Perte de poids
Perte de poids durable : que disent la HAS, l'Anses et l'Assurance Maladie, et pour qui ?
Selon la HAS (juin 2022), une perte de poids durable repose sur une réduction modérée et personnalisée des apports énergétiques, et non sur des régimes déséquilibrés ou très restrictifs. Pour un simple surpoids, la HAS (2011) vise d'abord à ne pas prendre de poids. Les repères de perte chiffrés ne concernent que l'obésité.
Relecture médicale en cours. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Publié le 23 octobre 2026. Relecture médicale en cours. La question utile n'est pas seulement de savoir comment perdre du poids, mais comment ne pas le reprendre. Cette page reprend ce que disent la Haute Autorité de santé (HAS), l'Anses, l'Assurance Maladie et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sans promesse de résultat ni de délai. Elle est la page de méthode de la rubrique ; la liste de tous les articles est dans la rubrique Perte de poids. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
À retenir
- HAS (juin 2022) : réduction modérée et personnalisée des apports énergétiques ; les régimes déséquilibrés ou très restrictifs, comme le régime cétogène ou Atkins, sont déconseillés.
- HAS (2011) : pour un surpoids, l'objectif est avant tout de ne pas prendre de poids ; pour une obésité, une perte de 5 % à 15 % du poids initial, avec des objectifs réalistes de 1 à 2 kg par mois en moyenne.
- Anses (2010) : plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise de poids. La HAS demande de mettre en garde contre les régimes successifs.
- Article de 2025 republié par l'Anses : la reprise est citée dans 80 % des cas à un an et 95 % à cinq ans, sans étude d'origine indiquée dans le texte lu.
- Aucune source lue ne donne de déficit calorique quotidien chiffré.
Qu'est-ce qu'une perte de poids durable ?
Aucune des sources lues ne définit la « perte de poids durable » par un chiffre. Elles décrivent plutôt une démarche. La HAS (23 juin 2022) recommande une indication de perte de poids personnalisée, décidée avec le patient après une évaluation globale (âge, maladies associées, capacité à s'investir, objectifs), et rappelle que la prise en charge de l'obésité n'a pas pour seul objectif la perte de poids : elle vise aussi les maladies associées, les facteurs de risque, la qualité de vie et la mobilité. L'Assurance Maladie (5 janvier 2026) écrit que, dans les situations d'obésité complexe, l'objectif est de perdre du poids de façon modérée et permanente en évitant toute reprise, avec des objectifs réalistes fixés avec le médecin. Elle ajoute que le surpoids et l'obésité nécessitent un suivi à long terme et un changement des habitudes de vie maintenu dans la durée. La HAS (2011) demande de même que les modifications de comportement obtenues pour l'activité physique et l'alimentation soient maintenues sur le long terme.
Quel objectif de poids selon la situation ?
| Situation | Objectif cité par la HAS |
|---|---|
| Surpoids | Avant tout, ne pas prendre de poids |
| Tour de taille élevé (supérieur ou égal à 80 cm chez la femme, à 94 cm chez l'homme) | Stabiliser le poids et réduire le tour de taille |
| Maladie associée au surpoids | Perte de poids et/ou réduction du tour de taille |
| Obésité | Perte de 5 % à 15 % du poids initial ; objectifs réalistes, avec en moyenne 1 à 2 kg de perte par mois |
| Obésité avec échec thérapeutique | Stabiliser le poids est déjà un objectif intéressant |
Ces repères viennent d'une recommandation de 2011 que la HAS indique devoir actualiser. Ils concernent les adultes. Ils ne s'appliquent pas à toute personne qui souhaite maigrir : le médecin les adapte. Pour les plus de 70 ans, la HAS (2022) insiste sur la vigilance face au risque de réduction significative de la masse musculaire, de fragilité et de dénutrition que peut entraîner ou aggraver une perte de poids.
Que recommande la HAS pour l'alimentation ?
