Exercice pectoraux : quels mouvements choisir, avec quelle charge ?

Les pectoraux se travaillent avec le développé couché, les pompes ou des haltères. Cette page résume ce que disent les études sur chaque mouvement et les repères de charge de l'ACSM.

Un exercice de pectoraux sert à faire travailler le grand pectoral, le muscle large qui recouvre le haut de la cage thoracique. Cette page compare les mouvements les plus courants, indique ce que les études mesurent vraiment et donne des repères de charge attribués à une société savante.

Les exercices de pectoraux de base sont le développé couché, le développé incliné, les pompes et les haltères. Selon l'ACSM (2009), un débutant choisit une charge de 8 à 12 répétitions maximales, deux à trois jours par semaine. Aucun exercice ne suffit seul : l'inclinaison du banc change la zone la plus sollicitée.

À retenir

  • Sur banc plat, les plus fortes amplitudes EMG se concentrent sur le faisceau sterno-costal du grand pectoral ; sur banc incliné à 45°, sur le faisceau claviculaire (Cabral, 2022).
  • Pompes et développé couché diffèrent peu pour l'activation des muscles principaux, sauf pour le tronc (Gottschall, 2018).
  • Selon l'ACSM (2009), un débutant s'entraîne deux à trois jours par semaine avec des charges de 8 à 12 répétitions maximales.
  • Aucun exercice ne cible la graisse d'une zone : l'étude de ces mouvements porte sur les muscles, pas sur la silhouette.

Muscles travaillés par les exercices de pectoraux

Le grand pectoral se décrit en régions. Une étude en électromyographie de haute densité (Cabral et collaborateurs, 2022, 8 volontaires) indique que les plus fortes amplitudes se concentrent sur le faisceau sterno-costal en développé couché à plat, et sur le faisceau claviculaire à 45° d'inclinaison. Ce sont des régions plus sollicitées, pas deux muscles séparés.

Les mouvements de poussée font aussi travailler le deltoïde antérieur et le triceps. Selon Trebs et collaborateurs (2010, 15 hommes), l'activation du deltoïde antérieur est plus forte dès 28 degrés d'inclinaison qu'à plat. Selon une revue de 30 articles (Kowalski, 2022), le triceps et le grand pectoral ont les plus fortes amplitudes sur la pompe standard et sur plusieurs variantes de pompes.

Quels exercices choisir pour les pectoraux

Développé couché, à plat ou incliné

Le développé couché à plat et le développé incliné ne sollicitent pas les mêmes régions. Selon Trebs et collaborateurs (2010), l'activation du faisceau claviculaire est plus forte à 44 degrés qu'à plat, et les auteurs concluent que pratiquer le développé à plat et incliné semble nécessaire pour solliciter toute la musculature concernée. Le détail de la technique et de la sécurité est sur la page du développé couché.

Haltères

Chez des femmes entraînées ou débutantes (Luczak, 2013), le développé couché et le développé incliné aux haltères activent davantage le faisceau sternal du grand pectoral que le développé épaules. Les haltères permettent donc de travailler les pectoraux sans barre ni pareur, avec une charge par bras.

Pompes

Selon Gottschall et collaborateurs (2018, 12 hommes actifs), pompes et développé couché diffèrent peu pour l'activation des muscles principaux, sauf pour le tronc. Après 8 semaines à deux séances par semaine, des pompes dont la charge est ajustée à 40 % du 1 RM au développé couché donnent un gain de muscle et de force comparable au développé couché, chez 18 hommes (Kikuchi, 2017).

Machine ou poulie

Les mouvements d'écarté se font à la poulie ou sur machine, avec une charge réglable. L'écarté à la poulie a sa propre fiche, liée plus bas.

Comment organiser une séance de pectoraux

L'ACSM (2009) recommande de placer les exercices des gros groupes musculaires et les exercices polyarticulaires avant ceux des petits groupes et des articulations isolées. Le développé couché ou les pompes passent donc avant un écarté.

