Perte de poids

Petit-déjeuner pour maigrir : faut-il en prendre un, et que manger le matin ?

Selon une méta-analyse de 13 essais publiée dans le BMJ en 2019, prendre un petit-déjeuner n'a pas fait maigrir : les adultes qui le sautaient pesaient en moyenne 0,44 kg de moins. Santé publique France le décrit comme un repas important, mais propose un encas à ceux qui n'ont pas faim le matin.

Relecture médicale en cours. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Petit-déjeuner protéiné et équilibré

Publié le 23 octobre 2026. Relecture médicale en cours. Le petit-déjeuner a la réputation de faire maigrir, ou au contraire de faire grossir quand on le saute. Cette page reprend ce que disent sur le sujet Santé publique France, l'Anses, la Haute Autorité de santé (HAS) et une méta-analyse publiée dans une revue à comité de lecture, sans proposer de menu type ni de chiffre en kilocalories que ces sources ne donnent pas. Elle ne promet aucun résultat. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

À retenir

  • Méta-analyse du BMJ (2019, 13 essais) : écart de poids de 0,44 kg en faveur des personnes qui sautaient le petit-déjeuner, avec des essais de qualité surtout faible et courts.
  • Santé publique France (Manger Bouger, 2022) présente le petit-déjeuner comme un repas à ne pas négliger et décrit ses composantes ; elle propose un encas aux personnes qui n'ont pas faim le matin.
  • L'Anses (6 mars 2024) ne peut pas conclure à un lien entre l'absence de petit-déjeuner et la prise de poids chez l'enfant et l'adolescent ; ce peut être un marqueur d'un mode de vie.
  • La HAS (23 juin 2022) recommande une réduction modérée et personnalisée des apports, guidée par les signaux internes de faim et de satiété.
  • Aucune des sources lues ne donne de menu type chiffré pour maigrir.

Faut-il prendre un petit-déjeuner pour perdre du poids ?

Sievert et coll. (BMJ, janvier 2019) ont réuni 13 essais randomisés menés chez des adultes de pays à revenu élevé, qui comparaient la consommation d'un petit-déjeuner à son absence. Sept essais mesuraient le poids, dix l'apport énergétique. Le résultat sur le poids va dans le sens inverse de l'idée répandue : les participants assignés au petit-déjeuner pesaient en moyenne 0,44 kg de plus (intervalle de confiance à 95 % de 0,07 à 0,82 kg), avec une certaine hétérogénéité entre les essais. Ils consommaient aussi en moyenne 259,79 kcal de plus par jour (de 78,87 à 440,71).

Les auteurs relèvent que tous les essais présentaient un risque de biais élevé ou incertain sur au moins un critère, et que le suivi était court : sept semaines en moyenne pour le poids, deux semaines pour l'apport énergétique. Ils concluent que l'ajout d'un petit-déjeuner pourrait ne pas être une bonne stratégie de perte de poids et demandent de la prudence avant de le recommander dans ce but, tout en appelant à des essais de meilleure qualité. Ce résultat ne dit donc pas que sauter le petit-déjeuner fait maigrir : il dit que, dans ces essais courts, prendre un petit-déjeuner n'a pas fait perdre de poids.

Ce que disent les sources lues sur le petit-déjeuner et le poids
SourceCe qui est ditLimites indiquées
Sievert et coll., BMJ, 2019Poids : 0,44 kg de plus avec petit-déjeuner ; apport énergétique : 259,79 kcal par jour de plus13 essais, qualité surtout faible, suivi de sept semaines (poids) et deux semaines (énergie) en moyenne
Anses, 6 mars 2024Les revues disponibles ne permettent pas de conclure sur le lien entre absence de petit-déjeuner et prise de poidsEnfants et adolescents jusqu'à 18 ans ; notamment un lien inverse possible entre surpoids et saut du repas
Santé publique France (Manger Bouger), 2022Le petit-déjeuner « revêt une importance capitale » ; encas possible pour ceux qui n'ont pas faimRepère de composition, sans effet chiffré sur le poids
HAS, 23 juin 2022Réduction modérée et personnalisée des apports, guidée par la faim et la satiétéRecommandation pour l'obésité de l'adulte, sans consigne sur le petit-déjeuner

Que dit l'Anses sur le fait de sauter le petit-déjeuner ?

