Arthrose de l'épaule : symptômes, prise en charge et place de la kinésithérapie
Arthrose de l'épaule ou omarthrose : ce que disent ameli, l'Inserm et les revues sur sa fréquence, ses symptômes, le traitement sans opération, la place de la kinésithérapie et la prothèse.
Une douleur d'épaule qui dure des mois, avec des mouvements de plus en plus limités, fait parfois penser à l'arthrose de l'épaule, aussi appelée omarthrose. Cette page rassemble ce que disent l'Assurance Maladie (ameli), l'Inserm, la Haute Autorité de santé (HAS) et des revues médicales sur sa fréquence, ses signes, son traitement et la place de la kinésithérapie. Aucune recommandation française propre à l'omarthrose n'a été trouvée, et une partie des études est en anglais. La page ne pose aucun diagnostic et ne conseille aucune opération.
Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Selon l'Assurance Maladie, l'arthrose de l'épaule est plus rare qu'au genou ou à la hanche et plus souvent secondaire à un ancien traumatisme. D'après la revue d'Ansok (2018), le traitement commence sans opération : anti-inflammatoires, kinésithérapie, injections. Selon Pandya, une prothèse est discutée si la douleur reste sévère malgré ces mesures.
L'essentiel en 5 points
- Selon l'Assurance Maladie, l'arthrose de l'épaule est plus rare qu'au genou ou à la hanche, et plus souvent secondaire à un traumatisme ancien.
- Selon la revue d'Ibounig (2021), l'arthrose gléno-humérale représente environ 5 à 17 % des patients ayant une plainte d'épaule, et beaucoup de personnes avec des signes à la radiographie n'ont aucun symptôme.
- Selon la revue de Muhammad (2026), aucun essai publié n'a évalué la kinésithérapie dans la prise en charge non chirurgicale de l'arthrose gléno-humérale : les preuves sont très limitées.
- Selon la revue de Yamamoto (2023), la kinésithérapie vise à réduire la douleur, à augmenter l'amplitude et à protéger l'articulation, avec un renforcement de la coiffe des rotateurs.
- Selon la revue de Pandya (2018), les patients avec une douleur sévère et une limitation persistantes malgré les soins sans opération sont candidats à la chirurgie, le plus souvent une prothèse d'épaule : la décision revient au chirurgien.
Qu'est-ce que l'arthrose de l'épaule ?
Ansok et Muh (2018) définissent l'arthrose gléno-humérale comme une perte progressive du cartilage de l'articulation principale de l'épaule, qui provoque une érosion de l'os, de la douleur et une perte de fonction. L'articulation gléno-humérale est celle qui unit la tête de l'humérus à l'omoplate.
Selon l'Assurance Maladie, l'arthrose de l'épaule est plus rare que celle du genou ou de la hanche et plus souvent secondaire à un traumatisme ancien. L'Inserm place les épaules parmi les articulations moins souvent atteintes que les mains, le rachis, les genoux et les hanches, et relève que l'arthrose, toutes articulations confondues, concerne 3 % des moins de 45 ans, 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans. Selon la revue d'Ibounig, la grande majorité des cas est liée à des facteurs non spécifiques, surtout l'âge.
À quel point est-elle fréquente ?
Les chiffres diffèrent d'une source à l'autre, parce qu'ils ne décrivent pas les mêmes personnes. Le tableau les met côte à côte, sans les additionner.
| Source | Ce qu'elle dit | Population ou contexte |
|---|---|---|
| Assurance Maladie (ameli) | Plus rare qu'au genou ou à la hanche, plus souvent secondaire à un traumatisme ancien | Épaule douloureuse chronique |
| Ibounig et collaborateurs (2021) | Environ 5 à 17 % des patients avec une plainte d'épaule ; arthrose radiologique jusqu'à 16 à 20 % chez les adultes d'âge moyen ou âgés | Revue de la littérature publiée entre 1957 et 2017 |
| Pandya et collaborateurs (2018) | Peut toucher jusqu'à un tiers des personnes de plus de 60 ans | Revue chirurgicale, population âgée |
| Inserm | Épaules citées parmi les articulations moins souvent atteintes | Arthrose en général |
Ibounig et collaborateurs ajoutent que la concordance entre les images et les symptômes semble faible, car beaucoup de personnes avec une arthrose radiologique n'ont aucun symptôme. Les auteurs concluent que les causes de la douleur dans l'arthrose de l'épaule restent incomplètement comprises.
