Marche ou course à pied : comparer l'intensité, le cœur et les articulations

Marcher ou courir ? L'article compare les deux sur l'intensité en MET, les bénéfices à dépense d'énergie égale, le cœur, le poids et les articulations, en montrant les limites de chaque étude.

Marche ou course à pied : la question revient dès que l'on veut bouger plus, pour le cœur, le poids ou les articulations. Cet article compare les deux sur des critères sourcés, l'intensité, la dépense d'énergie, la santé cardiométabolique, les forces subies par le genou et les blessures, et laisse visibles les points sur lesquels les études ne répondent pas.

Marche ou course à pied : selon l'OMS (2020), le modéré va de 3 à moins de 6 MET, le vigoureux dès 6 MET. Déduction de cette page : la vitesse compte plus que le nom. À dépense égale, Williams et Thompson (2013) associent des réductions de risque similaires (cohortes déclaratives).

À retenir

  • Au Compendium 2024, une marche de 5,0 à 5,5 mph et une course de 5,0 à 5,2 mph valent 8,5 MET, alors qu'un jogging de 2,6 à 3,7 mph vaut 3,3 MET, moins qu'une marche rapide à 4,8 MET.
  • Williams et Thompson (2013, cohortes déclaratives) : à dépense égale, marche et course sont associées à des réductions de risque similaires pour l'hypertension, le cholestérol et le diabète.
  • Pedisic et al. (2020) : la course est associée à un risque de mortalité plus bas ; l'étude ne porte pas sur la marche.
  • Les forces au genou sont plus élevées en course qu'en marche (Saxby 2016, Nilsson 1989) ; les études sur l'arthrose ne permettent pas de conclure.
  • Les études lues ne comparent pas marche et course sur la perte de poids.

Marche ou course à pied : ce que l'OMS et le NHS appellent modéré et vigoureux

Selon l'OMS (2020), tous les adultes devraient faire 150 à 300 minutes d'activité d'intensité modérée, ou 75 à 150 minutes d'activité d'intensité vigoureuse, ou une combinaison équivalente, par semaine. Le MET exprime l'intensité en multiples de la dépense de repos : l'OMS place le modéré entre 3 et moins de 6 MET et le vigoureux à 6,0 MET ou plus. Elle cite la marche et la course parmi les activités aérobies.

Le NHS classe la marche rapide parmi les activités modérées et la course parmi les activités vigoureuses, et note que 75 minutes d'activité vigoureuse par semaine peuvent donner des bénéfices semblables à 150 minutes d'activité modérée. Pour juger l'intensité modérée, il propose un test de la parole : on peut encore parler, mais pas chanter. Ce test se passe d'appareil ; suivre sa fréquence cardiaque et sa récupération après l'effort est une autre façon de juger l'effort, que l'encadré final évoque (choix de cette page, sans source).

Marche rapide ou course : l'intensité dépend de la vitesse

Le Compendium des activités physiques (2024) attribue des MET à chaque activité et à chaque vitesse. La dernière colonne du tableau applique les seuils de l'OMS à ces valeurs : c'est un classement de l'article. Les vitesses sont données en miles par heure (mph), telles que publiées. Pour la ligne 17231, le Compendium imprime « 8,8 à 8,9 km/h ». La conversion exacte de 5,0 à 5,5 mph donne environ 8,0 à 8,9 km/h : l'imprimé comporte une coquille. Cette valeur de 8,5 MET correspond à une allure de marche athlétique (lecture de l'article : le Compendium ne la décrit que par sa vitesse).

