Perte de poids

Leptine et ghréline : quelle hormone donne faim, laquelle rassasie, et peut-on les doser ?

La ghréline, produite par l'estomac, stimule l'appétit ; la leptine, sécrétée par les cellules adipeuses, envoie au cerveau un signal de satiété (Inserm, 2013 et 2014). Leur rôle exact dans la prise de poids reste discuté : une revue de 2007 le dit « pas encore clair ». Aucune source lue ne recommande un dosage personnel.

Relecture médicale en cours. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Concept des hormones de la faim et de la satiété

Publié le 23 octobre 2026. Relecture médicale en cours. La ghréline et la leptine sont souvent présentées comme « les hormones de la faim ». Cette page reprend ce que disent l'Inserm, l'Assurance Maladie et des études publiées dans des revues à comité de lecture : le rôle de chacune, ce qui change chez les personnes en surpoids, avec le sommeil et après une perte de poids, et ce que les sources ne permettent pas d'affirmer. Elle ne donne aucun dosage et ne promet aucun résultat. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

À retenir

  • Ghréline : hormone produite par l'estomac qui agit sur l'hypothalamus et stimule l'appétit (Inserm, 25 octobre 2013) ; son taux monte juste avant chaque repas et chute juste après (Cummings, 2002).
  • Leptine : hormone sécrétée par les cellules adipeuses, qui envoie le signal de satiété au cerveau (Inserm, 4 février 2014) ; son taux est corrélé au pourcentage de masse grasse (Considine, 1996).
  • Chez les personnes obèses, la leptine est élevée et la ghréline plutôt basse ; on parle de résistance à la leptine, mais la façon dont ces systèmes contribuent à l'obésité n'est pas encore claire (Klok, 2007).
  • Une restriction de sommeil de deux jours a diminué la leptine de 18 % et augmenté la ghréline de 28 % chez 12 hommes jeunes (Spiegel, 2004).
  • Un an après une perte de poids moyenne de 13,5 kg, plusieurs hormones de l'appétit n'étaient pas revenues à leur niveau initial (Sumithran, 2011).

Quelle hormone donne faim, et laquelle donne la sensation d'être rassasié ?

Selon l'Inserm (communiqué du 25 octobre 2013), la régulation fine du poids et de la prise alimentaire est coordonnée par une zone du cerveau, l'hypothalamus, qui adapte la prise alimentaire aux réserves et aux besoins. L'hormone de la faim, la ghréline, est produite par l'estomac et agit sur l'hypothalamus. La leptine, elle, est une hormone sécrétée par les cellules adipeuses qui envoie le signal de satiété au cerveau (Inserm, brève du 4 février 2014).

La revue de Klok et coll. (Obesity Reviews, janvier 2007) précise leur rythme : la leptine est un médiateur de la régulation à long terme de l'équilibre énergétique, qui freine la prise alimentaire, tandis que la ghréline est une hormone d'action rapide, qui semble jouer un rôle dans le déclenchement du repas. Cummings et coll. (New England Journal of Medicine, 2002) ont observé que la ghréline plasmatique montait nettement peu avant chaque repas et baissait peu après.

La ghréline et la leptine, d'après les sources lues
GhrélineLeptine
Où est-elle produite ?Estomac (Inserm, 2013)Cellules adipeuses (Inserm, 2014)
Quel effet sur l'appétit ?Stimule l'appétit, hormone dite de la faimSignale la satiété au cerveau
Quel rythme ?Action rapide, semble intervenir dans le déclenchement du repas ; monte avant le repas, baisse après (Klok, 2007 ; Cummings, 2002)Médiateur de la régulation à long terme de l'équilibre énergétique (Klok, 2007)
Chez les personnes obèses ?Taux le plus souvent normal, voire bas (Inserm, 2013 ; Klok, 2007)Taux élevé, avec résistance à l'hormone (Klok, 2007 ; Considine, 1996)
Après une perte de poids par le régime ?Hausse (Cummings, 2002 ; Sumithran, 2011)Baisse (Sumithran, 2011)

Que se passe-t-il chez les personnes en surpoids ou obèses ?

Considine et coll. (New England Journal of Medicine, février 1996) ont mesuré la leptine sérique chez 136 personnes de poids normal et 139 personnes obèses : la concentration moyenne était plus élevée chez les personnes obèses, avec une forte corrélation positive avec le pourcentage de masse grasse (r = 0,85). Les auteurs en concluent que la plupart des personnes obèses sont insensibles à leur production de leptine. Klok et coll. (2007) confirment : chez les personnes obèses, le taux de leptine est augmenté et celui de la ghréline, étonnamment, diminué ; il est établi que les patients obèses sont résistants à la leptine, mais la façon dont les systèmes de la leptine et de la ghréline contribuent à l'apparition ou au maintien de l'obésité n'est pas encore claire.

