Prothèse de hanche : indications, opération, séjour, récupération et reste à charge
Quand pose-t-on une prothèse de hanche, comment se passent l'opération et le séjour, et que prévoir pour les semaines suivantes ? Les repères des sources officielles, avec leurs écarts, et un carnet de suivi pour la maison.
Une prothèse de hanche remplace l'articulation quand l'arthrose, une fracture ou une autre maladie l'a abîmée au point de gêner la marche. Si on vous la propose, ou si vous venez d'être opéré, les mêmes questions reviennent : à quel moment opère-t-on, combien de temps reste-t-on à l'hôpital, quand marche-t-on normalement, conduit-on, reprend-on le travail ou le sport, et que reste-t-il à payer ? Cette page rassemble les repères de l'Assurance Maladie, de la Haute Autorité de santé (HAS), de l'Inserm, de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et de la Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique (SOFCOT), et montre leurs écarts plutôt que de les lisser.
Relecture médicale en cours. Publié le 16 octobre 2026, mis à jour le 16 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Selon l'Assurance Maladie, la prothèse totale de hanche est posée dans la majorité des arthroses de hanche évoluées et comporte trois pièces (tige, cupule, tête). La HAS relève un séjour moyen d'environ cinq jours (hanche ou genou) ; selon l'Assurance Maladie, la conduite reprend vers six semaines et le sport le plus souvent après trois mois.
L'essentiel en 5 points
- Selon l'Assurance Maladie, la prothèse totale est mise en place dans la majorité des arthroses de hanche évoluées, après avis d'un chirurgien orthopédiste.
- Pour les séjours de pose de prothèse de hanche ou de genou étudiés par la HAS, la durée moyenne était de 5,2 jours en 2019 (5,5 jours en 2018).
- L'Assurance Maladie parle d'un risque de luxation présent pendant environ les trois premiers mois, la SOFCOT de 45 jours : suivez la consigne de votre chirurgien.
- Conduite : environ 6 semaines pour l'Assurance Maladie, un à deux mois pour la SOFCOT. Sport : le plus souvent après le troisième mois, avec l'accord du chirurgien.
- Côté coûts, l'Assurance Maladie rembourse l'hospitalisation à 80 % (100 % dans certains cas), et le forfait hospitalier de 23 € par jour reste à charge depuis le 1er mars 2026.
Quand pose-t-on une prothèse de hanche ?
Selon l'Assurance Maladie, aucun traitement ne supprime l'arthrose de la hanche : on limite la douleur et on ralentit l'évolution par des mesures d'hygiène de vie, des médicaments, de la rééducation et des exercices adaptés. Une prothèse de hanche devient nécessaire quand la coxarthrose est évoluée, et c'est dans la majorité des arthroses de hanche évoluées que la prothèse totale est mise en place. Le médecin traitant adresse alors le patient à un chirurgien orthopédiste.
La SOFCOT, dans sa fiche d'information destinée aux patients, rappelle que l'arthrose est la cause la plus fréquente, mais qu'une fracture du col du fémur, un rhumatisme inflammatoire ou une ostéonécrose (une partie de la tête du fémur qui perd sa vascularisation) peuvent aussi y conduire. Selon la SOFCOT, une prothèse devient nécessaire si les médicaments ne soulagent plus et si une intervention qui conserve l'articulation ne peut pas être envisagée avec de bonnes chances de succès.
L'évolution de l'arthrose est très variable. Selon l'Inserm, les lésions du cartilage ne régressent jamais, mais leur progression n'est pas linéaire : elle peut être assez rapide pour rendre nécessaire le remplacement de l'articulation en moins de cinq ans (l'Inserm cite l'arthrose de la hanche), ou rester lente, sans handicap majeur. C'est pourquoi la décision se prend sur la gêne ressentie et sur l'avis du chirurgien.
De quoi se compose une prothèse de hanche ?
L'Assurance Maladie décrit une prothèse totale en trois pièces : la tige fémorale, qui s'insère dans le fémur ; la pièce cotyloïdienne, en forme de cupule, fixée sur le bassin ; et la tête fémorale, qui fait la jonction entre le cotyle et la tige. Le cotyle, que les internautes recherchent souvent seul, est la cavité arrondie du bassin dans laquelle s'articule la tête du fémur : la SOFCOT le désigne aussi sous le nom d'acétabulum.
