Sclérose en plaques et kinésithérapie : rééducation, fatigue, activité physique

Que disent la HAS et l'Assurance Maladie sur la rééducation et l'activité physique dans la sclérose en plaques, la fatigue, la chaleur et les poussées.

Sclérose en plaques et kinésithérapie : longtemps, on a conseillé aux personnes atteintes d'éviter l'effort. La Haute Autorité de santé (HAS) a publié en 2024 une fiche qui dit presque l'inverse : l'activité physique est recommandée et ses effets bénéfiques sont bien démontrés. Cette page résume ce que disent la HAS, l'Assurance Maladie et une revue Cochrane sur la rééducation, la fatigue, la chaleur et les poussées. Elle ne propose aucun programme à suivre seul et ne promet aucun résultat : le kinésithérapeute et l'équipe de soins adaptent tout.

Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Selon la HAS (2024), l'activité physique est recommandée dans la sclérose en plaques et ses effets bénéfiques sont bien démontrés. Selon l'Assurance Maladie, la rééducation est utile à tous les stades. La HAS contre-indique l'activité physique pendant une poussée à la phase aiguë ; le programme se règle avec l'équipe de soins.

L'essentiel en 5 points

  • Selon la HAS, l'activité physique est recommandée dans la sclérose en plaques, même si les patients ont souvent tendance à la restreindre par fatigabilité et par peur du handicap.
  • Selon l'Assurance Maladie, la rééducation est utile à tous les stades de la maladie, en cabinet de ville, en hôpital de jour ou en centre de rééducation.
  • La HAS indique que l'activité physique n'augmente pas le risque de déclencher une poussée, mais qu'elle est contre-indiquée pendant une poussée à la phase aiguë.
  • Une revue Cochrane de 2015 (45 essais, 2 250 personnes) trouve, sur 26 de ces essais, un effet significatif de l'exercice sur la fatigue, avec une qualité de preuves jugée modérée.
  • La HAS recommande d'éviter les activités d'intensité élevée en ambiance chaude, car la chaleur peut aggraver transitoirement les symptômes (phénomène d'Uhthoff).

L'activité physique est-elle déconseillée dans la sclérose en plaques ?

Non, plus aujourd'hui. La HAS (2024) rappelle que, historiquement, il était recommandé aux patients de ne pas pratiquer d'activité physique, par crainte de provoquer des poussées. Elle indique que 40 % des patients rapportent une aggravation des symptômes pendant l'effort, mais que cela se normalise dans les 30 minutes suivant l'arrêt pour 85 % d'entre eux, et que ce phénomène s'atténue avec une pratique régulière.

La HAS conclut que la pratique d'une activité physique n'augmente pas le risque de déclencher une poussée et qu'elle est globalement considérée comme sûre. L'Assurance Maladie parle d'une peur non justifiée de déclencher une nouvelle poussée. Ces énoncés ne remplacent pas l'avis du neurologue : une consultation médicale d'activité physique permet de définir le niveau possible pour chaque personne.

Quel rôle pour le kinésithérapeute selon le niveau de handicap ?

La HAS adapte ses recommandations au score EDSS (Expanded Disability Status Scale), une échelle de handicap calculée par l'équipe médicale. Le tableau résume ce que dit sa fiche de 2024 ; il ne permet pas de situer une personne.

Prise en charge selon le score EDSS (source : HAS, Prescription d'activité physique, sclérose en plaques, mars 2024 ; Assurance Maladie)
Score EDSSCe que décrit la HAS
0 à 3Activités physiques et sportives de loisirs supervisées par un éducateur sportif formé, ou pratiquées en autonomie, avec peu de précautions.
3,5 à 6Objectif de maintien de l'autonomie, par l'entretien et la restauration des capacités physiques. Programmes d'activité physique adaptée supervisés par un professionnel (kinésithérapeute ou enseignant en activité physique adaptée).
6,5 et plusRéadaptation, à l'exclusion d'une activité physique classique : rééducation en soins médicaux et de réadaptation et/ou en kinésithérapie en ville.

L'Assurance Maladie confirme que, pour les personnes plus gênées par leur maladie, le programme d'activité physique adaptée est supervisé par un professionnel (kinésithérapeute ou enseignant formé). Elle indique aussi que le suivi s'appuie sur une équipe pluridisciplinaire où figurent notamment le médecin de réadaptation, le kinésithérapeute et l'ergothérapeute.

Comment gérer la fatigue et la chaleur ?

La HAS indique que 50 à 60 % des patients rapportent la fatigue comme un des symptômes les plus invalidants, et qu'ils ont un délai de récupération plus long après l'effort. L'Assurance Maladie conseille de fractionner les activités et d'alterner les périodes actives et de repos, et présente la rééducation fonctionnelle et l'activité physique adaptée comme un moyen de lutter contre la fatigue.

La revue Cochrane de Heine et coll. (2015) a inclus 45 essais et 2 250 personnes. Sur 26 de ces essais, qui comparaient l'exercice à une absence d'exercice, elle trouve un effet significatif sur la fatigue. Ses auteurs jugent la qualité méthodologique moyenne et l'ensemble des preuves modérés, et précisent que les participants avaient surtout une forme rémittente et un score EDSS inférieur à 6. Le résultat ne s'applique donc pas à tout le monde. La HAS cite cette même revue pour un niveau de preuves élevé sur les effets bénéfiques de l'activité physique ; ses auteurs, eux, jugent les preuves modérées.