L'Inserm décrit deux pistes de recherche. En 2013, une équipe de Rouen a constaté que, chez de nombreux patients obèses, la ghréline est à un taux normal voire bas alors que la prise alimentaire reste excessive ; elle a mis en évidence des anticorps qui protègent la ghréline de sa dégradation rapide et prolongent son action sur le cerveau, avec une affinité plus forte chez les patients obèses ; le mécanisme a été confirmé chez le rongeur. En 2014, une équipe de Lille a montré chez la souris obèse que la leptine reste « piégée » dans la circulation, des cellules appelées tanycytes captant l'hormone sans la libérer dans le cerveau. Ces travaux concernent des animaux ou des mécanismes en cours d'étude : ils ne donnent pas de conduite à tenir.

Le sommeil, le stress et l'alimentation modifient-ils ces hormones ?

Sur le sommeil, deux études publiées en décembre 2004 vont dans le même sens. Spiegel et coll. (Annals of Internal Medicine) ont comparé, chez 12 hommes jeunes en bonne santé, deux jours de sommeil restreint et deux jours de sommeil prolongé : la restriction s'est accompagnée d'une baisse de la leptine de 18 %, d'une hausse de la ghréline de 28 %, d'une hausse de la faim de 24 % et de l'appétit de 23 %, surtout pour les aliments riches en glucides et en calories. Les auteurs relèvent que l'étude ne porte que sur 12 hommes jeunes. Taheri et coll. (PLoS Medicine), chez 1 024 volontaires, ont trouvé qu'un sommeil court était associé à moins de leptine et plus de ghréline, indépendamment de l'IMC ; ils jugent ces différences susceptibles d'augmenter l'appétit, sans que cette étude de population prouve une cause.

Sur l'alimentation, Weigle et coll. (American Journal of Clinical Nutrition, 2005) ont suivi 19 personnes : en portant les protéines de 15 % à 30 % de l'énergie, la satiété a nettement augmenté et l'apport spontané a baissé de 441 kcal par jour, malgré une baisse de la leptine et une hausse de la ghréline sur 24 heures. Les auteurs notent que ces changements hormonaux n'ont pas empêché la baisse de l'apport spontané.

Sur le stress, les pages de l'Assurance Maladie (23 janvier 2026) et de la Haute Autorité de santé (2011) lues pour ce texte ne citent ni la leptine ni la ghréline ; elles mentionnent la consommation compulsive en cas de stress et la diminution du temps de sommeil parmi les facteurs favorisant la prise de poids. Voir aussi Cortisol et graisse abdominale.

Les hormones de la faim changent-elles après une perte de poids ?

Chez 13 personnes obèses suivant un programme de six mois, Cummings et coll. (2002) ont observé qu'une perte de 17 % du poids initial s'accompagnait d'une hausse de 24 % de l'aire sous la courbe de la ghréline sur 24 heures. Dans l'étude de Sumithran et coll. (2011), 50 personnes en surpoids ou obèses ont perdu en moyenne 13,5 kg en 10 semaines avec un régime très hypocalorique : la leptine a baissé, la ghréline a augmenté, l'appétit ressenti aussi, et soixante-deux semaines après le début plusieurs de ces mesures différaient encore de leur niveau initial, ainsi que la faim. Les auteurs indiquent que des stratégies de long terme pourraient être nécessaires pour prévenir la rechute. Ces échantillons sont petits : voir Effet yo-yo pour le tableau d'ensemble.

Peut-on doser sa leptine ou sa ghréline soi-même ?

Aucune des sources institutionnelles lues ne propose de doser la leptine ou la ghréline pour évaluer l'appétit ou le poids, et aucune ne donne de valeur de référence : cette page n'en écrit donc aucune. Les études citées mesurent ces hormones par des prises de sang en laboratoire, dans un cadre de recherche (par exemple, des échantillons le matin à jeun chez Taheri et coll., ou une surveillance sur 24 heures chez Cummings et coll.). Comme la ghréline varie nettement autour des repas, une mesure isolée ne dit pas à elle seule ce que ressent une personne. Un dosage ne se fait pas « soi-même » : parlez-en à votre médecin si vous vous posez la question.

Que retenir pour son quotidien ?

Les sources lues ne proposent pas de moyen de « réguler » la leptine ou la ghréline. Elles décrivent des repères de comportement. L'Assurance Maladie (23 janvier 2026) invite à apprendre à reconnaître les signaux de la faim, à manger lentement, à ne pas sauter de repas, à prendre ses repas à des horaires réguliers et sans écran, et à préserver la qualité de son sommeil (horaires réguliers, exposition à la lumière le matin, limitation des écrans le soir, chambre fraîche et calme). Pour les leviers de satiété (protéines, fibres, eau), voir Coupe-faim naturels et Aliments rassasiants.

Quand consulter ?

