Retour à domicile après un AVC : organiser les aides et la sécurité du logement
Le retour à domicile après un AVC se prépare avant la sortie : entretien avec l'équipe, lettre de liaison, aides à la maison. Selon la HAS, il faut prendre rapidement rendez-vous avec le médecin traitant 1, et le parcours prévoit une consultation dans les 7 jours 3. Devant un signe d'alerte, on appelle le 15 2.
Publié le 20 octobre 2026. Mis à jour le 20 octobre 2026. Par l'équipe éditoriale Chutex. Relecture médicale en cours.
Définitions
- Lettre de liaison
- La lettre de liaison est un document remis à la sortie de l'hôpital qui résume la situation médicale et les traitements, selon la HAS. [1]
- Prado
- Prado est le service d'accompagnement du retour à domicile de l'Assurance maladie, proposé depuis 2019 après une hospitalisation pour AIT ou AVC. [4]
L'essentiel en chiffres
- Selon la HAS (fiche usagers, octobre 2025), une lettre de liaison est remise avant la sortie de l'hôpital, résume la situation médicale et les traitements, et doit être transmise aux professionnels qui accompagnent ensuite.1
- Selon la HAS (points critiques du parcours, octobre 2025), une consultation avec le médecin traitant est prévue dans les 7 jours après le retour à domicile.3
- Selon l'Assurance maladie, le service Prado est proposé depuis 2019 après une hospitalisation pour accident ischémique transitoire ou AVC, avec une première visite d'infirmier dans la semaine suivant la sortie.4
- Selon la HAS, environ 120 000 personnes sont hospitalisées chaque année en France à cause d'un AVC, et en cas de signes d'alerte il faut faire le 15 en urgence.2
- Selon l'Assurance maladie (page du 18 juin 2026), en présence d'un signe d'AVC, il faut appeler le 15 ou le 112.5
Comment préparer le retour à domicile après un AVC ?
La préparation commence à l'hôpital. Selon la fiche destinée aux usagers de la HAS (octobre 2025), un entretien est organisé avant la sortie avec le médecin et d'autres professionnels : cadre de santé, assistante sociale, infirmière, kinésithérapeute. Une lettre de liaison est remise à cette occasion. Elle résume la situation médicale et les traitements, et doit être transmise aux professionnels qui accompagnent ensuite. 1
La HAS suggère de préparer ses questions par écrit et de venir avec un proche. Elle cite parmi les thèmes les aides à la maison, le programme Prado, la rééducation, l'éducation thérapeutique, la conduite et l'urgence. 1
Le médecin traitant est l'interlocuteur principal après la sortie. Il coordonne les consultations (dont la consultation post-AVC), la rééducation, l'éducation thérapeutique ou l'activité physique adaptée, les aides à domicile et les temps de répit. La HAS conseille de prendre rapidement rendez-vous avec lui et d'apporter le dossier médical et la lettre de liaison. 1
Ce guide traite l'organisation et la sécurité. Il ne décrit pas le traitement de l'AVC et ne remplace pas les consignes de l'équipe qui vous a pris en charge.
Quel calendrier : avant la sortie, première semaine, ensuite ?
Le tableau suivant assemble les repères datés des sources officielles. Il ne remplace pas le programme remis par l'équipe, qui prime toujours.
Le parcours défini par la HAS pour les professionnels prévoit une consultation avec le médecin traitant dans les 7 jours après le retour à domicile, avec transmission systématique d'un compte-rendu, une proposition de soutien aux aidants et l'activation du programme Prado à la sortie. 3
| Moment | Ce qui est prévu ou conseillé | Qui contacter |
|---|---|---|
| Avant la sortie | Entretien avec l'équipe, lettre de liaison remise, questions préparées 1 | Équipe hospitalière, assistante sociale |
| Dans la semaine | Première visite d'un infirmier dans le cadre de Prado 4 ; consultation du médecin traitant dans les 7 jours 3 | Conseiller de l'Assurance maladie, médecin traitant |
| Après le retour à domicile | Rééducation en libéral ou en hôpital de jour, soins infirmiers, aides à domicile 1 | Médecin traitant, kinésithérapeute, orthophoniste |
| Dans la durée | Suivi médical à vie, action sur les facteurs de risque, prise régulière du traitement 6 | Médecin traitant |
Sources 1, 3, 4 et 6, lues le 20 octobre 2026.