Sur la chaleur, la HAS décrit un risque d'aggravation transitoire des signes cliniques lors d'une exposition à la chaleur ou pendant l'exercice, appelé phénomène d'Uhthoff. Elle recommande d'éviter les activités physiques en environnement chaud et humide, et l'Assurance Maladie déconseille l'activité en atmosphère chaude et humide.

Que décrit la HAS comme types d'exercices ?

La HAS cite plusieurs types d'exercices étudiés. Les repères chiffrés ci-dessous sont les siens : ce sont des ordres de grandeur pour les professionnels, pas un programme à reproduire seul. Chaleur et poussée changent la conduite : voir plus haut et la section « Quand consulter ou appeler le 15 ? ».

Types d'exercices décrits par la HAS dans la sclérose en plaques (source : HAS, fiche de mars 2024)
TypeCe que décrit la HAS
EnduranceDébuter progressivement, avec des exercices d'une durée comprise entre 10 et 40 minutes, 2 à 5 fois par semaine. La marche est particulièrement intéressante car elle se pratique aisément.
Renforcement musculaireExercices de l'ensemble du corps, 2 à 3 fois par semaine, avec des séries de 8 à 15 répétitions, selon la fiche.
ÉquilibreLes exercices d'équilibre contribuent à réduire le risque de chute.
Milieu aquatiqueBienfaits fréquemment décrits sur la fatigue, l'équilibre, la qualité de vie et la douleur, avec des précautions si des troubles urinaires ne sont pas stabilisés.
PilatesPeut être pratiqué en position assise, donc en fauteuil roulant.

La HAS ajoute que l'auto-rééducation est un temps important, qui permet au patient de maintenir et d'entretenir ses capacités. Quels exercices faire seul, à quelle fréquence : les fiches ne précisent pas de programme individuel, c'est au kiné de le fixer.

Comment suivre sa fatigue et ses séances à la maison ?

Un carnet permet de relier les séances, la fatigue et les symptômes. C'est une pratique de la rédaction, non une recommandation d'une source. Il aide à repérer ce que l'Assurance Maladie décrit comme une poussée : l'apparition de nouveaux symptômes, la réapparition d'anciens symptômes ou l'aggravation de symptômes existants.

Quand consulter ou appeler le 15 ?

Selon la HAS, l'activité physique est contre-indiquée pendant une poussée à la phase aiguë. Selon l'Assurance Maladie, chaque poussée se caractérise par de nouveaux symptômes, la réapparition d'anciens symptômes ou l'aggravation de symptômes existants. Consigne de la rédaction : devant l'un de ces changements, contactez votre neurologue ou votre médecin avant de poursuivre les exercices.

Consigne de la rédaction : en cas de signe grave (faiblesse ou engourdissement brutal d'un membre, trouble brutal de la vue ou de la parole, chute avec choc à la tête, difficulté à respirer, douleur dans la poitrine), appelez le 15 ou le 112 sans attendre.

À lire aussi

Sources et références

Questions fréquentes

Peut-on faire du sport avec une sclérose en plaques ?

Selon la HAS (2024), l'activité physique est recommandée et globalement considérée comme sûre, sauf pendant une poussée à la phase aiguë. Elle recommande d'éviter les activités d'intensité élevée en ambiance chaude. Le type et le rythme se décident avec le neurologue et le kiné.

L'exercice peut-il déclencher une poussée ?

La HAS indique que la pratique d'une activité physique n'augmente pas le risque de déclencher une poussée. Une aggravation passagère des symptômes pendant l'effort est possible : elle se normalise dans les 30 minutes pour 85 % des patients, selon la HAS, et s'atténue avec une pratique régulière.

Que fait le kinésithérapeute dans la sclérose en plaques ?

Selon l'Assurance Maladie, la rééducation est utile à tous les stades. Pour les personnes plus gênées, un programme d'activité physique adaptée est supervisé par un kinésithérapeute ou un enseignant formé. La HAS cite aussi la kinésithérapie en ville pour les handicaps sévères.

Comment limiter la fatigue pendant les exercices ?

L'Assurance Maladie conseille de fractionner les activités et d'alterner périodes actives et de repos. La HAS note que la récupération est plus longue chez les personnes atteintes et que la chaleur peut majorer la fatigue. Le kiné adapte la séance : il ne s'agit pas de forcer.

Pourquoi la chaleur aggrave-t-elle les symptômes ?

La HAS décrit un risque d'aggravation transitoire des signes cliniques en cas d'exposition à la chaleur ou d'effort, le phénomène d'Uhthoff. Elle recommande de pratiquer en environnement frais plutôt que chaud et humide, et de ne pas faire d'activité intense par temps chaud.

Les exercices à la maison sont-ils possibles ?

La HAS décrit l'auto-rééducation comme un temps important pour entretenir ses capacités, mais les fiches ne précisent pas de programme individuel. Les exercices à faire seul, leur fréquence et leur intensité se fixent avec le kiné, selon le score de handicap.

Quand consulter ou appeler le 15 ?

Devant un symptôme nouveau, réapparu ou aggravé, qui peut correspondre à une poussée, contactez votre neurologue ou votre médecin avant de poursuivre les exercices (consigne de la rédaction). En cas de signe grave, comme une faiblesse brutale d'un membre, appelez le 15 ou le 112.