Ventouses en kinésithérapie : l'avis de l'Ordre, les preuves et les risques

Un kiné peut-il faire des ventouses ? Ce que dit l'avis de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes de 2021, ce que rapportent les revues d'études sur la douleur et les risques décrits.

Les ventouses en kinésithérapie reviennent dans les recherches depuis que des sportifs en portent les marques. La question utile est double : que disent les études sur la douleur, et un kiné a-t-il le droit d'en proposer ? Cette page s'appuie sur l'avis de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, le guide de nomenclature publié sur ameli et des revues d'études, sans promesse de résultat.

Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Selon l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (avis du 18 mars 2021), la pratique des ventouses est insuffisamment éprouvée et fait courir au patient un risque injustifié de lésion : le kinésithérapeute ne peut pas la proposer. Des revues d'études, de qualité faible à modérée, rapportent pourtant une baisse de la douleur à court terme.

L'essentiel en 5 points

  • Selon l'avis n° 2021-01 du Conseil national de l'Ordre (18 mars 2021), un kiné ne peut pas proposer la pratique des ventouses, jugée insuffisamment éprouvée et source d'un risque de saignement ou de brûlure.
  • Selon une méta-analyse de 2025 (BMJ Open), les ventouses réduisent l'intensité de la douleur musculo-squelettique chronique avec des effets immédiats, mais n'améliorent pas l'incapacité fonctionnelle.
  • Selon une revue de 2018 sur la douleur cervicale (18 essais), la faible qualité des études empêche toute conclusion définitive.
  • Selon le guide régional ameli (2 janvier 2025), les actes hors nomenclature ne sont pas remboursables ; la page sur le kiné conventionné détaille ce cadre.
  • Les revues et l'Ordre ne sont pas d'accord sur le rapport bénéfice et risque : les deux positions sont présentées ci-dessous.

En quoi consistent les ventouses ?

L'avis de l'Ordre décrit la pratique des ventouses, aussi appelée ventousothérapie ou cupping therapy, comme l'application d'une ou plusieurs ventouses, habituellement en verre ou en plastique, sur la peau, avec une dépression créée dans la ventouse. Cette dépression s'obtient avec un dispositif mécanique de pompage ou en chauffant la ventouse à la flamme avant de la poser.

L'avis ajoute que différentes techniques existent, de la simple dépression à l'utilisation d'aiguilles ou de scalpels pour provoquer un saignement. Les études citées plus bas distinguent les ventouses sèches des ventouses humides, sans détailler cette différence dans leurs résumés.

Un kiné peut-il faire des ventouses en France ?

Selon l'avis n° 2021-01 du Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, adopté le 18 mars 2021, la pratique des ventouses est à ce jour insuffisamment éprouvée et fait courir au patient un risque injustifié de lésion, par exemple un saignement ou une brûlure. Le kinésithérapeute ne peut donc pas proposer ce procédé, conformément aux articles R.4321-87 et R.4321-88 du code de la santé publique. L'avis figure toujours dans la liste des avis du Conseil national publiée sur le site de déontologie de l'Ordre (page lue le 19 octobre 2026).

Cet avis concerne les kinés. Les pages lues ne traitent pas des autres professionnels. Si un cabinet de kiné vous propose des ventouses, vous pouvez poser la question de ce texte au praticien ou au conseil départemental de l'Ordre.

Que disent les études sur la douleur ?

Les revues d'études vont dans un sens plus favorable que l'avis de l'Ordre, avec des réserves de méthode. Une méta-analyse de 2025 (BMJ Open) conclut que les ventouses réduisent l'intensité de la douleur musculo-squelettique chronique, avec une qualité jugée modérée et une forte hétérogénéité entre études (94 %). Elle ne trouve pas d'amélioration de l'incapacité fonctionnelle ni de la santé mentale, et décrit un effet immédiat.

Ce que disent quelques revues. Sources : BMJ Open 2025 et 2018, Journal of Back and Musculoskeletal Rehabilitation 2023, Complementary Therapies in Medicine 2024, lues le 2026-10-19. Ces revues portent sur des études hétérogènes, souvent de faible qualité.
RevueSujetCe qu'elle rapporte
BMJ Open 2025Douleur musculo-squelettique chroniqueBaisse de la douleur (qualité modérée), pas de gain fonctionnel ni de santé mentale
BMJ Open 2018 (18 essais)Douleur cervicaleBaisse de la douleur, mais conclusions non définitives en raison de la faible qualité
J Back Musculoskelet Rehabil 2023 (22 études)Douleur du dos, du cou et autres atteintesPreuves faibles à modérées pour le dos et le cou, très faibles à faibles pour les autres
Complement Ther Med 2024 (11 essais, 921 participants)LombalgieConclusion des auteurs : douleur et incapacité améliorées (qualité élevée à modérée), forte hétérogénéité ; dans le détail, baisse de la douleur à 2 à 8 semaines, non maintenue à 1 mois ni à 3-6 mois

La revue de 2024 sur la lombalgie (11 essais, 921 participants) conclut, selon ses auteurs, que des preuves de qualité élevée à modérée indiquent une amélioration significative de la douleur et de l'incapacité, avec un effet supérieur aux médicaments et aux soins usuels. Dans ses résultats détaillés, la baisse de la douleur est observée à 2 à 8 semaines, mais elle n'est pas maintenue à 1 mois ni à 3-6 mois, et la lombalgie chronique n'est pas réduite. Les auteurs notent une hétérogénéité notable, qui pèse sur la certitude. Les deux méta-analyses vont donc dans le même sens général, avec des réserves sur la durée de l'effet. Dans les deux cas, les auteurs demandent des essais de meilleure qualité. Aucun de ces résumés ne promet de résultat à un patient donné.

