Chute sous anticoagulant chez une personne âgée : pourquoi la vigilance est particulière et quand appeler le 15

Une personne sous anticoagulant relève du risque élevé après un traumatisme crânien léger, selon la Société française de médecine d'urgence (recommandations de 2022). 1 Même sans plaie apparente, un choc peut provoquer une hémorragie interne, précise l'Assurance Maladie. 2 Après un coup à la tête, appelez le 15 : les secours jugent de la conduite à tenir.

Publié le 19 octobre 2026. Mis à jour le 19 octobre 2026. Par l'équipe éditoriale Chutex. Relecture médicale en cours.

Définitions

Traumatisme crânien léger
Un traumatisme crânien léger est un choc à la tête que les médecins urgentistes classent selon le niveau de risque d'aggravation, comme le fait la Société française de médecine d'urgence. [1]
Hémorragie interne
Selon l'Assurance Maladie, une hémorragie interne est un saignement qui peut survenir après un choc même sans plaie apparente, chez une personne sous anticoagulant. [2]
Anticoagulant
Un anticoagulant est un médicament qui agit sur la coagulation du sang ; l'Assurance Maladie en rappelle le suivi pendant le traitement, et la Haute Autorité de santé en décrit le bon usage. [2][3]

L'essentiel en chiffres

  • Selon la Société française de médecine d'urgence (recommandations de pratiques professionnelles validées le 19 mai 2022), un traitement anticoagulant place le blessé dans le groupe à risque élevé d'aggravation clinique ou de lésion intracrânienne après un traumatisme crânien léger.1
  • Selon la Société française de médecine d'urgence, le scanner cérébral est idéalement réalisé dans l'heure suivant l'admission aux urgences pour les patients à risque élevé.1
  • Selon l'Assurance Maladie (page du 11 août 2025), même sans plaie apparente, un choc peut provoquer une hémorragie interne chez une personne sous anticoagulant.2
  • Selon la Société française de médecine d'urgence, le patient qui rentre chez lui et son entourage reçoivent une information écrite et orale sur les motifs de reconsulter aux urgences dans les 48 heures.1
  • Selon l'Assurance Maladie, il est important de garder sur soi un document indiquant que l'on suit un traitement anticoagulant : en cas d'accident, l'information est très précieuse pour les secours et les médecins.2

Pourquoi une chute sous anticoagulant demande-t-elle une vigilance particulière ?

Cette page ne donne pas de consigne personnalisée. Elle rapporte ce que disent les recommandations professionnelles et l'Assurance Maladie, et elle renvoie vers le 15 en cas de doute.

Dans ses recommandations de 2022 sur le traumatisme crânien léger, la Société française de médecine d'urgence range les personnes qui prennent un anticoagulant, ou une double association d'antiplaquettaires, dans le groupe à risque élevé d'aggravation clinique ou de lésion intracrânienne. 1 Le texte s'adresse aux professionnels de santé.

L'Assurance Maladie rappelle de son côté que, même s'ils n'entraînent pas de plaie apparente, les accidents de la vie courante font partie des situations à signaler au médecin traitant, parce qu'un choc peut provoquer une hémorragie interne chez une personne sous anticoagulant. 2

Une chute banale à domicile peut donc justifier un avis médical, sans qu'aucun saignement ne soit visible.

Que faire juste après un coup à la tête ?

Le plus sûr est d'appeler le 15 (SAMU) ou le 112, puis de suivre ce que disent les secours. Les recommandations de la Société française de médecine d'urgence indiquent que, lors d'un appel à la régulation médicale pour un traumatisme crânien léger, le patient n'est pas orienté de façon systématique vers les urgences s'il peut être surveillé par une tierce personne, sauf en présence notamment d'un trouble de coagulation préexistant, dont un traitement par anticoagulant. 1

Autrement dit, sous anticoagulant, cette dispense d'orientation ne s'applique pas. C'est le médecin régulateur qui décide de la conduite à tenir.

Ne mettez pas de côté l'avis des secours parce que la personne se sent bien ou parce que la peau n'est pas abîmée : l'Assurance Maladie précise qu'un choc peut provoquer une hémorragie interne même sans plaie apparente. 2

Pour le fait de se relever ou de rester au sol, voir nos pages dédiées : elles ne sont pas redétaillées ici.

