Rhizarthrose (arthrose du pouce) : orthèse, soins et opération

Douleur à la base du pouce : ce que disent la SFCM, l'Inserm et EULAR sur l'orthèse de repos, les médicaments, les infiltrations, les exercices et l'opération, et la tendinite de De Quervain à ne pas confondre.

La rhizarthrose est l'arthrose de la base du pouce : selon la SFCM, elle diminue la force de serrage de la main et gêne pour attraper les gros objets. Cette page résume ce que disent la Société française de chirurgie de la main (SFCM), l'Inserm et la société européenne de rhumatologie (EULAR) sur l'évolution, l'orthèse, les médicaments, les exercices et l'opération. Elle précise aussi pourquoi une douleur du pouce n'est pas toujours une rhizarthrose. Elle n'établit aucun diagnostic : seul un professionnel de santé le peut.

Relecture médicale en cours. Publié le 19 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Selon la Société française de chirurgie de la main (SFCM), la rhizarthrose est l'usure du cartilage de la base du pouce, très fréquente, surtout chez la femme, et débute le plus souvent vers 50 ans. Le traitement est d'abord médical, surtout avec une attelle de repos, plus souvent portée la nuit. La chirurgie n'est envisagée qu'après échec.

L'essentiel en 5 points

  • Selon la SFCM, la rhizarthrose est très fréquente, touche surtout la femme et débute le plus souvent vers 50 ans ; elle évolue lentement, sur des années.
  • Elle peut être très bien tolérée malgré des signes radiologiques importants, ou devenir très gênante (SFCM).
  • Selon l'Inserm (2022), hors orthèse de repos rigide sur mesure, aucun traitement n'a démontré son efficacité avec un haut niveau de preuve pour la base du pouce.
  • Les sources divergent sur les infiltrations de corticoïdes et sur le paracétamol : elles sont présentées plus bas, sans trancher.
  • Une douleur à la base du pouce peut aussi venir d'une tendinite de De Quervain : seul un médecin les distingue.

Qu'est-ce que la rhizarthrose ?

Selon la SFCM, c'est l'arthrose de la base du pouce, une destruction progressive des cartilages de l'articulation entre le trapèze et le premier métacarpien. Elle peut aussi toucher d'autres articulations autour du trapèze. L'Inserm rappelle, pour l'arthrose en général, que les lésions du cartilage ne régressent jamais, mais que leur progression n'est pas linéaire.

L'Inserm indique que les mains sont touchées dans 35 à 45 % des cas d'arthrose. Selon la SFCM, la rhizarthrose est très fréquente, touche surtout la femme et débute le plus souvent vers l'âge de 50 ans. Les facteurs favorisants cités par la SFCM sont des facteurs dégénératifs, les mouvements répétés du pouce, l'hérédité et parfois un traumatisme. L'Inserm confirme que l'arthrose des mains peut être héréditaire.

Quels sont les symptômes et l'évolution ?

Selon la SFCM, la rhizarthrose peut être très bien tolérée malgré l'importance des signes radiologiques et des déformations du pouce, ou devenir très gênante dans la vie quotidienne : douleurs, limitation de la mobilité de la base du pouce, diminution de la force de serrage de la main. L'évolution se fait lentement, sur des années, avec un enraidissement progressif du pouce qui gêne pour attraper les gros objets.

Elle peut entraîner une perte de force et parfois une déformation du pouce appelée « pouce en Z », ainsi qu'une déformation de l'articulation du milieu du pouce. L'Inserm note que l'arthrose peut aussi évoluer lentement, sans induire de handicap majeur. Les sources constatent ainsi que la gêne ressentie ne suit pas toujours l'importance des signes sur la radiographie.

Quelles sont les différences avec la tendinite de De Quervain ?

Une douleur à la base du pouce n'est pas forcément une rhizarthrose. La SFCM décrit la ténosynovite de De Quervain comme une inflammation de la gaine de deux tendons du pouce (long abducteur et court extenseur), qui passent dans un tunnel à la base du pouce. Elle débute après une activité manuelle ou un choc, et son diagnostic est essentiellement clinique, c'est-à-dire fondé sur l'examen du patient.

