Dysplasie de la hanche : dépistage chez le bébé, douleur chez l'adulte
La dysplasie de la hanche concerne le nourrisson (dépistage à la naissance) comme l'adulte (douleur, arthrose plus fréquente). Ce que disent la HAS, l'Assurance Maladie et le NHS, et quand consulter.
La dysplasie de la hanche désigne une articulation dont l'emboîtement entre la tête du fémur et le cotyle (la cavité de l'os du bassin) ne se fait pas comme il le faut. On la dépiste chez le nouveau-né, mais elle peut aussi passer inaperçue et se révéler plus tard, par une douleur de hanche ou de l'aine chez l'adulte. Cette page fait le point sur les deux situations, à partir de sources officielles, et dit quand il faut consulter.
Relecture médicale en cours. Publié le 16 octobre 2026, mis à jour le 16 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Selon la HAS, il vaut mieux repérer la luxation congénitale de la hanche le plus tôt possible, de préférence avant la fin du premier mois, sinon avant 3 mois. Le dépistage repose d'abord sur l'examen clinique, répété jusqu'à la marche, puis sur une échographie selon les signes. Chez l'adulte, elle peut causer une douleur.
L'essentiel en 5 points
- Selon la Haute Autorité de santé (HAS, fiche mémo de 2013), le diagnostic est utile le plus tôt possible, de préférence avant la fin du premier mois, sinon avant 3 mois.
- L'examen des hanches fait partie de l'examen du nourrisson dans les 8 jours (Assurance Maladie) et se répète à chaque examen systématique jusqu'à la marche (HAS).
- Une échographie est faite rapidement si l'examen est anormal, et à 1 mois s'il existe un facteur de risque : siège, antécédent familial du premier degré, anomalies orthopédiques (HAS).
- Chez le nourrisson, la dysplasie n'est en général pas douloureuse (le NHS, service public de santé britannique) : c'est le dépistage qui la repère, pas la plainte.
- Chez l'adulte, elle est souvent méconnue (revue JOSPT, 2026) et associée à plus d'arthrose de la hanche (méta-analyse de 2025).
Qu'est-ce que la dysplasie de la hanche ?
La hanche relie la tête du fémur à une cavité de l'os du bassin, dans laquelle elle s'emboîte. Dans la dysplasie, cet emboîtement est imparfait, et l'articulation devient plus lâche. Le NHS décrit ainsi la dysplasie développementale de la hanche chez le bébé : une articulation lâche, qui peut sortir facilement de sa position normale. Selon la forme, la hanche peut être simplement peu stable ou sortir de sa cavité : on parle alors de luxation congénitale de la hanche, terme que la HAS emploie dans sa fiche de dépistage.
Le NHS indique que la cause n'est pas claire, mais que la probabilité est plus élevée chez une fille, quand quelqu'un d'autre de la famille en a été atteint, ou quand le bébé s'est placé en position du siège pendant la grossesse. La HAS retient parmi ses facteurs de risque la présentation par le siège, les antécédents familiaux du premier degré et diverses anomalies orthopédiques.
Comment la dysplasie est-elle dépistée chez le nourrisson ?
Selon l'Assurance Maladie, un dépistage de la luxation de la hanche fait partie de l'examen approfondi du nourrisson dans les 8 jours qui suivent sa naissance. Le dépistage consiste en une simple manœuvre de manipulation des hanches, éventuellement associée, en cas de doute, à une échographie.
La HAS insiste sur le caractère répété de cet examen : il doit être refait lors de chaque examen systématique du nouveau-né et du nourrisson jusqu'à l'acquisition de la marche, car son résultat peut varier dans le temps. Elle précise aussi qu'il est difficile et demande de l'attention et de l'expérience.
Ce que le médecin recherche
- Une limitation ou une asymétrie de l'écartement de la cuisse (abduction) : la HAS en fait un signe d'alerte fiable et très simple à mettre en évidence, même s'il ne signe pas formellement une luxation.
- Une instabilité de la hanche, avec une sensation de ressaut ou de piston lors des manœuvres.
- Un raccourcissement de la cuisse ou une asymétrie des plis cutanés, à l'inspection.
Sur les bruits de hanche, les sources ne présentent pas les choses de la même façon. La HAS note que le craquement est un signe fréquent sans valeur sémiologique. Le NHS cite, parmi les signes que les parents peuvent remarquer, un claquement ou un bruit sec quand le bébé bouge les hanches. Dans les deux cas, c'est au médecin d'interpréter : un bruit seul ne dit ni qu'il y a un problème, ni qu'il n'y en a pas.
Échographie et radiographie : quand ?
