Névrome de Morton : symptômes, chaussage, semelles et traitements

Douleur ou brûlure entre les orteils : ce qu'est un névrome de Morton selon l'AFCP et le NHS, le rôle du chaussage et des semelles, ce que montrent les essais sur l'infiltration, et quand consulter.

Le névrome de Morton est une douleur de l'avant-pied qui se ressent entre les orteils, souvent comme une brûlure ou une décharge. Cette page résume ce que disent la fiche patient de l'Association française de chirurgie du pied et de la cheville (AFCP), le NHS (service public de santé britannique), la revue Cochrane de 2024 et une méta-analyse de 2019. Elle n'établit aucun diagnostic : seul un médecin ou un chirurgien du pied peut le faire.

Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Selon l'Association française de chirurgie du pied et de la cheville (AFCP), le névrome de Morton est un nerf de l'avant-pied épaissi, comprimé à chaque pas, qui donne des douleurs violentes entre les orteils. La fiche recommande d'abord des chaussures à bout large, sans talon, parfois des semelles ; infiltration et chirurgie viennent ensuite.

L'essentiel en 5 points

  • Selon l'AFCP, le nerf est comprimé de façon répétitive dans un canal de l'avant-pied à chaque pas, et un chaussage étroit aggrave cette compression.
  • Selon l'AFCP et le NHS, la première étape est le chaussage : bout large, pas de talons, semelle souple.
  • Les sources divergent sur l'infiltration : l'AFCP parle d'un soulagement parfois temporaire ou définitif, mais inefficace chez une partie des patients ; la revue Cochrane de 2024 trouve peu ou pas de différence avec l'anesthésique seul (faible certitude).
  • La revue Cochrane de 2024 ne retient que 6 essais, pour 373 participants : peu de traitements ont été testés sérieusement.
  • Le NHS conseille de consulter après 2 semaines sans amélioration, ou plus tôt en cas de fourmillements, de faiblesse ou d'engourdissement du pied.

Qu'est-ce qu'un névrome de Morton ?

Selon l'AFCP, à chaque impulsion du pied au sol, le nerf est comprimé de façon répétitive au sein d'un canal situé entre les têtes des os de l'avant-pied. Cette compression irrite le nerf, qui s'épaissit jusqu'à former un renflement : le « névrome ». La fiche emploie aussi les termes de syndrome de Morton et de névralgie inter-métatarsienne.

La revue Cochrane de 2024 précise que le névrome siège le plus souvent dans le troisième espace entre les orteils et, moins souvent, dans le deuxième. Le NHS décrit le même mécanisme : un nerf irrité ou lésé entre les os des orteils.

Quels sont les symptômes ?

L'AFCP décrit des douleurs violentes en dessous et entre les orteils, souvent ressenties comme des décharges électriques, qui peuvent diffuser vers le bout des orteils ou remonter vers la cheville. Elles sont provoquées par la marche ou la station debout prolongée, surtout avec des chaussures serrées. Une sensation de fourmillement ou une baisse de sensibilité entre les orteils est possible.

Le NHS parle d'une douleur lancinante, en coup de poignard ou en brûlure entre le troisième et le quatrième orteil, et de la sensation d'avoir un caillou sous le pied. Selon le NHS, les symptômes sont pires avec des chaussures serrées ou à talons et s'aggravent souvent avec le temps. Selon l'AFCP, se déchausser et masser le pied soulage en cas de crise.

Symptômes du névrome de Morton selon l'AFCP et le NHS, lus le 2026-10-19
SymptômeCe que disent les sourcesSource
DouleurViolente, en décharge, en brûlure ou en coup de poignard, entre les orteils (3e et 4e selon le NHS)AFCP, NHS
Sensation anormaleCaillou sous le pied, fourmillements, baisse de sensibilité entre les orteilsNHS, AFCP
DéclencheursMarche, station debout prolongée, chaussures serrées, pointues ou à talonsAFCP, NHS
SoulagementSe déchausser et masser le piedAFCP
Évolution sans traitementAggravation, avec une gêne de plus en plus importante à la marche et au chaussageAFCP

Quelles sont les causes et les facteurs associés ?

Selon le NHS, le névrome est souvent lié aux chaussures serrées, pointues ou à talons, à la pratique intensive de la course ou d'autres activités qui appuient sur l'avant-pied, et à d'autres problèmes du pied : pied plat, pied creux, hallux valgus (déviation du gros orteil) ou orteils en marteau. L'AFCP note que l'examen cherche aussi des éléments associés comme l'hallux valgus et les douleurs de l'avant-pied.

Comment le diagnostic se fait-il ?

Selon l'AFCP, le chirurgien localise la douleur et utilise des tests spécifiques pour situer le ou les névromes. Une échographie ou une IRM peuvent être prescrites pour visualiser le renflement du nerf, et une radiographie élimine d'autres pathologies osseuses ou articulaires. Le NHS indique que le médecin examine le pied et peut orienter vers un spécialiste du pied si un traitement est nécessaire.

Que faire en premier : chaussage, semelles et soins simples ?

L'AFCP écrit qu'en premier lieu, il est recommandé d'adapter son chaussage avec des chaussures à bout large qui ne compriment pas l'avant du pied, et d'éviter les talons. Des semelles orthopédiques réalisées par un pédicure-podologue peuvent être prescrites pour diminuer les pressions répétées sur le nerf.

Le NHS conseille des chaussures larges et confortables, à talon bas et à semelle souple, des semelles souples ou des coussinets que l'on glisse dans les chaussures (le pharmacien parle de coussinets métatarsiens), et la réduction des activités à impact comme la course et les sauts. Les sources lues ne précisent pas la durée à tenir ces mesures avant de juger de leur effet, hormis les 2 semaines du NHS avant de consulter.

