Syndrome de l'essuie-glace du genou : causes, exercices et reprise de la course

Douleur sur le côté du genou chez le coureur : ce que disent les revues sur la fréquence, le mécanisme débattu, le renforcement de la hanche et les signes qui font consulter.

Le syndrome de l'essuie-glace, ou syndrome de la bandelette ilio-tibiale, est une douleur du côté externe du genou que ressentent surtout les coureurs. Cette page présente ce que disent les revues scientifiques sur sa fréquence, sur la cause encore débattue, sur le renforcement de la hanche et du genou, et sur la reprise de la course. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Selon la revue de van der Worp (2012), le syndrome de la bandelette ilio-tibiale est la lésion la plus fréquente du côté externe du genou chez les coureurs, avec une incidence estimée entre 5 et 14 %. Une revue de 2024 retient le renforcement des abducteurs de la hanche comme stratégie commune, avec des études hétérogènes.

L'essentiel en 5 points

  • Selon van der Worp et collaborateurs (Sports Medicine, 2012), ce syndrome est la lésion la plus fréquente du côté externe du genou chez le coureur, avec une incidence estimée de 5 à 14 %.
  • Selon Sanchez-Alvarado et collaborateurs (2024), il représente environ 10 % des blessures liées à la course.
  • Selon Foch et collaborateurs (2023), il touche deux fois plus souvent les coureuses que les coureurs.
  • La cause est débattue : théorie du frottement, ou compression d'un tissu graisseux sous la bandelette (Fairclough et collaborateurs, 2007).
  • Le renforcement de la hanche est la stratégie commune des études (Sanchez-Alvarado, 2024) ; pour la prise en charge en général, la revue de van der Worp (2012) note une qualité méthodologique faible et des résultats très contradictoires.

Qu'est-ce que le syndrome de l'essuie-glace ?

La bandelette ilio-tibiale est un épaississement du fascia lata, l'enveloppe de tissu qui entoure la cuisse (Fairclough et collaborateurs, 2007). Le syndrome qui porte son nom se manifeste par une douleur du côté externe du genou. Une revue systématique (van der Worp et collaborateurs, 2012) estime que c'est la lésion la plus fréquente du côté externe du genou chez les coureurs.

Toute douleur sur le côté du genou n'est pas ce syndrome. L'Assurance Maladie rappelle qu'une douleur située sur les côtés du genou peut venir des ménisques ou des ligaments. Seul un professionnel de santé peut faire la différence ; cette page ne le fait pas. Pour une douleur à l'avant du genou, lisez la page sur le syndrome rotulien ; pour une douleur sous la rotule, celle sur la tendinite rotulienne.

Qui est concerné ?

Chiffres sur le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, chacun avec sa source (articles lus le 2026-10-19).
Chiffre ou constatSource
Incidence estimée de 5 à 14 % chez les coureursvan der Worp et collaborateurs, Sports Medicine, 2012
Environ 10 % des blessures liées à la courseSanchez-Alvarado et collaborateurs, Frontiers in Sports and Active Living, 2024
Deux fois plus de coureuses que de coureurs touchésFoch et collaborateurs, Gait and Posture, 2023
Chez les hommes, avoir moins de 34 ans est associé au syndromeTaunton et collaborateurs, British Journal of Sports Medicine, 2002
Deuxième blessure la plus fréquente chez les coureurs d'une clinique du sport, après le syndrome fémoro-patellaireTaunton et collaborateurs, British Journal of Sports Medicine, 2002

L'étude de Taunton porte sur les coureurs vus dans une clinique de médecine du sport au Canada : elle décrit les patients qui consultent, pas l'ensemble des coureurs. Les auteurs soulignent eux-mêmes que de futures recherches devraient inclure un groupe non blessé.

Frottement ou compression : que dit la recherche sur la cause ?

L'explication classique est un frottement de la bandelette sur la saillie osseuse externe du fémur, qui irriterait la bandelette ou une bourse. Fairclough et collaborateurs (Journal of Science and Medicine in Sport, 2007) contestent cette vue : ils proposent que le syndrome vienne d'une compression d'une couche de graisse et de tissu conjonctif située entre la bandelette et l'os. Ils relient le syndrome à une fonction altérée de la musculature de la hanche.

Là encore, les sources divergent. La revue de van der Worp (2012) estime qu'on ne sait pas clairement si la faiblesse des abducteurs de la hanche, les muscles qui écartent la jambe, joue un rôle majeur. La méta-analyse de Foch (2023) retrouve pourtant une force isométrique plus faible de ces muscles chez les coureuses atteintes, et note que les facteurs de risque diffèrent selon le sexe, avec des preuves biomécaniques limitées.

Que disent les études sur le traitement ?

La revue de Sanchez-Alvarado (2024) a retenu 13 études sur 616, soit 201 participants, dont cinq essais randomisés. Le renforcement des abducteurs de la hanche y est la stratégie commune. Selon les études, la douleur diminue de 27 à 100 % et la fonction s'améliore de 10 à 57 % sur 2 à 8 semaines. La forte hétérogénéité a empêché de regrouper les résultats : ces chiffres montrent l'étendue des résultats, pas un résultat à attendre.

