Perte de poids
Protéines et perte de poids : combien de protéines, et font-elles maigrir ?
L'Anses fixe la référence nutritionnelle en protéines des adultes en bonne santé à 0,83 g par kilo et par jour (2007). Pendant un amaigrissement, une revue de la littérature propose 1,2 à 1,6 g par kilo, mais les écarts mesurés sur le poids restent modestes : moins de 1 kg dans une méta-analyse de 2012.
Relecture médicale en cours. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Publié le 23 octobre 2026. Relecture médicale en cours. Les protéines ont la réputation de faciliter l'amaigrissement et de protéger les muscles pendant un régime. Cette page reprend ce que disent l'Anses, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l'Assurance Maladie, la Haute Autorité de santé (HAS) et des revues publiées dans des revues à comité de lecture, avec leurs chiffres et leurs limites. Elle ne recommande aucun produit, ne prescrit aucun apport et ne promet aucun résultat. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
À retenir
- Référence de l'Anses : 0,83 g de protéines par kilo et par jour pour l'adulte en bonne santé (2007), et 10 à 20 % de l'apport énergétique (2016). L'EFSA retient 0,83 g/kg en 2012.
- Revue de la littérature sur l'amaigrissement (Leidy, 2015) : environ 1,2 à 1,6 g/kg par jour. C'est une proposition, pas une valeur réglementaire.
- Écarts mesurés modestes : 0,79 kg de poids et 0,87 kg de masse grasse de moins dans une méta-analyse de 2012 (durée moyenne de 12 semaines) ; environ 0,4 kg après 12 mois ou plus (2014).
- Maladie rénale chronique : l'apport en protéines est défini par le médecin (Assurance Maladie).
- L'Anses n'a pas pu définir de limite supérieure de sécurité pour l'apport en protéines, faute de données suffisantes.
Combien de protéines un adulte doit-il consommer ?
Dans sa page du 22 décembre 2025, l'Anses rappelle qu'elle a établi en 2007 la référence nutritionnelle en protéines des adultes en bonne santé à 0,83 g par kilo et par jour, et qu'elle a précisé en 2016 que la part des protéines dans l'apport énergétique total quotidien devait être de 10 à 20 % pour les adultes. Pour appliquer la première valeur, il suffit de multiplier son poids en kilos par 0,83. L'EFSA retient le même chiffre pour l'adulte, y compris les personnes âgées, dans son communiqué du 9 février 2012. Cette valeur vaut pour des adultes en bonne santé : elle n'est pas une cible d'amaigrissement.
L'Anses ajoute qu'en France les apports énergétiques et protéiques atteignent les références nutritionnelles, et que les sources de protéines sont suffisamment diversifiées pour qu'il n'y ait pas à craindre d'insuffisance justifiant de recommander une combinaison systématique de céréales et de légumineuses. L'EFSA estime de son côté que l'apport en protéines de la population européenne est adéquat et que l'apport moyen des adultes est souvent au niveau ou au-dessus de 0,83 g/kg. Pour le détail des sources végétales, voir Sources de protéines végétales.
| Source | Repère | Contexte |
|---|---|---|
| Anses, 22 décembre 2025 | 0,83 g/kg par jour (référence de 2007) | Adultes en bonne santé |
| Anses, 22 décembre 2025 | 10 à 20 % de l'apport énergétique total (précision de 2016) | Adultes |
| EFSA, 9 février 2012 | 0,83 g/kg par jour | Adultes, y compris les personnes âgées |
| Leidy et coll., 2015 | Environ 1,2 à 1,6 g/kg par jour, pouvant inclure au moins 25 à 30 g environ par repas | Revue de la littérature, contexte d'amaigrissement |
| Assurance Maladie, 8 janvier 2025 | 0,8 à 1 g/kg par jour en général | Maladie rénale chronique, apport défini par le médecin |
Que propose-t-on comme apport pendant un amaigrissement ?
Leidy et coll. (American Journal of Clinical Nutrition, juin 2015) concluent, à partir de la littérature, que des régimes plus riches en protéines, contenant entre 1,2 et 1,6 g de protéines par kilo et par jour et pouvant comporter au moins 25 à 30 g de protéines environ par repas, améliorent l'appétit, la gestion du poids, les facteurs de risque cardiométaboliques, ou l'ensemble de ces critères. C'est une synthèse de la littérature par les auteurs, au-dessus de la référence de 0,83 g/kg donnée pour les adultes en bonne santé. Ils précisent que des stratégies pour améliorer l'observance à long terme restent nécessaires.
Les protéines rassasient-elles ?
