Perte de poids

Perdre du poids sans régime : que disent la HAS, l'Anses et l'Assurance Maladie ?

Les sources lues ne chiffrent pas la perte de poids obtenue sans régime. La HAS (2022) préconise une réduction modérée et personnalisée des apports énergétiques, guidée par la faim et la satiété, et déconseille les régimes très restrictifs ; l'Assurance Maladie (janvier 2026) écrit que la réussite passe par une modification durable des habitudes de vie.

Relecture médicale en cours. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Assiette de légumes, d'œuf et d'avocat sur une table en bois

Publié le 23 octobre 2026. Relecture médicale en cours. « Sans régime » ne veut pas dire sans règle ni sans effort, et les institutions de santé ne le définissent pas en une phrase. Cette page reprend ce que disent la Haute Autorité de santé (HAS), l'Anses et l'Assurance Maladie sur les régimes restrictifs et sur les habitudes qu'elles proposent à la place, sans promesse de résultat ni de délai. La méthode d'ensemble est détaillée dans la page perte de poids durable. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

À retenir

  • HAS (juin 2022) : réduction modérée et personnalisée des apports énergétiques ; changement du comportement alimentaire régulé par les signaux internes de faim, de rassasiement ou de satiété ; régimes déséquilibrés ou très restrictifs déconseillés.
  • HAS (2011) : le médecin met en garde contre les régimes successifs, à l'origine de fluctuations de poids qui peuvent être dangereuses pour la santé.
  • Assurance Maladie (5 janvier 2026) : restez méfiant vis-à-vis des « régimes miracle » ; les kilos sont souvent repris aussi vite, ou presque, dès la fin du régime.
  • Article de 2025 republié par l'Anses : la reprise est citée dans 80 % des cas un an après le régime et 95 % à cinq ans, sans étude d'origine indiquée dans le texte lu.
  • Aucune source lue ne donne la perte de poids que l'on peut attendre de changements d'habitudes seuls.

Qu'appelle-t-on un régime dans ces sources ?

Aucune des sources lues ne donne une définition officielle du mot « régime ». Un article du 27 juin 2025, republié par l'Anses à partir de The Conversation, décrit les stratégies d'amaigrissement comme un déséquilibre énergétique créé par restriction alimentaire. Il rappelle que l'avis de l'Anses de 2011 avait étudié 15 régimes, qui avaient en commun une restriction énergétique par un contrôle de la prise alimentaire et la suppression d'au moins une catégorie d'aliments, et conclut que tous les régimes restrictifs conduisent, par leur finalité, à des déséquilibres nutritionnels. La HAS (23 juin 2022) déconseille la mise en place de régimes déséquilibrés ou très restrictifs, comme le régime cétogène ou le régime Atkins. Sur cette page, « régime » désigne donc ce type de démarche : une restriction stricte qui exclut des aliments, et que l'article dit vécue comme une mesure transitoire.

L'Assurance Maladie (5 janvier 2026) précise de son côté que les régimes faisant appel à des pratiques alimentaires peu diversifiées peuvent être responsables de carences nutritionnelles, par exemple en calcium ou en vitamines.

Peut-on perdre du poids sans régime ?

Les sources lues ne répondent pas par un chiffre. Elles décrivent une démarche. L'Assurance Maladie (23 janvier 2026) écrit que, pour perdre du poids ou ne pas en prendre, il est nécessaire de réduire très progressivement la quantité d'énergie absorbée, et que le choix des aliments est crucial ainsi que le contrôle de la taille des portions. La HAS (23 juin 2022) parle d'une réduction modérée et personnalisée des apports énergétiques afin de tendre vers une perte de poids durable. Lorsqu'un amaigrissement est envisagé (surpoids avec maladie associée ou obésité), la HAS (2011) décrit le conseil nutritionnel comme une orientation vers une alimentation de densité énergétique moindre et/ou un contrôle de la taille des portions, avec des modifications durables des habitudes alimentaires.

