Syndrome du tunnel tarsien : nerf tibial, symptômes, causes et traitement
Brûlures ou fourmillements sous le pied, derrière la malléole interne : le nerf tibial peut être comprimé dans le tunnel tarsien. Ce que disent les revues sur les causes, le diagnostic, le traitement et les signes qui font consulter.
Le syndrome du tunnel tarsien est la compression du nerf tibial dans un passage étroit situé derrière la malléole interne, la bosse osseuse du côté intérieur de la cheville. Il donne des brûlures, des fourmillements ou un engourdissement sous le pied. Le sujet est peu documenté en français : aucune fiche de la Haute Autorité de santé (HAS), de l'Assurance Maladie ou d'une société savante française n'a été trouvée (recherche refaite le 19 octobre 2026 sur Orphanet, l'AFCP et la SOFCOT : aucune fiche non plus), et cette page s'appuie surtout sur des revues médicales en anglais, ce qui est précisé à chaque fois.
Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Selon une fiche StatPearls de 2026, le syndrome du tunnel tarsien est la compression du nerf tibial derrière la malléole interne ; le diagnostic est surtout clinique. Une revue de 2022 décrit une brûlure sous le pied, aggravée par la station debout ou la nuit, avec un traitement d'abord non chirurgical.
L'essentiel en 5 points
- Selon StatPearls (2026), c'est une neuropathie de compression du nerf tibial dans le tunnel tarsien postérieur, nettement moins fréquente que le syndrome du canal carpien.
- Une revue de 2022 (Vij et coll.) décrit surtout une brûlure sous le pied, parfois des fourmillements ou un engourdissement, aggravée par la station debout prolongée ou la nuit.
- Une revue de 2026 (Boers et coll., 82 études) constate l'absence de référence pour le diagnostic : le signe de Tinel, une percussion du nerf, est le test le plus utilisé.
- Selon la revue de 2022, le traitement est d'abord conservateur ; la chirurgie ne concerne qu'un petit groupe de patients dont les symptômes résistent.
- Consigne de la rédaction : un pied froid, pâle ou violet, une faiblesse qui s'installe ou une plaie qui ne cicatrise pas ne relèvent pas de cette page, consultez sans attendre.
Qu'est-ce que le tunnel tarsien ?
Selon StatPearls (Adler et coll., 2026), le tunnel tarsien est un espace fibro-osseux étroit, situé en arrière et sous la malléole interne. Le nerf tibial s'y divise en deux branches : le nerf plantaire médial et le nerf plantaire latéral. Un autre nerf, le nerf calcanéen médial, naît juste avant le tunnel. Quand le nerf est comprimé dans ce passage, la fiche parle de syndrome du tunnel tarsien postérieur, aussi appelé syndrome du canal tarsien ou névralgie du nerf tibial postérieur.
Le syndrome est souvent comparé au canal carpien, qui est la compression d'un nerf dans un espace étroit au poignet : les deux ont ce mécanisme en commun, mais StatPearls précise que le tunnel tarsien est considérablement moins fréquent. La page sur la loge de Guyon décrit une autre compression nerveuse à la main.
Quels sont les symptômes du syndrome du tunnel tarsien ?
Selon la revue de Vij et coll. (2022), les patients décrivent le plus souvent une perte de sensibilité, des fourmillements ou des sensations anormales intermittents sous le pied, le plus souvent décrits comme une brûlure. Le début est souvent insidieux, mais il peut suivre un traumatisme de la cheville. La douleur augmente souvent après une station debout prolongée ou la nuit, et elle est en général soulagée par le repos et la surélévation du pied.
Les zones touchées dépendent de la branche du nerf qui souffre. D'après StatPearls, chaque branche a son territoire de sensibilité, ce qui explique que la gêne ne soit pas la même d'une personne à l'autre.
| Branche du nerf | Zone de sensibilité |
|---|---|
| Nerf plantaire médial | Moitié interne du pied et face plantaire des trois premiers orteils et de la moitié du quatrième |
| Nerf plantaire latéral | Calcanéum latéral et face plantaire d'un orteil et demi, côté externe |
| Nerf calcanéen médial | Talon, côté postérieur et interne |
Pour reconnaître les signes d'un accident vasculaire cérébral (AVC) et savoir quoi faire, voyez la page sur l'engourdissement de la main.
Les revues ne disent pas combien de temps durent les symptômes avant la consultation, ni à quelle fréquence ils reviennent. La fiche de 2022 ajoute que la douleur irradie souvent vers les orteils, et plus rarement vers le mollet, mais ces points relèvent de l'examen par le médecin.
Quelles sont les causes possibles ?