MET du Compendium 2024 et classement selon les seuils de l'OMS (classement de l'article)
Activité (code)Vitesse publiéeMETClasse selon l'OMS (3 à moins de 6 : modérée ; 6 et plus : vigoureuse)
Marche, rythme modéré (17190)2,8 à 3,4 mph3,8Modérée
Marche rapide pour l'exercice (17200)3,5 à 3,9 mph4,8Modérée
Marche très rapide (17220)4,0 à 4,4 mph (6,4 à 7,1 km/h)5,5Modérée
Marche (17231)5,0 à 5,5 mph (environ 8,0 à 8,9 km/h)8,5Vigoureuse
Jogging (12026)2,6 à 3,7 mph3,3Modérée
Course (12028)4 à 4,2 mph (13 min par mile)6,5Vigoureuse
Course (12030)5,0 à 5,2 mph (12 min par mile)8,5Vigoureuse
Course (12050)6 à 6,3 mph (10 min par mile)9,3Vigoureuse
Alternance marche et jogging (12010)Jogging de moins de 10 minutes6,0Vigoureuse (seuil de 6,0 atteint)

Le tableau montre un chevauchement : une marche de 5,0 à 5,5 mph et une course de 5,0 à 5,2 mph ont la même valeur, 8,5 MET, et un jogging de 2,6 à 3,7 mph (3,3 MET) est sous une marche rapide (4,8 MET). Lecture de l'article : à l'intérieur de ces lignes, la vitesse compte plus que la catégorie marche ou course. Herrmann et al. (2024) précisent que le Compendium compte 1 114 activités, dont 912 mesurées par calorimétrie indirecte et 202 estimées.

Marche ou course à dépense égale : le calcul et l'étude

À durée égale, la course pèse plus : l'OMS et le NHS comptent 75 minutes vigoureuses pour 150 minutes modérées. À dépense égale, la comparaison change. Williams et Thompson (2013) ont testé si une même dépense d'énergie en marche ou en course apporte des bénéfices équivalents, avec des cohortes de 33 060 coureurs et de 15 945 marcheurs suivis 6,2 ans. Les maladies sont déclarées par les participants, diagnostic médical rapporté.

Réductions du risque associées à chaque METh par jour, d'après Williams et Thompson (2013, cohortes déclaratives)
Maladie déclaréeCourseMarcheÉcart course contre marche
Hypertension4,2 %7,2 %Non significatif (P = 0,06)
Hypercholestérolémie4,3 %7,0 %Marginalement en faveur de la marche (P = 0,04)
Diabète12,1 %12,3 %Non significatif (P = 0,94)
Maladie coronaire4,5 %9,3 %Non significatif (P = 0,26)

Les auteurs concluent que des dépenses équivalentes, en marche modérée et en course vigoureuse, produisent des réductions de risque similaires pour l'hypertension, l'hypercholestérolémie, le diabète et possiblement la maladie coronaire. Ces chiffres sont des associations observées sur des cohortes, pas l'effet d'un essai.

Calcul de l'article, d'après le Compendium : le MET-heure est le MET multiplié par la durée en heures. Trente minutes de course à 8,5 MET font 8,5 × 0,5 = 4,25 METh. Pour atteindre 4,25 METh en marche rapide à 4,8 MET, il faut 4,25 ÷ 4,8 = 0,885 heure, soit environ 53 minutes ; en marche très rapide à 5,5 MET, 4,25 ÷ 5,5 = 0,773 heure, soit environ 46 minutes ; en jogging à 3,3 MET, 4,25 ÷ 3,3 = 1,288 heure, soit environ 77 minutes. Ces durées sont indicatives : elles reposent sur des valeurs publiées, pas sur la mesure de votre dépense.

Marche ou course à pied pour le cœur

Pedisic et al. (2020, méta-analyse de 14 études de 6 cohortes prospectives, 232 149 participants) trouvent que la pratique de la course est associée à un risque plus bas de 27 % pour la mortalité toutes causes, de 30 % pour la mortalité cardiovasculaire et de 23 % pour la mortalité par cancer, par rapport à l'absence de course. C'est une association, pas une cause, et l'étude ne porte pas sur la marche.

La méta-régression ne montre aucune tendance dose-réponse significative pour la fréquence, la durée, l'allure et le volume total de course. Les auteurs concluent que toute quantité de course, même une fois par semaine, est préférable à aucune, mais que des doses plus élevées ne sont pas forcément associées à plus de bénéfice sur la mortalité. Aucune étude lue ne compare la mortalité de la marche et de la course.