Deux causes de douleur à la base du pouce selon la SFCM (fiches d'information), lues le 2026-10-19
Point de comparaisonRhizarthroseTendinite de De Quervain
Ce qui est touchéCartilage de l'articulation entre le trapèze et le premier métacarpienGaine de deux tendons du pouce, dans un tunnel à la base du pouce
Début décritÉvolution lente, sur des années, le plus souvent vers 50 ansAprès une activité manuelle ou un choc
ExamensRadiographie pour l'arthrose ; examen du médecinDiagnostic essentiellement clinique, parfois radiographie, échographie ou IRM
Traitements citésAntalgiques, attelle de repos, infiltrations parfois, chirurgie après échecAttelle, anti-inflammatoires, kinésithérapie avec physiothérapie, infiltrations, chirurgie si échec

Les sources lues ne donnent pas de test que vous pourriez faire seul pour les départager, et cette page n'en propose aucun : c'est le médecin qui examine. Pour la tendinite, voir la page dédiée ci-dessous.

Quels sont les traitements sans opération ?

Selon la SFCM, le traitement est d'abord médical : antalgiques et anti-inflammatoires, médicaments anti-arthrosiques, parfois infiltrations de l'articulation et, surtout, attelle de repos. L'orthèse est plus souvent portée la nuit, de façon temporaire ou définitive. Pour l'Inserm, en dehors de l'orthèse de repos rigide sur mesure, aucun traitement médicamenteux ou non médicamenteux n'a démontré son efficacité avec un haut niveau de preuve dans l'arthrose de la base du pouce.

Une revue de la littérature publiée en 2018 dans RMD Open, qui a préparé les recommandations européennes, classe l'exercice des mains et l'attelle de la base du pouce portée longtemps parmi les traitements non médicamenteux bénéfiques. Elle cite aussi des essais isolés positifs pour la protection articulaire et les aides techniques. Les recommandations de l'EULAR de 2018 regroupent l'éducation, les aides techniques, les exercices et les orthèses parmi leurs trois premières recommandations. Les sources lues ne parlent pas d'ergothérapeute : c'est le médecin ou le kiné qui oriente.

Ce que disent les sources sur quelques traitements de la rhizarthrose, lues le 2026-10-19
TraitementSFCM (fiche d'information)Inserm (2022)RMD Open et EULAR (2018)
Orthèse de reposTraitement principal, plus souvent la nuitSeul traitement démontré avec un haut niveau de preuve : orthèse rigide sur mesureAttelle prolongée de la base du pouce : bénéfique
Infiltration de corticoïdesParfois proposéePeut être proposée en phase aiguë, moins efficace qu'au genouPas d'effet net montré pour la base du pouce ; généralement non recommandée (EULAR)
ParacétamolAntalgiques cités sans précisionChef de file des antalgiques de l'arthrosePas d'effet net montré sur l'arthrose des mains
Exercices de la mainNon citésNon citésBénéfiques (RMD Open) ; recommandés (EULAR)

Ces écarts ne se résolvent pas dans cette page : elle les montre. L'Inserm recommande, pour l'arthrose en général, de mettre l'articulation au repos lors des crises douloureuses. L'EULAR place les anti-inflammatoires locaux en premier choix parmi les traitements médicamenteux. Pour toute prise de médicament, référez-vous à la notice ou au pharmacien : cette page ne donne aucune dose.

Que dire de la recherche en cours ?

À titre d'information, l'Inserm a annoncé en 2022 un essai de 60 participants atteints d'arthrose douloureuse de la base du pouce, qui a comparé la toxine botulique au sérum salé, avec une orthèse rigide dans les deux groupes. Cet essai monocentrique (un seul centre) n'a détecté aucune différence sur les critères secondaires à 3 et à 6 mois. À 3 mois, la douleur avait diminué de 25,7 points sur 100 avec la toxine contre 9,7 avec le sérum. L'équipe envisage une étude à grande échelle : il ne s'agit donc pas d'un traitement établi.

Quand opère-t-on une rhizarthrose ?

Selon la SFCM, la chirurgie n'est envisagée qu'après échec du traitement médical. La fiche cite la section de tendons surnuméraires dans les formes débutantes, la prothèse en plastique ou en métal dans les formes évoluées, l'ablation du trapèze avec stabilisation du pouce par un tendon voisin, ou, dans certains cas, le blocage de l'articulation. Elle précise qu'une immobilisation de 15 jours à 6 semaines est nécessaire, et que les interventions qui remplacent le trapèze ont une récupération souvent longue.