Selon Vij et coll. (2022), le syndrome est le plus souvent idiopathique, c'est-à-dire sans cause retrouvée. Quand une cause existe, la revue cite un traumatisme, des lipomes, des kystes, des ganglions, des schwannomes (tumeurs bénignes d'un nerf), des varices de la plante du pied, des anomalies anatomiques et des maladies inflammatoires. Les lésions qui occupent l'espace (lipomes, kystes, ganglions) représentent environ 20 % des cas, et près de la moitié des patients ont eu un traumatisme du tunnel.
La même revue liste des facteurs de risque : sexe féminin, pratique d'un sport, hypothyroïdie, diabète, sclérodermie, insuffisance rénale chronique et hémodialyse. Elle précise que peu d'études solides existent sur ces facteurs. Côté français, l'Assurance Maladie écrit que les complications du diabète touchent aussi les pieds ; le NHS, service de santé britannique, rattache les fourmillements, douleurs ou engourdissements des mains et des pieds au diabète (page relue le 4 janvier 2024, non dépassée).
Comment fait-on le diagnostic ?
Selon StatPearls, le diagnostic est surtout clinique : l'examen et le récit des symptômes comptent plus que les examens, qui servent à chercher la cause de la compression ou à écarter d'autres maladies. La revue de 2022 décrit le signe de Tinel : une percussion sur le nerf, derrière la malléole interne, qui reproduit les symptômes. Elle précise que les examens électriques du nerf sont moins sensibles dans ce syndrome que dans d'autres compressions nerveuses, et que l'imagerie (radiographie, échographie, IRM) sert à chercher une masse, une déformation osseuse ou des signes de compression.
Une revue systématique de 2026 (Boers et coll., 82 études, 4 213 patients) conclut à l'absence de référence pour le diagnostic et à de grandes différences d'une équipe à l'autre. Le signe de Tinel est le test le plus utilisé, mais les sensibilités des tests varient beaucoup. Pour des douleurs sous le talon, une revue de 2026 (Krish et coll.) rappelle que la fasciite plantaire et le tunnel tarsien sont deux diagnostics à distinguer, d'après le schéma des symptômes, la zone de douleur et les déficits neurologiques localisés. Voir aussi la page sur la fasciite plantaire.
Quels traitements les revues décrivent-elles ?
Selon Vij et coll., le syndrome est généralement pris en charge d'abord sans opération, et le traitement médical doit être poursuivi avant d'envisager un geste mini-invasif ou chirurgical. Le traitement conservateur comprend le repos, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des orthèses plantaires (souvent quand une déformation du pied est en cause), de la kinésithérapie avec des étirements, et des anesthésiques locaux comme des infiltrations de corticoïdes. Les trois études de résultats retrouvées décrivent des résultats acceptables en première intention. Les fiches lues ne détaillent aucun exercice ni aucune dose : cette page n'en décrit pas.
| Étape | Ce que décrit la revue | Réserve |
|---|---|---|
| Premier recours | Repos, anti-inflammatoires, orthèses plantaires, kinésithérapie et étirements, infiltrations | Trois études de résultats seulement ; preuves non concluantes pour les supports de voûte |
| Mini-invasif | Cryoneurolyse, radiofréquence pulsée | Deux petites séries ; données isolées, d'un faible niveau de preuve |
| Chirurgie | Décompression de l'espace du nerf ; l'approche ouverte est décrite comme l'approche standard, avec des périodes sans appui (Gkotsoulias, revue centrée sur la voie endoscopique) | Réservée aux symptômes qui résistent aux autres traitements ; preuves plus solides que pour le mini-invasif |
Gkotsoulias et coll. (2014), dont la revue porte surtout sur la voie endoscopique (trois études, 37 pieds), rappellent que la décompression chirurgicale ouverte est l'approche standard, avec des complications parfois importantes et des périodes sans appui. Vij et coll. écrivent que les résultats chirurgicaux de la littérature sont bons et que les preuves sont plus solides que pour les techniques mini-invasives, mais que la chirurgie n'est envisagée que pour un petit groupe de patients dont les symptômes résistent. Après une opération, les consignes du chirurgien et du kinésithérapeute priment.
Comment suivre ses symptômes à la maison ?
Les revues décrivent des symptômes qui varient avec la position et la nuit, ce qui se prête à un carnet. Notez où se situe la brûlure ou l'engourdissement (talon, voûte, orteils, côté interne ou externe), ce qui la déclenche (marche, station debout, chaussures), l'heure, et si elle diminue en surélevant le pied ou en se reposant. Ces repères reprennent ceux de la revue de 2022. Consigne de la rédaction, sans source : apportez ce carnet au médecin et signalez toute faiblesse nouvelle du pied ou des orteils.
Quand consulter ou appeler le 15 ?