Parlez-en à votre médecin traitant si votre faim vous semble anormalement forte ou impossible à contrôler, si vous avez le sentiment de perdre le contrôle de ce que vous mangez, ou si votre poids évolue sans explication : l'Assurance Maladie cite le grignotage, la boulimie hyperphagique et la consommation compulsive parmi les troubles du comportement alimentaire favorisant la prise de poids, et invite toute personne en surpoids ou en obésité à en parler à son médecin traitant. Cette page ne donne aucune consigne d'urgence propre aux hormones de la faim. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Ce que l'on ne peut pas affirmer

  • Que la leptine ou la ghréline « expliquent » le poids d'une personne : la revue de 2007 juge la contribution de ces systèmes à l'obésité pas encore claire.
  • Qu'une valeur de leptine ou de ghréline soit « normale » ou « anormale » : aucune source lue n'en donne.
  • Qu'une habitude, un aliment ou une pratique fasse baisser la ghréline ou monter la leptine de façon durable : les effets rapportés viennent de petites études (12, 19 ou 50 personnes) ou d'associations de population.
  • Que les mécanismes décrits chez la souris ou le rongeur (Inserm, 2013 et 2014) valent chez l'être humain.
  • Que Vita informe sur les hormones de la faim : la balance n'en mesure aucune et n'est pas un dispositif médical.

Questions fréquentes

Quelle hormone donne faim ?

La ghréline, produite par l'estomac, est l'hormone de la faim selon l'Inserm (25 octobre 2013). Son taux monte juste avant chaque repas et chute juste après (Cummings, 2002).

Quelle hormone donne la sensation d'être rassasié ?

La leptine, sécrétée par les cellules adipeuses, envoie le signal de satiété au cerveau (Inserm, 4 février 2014). Elle n'est pas la seule hormone en jeu : Sumithran (2011) en a mesuré plusieurs autres liées à l'appétit.

Qu'est-ce que la résistance à la leptine ?

Chez les personnes obèses, la leptine est élevée mais le signal de satiété passe mal (Klok, 2007 ; Considine, 1996). Chez la souris obèse, l'Inserm (2014) a décrit une leptine piégée dans la circulation au lieu d'atteindre le cerveau.

Le manque de sommeil dérègle-t-il la faim ?

Chez 12 hommes jeunes, deux jours de sommeil restreint ont diminué la leptine de 18 % et augmenté la ghréline de 28 % (Spiegel, 2004). Chez 1 024 volontaires, un sommeil court était associé à moins de leptine et plus de ghréline (Taheri, 2004).

Peut-on doser sa leptine ou sa ghréline soi-même ?

Non : ces hormones sont mesurées par des prises de sang en laboratoire dans les études citées. Aucune source institutionnelle lue ne recommande ce dosage pour évaluer l'appétit ou le poids, ni ne donne de valeur de référence. Parlez-en à votre médecin.

Les hormones de la faim changent-elles après un régime ?

Dans l'étude de Sumithran (2011), la leptine a baissé, la ghréline et l'appétit ont augmenté après une perte de 13,5 kg, et plusieurs mesures différaient encore de leur niveau initial 62 semaines après le début du programme.

Comment réguler ses hormones de la faim ?

Aucune source lue ne propose de moyen de les réguler. L'Assurance Maladie (23 janvier 2026) donne des repères de comportement : reconnaître ses signaux de faim, manger lentement, ne pas sauter de repas, préserver son sommeil.

Vita mesure-t-elle la leptine ou la ghréline ?

Non. Vita est une balance à bio-impédance qui estime le poids et la composition corporelle ; elle ne mesure aucune hormone et n'est pas un dispositif médical.

Sources

  1. Inserm (Salle de presse), « Obésité : un nouveau mécanisme d'augmentation de l'appétit découvert », communiqué du 25 octobre 2013, lu le 23 octobre 2026
  2. Inserm (Salle de presse), « Le mécanisme de la satiété décrit et restauré chez la souris », brève du 4 février 2014, lu le 23 octobre 2026
  3. Assurance Maladie (ameli.fr), « Surpoids ou obésité de l'adulte : modifier son quotidien », rubrique Surpoids et obésité de l'adulte, 23 janvier 2026, lu le 23 octobre 2026
  4. Klok M.D. et coll., Obesity Reviews, janvier 2007, revue sur le rôle de la leptine et de la ghréline dans la prise alimentaire et le poids chez l'être humain, PMID 17212793, résumé lu le 23 octobre 2026
  5. Considine R.V. et coll., New England Journal of Medicine, février 1996, leptine sérique chez 136 personnes de poids normal et 139 personnes obèses, PMID 8532024, résumé lu le 23 octobre 2026
  6. Cummings D.E. et coll., New England Journal of Medicine, mai 2002, ghréline après une perte de poids par le régime ou la chirurgie, PMID 12023994, résumé lu le 23 octobre 2026
  7. Sumithran P. et coll., New England Journal of Medicine, octobre 2011, hormones de l'appétit après une perte de poids chez 50 personnes, PMID 22029981, résumé lu le 23 octobre 2026
  8. Spiegel K. et coll., Annals of Internal Medicine, décembre 2004, restriction de sommeil chez 12 hommes, PMID 15583226, résumé lu le 23 octobre 2026
  9. Taheri S. et coll., PLoS Medicine, décembre 2004, durée de sommeil, leptine, ghréline et IMC chez 1 024 volontaires, PMID 15602591, résumé lu le 23 octobre 2026
  10. Weigle D.S. et coll., American Journal of Clinical Nutrition, juillet 2005, régime riche en protéines chez 19 personnes, PMID 16002798, résumé lu le 23 octobre 2026

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