Infiltration et chirurgie : que montrent les études ?

Selon l'AFCP, une ou plusieurs infiltrations de corticoïdes peuvent être faites ; le soulagement peut être temporaire ou définitif, mais le traitement peut être inefficace chez une partie des patients. Le NHS réserve les infiltrations de stéroïde ou d'alcool, et la chirurgie, aux symptômes très sévères ou aux autres traitements en échec.

Les études donnent un tableau plus nuancé. La revue Cochrane de 2024 n'a retenu que 6 essais randomisés (373 participants). Elle rapporte une preuve de faible certitude pour l'absence de différence, sur la douleur ou la fonction, entre un corticoïde associé à un anesthésique et l'anesthésique seul. Elle juge en revanche probable, avec une certitude modérée, que l'infiltration guidée par échographie réduit davantage la douleur que l'infiltration sans guidage.

Ce que disent les sources sur l'infiltration, lues le 2026-10-19
SourceCe qu'elle rapporte
AFCP (fiche patient)Soulagement parfois temporaire ou définitif ; inefficace chez une partie des patients
Cochrane 2024 (6 essais, 373 participants)Corticoïde plus anesthésique contre anesthésique seul : peu ou pas de différence sur la douleur ou la fonction, certitude faible ; guidage par échographie : probablement moins de douleur, certitude modérée
Méta-analyse 2019 (25 études, dont 7 essais)Infiltrations de corticoïdes et manipulation : preuves les plus solides sur la douleur, sans traitement de référence prouvé

Côté effets indésirables, la revue Cochrane cite, après infiltration de corticoïde, une atrophie légère de la peau (3,9 %), une dépigmentation (3,9 %) et une atrophie du coussinet de graisse plantaire (2,6 %). Pour la chirurgie, l'AFCP décrit deux gestes, libérer le nerf ou l'enlever, et un arrêt de travail d'un à trois mois en moyenne, selon l'activité professionnelle et les gestes réalisés. Les sources lues ne donnent pas de taux de succès : la décision se discute avec le chirurgien.

Quand consulter pour une douleur à l'avant-pied ?

Le NHS conseille de voir un médecin si la douleur du pied est sévère ou empêche les activités habituelles, si elle s'aggrave ou revient, si elle n'a pas diminué après 2 semaines de soins à domicile, en cas de fourmillements, de faiblesse ou d'engourdissement du pied, et en cas de douleur après une blessure récente ou une chirurgie du pied ou de la cheville.

Signes qui justifient un avis médical selon le NHS, lus le 2026-10-19
SigneSource
Douleur sévère ou qui empêche les activités habituellesNHS
Douleur qui s'aggrave ou qui revientNHS
Pas d'amélioration après 2 semaines de soins à domicileNHS
Fourmillements, faiblesse ou engourdissement du piedNHS
Douleur après une blessure récente ou une chirurgie du pied ou de la chevilleNHS

En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112.

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Sources et références

Questions fréquentes

Quels sont les premiers signes d'un névrome de Morton ?

Selon le NHS, une douleur lancinante ou en brûlure entre le troisième et le quatrième orteil, ou la sensation d'un caillou sous le pied, avec parfois fourmillements ou engourdissement. Selon l'AFCP, la douleur survient à la marche ou en station debout prolongée, surtout avec des chaussures serrées.

Quelles chaussures choisir avec un névrome de Morton ?

L'AFCP recommande en premier lieu des chaussures à bout large qui ne compriment pas l'avant du pied, sans talon. Le NHS ajoute un talon bas et une semelle souple, et déconseille les chaussures serrées, pointues ou à semelle fine.

Les semelles aident-elles pour un névrome de Morton ?

L'AFCP indique que des semelles orthopédiques faites par un pédicure-podologue peuvent être prescrites pour diminuer les pressions répétées sur le nerf. Le NHS cite des semelles souples ou des coussinets métatarsiens. Les sources lues ne chiffrent pas leur efficacité.

L'infiltration de cortisone est-elle efficace sur un névrome de Morton ?

Les sources divergent. L'AFCP parle d'un soulagement parfois temporaire ou définitif, mais inefficace chez une partie des patients. La revue Cochrane de 2024 trouve peu de différence avec l'anesthésique seul (faible certitude), et une meilleure efficacité probable avec le guidage par échographie. La décision revient au médecin.

Faut-il opérer un névrome de Morton ?

Selon l'AFCP, la chirurgie est proposée quand les autres traitements ne contrôlent pas les douleurs : libérer le nerf ou l'enlever. Le NHS la réserve aux symptômes très sévères ou aux traitements en échec. Selon l'AFCP, l'arrêt de travail après l'opération dure d'un à trois mois en moyenne, selon l'activité professionnelle et les gestes chirurgicaux.

Que se passe-t-il si on ne traite pas un névrome de Morton ?

Selon l'AFCP, dans les cas où aucun traitement n'est réalisé, les douleurs évoluent vers l'aggravation, avec une gêne de plus en plus importante à la marche et au chaussage. Le NHS écrit aussi que les symptômes s'aggravent souvent avec le temps.

Quand consulter ou appeler le 15 pour une douleur à l'avant-pied ?

Selon le NHS, consultez si la douleur est sévère, s'aggrave, n'a pas diminué après 2 semaines de soins, ou s'il y a fourmillements, faiblesse ou engourdissement du pied. Une douleur après une blessure récente justifie aussi un avis. En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112.