L'ANSM précise que l'ensemble tête et cotyle forme le couple de frottement, et qu'il en existe plusieurs : un composant du côté du bassin en polyéthylène associé à une tête en métal ou en céramique, ou bien un cotyle et une tête tous deux en céramique, ou tous deux en métal. Selon l'Assurance Maladie, le modèle est choisi en tenant compte de l'état de santé, de l'âge et de la forme anatomique de la hanche. La SOFCOT ajoute que la décision revient au chirurgien, qui tient compte de l'âge, de la morphologie, du poids, de l'ostéoporose et du niveau d'activité, et qu'une allergie à certains métaux doit lui être signalée.
Comment se déroulent l'opération et le séjour ?
Avant l'intervention
La SOFCOT indique que le chirurgien prescrit un bilan radiographique (plus rarement un scanner ou une IRM) et que l'anesthésiste demande une prise de sang et, selon l'âge, un examen cardiovasculaire. Tout traitement qui modifie la coagulation doit être signalé, car il doit parfois être adapté. L'Assurance Maladie rappelle que l'arrêt du tabac diminue le risque de complications postopératoires.
Le jour de l'opération
Toujours selon la SOFCOT, l'intervention est pratiquée sous anesthésie générale, ou sous anesthésie du bas du corps (rachianesthésie ou péridurale). L'articulation est ouverte puis préparée, et la prothèse remplace à la fois la tête et le col du fémur et la partie de l'articulation côté bassin. La fixation se fait avec un ciment acrylique ou grâce à l'os lui-même, qui repousse autour de la prothèse. Un traitement antibiotique préventif est administré juste avant l'intervention. Les voies d'abord (les chemins pour atteindre l'articulation), la position pendant l'opération et la technique de pose dépendent des habitudes du chirurgien et des caractéristiques du patient.
Combien de temps reste-t-on hospitalisé ?
Dans son rapport de janvier 2021, la HAS indique que la durée moyenne de séjour pour les séjours de pose de prothèse de hanche ou de genou étudiés était de 5,5 jours en 2018 et de 5,2 jours en 2019, avec une durée médiane de 5 jours, descendue de 5 à 4 jours pour les prothèses de hanche. La SOFCOT rappelle que la durée dépend de l'intervention, des suites opératoires, de l'état général et des conditions du retour à domicile. Autrement dit, la moyenne est un repère et pas une promesse : votre équipe fixe la date de sortie.
Pour préparer le retour, l'Assurance Maladie propose le service Prado : un conseiller vous rend visite pendant l'hospitalisation pour planifier les premiers rendez-vous avec les professionnels de santé de ville, et peut faciliter les démarches administratives. Après la sortie, le médecin traitant assure le suivi en coordination avec le chirurgien et le kinésithérapeute.
Combien de temps dure la récupération après une prothèse de hanche ?
Les délais circulent beaucoup, avec des chiffres qui ne se recoupent pas toujours. Le tableau ci-dessous les range par jalon et nomme la source de chacun. Quand deux sources divergent, les deux figurent. Ce sont des repères de population : votre propre calendrier est celui de votre chirurgien.
| Jalon | Repère | Source |
|---|---|---|
| Traitement anticoagulant | Environ 6 semaines, avec des mi-bas de contention | Assurance Maladie |
| Risque de luxation | Les 45 premiers jours | SOFCOT |
| Risque de luxation | Environ les 3 premiers mois | Assurance Maladie |
| Conduite automobile | Possible après environ 6 semaines | Assurance Maladie |
| Conduite automobile | Attendre un, voire deux mois | SOFCOT |
| Reprise du travail, activité sédentaire | En moyenne après un mois et demi de repos | Assurance Maladie |
| Reprise du travail, activité physique | Repos pouvant atteindre 4 mois | Assurance Maladie |
| Sport de loisir | Le plus souvent après le troisième mois, progressif, avec l'accord du chirurgien | Assurance Maladie |
| Oublier la prothèse | Au moins 6 mois | SOFCOT |
La SOFCOT résume ce calendrier en une phrase : il faut le plus souvent plusieurs mois pour tirer tout le bénéfice de l'opération, car les muscles ont fonctionné dans de mauvaises conditions parfois pendant des années avant l'intervention et doivent retrouver force et souplesse. Elle précise aussi que la zone opératoire est rarement indolore avant le trentième jour, ce qui est normal, et que des douleurs sont assez fréquentes pendant cette période. Au-delà de six mois, la hanche peut rester sensible ou fatigable lors d'efforts prolongés ou après un long repos, ce qui ne doit pas décourager.