Quels sont les symptômes ?
Selon la revue de Yamamoto et collaborateurs (2023), les patients présentent une douleur de l'épaule et une diminution de l'amplitude des mouvements, avec parfois un mouvement anormal de l'omoplate qui s'adapte à la restriction de l'articulation. Le NHS cite l'arthrose parmi les causes d'une douleur et d'une raideur qui ne disparaissent pas pendant des mois ou des années, avec l'épaule gelée et la polyarthrite.
Pour l'épaule douloureuse chronique en général, ameli décrit une douleur qui s'aggrave pendant et après les mouvements d'élévation du bras, une baisse de la force musculaire lors de certains gestes et une mobilité réduite, parfois très limitée. La HAS note qu'une raideur en rotation latérale et en abduction, c'est-à-dire quand on tourne le bras vers l'extérieur ou qu'on le lève sur le côté, est évocatrice d'une capsulite ou d'une arthropathie gléno-humérale. Ces signes ne suffisent pas à nommer l'arthrose : seul un examen permet de la distinguer de la capsulite, de la coiffe des rotateurs ou d'autres causes.
Comment la confirme-t-on ?
Selon Ibounig et collaborateurs, le diagnostic est posé lorsque des signes cliniques typiques et des images radiologiques définies se recoupent chez une même personne. Selon l'Assurance Maladie, le bilan d'imagerie de l'épaule douloureuse chronique comporte d'abord une radiographie classique, qui étudie les os et recherche une arthrose et des calcifications autour de l'articulation. Le NHS précise qu'un professionnel de santé examine l'épaule, puis peut prescrire des examens comme une radiographie.
Quel traitement sans opération ?
La revue d'Ansok et Muh (2018) écrit que le traitement commence par des mesures non opératoires : anti-inflammatoires par la bouche ou sur la peau, kinésithérapie et injections dans l'articulation. Pandya et collaborateurs (2018) précisent que le traitement initial doit être non opératoire, avec une modification des activités, des antalgiques, éventuellement de la kinésithérapie ou des injections de corticoïde. Conley et collaborateurs (2023), qui ont résumé 11 recommandations de bonne qualité pour l'arthrose, dont celles de l'épaule, retrouvent des points constants : des soins centrés sur la personne, avec de l'exercice, de l'éducation et une perte de poids quand elle est utile.
Pour l'épaule douloureuse chronique en général, ameli indique qu'une immobilisation n'est pas conseillée et qu'il faut continuer à mobiliser l'épaule en limitant les mouvements douloureux, sauf dans les jours qui suivent une opération. Le NHS demande de ne pas arrêter complètement d'utiliser l'épaule, ce qui l'empêcherait de s'améliorer, et de ne pas inventer ses propres exercices intenses ni utiliser de gros appareils de musculation. Le choix des médicaments, des doses et des injections revient au médecin.
| Option | Ce que disent les sources |
|---|---|
| Exercice et éducation | Constantes des recommandations pour l'arthrose, toutes articulations (Conley) ; kinésithérapie citée par Ansok et Yamamoto |
| Anti-inflammatoires | Cités par Ansok ; Yamamoto les cite en première intention pour réduire la douleur et l'inflammation |
| Injections de corticoïde | Citées par Ansok et Pandya ; Yamamoto juge qu'elles donnent un effet plus durable et qu'elles se manient avec prudence chez les sportifs |
| Injections d'acide hyaluronique | Preuves mitigées pour Yamamoto ; pour Familiari (méta-analyse de 15 essais, 1 023 sujets), elles pourraient soulager la douleur, mais 46,7 % des études montraient des signes probables de biais |
| Produits biologiques | Preuves encore limitées : ils réduisent la douleur sans arrêter la progression de l'arthrose (Yamamoto) |
Les sources ne s'accordent pas sur l'acide hyaluronique : la méta-analyse de Familiari et collaborateurs conclut qu'il pourrait faire mieux que les corticoïdes, tandis que Yamamoto parle de preuves mitigées. Aucune de ces données ne dit quelle option vous convient.
Que peut faire le kinésithérapeute ?
