Courir en hiver : ce que disent les sources sur le froid, la respiration et la nuit

Courir en hiver pose des questions de froid, d'air sec et de nuit. L'article donne ce que mesurent les études et les fiches lues, nomme leur portée, et dit où aucun seuil de température n'est sourcé.

Courir en hiver : froid, air sec, jours courts. Cet article donne ce que mesurent les études, ce que disent une association de santé respiratoire et la Sécurité routière, avec la population de chaque source, et signale qu'aucun seuil de température n'est sourcé.

Courir en hiver : aucune source lue ne donne de température en dessous de laquelle renoncer à courir. Mantzios et al. (2022, 1 258 courses de compétition) trouvent une performance de pointe plus probable entre 10 et 17,5 °C d'air : c'est un optimum de compétiteurs, pas un seuil de sécurité pour un coureur de loisir.

À retenir

  • Mantzios et al. (2022) : optimum de performance de pointe de 10 à 17,5 °C d'air, chez des compétiteurs ; pas un seuil d'arrêt.
  • Santé Respiratoire France, association dont la fiche porte le soutien d'entreprises de santé, conseille de sortir couvert mais sec et de couvrir la tête.
  • Helenius et al. (1998, 58 coureurs d'élite) et Evans et al. (2005, laboratoire) mesurent le froid dans des conditions différentes pour le bronchospasme d'effort.
  • La Sécurité routière chiffre la visibilité de nuit pour les piétons et les cyclistes, pas pour les coureurs.
  • Aucun conseil de soin pour l'hypothermie ou les gelures : les sources citées n'en traitent pas.

Courir en hiver : froid et performance, ce que montrent les études

Les études lues sur le froid décrivent des compétiteurs, des athlètes d'élite, des personnes testées en laboratoire ou des revues, jamais des coureurs de loisir en sortie. Le tableau donne la population et la mesure de chacune.

Courir par temps froid : cinq travaux lus, population, mesure et résultat publié
ÉtudeParticipantsMesuréRésultat publié
Mantzios et al. 20227 867 athlètes, 1 258 courses de compétition de 1936 à 2019Performance de pointe selon la météoOptimum de 7,5 à 15 °C de WBGT (10 à 17,5 °C d'air) ; − 0,3 à − 0,4 % par degré de WBGT hors de cette plage
Nimmo 2004 (revue)SportifsPerformance selon l'intensitéVers 11 °C : avantage à intensité modérée prolongée, gêne si la chaleur produite est insuffisante
Castellani et Tipton 2015 (revue)Non précisés dans le résuméPerformance aérobie, force, puissancePeu d'études ; performance aérobie dégradée au froid, force et puissance aussi
Helenius et al. 199858 coureurs d'élite finlandaisChute du VEMS après un effortBronchospasme d'effort probable seulement en hiver chez 9 des 41 testés aux deux saisons
Evans et al. 200522 personnes à bronchospasme d'effort probableChute du VEMS, laboratoire à 22 °C et à − 1 °C, air secPas d'effet additif du froid ; la sécheresse de l'air est essentielle aux conditions du test

Mantzios et al. classent 27 % des courses par temps froid ou frais selon World Athletics (marathon, marches athlétiques, 3 000 m steeple, 5 000 m, 10 000 m, résultats de grandes compétitions). Le WBGT (wet bulb globe temperature, température au thermomètre-globe mouillé) est l'échelle de leur étude, dont le résumé ne détaille pas la composition : la baisse de 0,3 à 0,4 % par degré de WBGT s'applique hors de la plage optimale de 7,5 à 15 °C de WBGT, (lecture de cette page : le résumé dit seulement « hors de ces conditions », sans distinguer chaud et froid) ; l'air à 10 à 17,5 °C en est l'équivalent publié. Nimmo (2004) rappelle que définir le froid n'est pas standard : vers 11 °C, un effort modéré et prolongé peut être un avantage, et un effort plus faible, qui ne produit pas assez de chaleur, peut nuire. Castellani et Tipton (2015) écrivent que l'effet du froid sur la performance a été peu étudié. Trois lectures du froid, trois populations : la page ne les additionne pas.

Se couvrir pour courir en hiver : ce que dit une fiche pratique

Santé Respiratoire France est une association qui rassemble patients, aidants et professionnels de santé ; sa fiche pratique de 2023 porte le soutien institutionnel de sept entreprises de santé, dont des laboratoires et des prestataires comme Resmed et SOS Oxygène, et n'est pas une étude. Elle conseille de sortir couvert mais de rester sec (éviter de transpirer, ne pas trop se couvrir), de couvrir tout particulièrement la tête, et de porter une écharpe en respirant à travers elle pour réchauffer l'air qui arrive aux poumons.

Aucune source lue ne donne de nombre de couches, de matières ni de seuil de température pour choisir sa tenue : cet article n'en propose pas.

Échauffement, allure et arrêt par temps froid

Santé Respiratoire France conseille de commencer l'échauffement doucement puis d'augmenter progressivement l'intensité, et à l'arrêt de ne pas s'arrêter d'un coup mais de diminuer progressivement l'intensité. Elle écrit aussi que l'important n'est pas la quantité mais la régularité et la progressivité. Le NHS indique, pour tout échauffement, une durée d'au moins 6 minutes ; sa page ne mentionne pas le froid.

