selon l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, l'arrêt complet de l'activité et le repos strict sont à proscrire pour une tendinopathie : on poursuit en modifiant l'activité pour qu'elle ne provoque pas de douleur. Dans un essai de 204 personnes, un programme d'éducation et d'exercices a fait mieux qu'une infiltration à 8 semaines.

L'essentiel en 5 points

  • Une revue de 2025 (Donati et collaborateurs) indique que le syndrome douloureux du grand trochanter est souvent pris à tort pour une bursite : il s'agit en général d'une atteinte des tendons du moyen et du petit fessier.
  • L'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes cite la hanche (moyen fessier) parmi les sites de tendinopathie et les contraintes répétitives comme première cause.
  • L'essai de Mellor (BMJ, 2018, 204 personnes) combine l'éducation à éviter les positions qui compriment les tendons et des exercices de renforcement des abducteurs de hanche.
  • La revue de Bremer (2025) recommande avec prudence l'exercice et l'éducation comme approche de base, avec des effets faibles à moyen et long terme.
  • Une douleur sévère et soudaine, une hanche gonflée et chaude, de la fièvre ou l'impossibilité de marcher après une chute justifient une prise en charge urgente (NHS).

Bursite, tendinopathie, syndrome du grand trochanter : de quoi parle-t-on ?

Le grand trochanter est la saillie osseuse sur le côté de la hanche. Selon la revue narrative de Donati et collaborateurs (2025), le syndrome douloureux du grand trochanter est une cause fréquente de douleur latérale de hanche, qui touche surtout les femmes d'âge moyen. Il s'agit d'une tendinopathie, parfois d'une déchirure, des tendons du moyen et du petit fessier, souvent prise à tort pour une bursite, c'est-à-dire une inflammation de la poche qui amortit le frottement.

Mellor et collaborateurs (BMJ, 2018) écrivent que ce trouble, aussi appelé bursite trochantérienne, a une prévalence de 10 à 25 % et touche une femme sur quatre de plus de 50 ans. Il gêne souvent le sommeil et la fonction physique, avec un handicap et une qualité de vie comparables à ceux d'une arthrose sévère de la hanche selon ces auteurs.

Les termes qu'on rencontre pour une douleur sur le côté de la hanche, d'après Donati (2025), Mellor (2018) et le NHS, lus le 2026-10-19.
TermeCe que cela désigne
Bursite trochantérienneTerme courant, inflammation d'une bourse sur le côté de la hanche ; le NHS la cite parmi les causes d'une douleur qui peut gagner la cuisse et augmenter en bougeant ou en se couchant sur le côté
Tendinopathie du moyen et du petit fessierAtteinte des tendons des muscles fessiers qui s'insèrent sur le grand trochanter, parfois avec déchirure
Syndrome douloureux du grand trochanterTerme qui regroupe la douleur latérale de hanche, souvent due à la tendinopathie, parfois à tort appelée bursite

Quels signes évoquent cette douleur ?

Le NHS associe à la bursite une douleur qui peut se propager à la cuisse et qui est plus forte en bougeant ou en se couchant sur le côté. L'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes décrit, pour les tendinopathies en général, une douleur qui survient d'abord après l'effort, puis dès le début de l'activité, avant de disparaître pendant l'effort et de revenir ensuite. Dans les cas les plus évolués, elle devient permanente.

Ces signes ne suffisent pas à poser un diagnostic. Donati et collaborateurs écrivent que le diagnostic exige un examen clinique soigneux et une imagerie. Pour une douleur de hanche dont la cause reste à trouver, la page sur la douleur de la hanche décrit d'autres pistes : arthrose, conflit fémoro-acétabulaire, douleur venue du dos.

Pourquoi la charge compte-t-elle ?

L'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes indique que les contraintes répétitives constituent la cause la plus fréquente de tendinopathie. Il précise que le rôle du kiné est de soulager la douleur, mais aussi d'identifier les facteurs de risque, car les récidives sont le principal problème de cette pathologie. L'arrêt complet de l'activité et le repos strict sont, selon lui, à proscrire : il faut poursuivre en modifiant l'activité pour qu'elle ne provoque pas de douleur.