Pour la pratique générale, l'ACSM (Garber et al., 2011) recommande 30 minutes par jour d'exercice cardiorespiratoire d'intensité modérée, au moins 5 jours par semaine, soit au moins 150 minutes par semaine.

Marche ou course pour maigrir : ce que l'on peut dire

Les études lues ne comparent pas la marche et la course sur le poids. L'ACSM (Donnelly et al., 2009) écrit que 150 à 250 minutes par semaine d'activité d'intensité modérée ne procurent qu'une perte de poids modeste, et que des quantités supérieures à 250 minutes ont été associées à une perte de poids cliniquement significative. Ce sont des repères généraux d'activité modérée : l'article ne promet aucune perte de poids ni de graisse à un endroit du corps. Pour un programme complet, voir la page sur le programme sportif de perte de poids.

Articulations : forces subies en marche et en course

Saxby et al. (2016) ont estimé par un modèle neuromusculosquelettique, chez 60 adultes en bonne santé, que les forces de contact tibio-fémorales passent d'environ 1 à 2,8 fois le poids du corps en marche à 3 à 8 fois en course. Nilsson et Thorstensson (1989) ont mesuré chez 12 hommes en bonne santé un pic de force verticale au sol de 1,0 à 1,5 fois le poids du corps en marche et de 2,0 à 2,9 fois en course, selon la vitesse. Ce sont des forces, pas des blessures ni de l'arthrose.

Sur l'arthrose, Alentorn-Geli et al. (2017, 25 études) rapportent une prévalence de l'arthrose de la hanche et du genou de 3,5 % chez les coureurs récréatifs, 13,3 % chez les coureurs de compétition et 10,2 % chez les témoins non coureurs. Les auteurs ne peuvent pas dire si ces associations sont causales ou dues à d'autres facteurs, comme une blessure antérieure. Timmins et al. (2017) jugent qu'avec ces données, le rôle de la course dans l'arthrose du genou ne peut pas être déterminé. Une charge mécanique plus forte ne démontre donc pas plus d'arthrose, ni l'inverse.

Blessures : ce que les études mesurent chez les coureurs

Videbæk et al. (2015, 13 articles) trouvent une incidence pondérée de blessures liées à la course de 17,8 pour 1 000 heures chez les coureurs débutants et de 7,7 chez les coureurs récréatifs, avec des définitions de la blessure et du type de coureur qui varient et limitent la comparaison. Kluitenberg et al. (2015) ont suivi 1 696 novices dans un programme supervisé de 6 semaines : 10,9 % ont eu une blessure liée à la course, définie comme une plainte de l'extrémité inférieure ou du dos gênant trois séances de suite.

Kluitenberg et al. relient aux blessures un âge plus élevé, un IMC plus élevé, des plaintes musculo-squelettiques antérieures et l'absence d'expérience de course : ce sont des facteurs liés, pas des causes démontrées. Aucune source lue ne donne l'incidence des blessures en marche rapide : aucune comparaison chiffrée avec la course n'est donc possible. Le NHS conseille de ne pas courir en cas de douleur et de ne reprendre qu'une fois suffisamment rétabli.

Combiner marche et course

Le programme gratuit Couch to 5K du NHS mène à courir 5 km en 9 semaines, à raison de 3 séances par semaine, en alternant marche et course ; le NHS recommande un jour de repos entre deux sorties. C'est un programme, pas une étude. Au Compendium, l'alternance marche et jogging, avec un jogging de moins de 10 minutes, vaut 6,0 MET. La page débuter la course à pied détaille la progression.

Comment choisir selon sa situation ?

Le tableau croise les critères sourcés ci-dessus : il ne désigne pas de gagnante. Les lectures de la dernière colonne sont celles de l'article.