Ainsi, « sans régime » ne signifie pas, d'après ces textes, « sans toucher aux apports énergétiques » : il s'agit d'une réduction modérée, progressive et personnalisée, et non d'une restriction sévère. L'Assurance Maladie (5 janvier 2026) résume : la réussite passe plutôt par une modification durable des habitudes de vie.

Pourquoi les sources se méfient-elles des régimes restrictifs ?

Selon cet article du 27 juin 2025, republié par l'Anses, la perte de poids du début d'un régime n'est liée qu'à l'utilisation du glycogène du foie et des muscles et à l'élimination de l'eau qui y est associée. L'organisme mobilise ensuite les réserves de graisse, mais il met aussi en place des stratégies pour résister à cette perte : baisse du métabolisme de repos, fatigue et sensation de froid. Même avec un régime qualitativement équilibré, la perte de masse grasse (75 %) s'accompagne d'une perte de masse musculaire (25 %). Le texte ajoute que le contrôle permanent de la prise alimentaire finit par perturber durablement l'émission et l'interprétation des signaux de faim, de rassasiement et de satiété.

Sur la reprise de poids, l'article republié par l'Anses évoque une reprise quasi systématique, dans 80 % des cas un an après le régime et 95 % des cas dans un délai de cinq ans ; le texte ne cite pas l'étude dont ces pourcentages proviennent. La HAS (2011) demande que le médecin mette en garde contre les régimes successifs, à l'origine de fluctuations de poids qui peuvent être dangereuses pour la santé, et alerte sur les risques des régimes trop restrictifs et déséquilibrés. L'Assurance Maladie (5 janvier 2026) invite à rester méfiant vis-à-vis des « régimes miracle » qui font perdre rapidement du poids : les kilos sont souvent repris aussi vite, ou presque, dès la fin du régime, c'est l'effet « yo-yo ».

Quelles habitudes les sources proposent-elles à la place ?

La page de l'Assurance Maladie du 23 janvier 2026 sur le quotidien en cas de surpoids ou d'obésité de l'adulte détaille des habitudes concrètes. Le tableau en reprend quelques-unes, avec la formulation de la source. Il s'agit de repères de cette page, pas d'un programme complet, et ils s'adressent d'abord aux adultes en surpoids ou en obésité.

Habitudes citées par l'Assurance Maladie (23 janvier 2026) et la HAS (23 juin 2022)
HabitudeCe que dit la source
Écouter la faim et la satiétéAssurance Maladie : reconnaître les signaux de la faim et attendre de les percevoir pour manger, manger suffisamment et lentement, repérer le moment où l'on n'a plus faim. HAS : changement du comportement alimentaire régulé par les signaux internes de faim, de rassasiement ou de satiété.
Ne pas bannir ses plats préférésAssurance Maladie : il vaut mieux manger modérément de ses plats préférés plutôt que de les éliminer totalement ; manger de tout.
Des repas réguliersAssurance Maladie : horaires réguliers, petit déjeuner complet, ne pas sauter de repas pour éviter les grignotages favorisés par la faim.
Des repas posésAssurance Maladie : manger assis à table, sans écran, se servir dans l'assiette et ne pas laisser le plat sur la table pour éviter de se resservir.
Le choix des alimentsAssurance Maladie : au moins 5 portions de fruits ou de légumes en privilégiant les légumes, eau à volonté, éviter les boissons sucrées ou alcoolisées et les produits ultratransformés, limiter les aliments à forts apports caloriques.
Les émotions et les envies de mangerHAS : prise en compte de la composante émotionnelle de l'alimentation. Assurance Maladie : face à une émotion négative, essayer une activité qui ne permet pas de manger en même temps.
Les coursesAssurance Maladie : faire une liste de courses, la suivre et faire ses achats sans avoir faim ; éviter d'acheter ou de stocker en quantité les aliments que l'on grignote d'habitude.

La HAS (2022) ajoute qu'une alimentation de type méditerranéen peut être intéressante, du fait de ses bénéfices sur la santé. L'Assurance Maladie précise que des prescriptions diététiques, élaborées par un médecin nutritionniste ou un diététicien à partir d'une enquête alimentaire, permettent d'établir un plan d'alimentation individuel selon le rythme de vie, les horaires et les préférences.