Dans l'essai de Mellor, l'éducation visait à éviter les mouvements et positions qui compriment les tendons du moyen et du petit fessier contre le grand trochanter. Elle portait aussi sur les quantités appropriées et la progression graduelle de la charge sur le tendon. Les fiches ne précisent pas quelles positions du quotidien sont concernées : votre kiné les repère avec vous, d'après vos gestes.

Quels exercices, d'après les études ?

L'essai de Mellor et collaborateurs a comparé trois groupes parmi 204 personnes de 35 à 70 ans avec une douleur latérale de hanche depuis plus de trois mois et une tendinopathie fessière : un programme dirigé par un kiné, une infiltration de corticoïdes, ou une attitude d'attente. Le programme comprenait 14 séances sur 8 semaines, des conseils d'éducation et un programme à domicile de renforcement ciblé des abducteurs de la hanche et de contrôle dynamique de l'adduction, 4 à 6 exercices à réaliser chaque jour.

Résultats de l'essai de Mellor et collaborateurs (BMJ, 2018) : succès rapporté sur l'échelle d'amélioration globale à 8 semaines, lus le 2026-10-19.
GroupeSuccès à 8 semainesRemarque de l'étude
Éducation et exercices (14 séances)51 personnes sur 66Mieux que l'infiltration et que l'attente à 8 semaines ; à 52 semaines, meilleur que l'infiltration pour l'amélioration globale, sans différence de douleur
Infiltration de corticoïdes38 personnes sur 65Mieux que l'attente à 8 semaines
Attente (une séance d'information)20 personnes sur 68Groupe de comparaison de l'essai

Les revues vont dans le même sens, avec des réserves. La revue de Bremer et collaborateurs (Clinical Rehabilitation, 2025) rapporte pour l'exercice et l'éducation des preuves de force modérée, avec un effet moyen sur la douleur à court terme et des effets faibles à moyen et long terme. Elle les recommande avec prudence comme approche de base. La méta-analyse en réseau de Wang et collaborateurs (2025, 19 essais, 1 701 participants) trouve que l'exercice a donné la plus forte amélioration de la douleur et de la fonction, tout en notant que le petit nombre d'études rend la comparaison difficile.

Les fiches ne détaillent pas ici les mouvements, les charges ou le nombre de séries d'un programme à reproduire seul : le tableau complémentaire de l'essai n'a pas été consulté. Le choix des exercices et de leur progression revient à un kinésithérapeute qui vous a examiné.

Que disent les sources de l'infiltration ?

Dans l'essai de Mellor, l'infiltration a donné de meilleurs résultats que l'attente à 8 semaines, mais moins bons que l'éducation avec exercices. La revue de Bremer lui attribue un effet faible sur la douleur à court terme, et la revue de Donati rapporte que le bénéfice des corticoïdes s'estompe avec le temps. Les mêmes revues évoquent d'autres techniques, comme les ondes de choc ou les injections de plasma riche en plaquettes, avec des résultats variables.

Ces données ne disent pas si une infiltration vous convient : la décision se prend avec votre médecin, qui connaît votre cas. La revue de Donati conclut que les approches non chirurgicales peuvent prendre en charge les stades débutants, et que les cas persistants peuvent demander des stratégies plus avancées.

Comment suivre sa hanche à la maison ?

Les fiches ne proposent pas de modèle de carnet pour une douleur latérale de hanche. Un carnet simple n'a rien d'officiel, mais il aide votre kiné à relier la douleur à vos activités (consigne de la rédaction).

Quand consulter ou appeler le 15 ?

En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112 (consigne de la rédaction). Le NHS demande de consulter si la douleur de hanche empêche les activités ou gêne le sommeil, si elle s'aggrave ou revient, ou si elle ne s'est pas améliorée après 2 semaines de soins à domicile. Il donne aussi des signes d'urgence.