Aucune source lue ne donne de consigne d'allure pour l'hiver. Pour repérer un effort modéré, le NHS propose le test de la parole : on peut encore parler, mais pas chanter. L'OMS recommande au moins 150 à 300 minutes d'activité aérobie modérée par semaine chez l'adulte, toutes saisons confondues.

Respirer par temps froid : ce que l'on sait de l'asthme d'effort

Selon Santé Respiratoire France, en réaction au froid et à l'air sec, la contraction des muscles bronchiques réduit le calibre des bronches (bronchoconstriction) et limite le flux d'air ; une maladie respiratoire existante, en particulier un asthme, une bronchite chronique ou un emphysème, peut s'aggraver. L'association conseille aussi, autant que possible, de respirer par le nez. Aucune étude lue ne porte sur la respiration nasale en course.

Deux travaux éclairent différemment le rôle du froid. Helenius et al. (1998, 58 coureurs d'élite finlandais) comparent un test d'hiver à un test en saison des pollens et trouvent un bronchospasme d'effort probable seulement en hiver chez 9 coureurs sur 41 testés aux deux saisons (22 %), seulement en saison des pollens chez 3 (7 %), aux deux saisons chez un seul, et concluent à une forte association avec l'atopie (association, non cause). Evans et al. (2005, laboratoire, 22 personnes) ne voient pas d'effet additif du froid sur l'air sec : terrain contre laboratoire, populations différentes, la page ne tranche pas. Hanstock et al. (2020) écrivent que l'asthme est très fréquent chez les athlètes d'endurance d'hiver, l'attribuant à l'exposition répétée à l'air froid et sec combinée à une ventilation élevée.

Le NHS cite l'exercice et l'air froid parmi les déclencheurs des symptômes de l'asthme, et conseille, si l'exercice les déclenche, de demander l'avis d'un médecin ou d'une infirmière pour s'exercer en sécurité. Cet article ne donne aucun conseil de traitement.

Courir de nuit et sur sol glissant

Selon un communiqué de la Sécurité routière du 27 octobre 2023, hébergé par la préfecture de la Drôme, une expérience de l'UTAC mesure qu'un piéton en tenue rétroréfléchissante est visible de nuit dans les phares d'une voiture roulant à 50 km/h à 44 m, contre 28 m en tenue sombre, et un cycliste à 63 m contre 35 m avec une voiture à 80 km/h (essais d'arrêt d'urgence avec mannequin). Ces mesures concernent des piétons et des cyclistes, pas des coureurs. Le même communiqué note que le nombre d'accidents impliquant un piéton augmente de 42 % en novembre par rapport à octobre (données ONISR 2015 à 2019), et qu'entre 17 h et 19 h il fait plus sombre après le passage à l'heure d'hiver.

Aucune source citée ne donne de conseil sur le verglas, la neige, la pluie ni l'adhérence des chaussures : cet article n'en propose pas.

Erreurs fréquentes de lecture

Ce sont des déductions de cette page à partir des sources citées, pas des consignes d'une source.

Quand consulter

Après une longue pause ou avec une maladie, avis médical d'abord (NHS), et arrêt aussitôt en cas de douleur ou de malaise. Asthme d'effort : voir plus haut. Toute douleur thoracique nécessite un avis médical (ameli), qui renvoie au 15 ou au 112 pour ses signes d'alerte ; sa consigne est générale et ne mentionne pas le froid. Hypothermie et gelures ne sont pas traitées ici, faute de source.

Relecture médicale en cours : cet article est publié avant la relecture d'un professionnel de santé ; il ne soigne aucun trouble du froid ni de la respiration. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Suivre sa fréquence cardiaque et son sommeil

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Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

Comment s'habiller pour courir en hiver ?

Santé Respiratoire France, association dont la fiche porte le soutien d'entreprises de santé, conseille de sortir couvert mais sec, de couvrir la tête et de porter une écharpe. Les sources citées ne donnent ni nombre de couches ni matières.

Peut-on courir quand il fait très froid ?

Aucune température d'arrêt n'est sourcée. Mantzios et al. (2022) donnent un optimum de 10 à 17,5 °C d'air pour la performance de pointe de compétiteurs : ce n'est pas un seuil de sécurité. Avec un asthme ou une maladie respiratoire, demandez l'avis d'un médecin.

Comment s'échauffer en hiver ?

Santé Respiratoire France conseille de commencer doucement puis d'augmenter progressivement l'intensité. Le NHS indique au moins 6 minutes d'échauffement, sans parler du froid ni d'un échauffement plus long en hiver.

Faut-il changer d'allure en hiver ?

Les sources citées ne donnent pas de consigne d'allure. Le NHS propose le test de la parole pour repérer un effort modéré : on peut encore parler, mais pas chanter. Nimmo (2004) note qu'à environ 11 °C, un effort trop faible peut gêner la performance.

Comment courir de nuit en hiver ?

Selon la Sécurité routière (2023), un piéton en tenue rétroréfléchissante est visible à 44 m dans les phares d'une voiture à 50 km/h, contre 28 m en tenue sombre. L'expérience porte sur des piétons et des cyclistes, pas sur des coureurs.

Courir par temps froid avec de l'asthme : que faire ?

Le NHS cite l'exercice et l'air froid parmi les déclencheurs de l'asthme, et conseille de demander l'avis d'un médecin ou d'une infirmière si l'exercice les déclenche. Cet article ne donne aucun conseil de traitement.