Perte de poids
Effet yo-yo : pourquoi reprend-on du poids après un régime, et comment limiter la reprise ?
Selon l'Anses (27 juin 2025), 80 % des personnes qui font un régime reprennent du poids à un an et 95 % à cinq ans ; le texte ne cite pas l'étude d'origine. L'Anses (2010) et la HAS (2011) mettent en garde contre les régimes successifs et soulignent le rôle de l'activité physique et des habitudes maintenues.
Relecture médicale en cours. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Publié le 23 octobre 2026. Relecture médicale en cours. L'effet yo-yo désigne la reprise du poids perdu après un régime, parfois au-delà du poids de départ. Cette page reprend ce que disent l'Anses, la Haute Autorité de santé (HAS), l'Assurance Maladie et des études publiées dans des revues à comité de lecture : la fréquence de la reprise, les mécanismes décrits, ce qui semble la limiter et ce que les sources ne permettent pas d'affirmer. Elle ne promet aucun résultat. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
À retenir
- Reprise fréquente : 80 % à un an, 95 % à cinq ans (Anses, 27 juin 2025). Fréquent ne veut pas dire inévitable pour chacun.
- Plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise de poids, a fortiori sans activité physique, facteur essentiel de stabilisation du poids (Anses, 25 novembre 2010).
- Même avec un régime équilibré, la perte comprend environ 75 % de masse grasse et 25 % de masse musculaire (Anses, 2025).
- Après une perte moyenne de 13,5 kg, plusieurs hormones de l'appétit n'étaient pas revenues à leur niveau initial un an plus tard (Sumithran, New England Journal of Medicine, 2011).
- Une méta-analyse de 2026 (11 essais, 568 personnes) rapporte 2,81 kg de reprise en moins avec l'exercice pendant la phase de maintien.
Qu'est-ce que l'effet yo-yo, et combien de personnes reprennent du poids ?
Dans un article du 27 juin 2025 (republié à partir de The Conversation), l'Anses écrit que l'effet spectaculaire à court terme des régimes masque le risque sanitaire majeur et une reprise de poids quasi systématique : dans 80 % des cas un an après le régime et 95 % des cas dans un délai de cinq ans. Le texte lu ne donne pas l'étude dont proviennent ces pourcentages : ils indiquent que la reprise est courante, pas qu'elle est programmée pour chacun. L'Anses décrit l'effet yo-yo comme un point haut de poids qui augmente après chaque épisode.
Dans son communiqué du 25 novembre 2010, l'Anses est plus nette sur le lien avec le nombre de régimes : plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise pondérale. La HAS (recommandation validée le 1er septembre 2011) demande de son côté que le médecin mette en garde ses patients contre les régimes successifs, à l'origine de fluctuations de poids qui peuvent être dangereuses pour la santé.
| Source | Ce qui est dit | Nature du propos |
|---|---|---|
| Anses, 27 juin 2025 | 80 % de reprise à un an, 95 % à cinq ans ; perte initiale surtout faite de glycogène et d'eau ; perte de masse grasse (75 %) et de masse musculaire (25 %) | Article d'expert republié, sans étude d'origine citée pour les 80 % et 95 % |
| Anses, 25 novembre 2010 | Plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise ; l'activité physique est un facteur essentiel de stabilisation du poids | Communiqué de presse présentant un rapport d'expertise collective |
| HAS, 2011 | Mettre en garde contre les régimes successifs ; maintenir sur le long terme les changements d'alimentation et d'activité | Recommandation de bonne pratique, annoncée comme devant être actualisée |
| Sumithran et coll., 2011 | Hormones de l'appétit modifiées et faim élevée un an après une perte moyenne de 13,5 kg | Étude de 50 personnes en surpoids ou obèses sans diabète |
| Wang et coll., 2026 | Exercice pendant le maintien : 2,81 kg de reprise en moins (intervalle de confiance à 95 % de 5,12 à 0,51 kg) | Méta-analyse de 11 essais randomisés, 568 participants |
Pourquoi le poids revient-il ? Ce que décrit l'Anses
Selon l'Anses (27 juin 2025), la perte de poids du début n'est liée qu'à l'utilisation du glycogène du foie et des muscles et à l'élimination de l'eau qui lui est liée (9 g d'eau pour 1 g de glycogène). Ce n'est que dans un second temps que les réserves de graisse sont mobilisées. L'organisme met alors en place des stratégies pour résister à la perte : il passe « en mode économie », avec une baisse du métabolisme de repos, de la fatigue et une sensation de froid, la production de chaleur (thermogenèse) étant diminuée.
L'Anses ajoute que, même avec un régime qualitativement équilibré, la perte de masse grasse (75 %) s'accompagne d'une perte de masse musculaire (25 %). Or la masse musculaire contribue fortement à la dépense d'énergie de repos : avec moins de muscle, cette dépense est diminuée. Pour maintenir la perte à long terme, il faudrait alors réduire encore les apports ou augmenter les dépenses. Avec la baisse du métabolisme induite par la restriction, manger autant qu'avant conduit à reprendre au-delà du poids initial.