Dans son communiqué du 23 juin 2022, la HAS préconise une réduction modérée et personnalisée des apports énergétiques afin de tendre vers une perte de poids durable. Elle recommande un changement du comportement alimentaire régulé par les signaux internes de faim, de rassasiement ou de satiété, et la prise en compte de la composante émotionnelle de l'alimentation. Elle déconseille les régimes déséquilibrés ou très restrictifs, comme le régime cétogène ou le régime Atkins, et indique qu'une alimentation de type méditerranéen peut être intéressante, du fait de ses bénéfices sur la santé. En 2011, la HAS décrivait le conseil nutritionnel comme une orientation vers une alimentation de densité énergétique moindre et/ou un contrôle de la taille des portions. L'Assurance Maladie (23 janvier 2026) précise qu'il est nécessaire de réduire très progressivement la quantité d'énergie absorbée, avec un plan d'alimentation individuel établi par un médecin nutritionniste ou un diététicien. Aucune source lue ne chiffre le déficit calorique quotidien.
Pourquoi les régimes successifs posent-ils problème ?
La HAS (2011) demande que le médecin mette en garde contre les régimes successifs, à l'origine de fluctuations de poids qui peuvent être dangereuses pour la santé. Selon l'Anses (communiqué du 25 novembre 2010), plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise pondérale, a fortiori en l'absence d'activité physique, facteur essentiel de stabilisation du poids. Dans un article du 27 juin 2025, republié par l'Anses à partir de The Conversation, il est question d'une reprise de poids quasi systématique, dans 80 % des cas un an après le régime et 95 % des cas dans un délai de cinq ans ; le texte ne cite pas l'étude dont ces pourcentages proviennent. L'article indique aussi que, même avec un régime équilibré, la perte de masse grasse (75 %) s'accompagne d'une perte de masse musculaire (25 %), et juge incontournable le suivi individualisé d'un médecin nutritionniste ou d'un diététicien. Le mécanisme est détaillé dans Effet yo-yo : comment l'éviter.
Quelle place pour l'activité physique ?
Pour les adultes en situation d'obésité, la HAS (23 juin 2022) préconise chaque semaine, au choix, 2 h 30 à 3 h d'activité modérée, 1 h 15 à 2 h 30 d'activité plus intense, ou une combinaison équivalente, avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine, à adapter aux capacités et à atteindre progressivement, et une réduction de la sédentarité. L'OMS (26 juin 2024) cite pour les adultes au moins 150 minutes d'activité d'intensité modérée par semaine. L'Assurance Maladie (23 janvier 2026) écrit que l'activité physique facilite la perte de poids et permet d'éviter la reprise de poids à moyen terme. Les repères varient d'une institution à l'autre : le médecin les adapte à chaque personne.
Les protéines aident-elles à maigrir durablement ?
Leidy et coll. (American Journal of Clinical Nutrition, juin 2015) rapportent que plusieurs méta-analyses d'études courtes et très contrôlées montrent une perte de poids et de masse grasse plus importante, et une meilleure préservation de la masse maigre, avec un régime plus riche en protéines qu'avec un régime moins riche, sous restriction énergétique. Ce constat vient d'une revue de la littérature sur des régimes hypocaloriques : ce n'est pas une recommandation de la HAS ni de l'Anses, et cette page ne chiffre aucun apport en protéines. Selon la même revue, les études de plus longue durée ont donné des résultats limités et contradictoires, l'adhésion au régime étant le principal facteur de ces écarts. Voir Protéines et perte de poids.
Quand consulter ?
Selon la HAS (2011), si les objectifs ne sont pas atteints malgré la prise en charge, au bout de 6 mois à un an, le médecin peut faire appel à d'autres professionnels, en accord avec le patient : diététicien ou médecin spécialisé en nutrition, psychologue ou psychiatre, professionnels en activité physique adaptée. Lorsque l'évaluation en identifie le besoin, la HAS (2022) propose un accompagnement psychothérapeutique du rapport à l'alimentation et au corps. L'Assurance Maladie invite à parler d'un excès de poids à son médecin traitant. Parmi les facteurs favorisant la prise de poids, la HAS (2011) cite notamment la diminution du temps de sommeil, le stress au travail, le travail posté, la ménopause et les troubles du comportement alimentaire. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Ce que l'on ne peut pas affirmer
- Les sources lues ne donnent aucun déficit calorique quotidien ni rythme hebdomadaire de perte de poids pour la population générale. Le repère de 1 à 2 kg par mois est écrit par la HAS (2011) pour l'obésité seulement.