Quels sont les risques ?

L'Ordre cite le saignement et la brûlure, et l'avis évoque la ventouse chauffée à la flamme ou l'usage d'aiguilles et de scalpels. Les revues d'études sont plus rassurantes : selon une revue de 2018, seules 8 études sur 18 ont rapporté la survenue d'effets indésirables, le plus souvent légers et temporaires. Selon la revue de 2023 sur 22 études, l'incidence des événements indésirables est très faible.

Ces deux positions coexistent : l'Ordre juge le risque injustifié au regard d'un intérêt insuffisamment démontré, tandis que les revues décrivent peu d'événements indésirables. Les fiches ne précisent pas les contre-indications. Consigne de la rédaction, non tirée d'une source citée sur cette page : évitez les ventouses sur une peau abîmée, une plaie ou un hématome, et demandez l'avis de votre médecin si vous prenez un traitement qui fluidifie le sang.

Les ventouses sont-elles remboursées ?

Les pages lues ne mentionnent pas de remboursement des ventouses. Selon le guide régional ameli (Auvergne-Rhône-Alpes, mise à jour du 2 janvier 2025), les actes hors nomenclature ne sont pas remboursables ; le détail de ce cadre est dans la page sur le kiné conventionné. Cela ne change pas l'avis de l'Ordre : le kiné ne peut proposer les ventouses. Pour les montants des séances remboursées, voyez la page sur le tarif d'une séance.

Que noter dans un carnet si vous avez essayé les ventouses ?

Si vous avez eu des ventouses en dehors d'un cabinet de kiné, notez la date, la zone, la durée, l'aspect de la peau les jours suivants et l'évolution de la douleur de 0 à 10 sur une semaine. Ce carnet aidera le médecin ou le kiné à juger de l'intérêt réel, sans vous fier au seul souvenir d'une sensation de détente.

Quand consulter un médecin ?

Consigne de la rédaction, non tirée d'une source citée sur cette page : consultez si la peau est brûlée, saigne, s'infecte (rougeur chaude, écoulement, fièvre) ou si les marques durent. Consultez aussi pour une douleur du dos ou du cou qui s'aggrave, avec faiblesse, perte de sensibilité ou troubles urinaires. En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112.

Chutex Physio ouvrira bientôt en France

Si votre médecin ou votre kiné vous a confié des exercices pour une douleur musculaire, un kinésithérapeute dédié composera un programme d'exercices personnalisé dans l'application Chutex, suivra vos séances validées, vous répondra par messagerie et fera un bilan mensuel. 99 € TTC par mois, sans engagement, avec le bracelet Elio, requis pour le suivi en plus du prix. Les consignes de votre médecin et de votre kiné priment. Ce n'est ni un dispositif médical, ni un acte de kinésithérapie, ni un acte pris en charge par l'Assurance Maladie ; cela ne pose aucun diagnostic et ne remplace ni votre médecin, ni votre kiné, ni les urgences. Liste d'attente sur la page du service.

Être prévenu de l'ouverture

À lire aussi

Sources et références

Questions fréquentes

Un kiné a-t-il le droit de faire des ventouses ?

Selon l'avis n° 2021-01 du Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (18 mars 2021), la pratique des ventouses est insuffisamment éprouvée et expose à un risque injustifié de lésion : le kiné ne peut pas la proposer. Si un cabinet vous en propose, vous pouvez interroger le praticien ou le conseil de l'Ordre.

Les ventouses soulagent-elles la douleur ?

Une méta-analyse de 2025 rapporte une baisse de la douleur chronique avec des effets immédiats, mais pas d'amélioration fonctionnelle, tandis qu'une revue de 2024 sur la lombalgie (11 essais) conclut à une amélioration de la douleur à 2 à 8 semaines, non maintenue à 1 mois, avec une forte hétérogénéité. Les études sont hétérogènes : ces résultats ne sont pas une promesse.

Les ventouses laissent-elles des marques ou des brûlures ?

L'avis de l'Ordre cite le saignement et la brûlure parmi les risques. Une revue de 2018 indique que les effets indésirables étaient le plus souvent légers et temporaires, mais seules 8 études sur 18 les rapportaient. Les fiches lues ne détaillent pas les marques sur la peau.

Les ventouses sont-elles remboursées ?

Les pages lues ne mentionnent aucun remboursement. Selon le guide régional ameli, les actes hors nomenclature ne sont pas remboursables par l'Assurance Maladie (voir la page sur le kiné conventionné). Demandez toujours le prix et le statut d'une technique avant de la faire.

Quelle différence entre ventouses sèches et humides ?

Selon l'avis de l'Ordre, différentes techniques existent, de la simple dépression à l'usage d'aiguilles ou de scalpels pour provoquer un saignement. Les études distinguent des ventouses sèches et humides ; les fiches lues ne comparent pas leurs risques.

Quand consulter ou appeler le 15 ?

Consultez si la peau est brûlée, saigne ou s'infecte, ou si une douleur du dos ou du cou s'aggrave avec faiblesse, perte de sensibilité ou troubles urinaires (consigne de la rédaction). En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112.