Marche et course : critères sourcés et lecture de l'article
CritèreCe que disent les sources luesLecture de l'article
Temps disponible75 minutes vigoureuses valent 150 minutes modérées (OMS, NHS)La règle de l'OMS compte double (75 contre 150 min) ; avec les MET du Compendium, 8,5 contre 4,8 donne environ 1,8 : deux bases différentes
Bénéfices à dépense égaleRéductions de risque similaires, cohortes déclaratives (Williams 2013)Une marche plus longue peut équivaloir à une course plus courte
Forces au genou1 à 2,8 fois le poids du corps en marche, 3 à 8 en course (Saxby 2016)Les forces sont plus élevées en course
BlessuresMesurées chez les coureurs seulement (Videbæk 2015, Kluitenberg 2015)Pas de comparaison chiffrée avec la marche
PoidsRepères généraux d'activité modérée (ACSM 2009)Aucune comparaison marche-course

Quand consulter

Le NHS conseille de parler d'abord à un médecin généraliste si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un moment, ou en cas de maladie ou de doute. Selon l'Assurance Maladie (ameli), toute douleur au niveau du thorax nécessite un avis médical. Elle liste séparément plusieurs signes d'alerte : une douleur brutale, intense, qui « serre » la poitrine ; une douleur qui dure plus de cinq minutes et ne disparaît pas au repos ; des sueurs, des nausées, des vertiges ou une faiblesse inhabituelle. Lorsque plusieurs de ces signes sont associés, il s'agit d'une urgence vitale. En présence de ces symptômes inquiétants, ameli demande d'appeler le 15 ou le 112 : consigne générale, pas issue d'une étude sur la marche ou la course.

Relecture médicale en cours : cet article est publié avant la relecture d'un professionnel de santé. Il ne traite ni la douleur du genou ni une pathologie cardiaque. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Suivre sa récupération après l'effort

La marche comme la course se pratiquent sans Elio, avec le test de la parole du NHS pour juger l'intensité. Si vous voulez suivre votre fréquence cardiaque et votre récupération, Elio, bracelet de bien-être sans écran, les mesure ; Aria les analyse ensuite dans l'application Chutex, à titre indicatif.

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Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

Marche ou course à pied pour maigrir ?

Les études lues ne comparent pas les deux sur le poids. L'ACSM (Donnelly 2009) écrit que 150 à 250 minutes par semaine d'activité modérée ne donnent qu'une perte de poids modeste ; l'article ne promet aucune perte.

Marche rapide ou course à pied : laquelle est la meilleure ?

Selon l'OMS (2020), le modéré va de 3 à moins de 6 MET et le vigoureux de 6 MET. Au Compendium 2024, la marche rapide vaut 4,8 MET et la course de 5,0 à 5,2 mph 8,5 MET : la meilleure dépend de la vitesse et de l'objectif.

Marcher 1 heure ou courir 30 minutes ?

Avec les valeurs du Compendium, 30 minutes de course à 8,5 MET font 4,25 METh, et il faut environ 53 minutes de marche rapide à 4,8 MET pour les égaler. C'est un calcul de l'article sur des valeurs publiées, pas votre dépense réelle.

La course à pied abîme-t-elle les genoux plus que la marche ?

Les forces au genou sont plus élevées en course (3 à 8 fois le poids du corps contre 1 à 2,8 en marche, Saxby 2016, modèle). Pour l'arthrose, Timmins et al. (2017) jugent que le rôle de la course ne peut pas être déterminé.

Peut-on alterner marche et course ?

Oui : le programme Couch to 5K du NHS alterne marche et course, 3 fois par semaine pendant 9 semaines, avec un jour de repos entre deux sorties. C'est un programme du NHS, pas une étude.

Marche ou course à pied pour le cœur ?

Pedisic et al. (2020) associent la course à un risque de mortalité cardiovasculaire plus bas de 30 %, sans que l'étude porte sur la marche. Williams et Thompson (2013) trouvent des réductions de risque similaires à dépense égale, sur données déclarées.