- Elles ne chiffrent pas la part de muscle perdue autrement que par le repère de l'Anses (75 % de masse grasse, 25 % de masse musculaire), donné pour un régime équilibré.
- La HAS déconseille les régimes cétogène et Atkins comme déséquilibrés ou très restrictifs ; elle ne se prononce pas, dans les textes lus, sur une réduction modérée des glucides.
- L'origine des pourcentages de reprise de poids (80 % et 95 %) n'est pas citée dans le texte de l'Anses.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une perte de poids durable ?
Les sources lues ne la définissent pas par un chiffre. La HAS (2022) recommande une réduction modérée et personnalisée des apports énergétiques et le maintien des changements d'habitudes dans le temps ; l'Assurance Maladie vise une perte modérée et permanente, sans reprise, dans l'obésité complexe.
La rubrique Perte de poids et cet article, quelle différence ?
La rubrique Perte de poids liste tous les articles. Cette page est l'article de méthode : elle réunit ce que disent la HAS, l'Anses, l'Assurance Maladie et l'OMS sur une perte de poids qui dure.
Combien de kilos peut-on perdre par mois ?
Pour une personne en situation d'obésité, la HAS (2011) cite en moyenne 1 à 2 kg par mois, avec un objectif de 5 % à 15 % du poids initial. Ce repère ne vaut pas pour un surpoids simple.
Faut-il perdre du poids en cas de léger surpoids ?
Selon la HAS (2011), pour les patients en surpoids l'objectif est avant tout de ne pas prendre de poids. Avec un tour de taille élevé, il s'agit de stabiliser le poids et de réduire le tour de taille. Le médecin décide avec vous.
Pourquoi reprend-on du poids après un régime ?
Selon l'Anses (2010), plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise pondérale. L'article de 2025 republié par l'Anses décrit aussi une perte de muscle qui diminue la dépense d'énergie de repos.
Les régimes cétogène ou Atkins sont-ils recommandés ?
Non. La HAS (2022) déconseille les régimes déséquilibrés ou très restrictifs, comme le régime cétogène ou Atkins, et cite l'alimentation de type méditerranéen comme pouvant être intéressante.
Combien d'activité physique par semaine ?
L'OMS cite au moins 150 minutes d'activité modérée pour les adultes. Pour l'obésité, la HAS (2022) cite 2 h 30 à 3 h d'activité modérée par semaine avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.
Sources
- Haute Autorité de santé (HAS), « Surpoids et obésité de l'adulte : prise en charge médicale de premier recours », recommandation validée le 1er septembre 2011, lu le 23 octobre 2026
- Haute Autorité de santé (HAS), « Obésité de l'adulte : améliorer la prise en charge médicale des cas les plus sévères », communiqué de presse du 23 juin 2022, lu le 23 octobre 2026
- Anses, « Régimes amaigrissants : des pratiques à risque », communiqué de presse du 25 novembre 2010, lu le 23 octobre 2026
- Anses, « L'illusion perdue des régimes amaigrissants », 27 juin 2025 (article republié depuis The Conversation), lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Surpoids ou obésité de l'adulte : modifier son quotidien », rubrique Surpoids et obésité de l'adulte, 23 janvier 2026, lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Surpoids ou obésité de l'adulte : se préparer à perdre du poids », rubrique Surpoids et obésité de l'adulte, 5 janvier 2026, lu le 23 octobre 2026
- Organisation mondiale de la santé, « Physical activity », page d'information du 26 juin 2024, lu le 23 octobre 2026
- Leidy H.J. et coll., American Journal of Clinical Nutrition, juin 2015, « The role of protein in weight loss and maintenance », PMID 25926512, résumé lu le 23 octobre 2026
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