Selon la HAS, la radiographie n'a plus sa place dans le dépistage de la luxation congénitale de la hanche jusqu'à 3 mois. L'échographie est la méthode retenue, en coupe coronale externe avec mesure du fond cotyloïdien. Les critères de normalité qu'elle cite sont un fond cotyloïdien inférieur à 6 mm et une différence entre les deux hanches inférieure à 1,5 mm. Ces valeurs relèvent de l'interprétation du médecin, pas d'une lecture à faire soi-même.
| Situation | Ce que recommande la HAS |
|---|---|
| Examen clinique anormal (limitation d'abduction, instabilité) | Échographie à réaliser rapidement |
| Examen normal, mais facteur de risque (siège, antécédent familial du premier degré, anomalie orthopédique) | Échographie à l'âge de 1 mois |
| Examen normal, sans facteur de risque | Examen clinique répété à chaque examen systématique jusqu'à la marche |
| Bébé de moins de 3 mois | Pas de radiographie pour le dépistage |
Comment est traitée la dysplasie chez le bébé ?
Le NHS explique que la dysplasie peut parfois s'améliorer seule, mais que la plupart des bébés ont besoin d'un traitement. Le plus courant est un harnais souple (harnais de Pavlik), posé par un professionnel de santé, que le bébé porte pendant 6 à 12 semaines selon la sévérité. Plusieurs échographies vérifient que le traitement agit. Si le harnais ne suffit pas ou si l'enfant est plus âgé, une orthèse rigide peut être proposée. Une opération n'est nécessaire que rarement.
Aucun exercice n'est à faire faire à un nourrisson à la maison pour traiter ou prévenir une dysplasie. La décision, la pose du harnais et le suivi appartiennent à l'équipe pédiatrique et orthopédique. Pour les parents, ce qui aide est de se rendre à tous les examens prévus et de poser leurs questions à l'équipe.
Et chez l'adulte : quels signes, quelles conséquences ?
Le NHS rappelle que les symptômes ne débutent parfois qu'à la fin de l'enfance, à la puberté ou à l'âge adulte, si la forme est légère et n'a pas été repérée à la naissance. Il cite une douleur de hanche, une douleur à la racine de la cuisse (l'aine) et une sensation de claquement quand on bouge l'articulation. Une revue publiée en 2026 dans le Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy rappelle que la dysplasie est une cause fréquente de douleur de hanche chez le jeune adulte, mais qu'elle est souvent méconnue, ce qui retarde le diagnostic.
Sur le risque d'usure, une méta-analyse de 18 807 hanches (Riedstra et coll., Osteoarthritis and Cartilage, 2025) a trouvé une association entre la dysplasie de l'acétabulaire et l'apparition d'une arthrose visible à la radiographie : rapport de cotes ajusté de 1,80 (intervalle de confiance à 95 % de 1,40 à 2,34). Dans cette étude, 378 hanches (2,0 %) ont développé une arthrose sur 4 à 8 ans de suivi. Autrement dit, le lien est net, mais à l'échelle individuelle la prédiction reste prudente : seul un médecin peut dire ce qu'il en est pour une hanche donnée.
| Nourrisson | Adulte | |
|---|---|---|
| Comment on la repère | Examen clinique systématique, puis échographie selon les signes et les facteurs de risque (HAS) | Douleur de hanche ou de l'aine, claquement ; examen clinique et imagerie interprétée avec la clinique (NHS, JOSPT) |
| Examen d'imagerie | Échographie (HAS, NHS) | Radiographies de hanche (NHS) |
| Douleur | En général pas douloureuse (NHS) | Possible, fréquente chez le jeune adulte (JOSPT) |
| Prise en charge | Souvent un harnais pendant 6 à 12 semaines (NHS) | Décidée par le médecin ou le chirurgien orthopédiste ; chirurgie parfois utilisée (NHS) |
Que peut apporter la rééducation chez l'adulte ?
La revue du JOSPT de 2026 souligne que la prise en charge non chirurgicale, avec exercice et éducation du patient, fait l'objet de preuves qui émergent mais restent limitées. Elle recommande une évaluation structurée qui réunit l'histoire de la douleur, l'examen physique et l'imagerie, et qui tient compte d'autres sources de douleur possibles. Le NHS indique aussi que la chirurgie est parfois utilisée chez les enfants plus âgés et les adultes.
Concrètement, ces sources ne donnent pas de programme d'exercices à suivre seul : les preuves restent limitées. Le programme doit venir de votre kinésithérapeute ou de votre chirurgien, et, après une opération, les consignes de l'équipe soignante priment toujours. En cas de douleur qui augmente pendant un exercice, arrêtez-vous et prévenez votre kiné.
Ce que vous pouvez suivre à la maison
- Un carnet de douleur : notez le côté, l'intensité de 0 à 10, le moment de la journée et ce qui la déclenche (marche, escaliers, position assise longue).