La SFCM prévient aussi que ces interventions ne redonnent jamais un pouce normal et ne permettent pas de récupérer la force de serrage complète, malgré une rééducation souvent longue. La revue RMD Open de 2018 ne trouve aucune opération de la base du pouce plus efficace qu'une autre, et note que les gestes plus complexes entraînent plus de complications. Les consignes de votre chirurgien et de votre kiné priment sur tout ce qui est écrit ici.

Et les exercices et la rééducation ?

La revue RMD Open range les exercices des mains parmi les traitements non médicamenteux bénéfiques, et l'EULAR les recommande. Aucune des sources lues ne détaille les mouvements, les séries ou les charges : cette page n'en décrit donc aucun, et le programme reste celui de votre kiné. Une règle de la rédaction, qui ne vient d'aucune source : arrêtez un exercice si la douleur augmente et prévenez votre kiné.

Quand consulter pour une douleur à la base du pouce ?

Les sources lues ne donnent pas de délai précis. Consigne de la rédaction : prenez un avis médical si la douleur dure ou si elle gêne vos gestes quotidiens ; la SFCM décrit des déformations parfois très bien tolérées. La SFCM décrit aussi, après une opération, une main gonflée, douloureuse, avec transpiration puis raideur, qu'elle qualifie de préoccupante (algodystrophie) : prévenez alors le chirurgien.

Une douleur intense du pouce après un choc ou une chute, un pouce déformé, des doigts bleus ou engourdis, ou de la fièvre avec une main rouge et chaude sortent du tableau d'une arthrose : c'est une consigne de la rédaction, qui ne vient pas d'une source de santé. En cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112.

Comment suivre l'évolution à la maison ?

Voici des repères de la rédaction, qui ne viennent pas d'une source de santé, pour préparer la consultation.

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Sources et références

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre rhizarthrose et arthrose du pouce ?

Aucune : la rhizarthrose est le nom médical de l'arthrose de la base du pouce. Selon la SFCM, il s'agit d'une destruction progressive des cartilages de l'articulation entre le trapèze et le premier métacarpien, très fréquente, surtout chez la femme, vers 50 ans.

Faut-il porter une orthèse pour une rhizarthrose ?

Selon la SFCM, l'attelle de repos est surtout le traitement de première intention, plus souvent portée la nuit. L'Inserm cite l'orthèse de repos rigide sur mesure comme seul traitement dont l'efficacité est démontrée avec un haut niveau de preuve. Les sources lues ne précisent pas la durée de port : demandez à votre médecin ou à votre kiné.

Les infiltrations de cortisone sont-elles utiles dans la rhizarthrose ?

Les sources divergent. La SFCM cite parfois des infiltrations, l'Inserm indique qu'elles peuvent être proposées en phase aiguë mais sont moins efficaces qu'au genou, et la revue RMD Open de 2018 ne montre pas d'effet net à la base du pouce. La décision se prend avec le médecin.

Quels exercices faire pour la rhizarthrose ?

La revue RMD Open de 2018 classe l'exercice des mains parmi les traitements non médicamenteux bénéfiques, et l'EULAR les recommande. Les sources lues ne détaillent pas les mouvements : suivez le programme de votre kiné et arrêtez si la douleur augmente.

Quand opère-t-on une rhizarthrose ?

Selon la SFCM, la chirurgie n'est envisagée qu'après échec du traitement médical, avec une prothèse, l'ablation du trapèze, ou plus rarement le blocage de l'articulation. Elle ne redonne jamais un pouce normal ni la force de serrage complète. Le chirurgien explique les risques et les suites.

Quand consulter ou appeler le 15 pour une douleur du pouce ?

Consigne de la rédaction : prenez un avis médical si la douleur dure ou gêne vos gestes. Après une opération, une main gonflée, douloureuse, avec transpiration puis raideur est préoccupante selon la SFCM. Après un choc, avec un pouce déformé ou des doigts engourdis, ou en cas de signe grave, appelez le 15 ou le 112.

Une douleur à la base du pouce est-elle toujours une rhizarthrose ?

Non. La tendinite de De Quervain, une inflammation de la gaine de deux tendons du pouce, donne aussi une douleur à la base du pouce, selon la SFCM. Son diagnostic est essentiellement clinique : seul un médecin distingue les deux causes.