Quelle place pour l'activité physique ?

Pour les adultes en situation d'obésité, la HAS (23 juin 2022) préconise chaque semaine, au choix, 2 h 30 à 3 h d'activité physique modérée, 1 h 15 à 2 h 30 d'activité plus intense, ou une combinaison équivalente, avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine, à adapter aux capacités et à atteindre progressivement, ainsi qu'une réduction de la sédentarité. L'Assurance Maladie (23 janvier 2026) recommande 30 minutes d'activité d'intensité modérée à élevée, au moins 5 jours par semaine, et du renforcement des bras et des jambes 1 à 2 fois par semaine. Elle écrit que l'activité physique facilite la perte de poids, permet d'éviter la reprise de poids à moyen terme et améliore le sommeil. L'article de 2025 republié par l'Anses souligne de son côté que l'activité physique maintient en grande partie la masse musculaire. Pour limiter la sédentarité, l'Assurance Maladie conseille de se lever toutes les 90 à 120 minutes pour une activité d'au moins 5 minutes. Les repères diffèrent d'une institution à l'autre : le médecin fixe les objectifs selon les possibilités de chaque personne.

Le sommeil et le stress comptent-ils ?

L'Assurance Maladie (23 janvier 2026) range « bien dormir » parmi les axes du traitement du surpoids et de l'obésité de l'adulte, avec l'alimentation, l'activité et l'estime de soi. La HAS (2011) cite, parmi les facteurs favorisant la prise de poids, la diminution du temps de sommeil, le stress au travail et le travail posté. Les sources lues ne chiffrent pas l'effet du sommeil ou du stress sur le poids. Voir Sommeil et perte de poids.

Faut-il vraiment perdre du poids ?

Pas toujours. Selon l'Assurance Maladie (5 janvier 2026), en cas de surpoids (indice de masse corporelle de 25 à 29,9) ou d'obésité modérée sans complication, la perte de poids n'est pas prioritaire : le premier objectif est de stabiliser son poids et d'éviter toute prise supplémentaire. La HAS (2011) écrit de même que, pour les patients en surpoids, l'objectif est avant tout de ne pas prendre de poids. L'Assurance Maladie recommande de ne pas adopter d'objectifs irréalistes, qui conduisent à un sentiment d'échec, et précise qu'il est inutile de culpabiliser. La HAS (2011) demande au médecin d'éviter tout discours culpabilisant. Le même article relève enfin, d'après un avis de l'Anses de 2011, qu'une enquête nationale avait trouvé que 45 % de femmes sans surpoids, dont 15 % minces (indice de masse corporelle inférieur à 22), avaient suivi un régime dans l'année, et que l'objectif fixé n'est pas nécessairement cohérent avec le maintien de l'état de santé.

Quand consulter ?

L'Assurance Maladie (5 janvier 2026) invite à parler de son poids à son médecin traitant, qui fixe avec vous les objectifs et vous adresse si nécessaire à d'autres professionnels. L'article de 2025 republié par l'Anses juge incontournable le suivi individualisé d'un professionnel de santé, médecin nutritionniste ou diététicien. Selon la HAS (2011), si les objectifs ne sont pas atteints au bout de 6 mois à un an, le médecin peut faire appel à d'autres professionnels : diététicien ou médecin spécialisé en nutrition, psychologue ou psychiatre, professionnels en activité physique adaptée. La HAS (2022) propose un accompagnement psychothérapeutique du rapport à l'alimentation et au corps lorsque l'évaluation en identifie le besoin, et insiste, pour les plus de 70 ans, sur la vigilance face au risque de perte de masse musculaire, de fragilité et de dénutrition. Pour une douleur ou un inconfort pendant l'activité, l'Assurance Maladie recommande d'arrêter l'activité. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Ce que l'on ne peut pas affirmer