Un scanner est-il nécessaire ?

Cette décision relève des urgentistes. Les recommandations professionnelles de la Société française de médecine d'urgence prévoient que le scanner cérébral soit proposé le plus tôt possible, idéalement dans l'heure suivant l'admission aux urgences pour les patients à risque élevé d'aggravation clinique ou de lésion intracrânienne. 1

Le même texte autorise un retour à domicile depuis les urgences, même en présence d'anticoagulants, si au moins un élément est présent : un risque de saignement faible, un biomarqueur sanguin négatif ou un scanner initial qui ne montre pas de saignement. 1 Cette autorisation est donnée au médecin, pas à la famille.

Un commentaire publié dans la lettre de la Société française de médecine d'urgence de juin 2024 rapporte une série de 2 362 patients anticoagulés dans laquelle une hémorragie cérébrale était survenue dans cinq cas après un scanner initial normal. La durée de surveillance reste discutée. Il s'agit d'une information, pas d'une recommandation. 4

Quels signes imposent de reconsulter ou d'appeler le 15 ?

Pour les patients qui rentrent chez eux après les urgences, la Société française de médecine d'urgence liste des signes qui doivent amener à reconsulter aux urgences dans les 48 heures. Le tableau les reprend, avec les délais cités. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112. 1

Signes et délais cités par la Société française de médecine d'urgence après un traumatisme crânien léger (texte de 2022, lu le 19 octobre 2026)
SituationRepère citéQue dit le texte
Maux de tête d'intensité croissante qui ne cèdent pas aux antalgiquesDans les 48 heures après le retour à domicileMotif de reconsulter aux urgences. 1
Vomissements répétésDans les 48 heures après le retour à domicileMotif de reconsulter aux urgences. 1
Somnolence, difficulté à se réveiller, perte de conscienceDans les 48 heures après le retour à domicileMotif de reconsulter aux urgences. 1
Troubles du comportement, de la vision, de la parole ou de la marcheDans les 48 heures après le retour à domicileMotif de reconsulter aux urgences. 1
Difficulté à bouger un membre, écoulement de sang ou de liquide par le nez ou les oreillesDans les 48 heures après le retour à domicileMotif de reconsulter aux urgences. 1
Symptômes apparus plus de 48 heures aprèsAu-delà de 48 heuresConsultation médicale non urgente. 1
Symptômes invalidants qui persistentAu-delà de 7 joursÉvaluation médicale. 1

Société française de médecine d'urgence, RPP Traumatisme crânien léger, 2022

Faut-il une surveillance les jours suivants, et laquelle ?

Le texte de la Société française de médecine d'urgence prévoit que le patient et son entourage reçoivent, au retour à domicile, une information écrite et orale standardisée sur les motifs de reconsulter aux urgences dans les 48 heures. 1 Si vous êtes dans ce cas, c'est cette information, donnée par l'équipe qui vous a pris en charge, qui fait référence.

Cette page ne décrit pas de rythme de surveillance à domicile : aucune source lue ne le fixe pour le grand public. Demandez-le au médecin ou aux urgences.

Le même commentaire de 2024 signale que la durée de surveillance reste ouverte à la discussion. 4

Que dire aux secours ?

L'Assurance Maladie recommande de garder sur soi un document indiquant que l'on suit un traitement anticoagulant, car cette information est très précieuse pour les secours et les médecins en cas d'accident. 2 La Haute Autorité de santé décrit, dans sa fiche de 2018 sur le bon usage des anticoagulants oraux, une carte mentionnant le traitement, dont le port est une nécessité. 3

La liste suivante reprend ces repères. Elle n'est pas exhaustive et ne remplace pas ce que demandent les secours.

  • Que la personne suit un traitement anticoagulant, carte ou document à l'appui. 2
  • Si possible, l'heure de la dernière prise du traitement : en cas de saignement, la Haute Autorité de santé indique qu'il est important de la faire préciser. 3
  • Les autres symptômes : maux de tête, vomissements, somnolence, troubles de la vision, de la parole ou de la marche. 1

Que dit l'Assurance Maladie des autres médicaments ?

