Sport à jeun : ce que montrent les études sur la graisse, la performance et les précautions
Selon une méta-analyse, l'oxydation des graisses pendant l'effort est plus élevée à jeun, mais l'essai lu sur la composition corporelle ne voit pas de différence. L'article rapporte chaque étude avec sa population, sans conseil nutritionnel ni complément.
Le sport à jeun, c'est s'entraîner sans avoir mangé depuis la veille (définition de cette page, d'après les protocoles des études lues, qui comparent un jeûne nocturne à un repas préalable). Cet article rapporte ce que mesurent les études, avec la population et la comparaison de chacune, et ne donne aucun conseil nutritionnel individuel.
Sport à jeun : selon la méta-analyse de Vieira et al. (2016, 27 études, 273 adultes), l'oxydation des graisses pendant l'effort aérobie est plus élevée à jeun qu'après un repas. Mais dans l'essai de Schoenfeld et al. (2014, 20 jeunes femmes, 4 semaines, avec un régime hypocalorique), la composition corporelle ne diffère pas entre les deux conditions.
À retenir
- Vieira et al. (2016) : l'oxydation des graisses pendant l'exercice est plus élevée à jeun (3,08 g de plus en moyenne) ; c'est une mesure faite pendant l'effort, pas une perte de graisse.
- Schoenfeld et al. (2014, 20 jeunes femmes, 4 semaines) : poids et masse grasse baissent dans les deux groupes, sans différence entre eux ; le groupe à jeun prenait un repas de remplacement juste après l'effort.
- Aird et al. (2018, 46 études) : manger avant l'effort améliore la performance aérobie prolongée, pas celle des efforts plus courts.
- Musculation : Vieira et al. (2025, 28 jeunes adultes, 12 semaines) ne trouvent pas de différence entre séances à jeun et après un repas ; Henselmans et al. (2022, en aigu) rapportent 13 études sans effet des glucides et 6 avec, surtout avec des témoins à jeun et plus de 10 séries par groupe musculaire.
- Le NHS déconseille de s'entraîner à jeun pendant la grossesse, pour risque de malaise ; le NHS conseille un avis médical avant de commencer si l'on n'a pas fait d'exercice depuis longtemps ou en cas de maladie, et la position commune de 2016 oriente les sportifs vers un diététicien-nutritionniste pour un plan personnalisé.
Sport à jeun : de quoi parle-t-on exactement ?
Dans les études lues, « à jeun » désigne un exercice fait après un jeûne nocturne, comparé à un exercice fait après un repas ou une prise alimentaire. Schoenfeld et al. (2014) comparent une heure d'aérobie après un jeûne nocturne ou après un repas ; Vieira et al. (2025) comparent des séances de musculation faites après un jeûne nocturne ou 1 à 2 heures après un repas riche en glucides. Il ne s'agit pas d'un jeûne prolongé.
Le jeûne intermittent, les régimes, le contenu des repas et des collations, les compléments, le diabète et la glycémie sont hors du champ de cet article.
Brûle-t-on plus de graisse à jeun ?
Vieira et al. (2016, Br J Nutr) ont réuni 27 études et 273 participants adultes pour comparer l'exercice aérobie, de 120 minutes au plus, fait à jeun ou après un repas. L'oxydation des graisses pendant l'exercice est plus élevée à jeun, avec une différence moyenne de 3,08 g (intervalle de confiance à 95 % de −5,38 à −0,79). Les concentrations de glucose (0,78 mmol/l) et d'insuline (104,5 pmol/l) sont plus élevées après un exercice fait après un repas ; celles d'acides gras libres ne diffèrent pas significativement entre les deux états.
Aird et al. (2018, 46 études) trouvent que l'exercice à jeun augmente les acides gras libres circulants après l'effort. Le résumé d'Aird et al. note aussi que le repas avant l'effort a atténué des signaux musculaires et du tissu adipeux liés à la régulation du métabolisme. Ces résultats portent sur le métabolisme, pendant ou juste après l'effort : brûler plus de graisse pendant une séance n'est pas la même chose que perdre plus de graisse corporelle sur plusieurs semaines.
Le sport à jeun fait-il maigrir ?
C'est la mesure qui compte pour la composition corporelle. Schoenfeld et al. (2014, J Int Soc Sports Nutr) ont réparti au hasard 20 jeunes femmes en bonne santé en deux groupes de 10 : une heure d'exercice aérobie continu, 3 jours par semaine, pendant 4 semaines, avec un régime hypocalorique, après un jeûne nocturne ou après un repas. Un repas de remplacement était donné juste avant l'exercice au groupe nourri, juste après au groupe à jeun.