  • Les sources lues ne donnent aucune perte de poids attendue, ni aucun délai, pour une démarche sans régime. Les repères de la HAS (2011) de 5 % à 15 % du poids initial et, en moyenne, de 1 à 2 kg par mois concernent l'obésité seulement.
  • Elles ne disent pas qu'ajouter des protéines ou des fibres à chaque repas suffit à créer un déficit sans effort, ni qu'il suffit d'écouter sa satiété pour maigrir.
  • Elles ne comparent pas, chiffres à l'appui, une démarche d'habitudes et un régime restrictif sur la durée.
  • L'origine des pourcentages de reprise de poids de l'article de 2025 republié par l'Anses (80 % et 95 %) n'est pas citée dans le texte lu.
  • Les conseils de l'Assurance Maladie et de la HAS s'adressent aux adultes en surpoids ou en obésité : les sources lues ne disent pas s'ils conviennent à une personne dont le poids est dans la norme.

Questions fréquentes

Peut-on maigrir sans régime ?

Les sources lues ne chiffrent pas la perte obtenue sans régime. La HAS (2022) préconise une réduction modérée et personnalisée des apports énergétiques et déconseille les régimes très restrictifs ; l'Assurance Maladie (2026) écrit que la réussite passe par une modification durable des habitudes de vie.

Qu'est-ce qu'un régime, ici ?

Les sources ne le définissent pas officiellement. Un article de 2025 republié par l'Anses décrit des régimes restrictifs qui combinent restriction énergétique et suppression d'au moins une catégorie d'aliments ; la HAS déconseille les régimes déséquilibrés ou très restrictifs, comme le régime cétogène ou le régime Atkins.

Faut-il compter les calories pour perdre du poids sans régime ?

Les sources lues ne le demandent pas. La HAS (2022) met en avant les signaux internes de faim, de rassasiement et de satiété ; l'Assurance Maladie (2026) cite le choix des aliments, le contrôle de la taille des portions et un plan individuel établi avec un médecin nutritionniste ou un diététicien.

Faut-il supprimer certains aliments ?

Pas selon l'Assurance Maladie (2026) : il vaut mieux manger modérément ses plats préférés que les éliminer totalement. Elle conseille toutefois de limiter les aliments à forts apports caloriques et d'éviter les boissons sucrées ou alcoolisées et les produits ultratransformés.

Pourquoi reprend-on du poids après un régime ?

Selon un article de 2025 republié par l'Anses, la reprise est quasi systématique, citée dans 80 % des cas un an après et 95 % à cinq ans, sans étude d'origine indiquée. Il décrit aussi une perte de masse musculaire et une baisse du métabolisme de repos.

Combien d'activité physique par semaine ?

Pour l'obésité, la HAS (2022) cite 2 h 30 à 3 h d'activité modérée par semaine avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine. L'Assurance Maladie (2026) recommande 30 minutes d'intensité modérée à élevée, au moins 5 jours par semaine.

Quand parler de son poids à un médecin ?

L'Assurance Maladie invite à en parler à son médecin traitant, qui fixe les objectifs avec vous. Selon la HAS (2011), si les objectifs ne sont pas atteints au bout de 6 mois à un an, d'autres professionnels peuvent être sollicités. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Sources

  1. Assurance Maladie (ameli.fr), « Surpoids ou obésité de l'adulte : se préparer à perdre du poids », rubrique Surpoids et obésité de l'adulte, 5 janvier 2026, lu le 23 octobre 2026
  2. Assurance Maladie (ameli.fr), « Surpoids ou obésité de l'adulte : modifier son quotidien », rubrique Surpoids et obésité de l'adulte, 23 janvier 2026, lu le 23 octobre 2026
  3. Haute Autorité de santé (HAS), « Obésité de l'adulte : améliorer la prise en charge médicale des cas les plus sévères », communiqué de presse du 23 juin 2022, lu le 23 octobre 2026
  4. Haute Autorité de santé (HAS), « Surpoids et obésité de l'adulte : prise en charge médicale de premier recours », recommandation validée le 1er septembre 2011, lu le 23 octobre 2026
  5. Anses, « L'illusion perdue des régimes amaigrissants », 27 juin 2025 (article republié depuis The Conversation), lu le 23 octobre 2026

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