Signes qui font consulter devant une douleur de hanche, d'après le NHS, lus le 2026-10-19. Aide de tri, pas un diagnostic.
SituationQue faire
Douleur sévère après une chute ou un choc, impossibilité de marcher ou de poser le piedAppeler le 15 ou le 112 (consigne de la rédaction)
Douleur très forte et soudaine, hanche gonflée et chaude, fièvre avec douleur de hanche, malaise général avec température élevéeAvis médical urgent ; en cas de doute, appeler le 15 (consigne de la rédaction)
Douleur sévère apparue brusquement sans chute ni blessureAvis médical urgent
Douleur qui gêne les activités ou le sommeil, qui s'aggrave ou revient, sans amélioration après 2 semaines de soins à domicileConsulter votre médecin

Chutex Physio ouvrira bientôt en France

Quand votre médecin ou votre kiné aura posé le cadre, un kinésithérapeute dédié composera un programme d'exercices personnalisé dans l'application Chutex, suivra vos séances validées, vous répondra par messagerie et fera un bilan mensuel. 99 € TTC par mois, sans engagement, avec le bracelet Elio, requis pour le suivi en plus du prix. Ce n'est ni un dispositif médical, ni un acte de kinésithérapie, ni un acte pris en charge par l'Assurance Maladie ; cela ne pose aucun diagnostic et ne remplace ni votre médecin, ni votre kiné, ni les urgences. Liste d'attente sur la page du service.

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Sources et références

Questions fréquentes

Quelle différence entre bursite et tendinopathie trochantérienne ?

La bursite désigne l'inflammation d'une bourse. Selon la revue de Donati (2025), le syndrome douloureux du grand trochanter est surtout une atteinte des tendons du moyen et du petit fessier, souvent prise à tort pour une bursite. Un examen clinique et parfois une imagerie permettent de faire la différence.

Pourquoi ai-je mal sur le côté de la hanche quand je dors sur le côté ?

Le NHS associe la bursite à une douleur plus forte en bougeant ou en se couchant sur le côté, et Mellor écrit que ce trouble gêne souvent le sommeil. Les fiches ne donnent pas de position de sommeil à privilégier : demandez conseil à votre kiné.

Faut-il arrêter le sport en cas de douleur latérale de hanche ?

Pas forcément. L'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes juge que l'arrêt complet et le repos strict sont à proscrire pour une tendinopathie : il vaut mieux poursuivre en modifiant l'activité pour qu'elle ne provoque pas de douleur. Votre kiné vous dit quoi garder et quoi alléger.

Quels exercices pour une tendinopathie des fessiers ?

Dans l'essai de Mellor, le programme comprenait un renforcement ciblé des abducteurs de la hanche et un contrôle de l'adduction pendant les gestes, 4 à 6 exercices par jour, avec 14 séances sur 8 semaines. Ce protocole n'est pas à reproduire seul : le choix des exercices revient à un kiné.

Une infiltration est-elle efficace ?

Elle a fait mieux que l'attente à 8 semaines dans l'essai de Mellor, mais moins bien que l'éducation avec exercices. Les revues de 2025 décrivent un effet faible et un bénéfice qui s'estompe. La décision se prend avec votre médecin.

Combien de temps dure une bursite trochantérienne ?

Les fiches ne donnent pas de durée valable pour tous. L'essai de Mellor évaluait les résultats à 8 semaines et à 52 semaines chez des personnes douloureuses depuis plus de trois mois. Donati décrit un trouble souvent chronique.

Quand consulter ou appeler le 15 ?

Appelez le 15 ou le 112 en cas de douleur sévère après une chute ou si vous ne pouvez pas poser le pied. Un avis urgent s'impose en cas de douleur très forte et soudaine, de hanche gonflée et chaude ou de fièvre (NHS). Sinon, consultez si la douleur gêne vos activités ou le sommeil, ou persiste après 2 semaines.