- Un journal des exercices prescrits : date, durée, difficulté ressentie, douleur après l'exercice.
- Les questions à poser au rendez-vous : quelle imagerie est nécessaire, quels mouvements éviter, quand revoir le médecin.
- Les activités qui gênent : cela aide le kiné à adapter les consignes à votre quotidien.
Quand consulter ?
Pour un nourrisson, parlez-en à votre médecin ou à votre pédiatre si vous remarquez une jambe qui bouge différemment de l'autre pendant le jeu ou le change, des jambes de longueur différente, ou, plus tard, un enfant qui traîne une jambe en rampant ou boite à l'apprentissage de la marche. Ce sont les signes cités par le NHS. Les examens systématiques prévus dans le carnet de santé restent la base du dépistage : ne les repoussez pas.
Pour un adulte, le NHS conseille de voir un médecin en cas de douleur de hanche ou de suspicion de dysplasie, chez soi ou chez son enfant. Notez la douleur dans votre carnet pour l'apporter au rendez-vous. En cas de signe grave, par exemple après une chute ou un choc avec une douleur vive qui empêche de poser le pied, appelez le 15 (SAMU) ou le 112 (consigne de prudence de la rédaction).
À lire aussi
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Sources et références
- HAS, Luxation congénitale de la hanche : dépistage (fiche mémo, 2013), lu le 2026-10-16
- Assurance Maladie, Examen du nourrisson dans les 8 jours qui suivent sa naissance, lu le 2026-10-16
- NHS, Developmental dysplasia of the hip (relue le 11 mars 2026), lu le 2026-10-16
- Riedstra et coll., Acetabular dysplasia and the risk of developing hip osteoarthritis within 4-8 years, Osteoarthritis and Cartilage, 2025, lu le 2026-10-16
- Jacobsen et coll., Understanding Adult Hip Dysplasia, J Orthop Sports Phys Ther, 2026, lu le 2026-10-16
Questions fréquentes
Quand consulter ou appeler le 15 pour une dysplasie de la hanche ?
Pour un nourrisson, le NHS cite une jambe qui bouge différemment de l'autre, des jambes de longueur différente, ou un enfant qui boite à l'apprentissage de la marche : parlez-en à votre médecin ou à votre pédiatre. Pour un adulte, le NHS conseille de voir un médecin en cas de douleur de hanche. En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112 (consigne de prudence de la rédaction).
La dysplasie de la hanche est-elle douloureuse ?
Chez le nourrisson, le NHS indique qu'elle n'est en général pas douloureuse, ce qui explique pourquoi les parents ne s'en aperçoivent pas toujours. Chez l'adulte, elle peut au contraire provoquer une douleur de hanche ou de l'aine, ou une sensation de claquement.
À quel âge dépiste-t-on la dysplasie de hanche chez le bébé ?
L'examen des hanches fait partie de l'examen du nourrisson dans les 8 jours (Assurance Maladie) et se répète à chaque examen systématique jusqu'à la marche (HAS). Une échographie est faite à 1 mois s'il existe un facteur de risque, ou rapidement si l'examen est anormal.
Quels bébés ont une échographie de hanche ?
Selon la HAS, ceux dont l'examen clinique est anormal, et ceux qui présentent un facteur de risque : présentation par le siège, antécédent familial du premier degré, anomalies orthopédiques. C'est le médecin qui décide, à partir de l'examen.
Un bébé peut-il avoir un claquement de hanche sans dysplasie ?
Oui, selon la HAS, le craquement est un signe fréquent sans valeur sémiologique. Le NHS cite pourtant le claquement parmi les signes à signaler. En pratique, c'est au médecin de faire la part des choses : un bruit isolé ne permet de conclure ni dans un sens ni dans l'autre.
Combien de temps un bébé porte-t-il un harnais de Pavlik ?
Le NHS indique 6 à 12 semaines selon la sévérité, avec des échographies pour vérifier que le traitement fonctionne. La durée et les modalités sont fixées par l'équipe qui suit l'enfant : ne les modifiez pas sans son accord.
La dysplasie de la hanche mène-t-elle à l'arthrose ?
Une méta-analyse de 18 807 hanches a trouvé une association entre la dysplasie et l'arthrose de hanche à la radiographie (rapport de cotes de 1,80). Le lien est établi sur des groupes, pas pour une hanche en particulier : seul un médecin peut apprécier votre situation.
Peut-on faire des exercices pour une dysplasie de hanche ?
Chez l'adulte, une revue de 2026 indique que les preuves sur l'exercice et l'éducation sont émergentes mais limitées. Les exercices doivent être choisis par un kinésithérapeute ou un médecin, et rester ceux du chirurgien après une opération. Aucun exercice n'est à faire faire à un nourrisson.