Saisie par la Direction générale de la santé, l'Anses a rendu le 6 mars 2024 une note sur les risques sanitaires liés à l'absence de petit-déjeuner. Elle définit le petit-déjeuner comme le premier apport énergétique de la journée, qui rompt le jeûne nocturne. Son travail porte sur les enfants et les adolescents jusqu'à 18 ans : il s'agit de la population concernée par la distribution de petits-déjeuners à l'école, et non des adultes. L'Anses y a analysé six revues systématiques et méta-analyses sur le poids et les paramètres cardiométaboliques, dont quatre jugées de bonne qualité méthodologique.

Sa conclusion est prudente : ces revues ne permettent pas de conclure sur l'association entre l'absence de petit-déjeuner et la prise de poids, ni sur d'éventuelles conséquences cardiométaboliques. L'agence souligne qu'on ne peut écarter que des personnes en surpoids sautent le repas dans le but de perdre du poids, et que l'absence de petit-déjeuner pourrait n'être qu'un marqueur d'un mode de vie associé à la prise de poids : sommeil court ou tardif, dîner tardif ou copieux, faible activité physique. Elle propose de la considérer comme un signal pour rechercher ces autres facteurs. Pour les performances cognitives, elle ne peut pas non plus conclure.

Que manger le matin, d'après Santé publique France ?

Dans un article repris sur Santé.fr le 19 juillet 2022, Santé publique France (Manger Bouger) écrit que le petit-déjeuner revêt une importance capitale dans l'alimentation, car après la nuit le corps a besoin d'énergie. Elle propose de composer le repas à partir de quatre éléments : un produit céréalier tel que du pain complet ou aux céréales, ou des céréales pas trop sucrées ; un produit laitier tel qu'un verre de lait, un yaourt ou du fromage blanc ; un fruit entier ou pressé en jus ; une boisson pas trop sucrée (café, thé, eau).

  • Ce repère décrit un petit-déjeuner type de la population adulte ; il n'est pas présenté comme un menu pour maigrir et ne donne aucun grammage ni aucune kilocalorie.
  • Le texte s'inscrit dans le repère de trois repas par jour : petit-déjeuner, déjeuner et dîner.
  • Pour une étude plus fine de la satiété des aliments, voir Aliments rassasiants.

Que faire si l'on n'a pas faim le matin ?

Santé publique France ne fait pas de ce cas un problème : pour les personnes qui n'ont pas faim au saut du lit, elle suggère de préparer un encas qui aide à tenir jusqu'au déjeuner, par exemple une barre de céréales maison ou une poignée de fruits à coque non salés. La HAS (23 juin 2022) demande de son côté de s'appuyer sur les signaux internes de faim, de rassasiement ou de satiété pour modifier le comportement alimentaire, et une tribune republiée par l'Anses (27 juin 2025) avertit qu'un contrôle permanent de la prise alimentaire peut perturber durablement l'émission et l'interprétation de ces signaux. Ces sources n'indiquent pas d'heure de repas ni de nombre d'heures de jeûne.

Un petit-déjeuner riche en protéines fait-il moins manger ensuite ?

La question est souvent posée à propos des protéines. La revue de Leidy et coll. (American Journal of Clinical Nutrition, 2015) rapporte, dans les essais de repas isolés, un effet modeste de satiété après des repas plus riches en protéines, avec une sensation de plénitude plus élevée et davantage d'hormones de satiété, mais pas d'effet sur l'apport alimentaire au repas suivant. Cette revue ne porte pas spécifiquement sur le petit-déjeuner : elle ne permet pas d'affirmer qu'un petit-déjeuner riche en protéines réduit les fringales ou la prise alimentaire de la journée. Pour les repères d'apport, voir Protéines et perte de poids.

Quand consulter ?

Parlez-en à votre médecin traitant ou à un diététicien si vous sautez régulièrement des repas pour perdre du poids, si vous avez des compulsions alimentaires ou si vous avez une maladie ou un traitement : la tribune de l'Anses (27 juin 2025) relie le contrôle permanent de l'alimentation à des troubles du comportement alimentaire. Elle juge incontournable le suivi individualisé d'un professionnel de santé, médecin nutritionniste ou diététicien, pour comprendre l'origine d'un surpoids. Cette page ne donne aucune consigne d'urgence propre au petit-déjeuner. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Ce que l'on ne peut pas affirmer

