Swiss ball : exercices, muscles sollicités et ce que mesurent les études

Les exercices au swiss ball sollicitent-ils davantage les muscles du tronc ? Les études lues mesurent une activité électrique, parfois aussi une force (Anderson et Behm), sur de petits groupes, pas la croissance. La page montre leurs résultats, leurs divergences et leurs limites.

Swiss ball exercices : ils ont la réputation de faire travailler davantage les abdominaux et le tronc, parce que le ballon bouge sous le corps. Cette page reprend ce que des électromyographies (EMG) ont réellement mesuré, sur qui, et ce qu'elles ne permettent pas d'affirmer : ni prise de muscle, ni perte de graisse du ventre.

Swiss ball exercices : selon Behm et al. (2005, 11 sujets), l'instabilité du ballon augmente de 27,9 % l'activation électrique du bas de l'abdomen. Nuzzo et al. (2008, 9 hommes) ne trouvent aucune différence pour le grand droit et l'oblique externe. Ces EMG ne mesurent pas la croissance du muscle.

À retenir

  • Une EMG mesure une activité électrique pendant l'exercice, pas la taille du muscle ni la graisse.
  • Les études d'EMG lues portent sur 9 à 30 sujets, souvent jeunes : elles ne se transposent pas à tout le monde.
  • Les résultats divergent : Behm et al. (2005) trouvent plus d'activation sur ballon, Lehman et al. (2005) et Nuzzo et al. (2008) n'en trouvent pas pour les muscles mesurés.
  • Selon Behm et al. (2010), les surfaces instables ne sont pas recommandées comme exercices principaux de l'hypertrophie.

Swiss ball : à quoi sert-il et que mesurent les études ?

Un swiss ball, ou gym ball, est un gros ballon sur lequel on s'allonge, on s'appuie ou on pose les pieds. L'argument courant : cette surface instable oblige le tronc à travailler davantage. Les études citées plus bas testent cette idée avec l'EMG, qui enregistre l'activité électrique d'un muscle pendant un mouvement.

Cette activité électrique n'est pas la croissance du muscle. À partir de leurs EMG, Nuzzo et al. (2008) écrivent que les exercices sur ballon pourraient ne pas être un stimulus suffisant pour augmenter la force ou l'hypertrophie des extenseurs du dos. C'est une inférence tirée de l'EMG : la croissance n'a pas été mesurée.

Études d'EMG sur ballon : population, ce qui est mesuré, résultat (activité électrique, jamais croissance)
ÉtudePopulation et exerciceRésultat
Behm et al. (2005)11 sujets (6 hommes, 5 femmes) de 20 à 45 ans, exercices du tronc sur banc ou sur ballonPlus d'activation du bas de l'abdomen avec l'instabilité (27,9 %) ; aucun effet de l'instabilité sur le développé d'épaules
Lehman et al. (2005)Exercices du haut du corps, banc remplacé par un ballonAucune différence significative d'activité des muscles du tronc ; forte variabilité d'un sujet à l'autre
Nuzzo et al. (2008)9 hommes entraînés en musculation, exercices sur ballon et poids libresAucune différence pour le grand droit de l'abdomen et l'oblique externe
Marshall et Murphy (2006)12 sujets sainsTriceps et abdominaux les plus actifs aux pompes sur ballon ; l'effet apparaît quand la surface instable est le principal appui ; pas de différence au squat
Lehman et al. (2008)10 hommes étudiants, pompes sur ballon ou sur bancPas de différence d'EMG des muscles scapulo-thoraciques

Populations, exercices et muscles mesurés diffèrent : la page ne tranche pas entre Behm et al. (2005) d'un côté, Lehman et al. (2005) et Nuzzo et al. (2008) de l'autre.

Muscles travaillés au swiss ball : ce que montrent les EMG

Escamilla et al. (2010, 18 sujets, 5 répétitions par exercice, huit exercices sur ballon et deux exercices classiques) concluent que le roll-out et le pike sont les plus efficaces pour activer le grand droit de l'abdomen, les obliques et le grand dorsal, tout en limitant l'activité des lombaires et du droit fémoral.

Dans la même étude, l'EMG des paravertébraux lombaires reste faible, sous 10 % de la contraction maximale volontaire, pour tous les exercices testés. Selon Behm et al. (2005), la planche latérale est l'exercice le plus efficace pour activer le bas de l'abdomen, quelle que soit la stabilité de la surface.

Stevens et al. (2006, 30 étudiants sains, âge moyen 19,6 ans) mesurent trois ponts, dont un pont sur ballon, avec une activité relative minimale du grand droit de l'abdomen. Aucune étude lue ne mesure l'activité des fessiers au ballon : cette page n'affirme donc rien à leur sujet.

Le ballon est-il plus efficace que le sol ?