Pourquoi les sources ne donnent-elles pas les mêmes délais ?
Les deux documents français n'ont pas le même objet. La fiche de la SOFCOT est un document de consentement éclairé écrit par des chirurgiens, qui décrit des précautions pendant les 45 premiers jours. La page de l'Assurance Maladie s'adresse au grand public et parle d'un risque présent pendant les trois premiers mois. Une revue systématique publiée dans Acta Orthopaedica en 2020 (Crompton et coll.) a, de son côté, rassemblé 6 900 patients opérés par voie postérieure : il n'y avait pas de différence significative du taux de luxation entre les groupes avec précautions et sans précautions (2,2 % contre 2,0 %). Cette étude porte sur un seul type de voie d'abord et ne dispense pas de suivre la consigne de votre chirurgien, qui connaît la voie utilisée et votre articulation. Elle montre seulement que la question des précautions reste discutée par les chirurgiens eux-mêmes.
Quelle rééducation, et à quel moment ?
Selon l'Assurance Maladie, une mobilisation précoce associée à la kinésithérapie est un facteur clé d'évolution favorable : la réadaptation commence le plus tôt possible à l'hôpital, le rééducateur explique les gestes à éviter et les exercices à faire chez soi entre les séances, et celles-ci ont lieu, si tout va bien, au cabinet ou au domicile du kinésithérapeute, plus rarement en établissement de rééducation. Au-delà de 15 séances pour une pose de prothèse de hanche, la prescription doit faire l'objet d'un accord préalable de l'Assurance Maladie.
La SOFCOT insiste sur un point : les habitudes varient selon les chirurgiens et les techniques, et le chirurgien peut estimer qu'aucune rééducation n'est nécessaire. Les consignes de l'équipe qui vous a opéré passent donc avant tout ce qui est écrit ici. Le détail des semaines, des appuis et des exercices simples se trouve dans la page consacrée à la rééducation après une prothèse de hanche, que vous trouverez dans les liens en bas de page.
Quelles précautions prendre à la maison ?
Pendant les premières semaines, la SOFCOT décrit deux positions à risque pour la prothèse. La première associe flexion et rotation interne : en position assise, ne pas plier la hanche au-delà de l'angle droit et ne pas tourner le genou vers l'intérieur, par exemple pour attraper son pied par le côté. La seconde associe extension et rotation externe : debout ou couché, ne pas tourner le pied vers l'extérieur et ne pas se cambrer vers l'arrière. La SOFCOT note que le risque est plus fréquent côté arrière quand la voie d'abord est postérieure et côté avant quand elle est antérieure.
- Éviter les sièges bas (poufs, canapés profonds, voitures basses) : selon la SOFCOT, il faut éviter de s'asseoir plus bas qu'une chaise de salle à manger pendant les 6 semaines qui suivent l'opération.
- Ne pas croiser les jambes en position assise et garder les genoux un peu écartés.
- Éviter de pivoter sur la jambe opérée et de se cambrer quand on est debout.
- Pour ramasser un objet, baisser le buste en gardant la jambe opérée tendue vers l'arrière plutôt qu'en pliant le genou de cette jambe.
- Préférer la douche au bain, et se faire aider pour le chaussage pendant les premières semaines.
- Utiliser deux cannes anglaises au début si l'équipe le conseille, puis une canne simple, toujours du côté opposé à l'opération.
Ces consignes sont celles d'un document général. Votre chirurgien peut en retirer ou en ajouter selon la voie d'abord, la prothèse choisie et votre état : c'est son protocole qui compte.
Quand consulter ou appeler en urgence après une prothèse de hanche ?