Les deux groupes perdent du poids et de la masse grasse, sans différence significative entre eux sur aucune mesure. Les auteurs concluent que les changements de composition corporelle associés à l'aérobie et à un régime hypocalorique sont similaires, que l'on soit à jeun ou non avant l'entraînement. Précaution de cette page : ce résultat vient de 20 jeunes femmes sur 4 semaines, avec un régime et un repas pris juste après l'effort ; il ne vaut pas pour d'autres populations, ni pour des durées plus longues.
Sur la perte de poids en général, la position de l'ACSM (Donnelly et al., 2009) indique qu'une activité modérée de 150 à 250 minutes par semaine ne donne qu'une perte de poids modeste, et que la musculation n'augmente pas la perte de poids mais peut augmenter la masse maigre et la perte de masse grasse. Ce texte ne compare pas l'exercice à jeun et après un repas. Cet article ne promet aucune perte de graisse.
Performance : musculation et endurance à jeun
Pour l'endurance, Aird et al. (2018) trouvent que manger avant l'effort améliore la performance aérobie prolongée (p = 0,012), mais pas celle des efforts aérobies de plus courte durée (p = 0,687). Les auteurs jugent que des recherches supplémentaires restent nécessaires pour comprendre les adaptations aiguës et chroniques de l'exercice à jeun ou non. Les résumés lus ne donnent pas de résultat propre à la course à pied.
Pour la musculation, Vieira et al. (2025, essai randomisé) ont fait faire 2 séances par semaine pendant 12 semaines à 28 jeunes adultes, 15 après un jeûne nocturne et 13 entre 1 et 2 heures après un repas riche en glucides, avec des conseils isocaloriques. L'épaisseur du quadriceps, mesurée par échographie, et la force maximale augmentent dans les deux groupes (1,21 cm et 1,18 cm pour l'épaisseur), sans différence entre eux.
Henselmans et al. (2022, Nutrients) ont passé en revue 49 études sur l'apport en glucides et la performance de force : en aigu, un apport plus élevé en glucides n'améliore pas la performance dans 13 études et l'améliore dans 6, surtout avec des témoins à jeun et des séances de plus de 10 séries par groupe musculaire. Les 49 études incluses portent surtout sur des pratiquants de force ou des athlètes (39), plus rarement sur des personnes actives (6) ou non entraînées (4). Le résumé conclut que les performances à plus fort volume peuvent bénéficier des glucides, et que pour des séances allant jusqu'à 10 séries par groupe musculaire, l'apport en glucides en soi a peu de chances d'avoir un effet sur la performance à l'état nourri.
| Étude | Participants | Comparaison | Ce qui est mesuré | Résultat publié |
|---|---|---|---|---|
| Vieira et al., 2016 (méta-analyse) | 27 études, 273 adultes | Aérobie de 120 min au plus, à jeun contre après un repas | Oxydation des graisses pendant l'effort, glucose, insuline, acides gras libres | Oxydation des graisses plus élevée à jeun (3,08 g) ; glucose et insuline plus élevés après un repas ; acides gras libres sans différence |
| Schoenfeld et al., 2014 | 20 jeunes femmes, 4 semaines, régime hypocalorique | 1 h d'aérobie, 3 jours par semaine, à jeun contre après un repas | Poids, masse grasse, masse maigre | Pas de différence entre les groupes ; repas de remplacement pris après l'effort par le groupe à jeun |
| Aird et al., 2018 (méta-analyse) | 46 études | À jeun contre après une prise alimentaire | Performance aérobie ou anaérobie, métabolisme après l'effort | Repas avant l'effort : meilleure performance aérobie prolongée, pas des efforts plus courts |
| Vieira et al., 2025 | 28 jeunes adultes, 12 semaines, 2 séances par semaine | Musculation à jeun contre 1 à 2 h après un repas riche en glucides | Épaisseur du quadriceps, force, composition corporelle | Aucun écart significatif entre les groupes ; hausse dans les deux |
| Henselmans et al., 2022 (revue) | 49 études sur les glucides et la force : 39 de pratiquants de force ou d'athlètes, 6 de personnes actives, 4 de personnes non entraînées | Apport en glucides plus ou moins élevé | Performance de force ou de musculation | En aigu : 13 études sans effet, 6 avec effet, surtout avec des témoins à jeun et plus de 10 séries par groupe musculaire |
Qui devrait éviter le sport à jeun ?
Une seule consigne est sourcée : le NHS indique, pour la femme enceinte, de ne pas faire d'exercice l'estomac vide, car cela pourrait provoquer un malaise. Pour les enfants, les personnes âgées ou les personnes atteintes d'une maladie, aucun texte lu ne donne de contre-indication, et cet article n'en affirme aucune. Aucune source institutionnelle lue ne décrit non plus de risque de malaise à jeun chez la personne en bonne santé : cet article ne l'affirme pas, ni ne le nie.