Quels professionnels interviennent à domicile ?
Selon la HAS, les soins infirmiers à domicile couvrent la toilette, les actes et la surveillance des médicaments. La rééducation par des libéraux se fait le plus souvent au cabinet et à domicile si besoin. Les services autonomie à domicile regroupent les services d'aide, les services de soins infirmiers et les services polyvalents. 1
Si la maison départementale des personnes handicapées reconnaît un handicap, d'autres services peuvent intervenir. Parmi les structures ressources, la HAS cite le CCAS, la MDPH et la plateforme territoriale d'appui. 1
Dans le cadre de Prado, l'Assurance maladie indique que le conseiller planifie les premiers rendez-vous avec le médecin traitant, l'infirmier, le kinésithérapeute, l'orthophoniste et les spécialistes. Un infirmier assure un suivi hebdomadaire, avec une première visite dans la semaine suivant la sortie. 4
Qui finance : Assurance maladie, mutuelle, département, caisse de retraite ?
Les services d'aide à domicile peuvent être financés par le conseil départemental, la caisse primaire d'assurance maladie ou certaines assurances complémentaires, selon le contrat. 1 Certains équipements, comme le siège de bain, le déambulateur ou la téléalarme, peuvent être remboursés par l'Assurance maladie ou par les prestations liées au handicap, d'autres restent à la charge de la personne. 1
Pour une personne retraitée, si l'équipe médicale juge un accompagnement social nécessaire, Prado ouvre un dossier d'aide au retour à domicile après hospitalisation (aide-ménagère, portage de repas). 4 L'Anah peut aider à payer certains travaux. 1
Les montants de la prestation de compensation du handicap ne sont pas repris ici : renseignez-vous auprès de la maison départementale des personnes handicapées.
| Aide | Condition ou précision | Source |
|---|---|---|
| Prado AIT/AVC | Après une hospitalisation pour AIT ou AVC ; conseiller de l'Assurance maladie et suivi infirmier hebdomadaire | Assurance maladie 4 |
| Aide au retour à domicile après hospitalisation | Pour un retraité, si un accompagnement social est jugé nécessaire | Assurance maladie 4 |
| Services d'aide à domicile | Financés par le département, la CPAM ou certaines mutuelles selon le contrat | HAS 1 |
| Équipements (déambulateur, siège de bain…) | Certains remboursés sur prestations ; d'autres à la charge de la personne | HAS 1 |
| Aide aux travaux | Anah, dans certains cas | HAS 1 |
HAS (octobre 2025) et Assurance maladie, lues le 20 octobre 2026.
Comment sécuriser le logement et réduire le risque de chute ?
Le risque de chute est réel après un AVC. L'Inserm cite, dans son expertise collective de 2015, une étude suédoise où 40 % des patients avaient chuté dans les 6 mois après un AVC, dont 22 % de façon répétée. 7 C'est un exemple étranger et ancien, pas un chiffre français. Il montre toutefois l'ampleur possible du risque. Les séquelles d'AVC figurent parmi les facteurs de risque de chute chez les 65 ans et plus en rééducation. 7
Pour la France, Santé publique France dénombre en 2024 chez les 65 ans et plus 174 824 hospitalisations et 20 148 décès liés à une chute. 8
La HAS conseille d'envisager l'aménagement de la salle de bains et la pose d'une rampe, avec l'aide d'ergothérapeutes et d'assistantes sociales. 1 L'Assurance maladie ajoute que des ergothérapeutes peuvent adapter le domicile et que des aides financières existent. 6 Pour une personne sous anticoagulant, l'Assurance maladie recommande d'éviter le sport violent et les travaux dangereux afin d'éviter une coupure ou une chute. 6
Pour le logement, trois points ressortent des sources : l'aménagement de la salle de bains et la pose d'une rampe, à discuter avec un ergothérapeute 1 ; les aides matérielles possibles, comme un siège de bain, un déambulateur ou une téléalarme, dont certaines sont remboursées et d'autres non 1 ; les numéros d'urgence (15, 112), à faire connaître à la personne et à ses proches 2. Ces points sont une base de discussion avec l'ergothérapeute, pas un protocole.