L'Assurance Maladie invite à consulter le médecin traitant devant des symptômes inhabituels : fièvre, douleur, vertiges ou gonflement du mollet pouvant faire craindre une phlébite. La SOFCOT détaille les signes pour lesquels il ne faut pas attendre : une température élevée, un gonflement, une rougeur ou un écoulement au niveau de la cicatrice, une douleur et un gonflement du mollet, une oppression respiratoire, et d'une façon générale tout symptôme nouveau. Elle conseille d'appeler un médecin, de préférence le médecin traitant, ou à défaut l'établissement où vous avez été opéré.
| Signe | Pourquoi il compte | Réflexe |
|---|---|---|
| Fièvre, rougeur, écoulement ou gonflement de la cicatrice | Risque d'infection de la zone opérée (SOFCOT) | Appeler le médecin traitant ou l'établissement sans attendre |
| Douleur et gonflement d'un mollet | Phlébite possible (Assurance Maladie, SOFCOT) | Appeler le médecin traitant sans attendre |
| Oppression respiratoire | Embolie pulmonaire possible (Assurance Maladie, SOFCOT) | Appeler le 15 ou le 112 |
| Hanche très douloureuse, station debout et mobilisation impossibles | Luxation possible : retour d'urgence en milieu chirurgical (SOFCOT) | Appeler le 15 ou le 112 |
| Réapparition de douleurs, des mois ou des années après | Descellement possible, complication tardive la plus fréquente (Assurance Maladie, SOFCOT) | Consulter le chirurgien |
Après l'opération, signalez aussi que vous portez une prothèse avant tout soin, dentaire par exemple. La SOFCOT explique que, lors d'une infection à distance, des bactéries peuvent passer dans le sang et se fixer sur le matériel : toute fièvre ou infection doit être signalée au médecin traitant pour être traitée rapidement.
Que reste-t-il à payer pour une prothèse de hanche ?
Beaucoup de recherches portent sur le prix de la prothèse de hanche. Selon l'Assurance Maladie, dans un établissement public ou une clinique privée conventionnée, les frais d'hospitalisation sont remboursés à 80 %, et la mutuelle peut prendre en charge les 20 % restants. Ils sont pris en charge à 100 % si l'acte hospitalier a un coefficient supérieur ou égal à 60 ou un tarif supérieur ou égal à 120 €, ou si l'hospitalisation dépasse trente jours consécutifs. Demandez à l'établissement et à votre caisse si votre acte entre dans ce cadre.
| Poste | Ce que dit l'Assurance Maladie | À votre charge ? |
|---|---|---|
| Frais d'hospitalisation | Remboursés à 80 % (public ou clinique conventionnée) ; 100 % dans certaines situations | Le ticket modérateur de 20 % si l'acte n'est pas pris en charge à 100 %, selon votre mutuelle |
| Forfait hospitalier | 23 € par jour en hôpital ou en clinique depuis le 1er mars 2026, jour de sortie compris | Oui, il n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie ; votre mutuelle peut le couvrir selon le contrat |
| Chambre individuelle, téléphone, télévision | Suppléments pour confort personnel | Oui, partiellement ou en totalité selon la mutuelle |
| Dépassements d'honoraires médicaux | Figurent parmi les frais qui restent à votre charge à la sortie, selon l'Assurance Maladie | Oui, selon votre mutuelle |
Les séances de kinésithérapie après la pose sont une prescription à part : leur remboursement se prépare avec votre kinésithérapeute et votre caisse (voir la page sur le remboursement du kiné, dans les liens en bas de page). L'Assurance Maladie indique par ailleurs que les séances de rééducation après une intervention chirurgicale sont remboursées à 60 %.
Prothèse de hanche nouvelle génération, nouvelle technique : que sait-on ?
Les recherches « prothèse de hanche nouvelle génération » ou « opération de la hanche nouvelle technique » renvoient souvent à la voie antérieure ou à de nouveaux matériaux. Une méta-analyse publiée en 2025 dans le Journal of Orthopaedics (Ghandour et coll.) a comparé la voie antérieure et la voie postérieure dans 27 études, soit 44 477 patients. Elle trouve des estimations comparables pour les reprises chirurgicales, les luxations et les fractures peropératoires, et un séjour plus court de 0,31 jour avec la voie antérieure.
Côté matériaux, l'ANSM rappelle que les couples de frottement existent en plusieurs combinaisons. La SOFCOT indique que les nouveaux matériaux de frottement ont grandement diminué le risque d'usure. Selon l'Inserm, la durée de vie d'une prothèse est en général de 15 à 20 ans. Aucune de ces sources ne désigne une technique ou un modèle qui conviendrait à tout le monde : la SOFCOT précise que le choix dépend des habitudes du chirurgien et des caractéristiques du patient. La bonne question à poser à votre chirurgien est donc celle de la voie d'abord et du type de prothèse qu'il utilise régulièrement, et de ce que cela change pour vos premières semaines.
