Maladie d'Alzheimer et chutes : causes, chiffres datés, aménagement du domicile et conduite à tenir

Selon l'expertise collective de l'Inserm publiée en 2007, le diagnostic de maladie d'Alzheimer multiplie par 3 le risque de chute, quel que soit le stade de la maladie et la prise de médicaments. 1 Ce chiffre est ancien. L'Inserm note aussi que ces chutes sont plus graves et que la prévention reste peu documentée. 1 2

Publié le 20 octobre 2026. Mis à jour le 20 octobre 2026. Par l'équipe éditoriale Chutex. Relecture médicale en cours.

Définitions

Contention physique
Les contentions physiques désignent les mesures utilisées la plupart du temps pour limiter les troubles du comportement ou les chutes, selon l'Inserm. [1]
Séjour au sol prolongé
Le séjour au sol prolongé est l'impossibilité de se relever du sol avec un séjour au sol supérieur à une heure, un signe de gravité selon la Haute Autorité de santé. [7]
Lit Alzheimer
Le « lit Alzheimer » est un lit remboursé sur prescription médicale qui se baisse à 10 cm du sol, selon France Alzheimer. [6]

L'essentiel en chiffres

  • Selon l'expertise collective de l'Inserm sur la maladie d'Alzheimer (2007), le diagnostic multiplie par 3 le risque de chute, indépendamment du stade et de la prise de médicaments, et le taux de fractures est aussi 3 fois plus élevé.1
  • Selon l'expertise collective de l'Inserm sur les chutes (2015), le risque de chute augmente avec la sévérité de la démence, du moins jusqu'au stade modéré, avant le confinement au fauteuil ou au lit.2
  • Selon l'Assurance maladie, plus de 2 millions de personnes de plus de 65 ans chutent chaque année en France, tous états de santé confondus.4
  • Selon Santé publique France (bulletin publié le 12 mars 2026), 174 824 hospitalisations et 20 148 décès étaient liés à une chute chez les 65 ans et plus en 2024, sans distinction de maladie.5

Pourquoi les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer chutent-elles davantage ?

Plusieurs mécanismes s'additionnent. L'Inserm cite d'abord les troubles du jugement : la personne évalue mal les risques d'un déplacement ou ses propres capacités. Les troubles de l'attention jouent aussi, surtout quand plusieurs informations arrivent en même temps. 1

L'Assurance maladie décrit le même phénomène. Les maladies de la mémoire et les troubles cognitifs amènent à moins percevoir les risques et à se mettre en danger, par exemple en montant sur une chaise instable ou en s'engageant sur un escalier glacé. 4

La page de vulgarisation de sante.fr, proposée par la Fondation Recherche Alzheimer et publiée le 26 juillet 2024, ajoute des troubles de la coordination, des gestes moins habiles et des troubles de la perception visuelle. À un stade avancé, elle cite la dénutrition et la perte de force musculaire. Au stade de la déambulation, la fatigue et l'inattention entrent en jeu. 3

L'Inserm relève enfin que la perte de poids, qui concerne 20 à 40 % des patients à un stade léger à modéré, s'accompagne de chutes et de fractures. 1

De combien le risque augmente-t-il, et que valent ces chiffres ?

Le chiffre le plus repris est le « multiplié par trois ». Il vient de l'expertise collective de l'Inserm de 2007 : le diagnostic multiplie par 3 le risque de chute, indépendamment du stade et des médicaments, et le taux de fractures est lui aussi 3 fois plus élevé. 1 Cette expertise s'appuie sur des études de 1987 et 1988. 1

En 2015, une autre expertise collective de l'Inserm précise que le risque augmente avec la sévérité de la démence, du moins jusqu'au stade modéré, avant le confinement au fauteuil ou au lit. Un risque accru existe dès la démence débutante. 2 Les chutes antérieures restent l'un des meilleurs indicateurs de rechute à 6 mois. 2

Ces données sont anciennes. Aucune source officielle consultée pour cette page ne donne, pour la France, la part des malades qui chutent chaque année. Lisez ces chiffres comme des ordres de grandeur datés, pas comme une prévision pour une personne.