Anderson et Behm (2004, 10 hommes en bonne santé, développé couché sur banc ou sur ballon) mesurent une force maximale isométrique inférieure de 59,6 % sur surface instable, alors que l'activité EMG globale ne diffère pas significativement.

Behm et al. (2015, méta-analyse de 22 études contrôlées) trouvent que l'entraînement sur surface instable a peu d'effet supplémentaire sur la force, la puissance et l'équilibre chez des adolescents et de jeunes adultes en bonne santé. Les auteurs jugent la qualité des études plutôt faible, et leur recherche n'a identifié aucune étude chez des adultes d'âge moyen.

Selon l'ACSM (position stand 2026, revue de revues), le type d'équipement n'a pas d'effet constant sur les résultats de l'entraînement en résistance. Pour Behm et al. (2010, revue), les dispositifs instables ne sont pas recommandés comme exercices principaux pour l'hypertrophie, la force absolue ou la puissance, surtout chez des athlètes entraînés.

Quels exercices faire au swiss ball ?

Les études lues nomment le roll-out, le pike, la planche, le pont, le crunch, les pompes et le développé sur ballon. Aucune source lue ne décrit leur exécution pas à pas ni ne fixe la taille du ballon : les gestes ne sont donc pas détaillés ici ; pour des exercices de tronc décrits pas à pas, voyez la page Exercices d'abdominaux (exercice-abdos), listée plus bas.

Les abdominaux au sol, le crunch inversé, les obliques et le hip-thrust ont chacun leur page, listée plus bas.

Séries, répétitions et repos : ce que disent les sources

Aucune étude lue ne donne de séries ni de répétitions propres au ballon. Les repères disponibles sont génériques : ils valent pour la musculation en général, pas pour cet outil.

Repères génériques de l'ACSM (position stand 2009), non propres au ballon
NiveauChargeFréquence et repos
DébutantCharges correspondant à 8 à 12 répétitions maximales (RM)2 à 3 jours par semaine
Intermédiaire à avancéPlage plus large de 1 à 12 RM, de façon périodiséeNon précisé
Objectif hypertrophieAccent sur la zone 6 à 12 RM1 à 2 min de repos entre les séries, vitesse modérée

L'OMS recommande des activités de renforcement musculaire des principaux groupes musculaires au moins 2 jours par semaine chez l'adulte. Le NHS précise que l'effort va jusqu'au point où l'on a besoin d'un court repos avant de recommencer.

Erreurs fréquentes avec un swiss ball

Quand consulter

Le NHS conseille de parler à son médecin avant de commencer si l'on n'a pas fait d'exercice depuis un moment ou en cas de maladie. Une douleur lombaire, une grossesse ou un trouble de l'équilibre justifient aussi un avis avant d'utiliser un ballon, précaution de cette page : ces sujets relèvent d'un professionnel de santé. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Des exercices de tronc sans ballon

Le ballon n'est pas nécessaire : des exercices de tronc se font aussi au sol, au poids du corps (choix de cette page). Pour des exercices guidés à la maison, la poulie murale Modèle I en propose plus de 180 dans l'application Chutex, avec séries comptées.

Voir le Modèle I

Sources et références

À lire aussi

Questions fréquentes

À quoi sert un swiss ball en musculation ?

Selon Behm et al. (2010, revue), les dispositifs instables ne sont pas recommandés comme exercices principaux de l'hypertrophie, mais peuvent servir d'alternative à un pratiquant récréatif qui a peu d'accès aux exercices au sol avec charges libres.

Le swiss ball fait-il maigrir du ventre ?

Les études lues mesurent une activité électrique, une force ou l'équilibre, pas la perte de graisse. Cette page n'en promet aucune ; l'OMS recommande des activités de renforcement musculaire au moins 2 jours par semaine.

Faire des exercices sur un ballon est-il plus efficace qu'au sol ?

Les résultats divergent, sur des exercices différents : Behm et al. (2005) trouvent plus d'activation du bas de l'abdomen sur ballon dans des exercices du tronc, Lehman et al. (2005) aucune différence dans des exercices du haut du corps. Behm et al. (2015) notent peu d'effet supplémentaire sur la force et l'équilibre.

Peut-on faire des pompes sur un swiss ball ?

Marshall et Murphy (2006, 12 sujets) mesurent la plus forte activité des triceps et des abdominaux aux pompes sur ballon, Lehman et al. (2008, 10 hommes) aucune différence pour les muscles de l'omoplate. Les sources lues ne décrivent pas l'exécution.

Combien de séries et de répétitions faire avec un swiss ball ?

Aucune étude lue ne donne de séries propres au ballon. L'ACSM (2009) cite pour le débutant des charges de 8 à 12 répétitions maximales, 2 à 3 jours par semaine : ce repère est générique, pas propre à cet outil.