La position commune de l'Academy of Nutrition and Dietetics, de Dietitians of Canada et de l'ACSM (Thomas et al., 2016) indique que les sportifs devraient être orientés vers un diététicien-nutritionniste pour un plan personnalisé. Cet article n'en donne aucun.
Quand consulter avant de s'entraîner à jeun
Le NHS conseille de parler d'abord à son médecin si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un certain temps, ou en cas de maladie ou de doute. Précaution de cette page : un malaise, des vertiges ou une faiblesse inhabituelle pendant l'effort justifient un avis médical avant de recommencer.
Selon l'Assurance Maladie (ameli), toute douleur au niveau du thorax nécessite un avis médical. Une douleur brutale, intense, qui serre la poitrine, dure plus de cinq minutes et ne disparaît pas au repos, ou qui s'accompagne de sueurs, de nausées, de vertiges ou d'une faiblesse inhabituelle, est un signe d'alerte : en présence de ces signes, appelez le numéro d'urgence médicale, le 15 ou le 112. Cette consigne est générale ; elle ne vient pas d'une étude sur le sport à jeun.
Relecture médicale en cours : cet article est publié avant la relecture d'un professionnel de santé. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Chutex Sport ouvrira bientôt
Chutex Sport, accompagnement sportif connecté avec un coach diplômé d'État, ouvrira bientôt en France ; sa page permet d'être prévenu de l'ouverture. Il ne remplacera ni un médecin ni une urgence, et cet article se suit sans lui.
Sources et références
- Vieira et al., exercice à jeun ou nourri et oxydation des graisses, méta-analyse, Br J Nutr, 2016
- Schoenfeld et al., aérobie à jeun ou après repas et composition corporelle, J Int Soc Sports Nutr, 2014
- Aird et al., exercice à jeun ou nourri, performance et métabolisme, méta-analyse, Scand J Med Sci Sports, 2018
- Vieira et al., musculation à jeun ou nourri sur 12 semaines, Int J Sport Nutr Exerc Metab, 2025
- Henselmans et al., glucides et performance de force, revue systématique, Nutrients, 2022
- Donnelly et al. (ACSM), activité physique et perte de poids chez l'adulte, Med Sci Sports Exerc, 2009
- Thomas et al., position sur la nutrition et la performance sportive, Med Sci Sports Exerc, 2016
- NHS, Exercise in pregnancy
- NHS, Physical activity guidelines for adults aged 19 to 64
- Assurance Maladie, douleur thoracique : reconnaître et agir en urgence
À lire aussi
Questions fréquentes
Le sport à jeun fait-il maigrir ?
Schoenfeld et al. (2014, 20 jeunes femmes, 4 semaines, régime hypocalorique) ne trouvent pas de différence de composition corporelle entre exercice à jeun et après un repas. Vieira et al. (2016) mesurent seulement plus d'oxydation des graisses pendant l'effort.
Peut-on faire de la musculation à jeun ?
Dans l'essai de Vieira et al. (2025, 28 jeunes adultes, 12 semaines, 2 séances par semaine), l'épaisseur du quadriceps et la force augmentent dans les deux groupes, sans différence significative entre eux (à jeun ou après un repas riche en glucides). Ces résultats ne valent pas pour toutes les populations.
Sport à jeun ou après un repas : que montrent les études ?
Aird et al. (2018, 46 études) trouvent que manger avant l'effort améliore la performance aérobie prolongée, mais pas celle des efforts plus courts. Pour la force, Vieira et al. (2025, 28 jeunes adultes) ne trouvent pas de différence, mais Henselmans et al. (2022, 49 études, surtout des pratiquants entraînés) rapportent un avantage possible des glucides pour les séances de plus de 10 séries par groupe musculaire, avec des témoins à jeun.
Le sport à jeun est-il dangereux ?
Aucune source institutionnelle lue ne décrit de danger à jeun chez la personne en bonne santé, et cet article ne l'affirme pas. Le NHS déconseille l'exercice à jeun pendant la grossesse. En cas de doute ou de maladie, demandez un avis médical.
Le sport à jeun est-il déconseillé pendant la grossesse ?
Oui : le NHS indique de ne pas faire d'exercice l'estomac vide pendant la grossesse, car cela pourrait provoquer un malaise. Pour savoir quelles activités vous conviennent, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin.
Peut-on courir à jeun ?
Les résumés lus ne donnent pas de résultat propre à la course à pied. Vieira et al. (2016) portent sur l'aérobie de 120 minutes au plus et Aird et al. (2018) regroupent les efforts aérobies : aucun ne conclut spécifiquement sur la course.