Pour la proximité de l'échec, deux résultats se complètent. Dans une méta-régression (Robinson, 2024), les gains de force sont similaires sur une large plage de répétitions en réserve, alors que le gain de muscle augmente quand les séries sont arrêtées plus près de l'échec. Pour le développé couché, une revue narrative (Motlagh, 2024, powerlifters expérimentés) recommande de privilégier la charge perçue ou les répétitions en réserve plutôt que le travail jusqu'à l'échec, afin de limiter la surcharge.

Séries, répétitions et charge par niveau

Repères de l'ACSM (position stand 2009, adultes en bonne santé) pour un exercice de force comme le développé couché
NiveauChargeFréquence par semaineRepos entre séries
Débutant8 à 12 RM2 à 3 joursnon précisé dans le résumé
Intermédiaire1 à 12 RM, périodisées3 à 4 jours3 à 5 min pour les charges lourdes (1 à 6 RM)
Avancé1 à 12 RM, périodisées4 à 5 jours3 à 5 min pour les charges lourdes (1 à 6 RM)

RM signifie répétition maximale : une charge de 8 RM est la plus lourde que l'on soulève 8 fois. Pour viser le muscle, l'ACSM met l'accent sur la zone de 6 à 12 RM avec 1 à 2 min de repos. Le nombre de séries n'est pas détaillé dans le résumé de la position de l'ACSM : la page n'en donne donc pas.

Selon l'ACSM (2009), on augmente la charge de 2 à 10 % quand on réalise une à deux répétitions de plus que l'objectif. Une charge lourde n'est pas indispensable pour le muscle : dans un réseau de 28 études (Lopez, 2021), le gain de muscle semble indépendant de la charge, alors que le gain de force est supérieur avec des charges élevées.

Selon l'OMS (2020), les adultes devraient pratiquer des exercices de renforcement musculaire des principaux groupes musculaires au moins deux jours par semaine. Les pectoraux ne sont qu'un de ces groupes.

Erreurs fréquentes

Variantes selon le matériel

Quand consulter

Une douleur vive ou persistante à l'épaule, à la poitrine ou au bras pendant ou après un exercice, un malaise ou un essoufflement inhabituel justifient un avis médical avant de continuer. En cas de douleur thoracique brutale ou de malaise, appelez le 15 ou le 112. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Réaliser ces mouvements à la maison

Si vous voulez réaliser ces mouvements à la maison avec une charge réglable de 2 à 50 kg, la poulie murale Modèle I les guide dans l'application Chutex. Les haltères, le poids du corps et l'élastique donnent aussi de bons résultats : le Modèle I n'est pas nécessaire.

Découvrir le Modèle I

Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

Quel exercice pour les pectoraux sans matériel ?

Les pompes, sous leurs variantes sur les genoux, inclinées ou standard. Selon Gottschall (2018), elles activent les muscles principaux comme le développé couché, sauf le tronc, et les pompes sur les genoux conviennent comme variante de débutant.

Combien de séries et de répétitions pour les pectoraux ?

L'ACSM (2009) recommande à un débutant des charges de 8 à 12 répétitions maximales, et met l'accent sur la zone de 6 à 12 RM pour le muscle. Le nombre de séries n'est pas précisé dans le résumé de la position.

Faut-il faire du développé incliné en plus du développé couché ?

Les deux sollicitent des régions différentes : selon Trebs (2010), le faisceau claviculaire est plus activé à 44 degrés qu'à plat, et les auteurs jugent nécessaire de pratiquer le plat et l'incliné.

Combien de fois par semaine travailler les pectoraux ?

Pour l'ensemble de la musculation, l'ACSM (2009) recommande 2 à 3 jours par semaine à un débutant, 3 à 4 à un intermédiaire et 4 à 5 à un avancé. L'OMS (2020) demande au moins deux jours par semaine pour les principaux groupes musculaires.

Peut-on perdre la graisse des pectoraux avec ces exercices ?

Aucune source lue pour cette page ne montre qu'un exercice cible la graisse d'une zone. Les études citées mesurent l'activation et la taille du muscle, pas la graisse localisée, et la page ne fait aucune promesse de résultat.