Le NHS invite à consulter si les fourmillements sont constants ou reviennent (page relue en janvier 2024). Les fiches lues sur le tunnel tarsien ne donnent pas de délai ni de seuil pour consulter : le tableau suivant est donc une aide de la rédaction, pas un diagnostic.
| Situation | Que faire |
|---|---|
| Brûlures ou fourmillements sous le pied qui reviennent ou durent | Consulter votre médecin |
| Faiblesse des orteils, pied qui s'engourdit en continu, orteils qui se replient | Consulter rapidement |
| Fourmillements des deux pieds ou diabète connu avec plaie qui ne cicatrise pas | Consulter rapidement votre médecin |
| Boule ou gonflement derrière la cheville, côté interne | Consulter votre médecin (une masse peut comprimer le nerf) |
| Pied soudain froid ou décoloré, ou douleur brutale après un choc à la cheville | Urgences ou 15 |
| Engourdissement ou faiblesse brutale d'un côté du corps, malaise | Appelez le 15 ou le 112 (consigne de la rédaction) |
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Sources et références
- Adler L et coll., Posterior Tarsal Tunnel Syndrome, StatPearls, 2026, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Vij N et coll., Clinical Results Following Conservative Management of Tarsal Tunnel Syndrome Compared With Surgical Treatment: A Systematic Review, Orthopedic Reviews, 2022, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Boers N et coll., Differences in Diagnosing Tarsal Tunnel Syndrome Across the Literature: A Systematic Review and a Call for Standardization, JBJS Reviews, 2026, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Krish P et coll., Peripheral Nerve Entrapment Mimics of Overuse Syndromes: A Symptom-First Diagnostic Framework, American Journal of Physical Medicine and Rehabilitation, 2026, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Gkotsoulias EN et coll., Outcomes and safety of endoscopic tarsal tunnel decompression: a systematic review, Foot and Ankle Specialist, 2014, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Assurance Maladie, Diabète : les autres complications (peau, articulations), lu le 2026-10-19
- NHS, Pins and needles (page relue le 4 janvier 2024, prochaine révision janvier 2027, non dépassée), lu le 2026-10-19 (en anglais, source britannique ; ses numéros d'urgence ne sont pas repris)
Questions fréquentes
Quels sont les symptômes du syndrome du tunnel tarsien ?
Selon une revue de 2022, il s'agit le plus souvent d'une perte de sensibilité, de fourmillements ou d'une brûlure sous le pied, par intermittence, aggravés par la station debout prolongée ou la nuit et soulagés par le repos et la surélévation du pied.
Quelle différence entre tunnel tarsien et fasciite plantaire ?
Une revue de 2026 rappelle que ces deux atteintes sont à distinguer, d'après le schéma des symptômes, la zone de douleur et les signes neurologiques. La fasciite plantaire fait mal sous le talon ; le tunnel tarsien est une compression nerveuse. Le médecin fait le tri à l'examen.
Quelles sont les causes du syndrome du tunnel tarsien ?
Selon une revue de 2022, il est le plus souvent idiopathique. Parmi les causes citées : traumatisme, kystes, lipomes, ganglions, varices, anomalies anatomiques, maladies inflammatoires. Diabète, hypothyroïdie, insuffisance rénale chronique et sport font partie des facteurs de risque décrits.
Comment confirme-t-on un syndrome du tunnel tarsien ?
Selon StatPearls, le diagnostic est surtout clinique, avec parfois une étude de conduction nerveuse ou une imagerie pour chercher la cause. Une revue de 2026 note l'absence de référence pour le diagnostic : le signe de Tinel est le test le plus utilisé, avec des sensibilités variables.
Un tunnel tarsien peut-il s'améliorer sans opération ?
Une revue de 2022 écrit que le traitement conservateur est une bonne option qui peut résoudre les symptômes de nombreux patients, et que la chirurgie ne concerne qu'un groupe restreint dont les symptômes résistent. Elle ne chiffre pas de délai. Le choix se fait avec le médecin.
Les semelles aident-elles en cas de tunnel tarsien ?
La revue de 2022 cite les orthèses plantaires parmi les traitements conservateurs, surtout quand une déformation du pied est en cause, mais note que la littérature n'est pas concluante pour les supports de voûte. Le choix d'une semelle relève du médecin ou du podologue.
Y a-t-il des exercices pour le syndrome du tunnel tarsien ?
La revue de 2022 mentionne la kinésithérapie et des étirements parmi les traitements conservateurs, sans détailler de mouvement. Les fiches lues ne décrivent ni exercice ni dose, et cette page n'en propose aucun : ils se décident avec le kiné après un bilan.
Quand consulter ou appeler le 15 pour des brûlures sous le pied ?
Consultez si les brûlures ou fourmillements reviennent ou durent, ou si une faiblesse s'installe. Le NHS conseille de voir un médecin si les fourmillements sont constants ou récurrents. Appelez le 15 ou le 112 si le pied devient froid et violet ou en cas de signe grave (consignes de la rédaction).