L'Anses (2025) décrit enfin un mécanisme de comportement : en temps normal, face à la diminution des réserves, le cerveau émet des signaux de faim ; le contrôle permanent de la prise alimentaire finit par perturber durablement l'émission et l'interprétation des signaux de faim, de rassasiement et de satiété. Elle observe aussi que le régime est vécu comme une parenthèse, alors qu'il pourrait être la voie d'accès à un comportement alimentaire durable.
La faim reste-t-elle élevée après une perte de poids ?
Sumithran et coll. (New England Journal of Medicine, octobre 2011) ont inclus 50 personnes en surpoids ou obèses, sans diabète, dans un programme de 10 semaines avec un régime très hypocalorique. La perte moyenne a été de 13,5 kg. Les taux de leptine, de peptide YY, de cholécystokinine, d'insuline et d'amyline ont baissé, ceux de la ghréline, du polypeptide inhibiteur gastrique et du polypeptide pancréatique ont augmenté, et l'appétit ressenti a augmenté. Soixante-deux semaines après le début, plusieurs de ces mesures différaient encore de leur niveau initial, ainsi que la faim. Les auteurs concluent que les médiateurs de l'appétit qui encouragent la reprise ne reviennent pas aux niveaux d'avant la perte et que des stratégies de long terme pourraient être nécessaires pour prévenir la rechute.
Cummings et coll. (New England Journal of Medicine, mai 2002) avaient observé, chez 13 personnes obèses suivant un programme alimentaire de six mois, qu'une perte de 17 % du poids initial s'accompagnait d'une hausse de 24 % de l'aire sous la courbe de la ghréline sur 24 heures. Ces échantillons sont petits et concernent des adultes en surpoids ou obèses : ils éclairent un mécanisme, sans chiffrer ce que chacun reprendra. Pour comprendre ces deux hormones, voir Leptine et ghréline.
Comment limiter la reprise de poids ?
- Activité physique : l'Anses (2010) la qualifie de facteur essentiel de stabilisation du poids ; l'Assurance Maladie (23 janvier 2026) écrit qu'elle permet d'éviter la reprise de poids à moyen terme. Dans la méta-analyse de Wang et coll. (Scientific Reports, 2026), l'exercice pendant la phase de maintien a réduit la reprise de 2,81 kg ; l'effet sur la masse grasse n'est pas concluant.
- Repère d'activité : la HAS (2011) recommande d'encourager au moins 2 h 30 par semaine d'activité physique d'intensité modérée ; l'Assurance Maladie (2026) recommande une activité d'intensité modérée à élevée de 30 minutes, au moins 5 jours par semaine, et du renforcement musculaire 1 à 2 fois par semaine. Les deux repères diffèrent, et un médecin les adapte à chaque personne.
- Muscle : l'Anses (2025) indique que l'activité physique maintient en très grande partie la masse musculaire à l'origine de l'utilisation des substrats énergétiques.
- Habitudes dans la durée : la HAS écrit que les modifications de comportement obtenues pour l'activité physique et l'alimentation doivent être maintenues sur le long terme, et l'Assurance Maladie (5 janvier 2026) que l'obésité nécessite un suivi à long terme et un changement des habitudes de vie maintenu dans la durée.
- Objectifs réalistes : l'Assurance Maladie met en garde contre des objectifs irréalistes, impossibles à suivre au quotidien et conduisant à un sentiment d'échec ; pour les situations d'obésité complexe, l'objectif est de perdre du poids de façon modérée et permanente en évitant toute reprise.
- Accompagnement : l'Anses (2025) juge incontournable le suivi individualisé d'un professionnel de santé, médecin nutritionniste ou diététicien, pour comprendre l'origine du surpoids.
Un régime est-il toujours justifié ?
L'Anses (2010) conclut que la recherche de perte de poids par des mesures alimentaires ne peut être justifiée médicalement que par un excès pondéral effectif et doit être prise en charge par des spécialistes (médecins nutritionnistes, diététiciens). Elle relève que les régimes suivis sans suivi d'un spécialiste présentent des risques plus ou moins graves, notamment pour les os, le cœur et les reins, ainsi que des perturbations psychologiques dont des troubles du comportement alimentaire. L'Anses (2025) rapporte qu'une enquête nationale a trouvé 45 % de femmes sans surpoids, dont 15 % de femmes minces (IMC inférieur à 22), ayant suivi un régime dans l'année.
La HAS (2011) fixe, pour les patients en surpoids, l'objectif de ne pas prendre de poids ; pour les patients ayant une obésité, une perte de 5 % à 15 % du poids initial, avec en moyenne 1 à 2 kg par mois. Elle demande de les alerter sur les risques des régimes trop restrictifs et déséquilibrés, et de les accompagner sans discours culpabilisant.
Quand consulter ?