  • Que prendre un petit-déjeuner fait maigrir, ou que le sauter fait grossir : la méta-analyse de 2019 va plutôt dans le sens contraire à court terme, et l'Anses ne conclut pas chez l'enfant.
  • Qu'un aliment précis du matin (œufs, produits laitiers, flocons d'avoine, fruits) fait perdre du poids : aucune source lue ne le montre.
  • Qu'un petit-déjeuner riche en protéines ou en fibres coupe la faim jusqu'au déjeuner : les sources lues ne le démontrent pas pour ce repas.
  • Un nombre de kilocalories ou de grammes pour le matin : aucune source lue n'en donne.
  • Que le résultat des essais s'applique à long terme ou à chacun : les essais durent quelques semaines, et la note de l'Anses concerne des mineurs.

Questions fréquentes

Faut-il prendre un petit-déjeuner pour perdre du poids ?

Selon la méta-analyse de Sievert (BMJ, 2019, 13 essais), prendre un petit-déjeuner n'a pas fait perdre de poids : les participants qui le sautaient pesaient 0,44 kg de moins en moyenne, avec des essais courts et de qualité surtout faible. Santé publique France le décrit comme un repas important.

Que manger le matin ?

Santé publique France (Manger Bouger, 2022) propose un produit céréalier (pain complet ou céréales peu sucrées), un produit laitier (lait, yaourt ou fromage blanc), un fruit entier ou pressé et une boisson peu sucrée (café, thé, eau). Elle ne donne ni grammage ni kilocalories.

Sauter le petit-déjeuner fait-il grossir ?

Chez l'enfant et l'adolescent, l'Anses (6 mars 2024) ne peut pas conclure à un lien entre absence de petit-déjeuner et prise de poids : ce peut être un marqueur d'un mode de vie (sommeil court, dîner tardif, peu d'activité physique). Chez l'adulte, la méta-analyse de 2019 ne montre pas de prise de poids en le sautant.

Que faire si je n'ai pas faim le matin ?

Santé publique France suggère un encas pour tenir jusqu'au déjeuner, par exemple des fruits à coque non salés ou une barre de céréales maison. La HAS demande de s'appuyer sur les signaux internes de faim et de satiété.

Un petit-déjeuner riche en protéines coupe-t-il la faim ?

Une revue de 2015 (Leidy) trouve un effet de satiété modeste après des repas plus riches en protéines, sans effet sur l'apport au repas suivant. Elle ne porte pas spécifiquement sur le petit-déjeuner : on ne peut pas affirmer qu'il coupe la faim jusqu'au déjeuner.

Existe-t-il un menu type de petit-déjeuner pour maigrir ?

Aucune des sources lues (Santé publique France, Anses, HAS, BMJ) ne propose de menu chiffré pour maigrir. La HAS recommande une réduction modérée et personnalisée des apports, à définir avec un professionnel de santé.

Quand demander l'avis d'un professionnel ?

Parlez-en à votre médecin ou à un diététicien si vous sautez des repas pour perdre du poids, si vous avez des compulsions alimentaires, une maladie ou un traitement.

Sources

  1. Santé publique France (Manger Bouger), « Manger mieux quand on est adulte : une journée rythmée par les repas », publié sur Santé.fr le 19 juillet 2022, lu le 23 octobre 2026
  2. Anses, note d'appui scientifique et technique (saisine 2020-SA-0055, 2e partie) sur les risques sanitaires liés à l'absence de petit déjeuner, 6 mars 2024, lu le 23 octobre 2026
  3. Sievert K. et coll., BMJ, janvier 2019, effet du petit-déjeuner sur le poids et l'apport énergétique, revue systématique et méta-analyse d'essais randomisés, PMID 30700403, résumé lu le 23 octobre 2026
  4. Haute Autorité de santé (HAS), « Obésité de l'adulte : améliorer la prise en charge médicale des cas les plus sévères », communiqué de presse du 23 juin 2022, lu le 23 octobre 2026
  5. Anses (tribune d'Irène Margaritis, republiée depuis The Conversation), « L'illusion perdue des régimes amaigrissants », 27 juin 2025, lu le 23 octobre 2026
  6. Leidy H.J. et coll., American Journal of Clinical Nutrition, juin 2015, rôle des protéines dans la perte et le maintien du poids, PMID 25926512, résumé lu le 23 octobre 2026

À lire aussi

Dans la même rubrique

Journal : tous les articles