Quelles complications peut-on rencontrer ?
L'Assurance Maladie distingue les complications générales, favorisées par l'hospitalisation et l'alitement (phlébite, embolie pulmonaire, infection pulmonaire ou urinaire, aggravation d'une maladie existante), et les complications orthopédiques. Peu après l'intervention, on peut craindre une infection osseuse ou articulaire et une luxation, qui survient en général après un mouvement accidentel. À distance, l'usure du cotyle peut favoriser un descellement, et le descellement de la pièce fémorale est la complication la plus fréquente selon l'Assurance Maladie : il se traduit par une reprise des douleurs. La SOFCOT rappelle qu'un acte chirurgical n'est jamais anodin, et qu'il est impossible d'établir une liste exhaustive des complications ni le pourcentage de risque de chacune.
C'est aussi pourquoi la SOFCOT recommande des visites de contrôle régulières chez le chirurgien : elles permettent de repérer une usure avant qu'elle ne complique un éventuel remplacement.
Marche, sport, travail : quand reprendre ses activités ?
L'Assurance Maladie demande de reprendre progressivement sa vie normale en respectant les conseils et exercices initiés à l'hôpital, et de ne pas reprendre le sport ou les loisirs sans l'autorisation du chirurgien. En général, une prothèse de hanche permet la pratique de la majorité des sports de loisir, hors activités violentes comme le ski nautique, et la reprise est le plus souvent possible après le troisième mois, de façon progressive. La SOFCOT cite la marche, la course prudente, le vélo, la natation et le golf comme des sports bienvenus, et met en garde contre le ski, le football et le rugby, qui soumettent l'articulation à des traumatismes. Une revue de 2024 (Telang et coll., Arthroplasty Today) ne trouve pas d'association nette entre le niveau d'activité après prothèse et les taux de luxation, mais conclut que des études prospectives de bonne qualité manquent encore. Parlez de votre sport précis à votre chirurgien.
Pour le travail, l'Assurance Maladie indique qu'un arrêt est la règle : en moyenne un mois et demi de repos pour une activité sédentaire, jusqu'à quatre mois pour un travail physique, surtout quand la station debout et la marche sont nécessaires. Une visite de pré-reprise avec le médecin du travail est possible, et une visite de reprise est parfois obligatoire selon la durée et la cause de l'arrêt : demandez à votre médecin du travail. Pour la reprise du sport après une blessure en général, voir le guide de la reprise du sport en bas de page.
Comment suivre sa récupération à la maison ?
Entre deux rendez-vous, il est difficile de se souvenir de ce qui s'est passé. Un carnet très simple, tenu chaque soir, aide le kinésithérapeute et le chirurgien à comprendre votre évolution. Il ne sert pas à vous juger ni à fixer vos objectifs : il sert à rendre vos ressentis comparables d'une semaine à l'autre.