Selon la revue de Leidy et coll. (2015), les essais de repas isolés confirment un effet modeste de satiété après des repas plus riches en protéines, avec une sensation de plénitude plus élevée et des hormones de satiété plus élevées. En revanche, ils ne montrent pas d'effet sur la prise alimentaire au repas suivant. Dans la méta-analyse de Wycherley et coll. (2012), une plus grande satiété avec le régime riche en protéines a été rapportée dans 3 études sur 5 qui l'évaluaient.
Les protéines font-elles maigrir, et protègent-elles le muscle ?
Wycherley et coll. (American Journal of Clinical Nutrition, décembre 2012) ont réuni 24 essais randomisés (1 063 adultes, 12 semaines en moyenne) qui comparaient des régimes hypocaloriques riches en protéines et à teneur standard en protéines. Le régime riche en protéines a donné 0,79 kg de poids en moins (intervalle de confiance à 95 % de 0,08 à 1,50 kg), 0,87 kg de masse grasse en moins (de 0,48 à 1,26 kg), 0,43 kg de masse maigre en plus conservés (de 0,09 à 0,78 kg) et une dépense énergétique de repos moins diminuée de 595,5 kJ par jour. Les auteurs parlent de bénéfices modestes.
À long terme, Clifton et coll. (mars 2014, 32 études et 3 492 adultes, suivi d'au moins 12 mois) trouvent qu'un conseil de régime plus pauvre en glucides et plus riche en protéines est associé à une meilleure perte de poids et de masse grasse, mais l'effet est faible, équivalent à environ 0,4 kg, et plus marqué quand l'observance est meilleure. L'intervention évaluée est un conseil combiné, pas les protéines seules. Leidy et coll. notent d'ailleurs que les études de longue durée donnent des résultats limités et contradictoires, et que l'observance au régime explique en grande partie ces divergences.
Après 50 ans, Kim et coll. (Nutrition Reviews, mars 2016, 20 essais randomisés) rapportent que les adultes de plus de 50 ans qui consommaient plus de protéines pendant un amaigrissement ont conservé davantage de masse maigre et perdu davantage de masse grasse. Le groupe riche en protéines y était défini par au moins 25 % de l'énergie, ou 1,0 g/kg par jour, contre moins de 25 % dans l'autre groupe. La HAS (23 juin 2022) insiste de son côté, pour les patients de plus de 70 ans en situation d'obésité, sur la vigilance vis-à-vis du risque de réduction significative de la masse musculaire, de fragilité et de dénutrition que peut entraîner une perte de poids.
Y a-t-il des précautions à prendre ?
- Maladie rénale chronique : selon l'Assurance Maladie (8 janvier 2025), l'apport en protéines est défini par le médecin ; en général, 0,8 à 1 g de protéines par kilo et par jour est conseillé (48 à 60 g pour une personne de 60 kg), et le régime peut être plus restrictif si l'insuffisance rénale est importante. Une autre page de l'Assurance Maladie (25 novembre 2025) indique de limiter les apports en protéines et de privilégier les protéines végétales plutôt qu'animales.
- Grossesse et allaitement : l'EFSA (2012) indique un apport supplémentaire de 1 g, 9 g et 28 g par jour selon le trimestre, puis de 19 g par jour pendant les six premiers mois d'allaitement et de 13 g ensuite. Il s'agit de références de population, pas de consignes d'amaigrissement.
- Limite haute : l'Anses (22 décembre 2025) indique qu'aucune limite supérieure de sécurité pour l'apport protéique n'a pu être définie, faute de données.
- Dans les autres cas particuliers, l'Anses signale que des intervalles de référence existent aussi pour les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes âgées et les personnes physiquement très actives, sans les chiffrer sur la page lue.
Quand consulter ?
Parlez-en à votre médecin traitant ou à un diététicien avant de modifier nettement votre apport en protéines si vous avez une maladie rénale, si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, si vous suivez un traitement ou si vous avez plus de 70 ans, âge à partir duquel la HAS demande une vigilance particulière face au risque de perte de masse musculaire lors d'une perte de poids. L'Assurance Maladie précise qu'en cas de maladie rénale chronique, il faut demander conseil au médecin traitant. Une tribune republiée par l'Anses (27 juin 2025) juge incontournable le suivi individualisé d'un médecin nutritionniste ou d'un diététicien pour comprendre l'origine d'un surpoids. Cette page ne donne aucune consigne d'urgence propre aux protéines. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Ce que l'on ne peut pas affirmer
- Une cible d'apport en protéines valable pour tous afin de maigrir : Leidy et coll. proposent environ 1,2 à 1,6 g/kg par jour dans une revue de la littérature, mais l'EFSA (2012) juge les données insuffisantes pour établir une référence fondée sur le poids corporel.