Selon Yamamoto et collaborateurs, la kinésithérapie vise à réduire la douleur, à augmenter l'amplitude de l'épaule et à protéger l'articulation. Pour augmenter l'amplitude, les tissus responsables de la perte de mobilité doivent être identifiés puis ciblés. Pour protéger l'articulation, les auteurs recommandent des exercices de renforcement de la coiffe des rotateurs. Ils ajoutent que la kinésithérapie peut être efficace sur la douleur au mouvement plutôt que sur la douleur de repos.
Les preuves sont minces. Macías-Hernández et collaborateurs (2017) notent peu de recommandations propres à l'arthrose gléno-humérale, des conseils surtout fondés sur des preuves de faible qualité et des avis d'experts, tout en jugeant efficaces les programmes de rééducation. La revue de Muhammad et collaborateurs (2026), qui a cherché les essais randomisés jusqu'en juin 2025, n'en a retenu que quatre sur 582 articles, tous après opération, et conclut qu'aucun essai publié n'a évalué la kinésithérapie dans la prise en charge non chirurgicale. Les deux revues divergent dans le ton : l'une juge efficaces des programmes de rééducation, l'autre ne trouve aucun essai sur la kinésithérapie non chirurgicale.
Les fiches ne donnent ni mouvements pas à pas, ni séries, ni charges pour l'arthrose de l'épaule. Le programme revient à un kinésithérapeute qui vous a examiné, et à votre chirurgien après une opération.
Et la prothèse d'épaule ?
Cette page ne conseille pas d'opération. Elle indique seulement ce que disent les sources. Selon ameli, l'arthroplastie de l'épaule, c'est-à-dire la pose d'une prothèse articulaire, fait partie des opérations possibles pour une épaule douloureuse chronique, et le choix tient compte de l'âge, de la motivation, de l'état des tendons et des muscles et des maladies associées. Selon Pandya et collaborateurs, les patients dont la douleur reste sévère et la fonction limitée malgré le traitement non opératoire seraient candidats à la chirurgie, le plus souvent une prothèse. Ansok et Muh écrivent que le traitement chirurgical dépend de l'âge et de la fonction.
Après une prothèse, Muhammad et collaborateurs ne trouvent, dans des preuves de faible certitude, aucune différence entre une rééducation commencée dans les six premières semaines et une rééducation différée. La page sur la rééducation après une prothèse d'épaule détaille ce que disent les sources, et les consignes de votre chirurgien priment.
Comment suivre son épaule à la maison ?
Les fiches ne proposent pas de carnet pour l'arthrose de l'épaule. Quelques notes simples aident à décrire l'évolution à un médecin ou à un kiné (consigne de la rédaction).
- Notez les gestes qui la déclenchent ou qui sont devenus difficiles : lever le bras, se coiffer, attraper un objet, s'habiller.
- Notez si l'amplitude change d'un mois à l'autre, par exemple jusqu'où vous levez le bras sans douleur.
- Notez les séances d'exercices faites et la douleur le lendemain.
- Si l'épaule est nettement plus douloureuse que d'habitude après une séance, signalez-le à votre kiné ou à votre chirurgien avant de la reprendre (consigne de la rédaction).
Quand consulter ou appeler le 15 ?
En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112 (consigne de la rédaction). Le NHS demande un avis médical urgent en cas de douleur d'épaule soudaine ou très forte, de bras que l'on ne peut plus bouger, d'épaule ou de bras déformé ou très gonflé, de fourmillements qui ne passent pas ou d'absence de sensation, d'épaule ou de bras chaud ou froid au toucher, de douleur apparue après une chute ou une blessure, ou de fièvre et de malaise général. Ces signes peuvent évoquer autre chose qu'une arthrose, comme une fracture, une luxation ou une rupture de tendon.
Pour une douleur moins vive, le NHS demande de consulter si elle s'aggrave ou ne s'améliore pas après 2 semaines, ou s'il devient très difficile de bouger le bras ou l'épaule. La page sur la douleur d'épaule détaille ces situations et le tri.