Ce que disent quatre travaux sur la prise en charge du syndrome de la bandelette ilio-tibiale.
TravailCe qu'il conclutLimite signalée par les auteurs
van der Worp et collaborateurs, 2012 (revue)Les coureurs pourraient bénéficier de mobilisations, d'exercices de renforcement de la hanche et de conseils sur chaussures et surfaceQualité méthodologique faible, résultats très contradictoires
McKay et collaborateurs, 2020 (essai pilote, 24 coureuses)Trois programmes comparés : étirements, exercices conventionnels, renforcement de la hanchePas de différence statistique entre les trois groupes ; le renforcement ne fait jamais moins bien
Sanchez-Alvarado et collaborateurs, 2024 (revue)Le renforcement de la hanche est la stratégie commune des étudesÉtudes hétérogènes, pas de méta-analyse possible
Christofi et collaborateurs, 2024 (revue exploratoire, 7 études)Les frictions transversales profondes ne sont pas recommandées pour la douleur et la fonctionPeu d'études et qualité méthodologique limitée : pas de conclusion ferme

Les sources lues ne décrivent pas de séquence d'exercices à copier. Le choix des exercices pour la hanche et le genou, leur dose et leur progression se décident avec un kiné, qui les adapte à votre cas. La revue de 2024 ajoute que l'analyse et la modification de la foulée à la course demandent encore des essais rigoureux avant qu'on puisse les recommander.

Comment reprendre la course ?

Aucune des revues lues ne fixe de calendrier de reprise de la course pour ce syndrome. Pour la reprise d'un sport en général, et non pour ce syndrome en particulier, l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes recommande, après une rééducation, de reprendre progressivement et de respecter la règle de la non-douleur, en commençant en douceur et en augmentant progressivement la charge des séances. Votre kiné peut convenir avec vous d'un plan adapté.

Comment suivre sa douleur à la maison ?

Un carnet aide à décrire la douleur à un professionnel. Il ne remplace pas son examen.

Quand consulter ou appeler le 15 ?

En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112 (consigne de la rédaction, reprise de la page d'ameli). Le NHS conseille de consulter si la douleur ne s'améliore pas en quelques semaines, et d'obtenir un avis urgent si le genou se bloque, lâche ou fait un clic douloureux (un clic sans douleur est normal).

Signes d'alerte pour un genou douloureux, d'après la page « Douleurs du genou : que faire et quand consulter ? » d'ameli, lue le 2026-10-19.
SituationQue faire
Douleur qui ne disparaît pas au bout de 3 jours d'automédication, douleur qui s'aggrave progressivementConsulter le médecin traitant dans les jours qui viennent
Douleurs très intenses, fièvre, genou très volumineux, rouge et chaudConsulter le médecin traitant dans la journée
Traumatisme grave du genou, impossibilité de poser le pied par terre ou de marcherAppeler le 15 (SAMU) ou le 112 sans tarder

Chutex Physio ouvrira bientôt en France

Un kinésithérapeute dédié composera un programme d'exercices personnalisé dans l'application Chutex, suivra vos séances validées, vous répondra par messagerie et fera un bilan mensuel. 99 € TTC par mois, sans engagement, avec le bracelet Elio, requis pour le suivi en plus du prix. Ce n'est ni un dispositif médical, ni un acte de kinésithérapie, ni un acte pris en charge par l'Assurance Maladie ; cela ne pose aucun diagnostic et ne remplace ni votre médecin, ni votre kiné, ni les urgences. Liste d'attente sur la page du service.

Être prévenu de l'ouverture

À lire aussi

Sources et références

Questions fréquentes

Le syndrome de l'essuie-glace passe-t-il tout seul ?

Les revues lues ne donnent pas de durée d'évolution valable pour tous, et leurs études sont de qualité faible et très hétérogènes. Les interventions testées duraient de 2 à 8 semaines selon la revue de 2024. Le NHS conseille de consulter si la douleur ne s'améliore pas en quelques semaines.

Faut-il arrêter de courir en cas d'essuie-glace ?

Les sources lues ne donnent pas de règle d'arrêt. Pour la reprise d'un sport en général, l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes conseille de reprendre progressivement après une rééducation et de respecter la règle de la non-douleur. Demandez à votre médecin ou à votre kiné ce qu'il faut alléger et quand reprendre.

Les étirements de la bandelette suffisent-ils ?

Dans l'essai pilote de McKay (24 coureuses), le groupe qui faisait des étirements, celui qui faisait des exercices conventionnels et celui qui renforçait la hanche ne différaient pas statistiquement, mais le groupe renforcement ne faisait jamais moins bien. L'essai est petit : il ne permet pas de conclure.

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées ?

Une méta-analyse (Foch, 2023) indique que le syndrome touche deux fois plus souvent les coureuses que les coureurs, et que les facteurs de risque semblent différer selon le sexe, avec des preuves limitées. Les raisons ne sont pas établies.

Le massage profond de la bandelette est-il recommandé ?

Une revue exploratoire de 2024 ne recommande pas les frictions transversales profondes pour la douleur et la fonction, tout en notant que les études sont peu nombreuses et de qualité limitée. Demandez conseil à votre kiné.

Quand consulter ou appeler le 15 ?

L'Assurance Maladie conseille de consulter dans les jours qui viennent si la douleur dure plus de trois jours d'automédication ou s'aggrave, dans la journée en cas de fièvre ou de genou très volumineux, rouge et chaud, et d'appeler le 15 ou le 112 après un traumatisme grave du genou ou si vous ne pouvez pas poser le pied.