Parlez-en à votre médecin traitant si vous avez enchaîné plusieurs régimes, si votre poids a repris malgré vos efforts ou si vous avez des compulsions alimentaires. L'Anses (2010) relève des troubles du comportement alimentaire parmi les risques des régimes suivis sans spécialiste. La HAS (2011) indique qu'en cas d'échec de la prise en charge de premier recours, le médecin peut faire appel à d'autres professionnels (diététicien ou médecin spécialisé en nutrition, psychologue ou psychiatre, professionnel en activité physique adaptée). Cette page ne donne aucune consigne d'urgence propre à l'effet yo-yo. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Ce que l'on ne peut pas affirmer
- Qu'une personne donnée reprendra du poids : les 80 % et 95 % de l'Anses sont des fréquences, dont le texte lu ne donne pas l'étude d'origine.
- Qu'un apport précis en protéines, un type d'entraînement, un seuil de déficit calorique ou un protocole de stabilisation évite le yo-yo : les sources lues n'en donnent pas.
- Que le métabolisme reste durablement ralenti chez chacun : l'Anses décrit une baisse du métabolisme de repos, sans en chiffrer la durée.
- Que la reprise tienne à un manque de volonté : la HAS (2011) recommande au médecin d'éviter tout discours culpabilisant qui ferait de la personne la seule responsable de son poids.
- Qu'un suivi par balance fasse maintenir un poids : aucune source lue ne le montre, et Vita ne remplace pas un accompagnement par un professionnel.
Questions fréquentes
Pourquoi le poids revient-il après un régime ?
L'Anses (2025) décrit une baisse du métabolisme de repos, une perte de masse musculaire (environ 25 % de la perte avec un régime équilibré) et une perturbation des signaux de faim et de satiété par le contrôle permanent de l'alimentation. Sumithran (2011) observe des hormones de l'appétit modifiées un an après la perte.
Quelle part des personnes reprend du poids après un régime ?
Selon l'Anses (27 juin 2025), 80 % à un an et 95 % à cinq ans. Le texte lu ne donne pas l'étude d'origine : ce sont des fréquences, pas une fatalité individuelle.
Les régimes répétés aggravent-ils la reprise ?
Selon l'Anses (25 novembre 2010), plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise pondérale. La HAS (2011) demande de mettre en garde contre les régimes successifs, source de fluctuations de poids qui peuvent être dangereuses pour la santé.
Comment éviter l'effet yo-yo ?
Aucune source lue ne présente de méthode certaine. Elles citent l'activité physique régulière (Anses 2010, Assurance Maladie 2026, méta-analyse de 2026), des habitudes maintenues dans la durée (HAS 2011), des objectifs réalistes et un accompagnement individualisé par un professionnel de santé.
La faim reste-t-elle élevée après une perte de poids ?
Dans l'étude de Sumithran (2011), chez 50 personnes en surpoids ou obèses ayant perdu 13,5 kg en moyenne, la faim restait significativement plus élevée qu'avant la perte 62 semaines après le début du programme.
Quelle activité physique les autorités recommandent-elles ?
La HAS (2011) recommande d'encourager au moins 2 h 30 par semaine d'activité d'intensité modérée ; l'Assurance Maladie (23 janvier 2026) recommande 30 minutes d'intensité modérée à élevée, au moins 5 jours par semaine. Un médecin adapte ces repères à chacun.
Quand demander l'aide d'un professionnel de santé ?
Parlez-en à votre médecin traitant en cas de régimes répétés, de reprise malgré vos efforts ou de compulsions alimentaires. La HAS (2011) cite, en cas d'échec du premier recours, le diététicien, le médecin nutritionniste, le psychologue ou le psychiatre.
Sources
- Anses, « L'illusion perdue des régimes amaigrissants », 27 juin 2025, lu le 23 octobre 2026
- Anses, « Régimes amaigrissants : des pratiques à risque », communiqué de presse du 25 novembre 2010, lu le 23 octobre 2026
- Haute Autorité de santé (HAS), « Surpoids et obésité de l'adulte : prise en charge médicale de premier recours », recommandation validée le 1er septembre 2011, mise en ligne le 26 décembre 2012, lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Surpoids ou obésité de l'adulte : modifier son quotidien », rubrique Surpoids et obésité de l'adulte, 23 janvier 2026, lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Surpoids ou obésité de l'adulte : se préparer à perdre du poids », rubrique Surpoids et obésité de l'adulte, 5 janvier 2026, lu le 23 octobre 2026
- Sumithran P. et coll., New England Journal of Medicine, octobre 2011, hormones de l'appétit après une perte de poids chez 50 personnes, PMID 22029981, résumé lu le 23 octobre 2026
- Cummings D.E. et coll., New England Journal of Medicine, mai 2002, ghréline après une perte de poids par le régime ou la chirurgie, PMID 12023994, résumé lu le 23 octobre 2026
- Wang J. et coll., Scientific Reports, juin 2026, revue systématique et méta-analyse sur l'exercice et la reprise de poids, PMID 42331977, résumé lu le 23 octobre 2026
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