L'Assurance Maladie invite à demander l'avis du médecin ou du pharmacien avant de prendre un nouveau médicament, et à ne jamais associer plusieurs anticoagulants, avec une attention particulière à l'aspirine et aux anti-inflammatoires non stéroïdiens. 2

Pour la prévention proprement dite, qui dépasse le sujet de cette page, voir notre pilier sur la prévention des chutes et notre page sur les médicaments et le risque de chute.

Quand appeler le 15 ou consulter ?

Après un coup à la tête sous anticoagulant, appelez le 15 (SAMU) ou le 112 : la décision d'orienter vers les urgences revient au médecin régulateur. 1 En cas de maux de tête croissants, de vomissements répétés, de somnolence, de troubles de la parole, de la vision ou de la marche, ou de difficulté à bouger un membre, la Société française de médecine d'urgence y voit un motif de reconsulter aux urgences dans les 48 heures suivant le retour à domicile. 1

Même sans plaie apparente, signalez toute chute à votre médecin traitant. 2 Cette page présente des informations générales et ne remplace ni un avis médical ni l'appel aux secours.

Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Que faire après une chute quand on prend un anticoagulant ?
Appelez le 15 ou le 112 en cas de coup à la tête : sous anticoagulant, la personne n'entre pas dans la dispense d'orientation systématique prévue par la Société française de médecine d'urgence. 1 Même sans plaie apparente, un choc peut provoquer une hémorragie interne. 2
Un coup à la tête sous anticoagulant est-il grave ?
Il fait partie des situations à risque élevé d'aggravation clinique ou de lésion intracrânienne dans les recommandations professionnelles de la Société française de médecine d'urgence. 1 Faites appeler le 15.
Faut-il passer un scanner après une chute sous anticoagulant ?
C'est une décision médicale. La Société française de médecine d'urgence prévoit un scanner le plus tôt possible, idéalement dans l'heure suivant l'admission aux urgences, pour les patients à risque élevé. 1 Un retour à domicile reste possible si le scanner initial ne montre pas de saignement. 1
Quels signes surveiller après un coup à la tête ?
Après le retour à domicile, la Société française de médecine d'urgence cite des maux de tête croissants, des vomissements répétés, une somnolence, une perte de conscience, des troubles du comportement, de la vision, de la parole ou de la marche, ou une difficulté à bouger un membre. 1
Peut-il y avoir un saignement sans plaie visible ?
Oui. Selon l'Assurance Maladie, même sans plaie apparente, un choc peut provoquer une hémorragie interne chez une personne sous anticoagulant. 2 C'est pourquoi un avis médical peut se justifier après une chute apparemment sans conséquence.
Que dire aux secours quand on est sous anticoagulant ?
Dites que la personne suit un traitement anticoagulant : l'Assurance Maladie rappelle que cette information est très précieuse pour les secours. 2 En cas de saignement, la Haute Autorité de santé indique qu'il est important de préciser l'heure de la dernière prise. 3
Pendant combien de temps faut-il surveiller la personne ?
La Société française de médecine d'urgence cite une information sur les motifs de reconsulter dans les 48 heures après le retour à domicile. 1 Elle indique qu'une consultation non urgente se justifie pour des symptômes apparus au-delà, et une évaluation si des symptômes invalidants persistent au-delà de 7 jours. 1

Sources

  1. 1. Société française de médecine d'urgence (SFMU) avec la SFAR, Recommandations de pratiques professionnelles Traumatisme crânien léger, RPP-TCL-2022 (validées le 19 mai 2022). https://www.sfmu.org/upload/consensus/RPP-TCL-2022.pdf (lu le 19 octobre 2026)
  2. 2. ameli.fr, Anticoagulants : importance du suivi pendant le traitement (11 août 2025). https://www.ameli.fr/assure/sante/medicaments/comprendre-les-differents-medicaments/anticoagulants (lu le 19 octobre 2026)
  3. 3. Haute Autorité de santé, Bon usage des anticoagulants oraux, fiche de la Commission de la Transparence (mai 2018). https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2018-05/fiche_bon_usage_anticoagulants_oraux.pdf (lu le 19 octobre 2026)
  4. 4. SFMU, Lettre de juin 2024 (commentaire d'une étude de André L. et al., 2024). https://sfmu.org/upload/10_sfmu/board/lettre07_but.pdf (lu le 19 octobre 2026)

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