| À noter | Comment | À quoi cela sert |
|---|---|---|
| Douleur du jour | Un chiffre de 0 à 10, au repos et à la marche | Voir si elle diminue d'une semaine à l'autre, pas d'un jour à l'autre |
| Marche | Durée approximative et aide utilisée (cannes, canne simple, aucune) | Suivre les progrès et savoir quand en parler pour alléger l'aide |
| Exercices prescrits | Faits ou non, avec la gêne éventuelle | Montrer la régularité réelle au kinésithérapeute |
| Cicatrice et température | Aspect de la cicatrice, fièvre éventuelle | Repérer vite un signe d'alerte de la liste ci-dessus |
| Mollet et souffle | Gonflement ou douleur d'un mollet, oppression respiratoire | Ne pas laisser passer un signe pour lequel la SOFCOT dit de ne pas attendre |
| Questions | Notez-les au fil de la semaine | Les poser au chirurgien ou au kiné à la séance suivante |
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Sources et références
- Assurance Maladie, Traitement de l'arthrose de la hanche (chirurgie, prothèse, réadaptation), lu le 2026-10-16
- Assurance Maladie, Vivre avec une arthrose de la hanche (vivre avec une prothèse, travail, conduite, sport), lu le 2026-10-16
- Assurance Maladie, Hospitalisation : votre prise en charge, lu le 2026-10-16
- Assurance Maladie, Le forfait hospitalier (23 € depuis le 1er mars 2026), lu le 2026-10-16
- HAS, Mesure des évènements thrombo-emboliques après pose de prothèse totale de hanche ou de genou, janvier 2021, lu le 2026-10-16
- SOFCOT, Informations concernant les prothèses totales de hanche (Prendre sa décision), lu le 2026-10-16
- Inserm, Arthrose, dossier d'information, lu le 2026-10-16
- ANSM, Surveillance des prothèses de hanche, lu le 2026-10-16
- Ghandour M. et coll., Direct anterior approach versus posterior approach in total hip arthroplasty, J Orthop 2025, lu le 2026-10-16
- Crompton J. et coll., Do hip precautions after posterior-approach total hip arthroplasty affect dislocation rates?, Acta Orthop 2020, lu le 2026-10-16
- Telang S. et coll., Are activity restrictions necessary after total hip arthroplasty, Arthroplast Today 2024, lu le 2026-10-16
Questions fréquentes
Combien de temps reste-t-on à l'hôpital après une prothèse de hanche ?
Pour les séjours de pose de prothèse de hanche ou de genou étudiés par la HAS, la durée moyenne était de 5,2 jours en 2019 et la médiane de 5 jours. La SOFCOT rappelle que la durée dépend de l'intervention, des suites, de l'état général et des conditions du retour à domicile : c'est l'équipe qui décide de la sortie.
Combien de temps faut-il pour récupérer d'une prothèse de hanche ?
Les sources donnent des repères par jalon : conduite après environ 6 semaines selon l'Assurance Maladie (un à deux mois selon la SOFCOT), reprise du sport le plus souvent après le troisième mois, et au moins 6 mois pour oublier la prothèse selon la SOFCOT. Ces délais varient d'une personne à l'autre, et votre chirurgien fixe les vôtres.
Que reste-t-il à payer après une prothèse de hanche ?
L'Assurance Maladie rembourse l'hospitalisation à 80 % dans un hôpital public ou une clinique conventionnée, et à 100 % dans certaines situations. Le forfait hospitalier, de 23 € par jour depuis le 1er mars 2026, reste à charge, comme les suppléments de confort et les dépassements d'honoraires, sauf prise en charge par votre mutuelle.
À partir de quand peut-on conduire après une prothèse de hanche ?
L'Assurance Maladie indique que la conduite est possible après 6 semaines environ ; la SOFCOT estime qu'il faut attendre un, voire deux mois pour retrouver les réflexes d'une conduite sûre. Demandez l'accord de votre chirurgien avant de reprendre le volant.
Quelle est la durée de vie d'une prothèse de hanche ?
Selon l'Inserm, la durée de vie d'une prothèse est en général de 15 à 20 ans. La SOFCOT précise que l'usure varie selon le type de prothèse et l'activité, et recommande des visites de contrôle régulières chez le chirurgien.
La voie antérieure est-elle meilleure que la voie postérieure ?
Une méta-analyse de 2025 sur 27 études et 44 477 patients trouve des estimations comparables pour les reprises et les luxations, avec un séjour plus court de 0,31 jour pour la voie antérieure. Le choix dépend des habitudes du chirurgien et de votre situation, d'après la SOFCOT.
Quels signes doivent faire appeler un médecin après la sortie ?
La SOFCOT cite une température élevée, un gonflement, une rougeur ou un écoulement de la cicatrice, une douleur et un gonflement du mollet, une oppression respiratoire et tout symptôme nouveau. En cas d'oppression respiratoire ou de hanche impossible à bouger, appelez le 15 ou le 112 (consigne de prudence de la rédaction).
Quelles complications peut-on rencontrer après une prothèse de hanche ?
L'Assurance Maladie distingue les complications générales (phlébite, embolie pulmonaire, infections pulmonaire ou urinaire) et les complications orthopédiques : infection osseuse ou articulaire et luxation peu après l'intervention, puis descellement, la complication tardive la plus fréquente, qui se traduit par une reprise des douleurs. La SOFCOT rappelle qu'on ne peut pas établir de liste exhaustive ni le pourcentage de risque de chacune.