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Sources et références
- Assurance Maladie (ameli), Épaule douloureuse chronique : définition, causes, facteurs favorisants (29 janvier 2026), lu le 2026-10-19
- Assurance Maladie (ameli), Épaule douloureuse chronique : symptômes, diagnostic et évolution, lu le 2026-10-19
- Assurance Maladie (ameli), Épaule douloureuse chronique : traitement médical, lu le 2026-10-19
- Assurance Maladie (ameli), Comment soulager au quotidien des douleurs de l'épaule ?, lu le 2026-10-19
- Inserm, Arthrose (dossier), lu le 2026-10-19
- HAS, fiche sur la conduite à tenir devant une épaule douloureuse non traumatique de l'adulte (août 2023), lu le 2026-10-19
- NHS, Shoulder pain (page revue le 22 mai 2023, révision prévue le 22 mai 2026 : date dépassée à la lecture), lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Ansok et Muh, Optimal management of glenohumeral osteoarthritis, Orthop Res Rev, 2018, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Pandya et collaborateurs, Shoulder replacement for osteoarthritis: a review of surgical management, Maturitas, 2018, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Ibounig et collaborateurs, Glenohumeral osteoarthritis: an overview of etiology and diagnostics, Scand J Surg, 2021, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Yamamoto et collaborateurs, Non-operative management of shoulder osteoarthritis: current concepts, J ISAKOS, 2023, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Familiari et collaborateurs, Efficacy of intra-articular injections of hyaluronic acid in patients with glenohumeral joint osteoarthritis, J Orthop Res, 2023, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Conley et collaborateurs, Core recommendations for osteoarthritis care: a systematic review of clinical practice guidelines, Arthritis Care Res, 2023, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Macías-Hernández et collaborateurs, Glenohumeral osteoarthritis: overview, therapy, and rehabilitation, Disabil Rehabil, 2017, lu le 2026-10-19 (en anglais)
- Muhammad et collaborateurs, The effectiveness of physiotherapy-led non-surgical and perioperative interventions for glenohumeral osteoarthritis: a systematic review, Shoulder Elbow, 2026, lu le 2026-10-19 (en anglais)
Questions fréquentes
Quels sont les premiers signes d'une arthrose de l'épaule ?
Selon la revue de Yamamoto (2023), la douleur de l'épaule et la diminution de l'amplitude des mouvements. Selon ameli, pour l'épaule douloureuse chronique en général, la douleur s'aggrave pendant et après les mouvements d'élévation du bras. Seul un examen permet de savoir s'il s'agit d'arthrose.
L'arthrose de l'épaule est-elle fréquente ?
Les sources diffèrent. Selon ameli, elle est plus rare qu'au genou ou à la hanche. Ibounig (2021) rapporte 5 à 17 % des patients ayant une plainte d'épaule et jusqu'à 16 à 20 % d'arthrose radiologique, dont beaucoup sans symptôme. Pandya (2018) écrit qu'elle peut toucher jusqu'à un tiers des plus de 60 ans.
L'arthrose de l'épaule se soigne-t-elle sans opération ?
Selon Ansok (2018) et Pandya (2018), le traitement commence sans opération : mesures d'activité, antalgiques ou anti-inflammatoires, kinésithérapie et injections. Une opération n'est discutée que si la douleur reste sévère malgré ces mesures. La décision revient à votre médecin et à votre chirurgien.
La kinésithérapie est-elle utile pour l'arthrose de l'épaule ?
Les avis divergent. Macías-Hernández (2017) juge les programmes de rééducation efficaces malgré des preuves de faible qualité, alors que Muhammad (2026) ne trouve aucun essai publié sur la kinésithérapie non chirurgicale. Yamamoto (2023) cite la réduction de la douleur, le gain d'amplitude et le renforcement de la coiffe.
Quels exercices faire pour l'arthrose de l'épaule ?
Les fiches ne donnent aucun exercice détaillé pour l'arthrose de l'épaule, et aucun n'est proposé ici. Yamamoto (2023) cite seulement le travail d'amplitude et le renforcement de la coiffe. Le choix et la progression reviennent à un kiné qui vous a examiné. Arrêtez un exercice si la douleur augmente nettement.
Faut-il une prothèse d'épaule en cas d'arthrose ?
Cette page ne donne aucun conseil d'opération. Selon Pandya (2018), les patients dont la douleur reste sévère et la fonction limitée malgré les soins sans opération sont candidats à la chirurgie, le plus souvent une prothèse. Selon ameli, le choix tient compte de l'âge, de la motivation et de l'état des tendons. La décision revient au chirurgien.
Quand consulter ou appeler le 15 ?
Selon le NHS, un avis urgent s'impose en cas de douleur soudaine ou très forte, de bras que l'on ne peut plus bouger, d'épaule déformée ou très gonflée, d'absence de sensation, de douleur après une chute ou de fièvre. En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112 (consigne de la rédaction). Sinon, consultez si la douleur ne s'améliore pas après 2 semaines.