Que changer au quotidien : rééducation, moral, conduite ?
Selon la HAS, la rééducation, en libéral (kinésithérapeute, orthophoniste) ou en hôpital de jour, améliore les capacités comme la parole, le langage et la marche. La réadaptation apprend à vivre avec une perte d'autonomie. Des difficultés « invisibles » sont fréquentes, comme des pertes de mémoire ou des difficultés de concentration, avec un impact possible sur le moral. 1 Maintenir loisirs et sorties est encouragé, et l'activité physique adaptée se pratique après accord du médecin. 1
Pour la conduite, la HAS précise qu'une visite médicale d'aptitude est obligatoire après un AVC. Elle est réalisée par un médecin agréé par la préfecture, pas par le médecin traitant, et c'est à la personne de prendre rendez-vous. 1
Après la phase aiguë, un suivi médical à vie est indispensable : agir sur les facteurs de risque cardiovasculaire et prendre régulièrement le traitement prévient les récidives. 6 Ce guide ne donne aucun détail sur les traitements : suivez les consignes écrites de l'équipe.
Que faire devant un nouveau symptôme ?
Il ne faut pas attendre ni juger par soi-même. Selon l'Assurance maladie, les signes d'un AVC sont brutaux : perte de force ou engourdissement d'un bras ou d'une jambe, déformation du visage, trouble de la parole, perte soudaine d'équilibre, mal de tête intense et brutal, trouble de la vision. En présence de l'un d'eux, il faut appeler le 15 ou le 112, depuis un fixe ou un mobile. 5
La formule VITE aide à s'en souvenir : visage paralysé, impossible de bouger un membre, trouble de la parole, éviter le pire en composant le 15. Les personnes sourdes, malentendantes ou aphasiques peuvent utiliser le 114 par SMS. 5
La HAS précise qu'un accident ischémique transitoire disparaît seul, mais expose à un risque élevé d'AVC plus grave dans les jours qui suivent. C'est une raison de plus de ne pas attendre. 2
Quel rôle pour l'aidant, et quel répit ?
Selon la HAS, il est courant de s'investir pleinement dans l'aide apportée, au point de ne plus prendre soin de soi et de mettre en danger sa propre santé, parfois jusqu'à l'épuisement. 1 Des formations pour aidants, des temps de répit comme les cafés des aidants, et des associations de personnes ayant vécu un AVC existent, notamment France AVC et la FNAF. 1
Pensez à partager la charge : qui accompagne aux rendez-vous, qui gère les papiers, qui est joignable la nuit. Le guide du site sur le répit des aidants détaille les dispositifs.
Qu'apporte une téléassistance, et que ne fait-elle pas ?
La HAS cite la téléalarme parmi les objets qui peuvent assurer la sécurité au quotidien. 1 Pour les premières semaines passées seul, un bouton d'alerte permet de prévenir un proche ou un service si l'on fait une chute ou un malaise et que l'on peut appuyer.
Il faut dire aussi ce qu'une téléassistance ne fait pas. Elle ne détecte pas un AVC, ne le prévient pas et ne remplace pas l'appel au 15 devant un signe d'alerte. Aucune des sources lues ne lui prête ce rôle.
Le pont ci-dessous décrit Care, service proposé en France, sans l'avancer comme réponse à l'AVC.
Quand consulter ou appeler ?
Devant un seul des signes brutaux décrits plus haut, appelez le 15 ou le 112 sans attendre.
En dehors de l'urgence, parlez au médecin traitant dans les jours qui suivent la sortie, puis dès que la situation change : chute, difficultés de langage ou de mémoire qui augmentent, tristesse persistante, difficultés à se déplacer. Aucune page de ce site ne remplace un avis médical.
Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Questions fréquentes
- Comment se passe le retour à domicile après un AVC ?