- Que les protéines font maigrir à elles seules : les écarts moyens sont modestes, et l'observance au régime explique une grande partie de la variabilité.
- Que les protéines sont le nutriment le plus rassasiant, ou que leur effet de satiété réduit ce qu'on mange ensuite : les revues lues ne le montrent pas.
- Qu'une quantité donnée est sans risque : l'Anses n'a pas pu définir de limite supérieure de sécurité.
- Une cible précise pour les personnes âgées, les femmes enceintes ou les personnes atteintes de maladie rénale en situation d'amaigrissement : aucune source lue n'en donne ; elle se discute avec un médecin ou un diététicien.
Questions fréquentes
Combien de protéines par jour pour un adulte ?
Selon l'Anses (22 décembre 2025), la référence nutritionnelle des adultes en bonne santé est de 0,83 g par kilo et par jour (2007), et l'Anses précise en 2016 que les protéines doivent représenter 10 à 20 % de l'apport énergétique. L'EFSA retient le même chiffre en 2012. Un médecin ou un diététicien adapte ces repères à chaque situation.
Combien de protéines propose-t-on pour maigrir ?
Une revue de la littérature (Leidy, 2015) propose environ 1,2 à 1,6 g par kilo et par jour, pouvant inclure au moins 25 à 30 g environ par repas. C'est une proposition, pas une règle, et elle ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un diététicien.
Les protéines font-elles maigrir ?
Pas à elles seules d'après les sources lues. Une méta-analyse de 2012 trouve 0,79 kg de poids et 0,87 kg de masse grasse en moins avec un régime hypocalorique riche en protéines, et une autre de 2014 environ 0,4 kg après 12 mois ou plus avec un conseil combiné.
Les protéines aident-elles à garder du muscle en maigrissant ?
À court terme, des méta-analyses associent un régime hypocalorique plus riche en protéines à une meilleure préservation de la masse maigre (0,43 kg de plus dans Wycherley, 2012). À long terme, les résultats sont plus limités (Leidy, 2015). Après 50 ans, une revue de 20 essais va dans le même sens (Kim, 2016).
Les protéines coupent-elles la faim ?
Un effet modeste de satiété est rapporté après des repas plus riches en protéines, mais sans effet démontré sur la prise alimentaire au repas suivant (Leidy, 2015).
Peut-on augmenter ses protéines en cas de maladie rénale ?
Pas sans avis médical. Selon l'Assurance Maladie, l'apport en protéines est défini par le médecin ; en général, 0,8 à 1 g par kilo et par jour est conseillé, et le régime peut être plus restrictif si l'insuffisance rénale est importante.
Y a-t-il une limite haute d'apport en protéines ?
L'Anses (22 décembre 2025) indique qu'aucune limite supérieure de sécurité n'a pu être définie, faute de données suffisantes. Cela ne signifie pas que tout apport est sans risque : en cas de doute, parlez-en à un médecin.
Sources
- Anses, « Protéines : rôle, sources et apports recommandés », 22 décembre 2025, lu le 23 octobre 2026
- EFSA, « EFSA sets population reference intakes for protein », 9 février 2012, lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Vivre avec une insuffisance rénale », rubrique Maladie rénale chronique, 8 janvier 2025, lu le 23 octobre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Adaptez votre mode de vie », rubrique La maladie rénale chronique, 25 novembre 2025, lu le 23 octobre 2026
- Haute Autorité de santé (HAS), « Obésité de l'adulte : améliorer la prise en charge médicale des cas les plus sévères », communiqué de presse du 23 juin 2022, lu le 23 octobre 2026
- Anses (tribune d'Irène Margaritis, republiée depuis The Conversation), « L'illusion perdue des régimes amaigrissants », 27 juin 2025, lu le 23 octobre 2026
- Leidy H.J. et coll., American Journal of Clinical Nutrition, juin 2015, rôle des protéines dans la perte et le maintien du poids, PMID 25926512, résumé lu le 23 octobre 2026
- Wycherley T.P. et coll., American Journal of Clinical Nutrition, décembre 2012, régimes hypocaloriques riches en protéines et à teneur standard, méta-analyse de 24 essais randomisés, PMID 23097268, résumé lu le 23 octobre 2026
- Clifton P.M. et coll., Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases, mars 2014, maintien du poids à long terme après un conseil de régime pauvre en glucides et plus riche en protéines, PMID 24472635, résumé lu le 23 octobre 2026
- Kim J.E. et coll., Nutrition Reviews, mars 2016, protéines et composition corporelle après perte de poids chez les adultes de plus de 50 ans, PMID 26883880, résumé lu le 23 octobre 2026