- Un entretien est organisé avant la sortie et une lettre de liaison est remise. 1 Un infirmier peut venir dans la semaine via Prado. 4 Le médecin traitant voit la personne dans les 7 jours après le retour, selon le parcours défini par la HAS. 3
- Qu'est-ce que Prado après un AVC ?
- C'est un service d'accompagnement du retour à domicile de l'Assurance maladie, proposé depuis 2019 après une hospitalisation pour AIT ou AVC. Un conseiller planifie les premiers rendez-vous et un infirmier assure un suivi hebdomadaire. 4
- Quelles aides financières après un AVC ?
- Selon la HAS, les services d'aide à domicile peuvent être financés par le département, la CPAM ou certaines mutuelles ; certains équipements sont remboursés par l'Assurance maladie ; l'Anah peut aider aux travaux dans certains cas. 1
- Peut-on conduire après un AVC ?
- Une visite médicale d'aptitude à la conduite est obligatoire après un AVC. Elle est réalisée par un médecin agréé par la préfecture, pas par le médecin traitant. 1 La personne doit prendre rendez-vous.
- Quels signes d'AVC imposent d'appeler le 15 ?
- Perte de force d'un bras ou d'une jambe, visage déformé, trouble de la parole, perte soudaine d'équilibre, mal de tête brutal et intense, trouble de la vision. En présence de l'un d'eux, appelez le 15 ou le 112. 5
- Le risque de chute est-il plus élevé après un AVC ?
- Selon l'Inserm, les séquelles d'AVC figurent parmi les facteurs de risque de chute, et une étude suédoise rapportait 40 % de chutes dans les 6 mois chez les patients après AVC. 7 Un ergothérapeute peut évaluer le logement.
- Une téléassistance peut-elle détecter un AVC ?
- Non. Aucune source lue ne prête cette fonction à un bracelet ou à une téléassistance. Elle permet de prévenir un proche ou un service quand la personne appuie. Devant un signe d'AVC, il faut appeler le 15. 5
- Comment aider un proche qui rentre seul après un AVC ?
- Préparer les questions avant la sortie, venir aux rendez-vous, vérifier le logement, organiser les passages de professionnels et préserver son propre répit. 1 Une association de patients peut soutenir l'aidant. 1
Sources
- 1. HAS, « Accident vasculaire cérébral : organiser votre retour à domicile » (fiche usagers, octobre 2025). https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-10/dir2/fu_avc_221025_v2.pdf (lu le 20 octobre 2026)
- 2. HAS, « Accident vasculaire cérébral : des signes d'alerte à votre retour à domicile ». https://www.has-sante.fr/jcms/p_3701212/fr/accident-vasculaire-cerebral-des-signes-d-alerte-a-votre-retour-a-domicile (lu le 20 octobre 2026)
- 3. HAS, « Accident vasculaire cérébral de l'adulte : les points critiques du parcours » (adopté le 23 octobre 2025). https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-10/dir2/avc_-_points_critiques.pdf (lu le 20 octobre 2026)
- 4. Assurance maladie (ameli.fr), « Prado, le service de retour à domicile après hospitalisation ». https://www.ameli.fr/etablissement/exercice-professionnel/services-patient/prado-le-service-de-retour-domicile (lu le 20 octobre 2026)
- 5. Assurance maladie (ameli.fr), « AVC : que faire ? » (18 juin 2026). https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/pathologies/avc (lu le 20 octobre 2026)
- 6. Assurance maladie (ameli.fr), « Le quotidien après un accident vasculaire cérébral ». https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/accident-vasculaire-cerebral-avc/avc-apres (lu le 20 octobre 2026)
- 7. Inserm, expertise collective sur les chutes des personnes âgées, chapitre 2 « Facteurs de risque liés à la santé » (2015). https://ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/6807/Chapitre_2.html (lu le 20 octobre 2026)
- 8. Santé publique France, « Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus, données 2015-2024 » (12 mars 2026). https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/traumatismes/chute/documents/bulletin-national/hospitalisations-et-mortalite-en-lien-avec-une-chute-chez-les-personnes-de-65-ans-et-plus-en-france.-donnees-2015-2024 (lu le 20 octobre 2026)