Repères chiffrés sur la maladie d'Alzheimer et la chute (sources lues le 20 octobre 2026)
RepèreValeurSource et dateLimite
Risque de chute avec le diagnosticMultiplié par 3Inserm, 2007 1Études de 1987 et 1988
Taux de fractures3 fois plus élevéInserm, 2007 1Même expertise
Perte de poids (stade léger à modéré)20 à 40 % des patientsInserm, 2007 1S'accompagne de chutes et de fractures
Personnes de plus de 65 ans qui chutent chaque annéePlus de 2 millionsAssurance maladie 4Tous les seniors, pas seulement la maladie d'Alzheimer
Hospitalisations et décès liés à une chute en 2024174 824 et 20 148Santé publique France, 12 mars 2026 565 ans et plus, sans distinction de maladie

Sources 1, 4 et 5, lues le 20 octobre 2026.

Une chute peut-elle être un signe précoce de la maladie ?

C'est une hypothèse de recherche, pas un critère de diagnostic. Selon la page de sante.fr, une étude américaine présentée en 2011 (université Washington à Saint-Louis, 125 personnes âgées suivies pendant 8 mois, avec imagerie des plaques amyloïdes) a lié la présence de plaques à un risque de chute supérieur à la moyenne. 3

La page ne donne pas la référence complète de l'étude. Elle conclut par un conseil prudent : quand les chutes se reproduisent sans raison évidente, mieux vaut en parler à son médecin. 3 Une chute, même inexpliquée, ne permet pas de conclure à une maladie : seul un médecin peut en chercher la cause.

Quels facteurs aggravent le risque de chute ?

L'Inserm souligne l'impact des médicaments et rappelle que l'identification et la correction des facteurs de risque modifiables, avec une rééducation individualisée, devraient réduire le risque. 2 La revue des traitements relève du médecin : n'arrêtez ni ne modifiez un médicament sans son avis.

Selon sante.fr, les personnes à haut risque se reconnaissent à plusieurs signes. 3

  • Une chute au cours des 6 derniers mois. 3
  • La peur de tomber. 3
  • Une instabilité à la marche. 3
  • Une difficulté à se relever d'une chaise. 3

Comment aménager le domicile quand la personne ne repère plus les risques ?

Dans sa recommandation de décembre 2011, la HAS demande au médecin d'évaluer les risques de l'environnement, comme les tapis non fixés ou les sanitaires inadaptés. 8

La brochure « Les aménagements à la maison » de France Alzheimer (déposée en 2016, non datée dans le texte) et la page de sante.fr listent des gestes concrets. 3 6

  • Enlever les petits tapis ou les coller au sol, et retirer les descentes de lit. 6
  • Vérifier qu'aucun fil ne reste au sol. 6
  • Dégager les couloirs, poser des tapis antidérapants, installer des barres d'appui aux toilettes et en salle de bains. 3
  • Prévoir une veilleuse entre la chambre et les toilettes. 3
  • Choisir une lumière de nuit très faible pour ne pas favoriser la désorientation, sachant que certaines personnes ont besoin d'une obscurité totale. 6

Barrières de lit et contention : une réponse aux chutes ?

Selon l'Inserm, les contentions physiques utilisées la plupart du temps pour limiter les troubles du comportement ou les chutes n'ont jamais montré leur efficacité dans ces indications. Elles aggravent au contraire significativement le risque de chutes graves. 1

France Alzheimer cite un « lit Alzheimer » remboursé sur prescription médicale, qui se baisse à 10 cm du sol, limite les blessures en cas de chute et reste dissuasif pour se lever. La même brochure juge les deux barrières de chaque côté du lit très dangereuses sans surveillance active : la personne risque de les enjamber, de tomber de plus haut ou de se coincer la tête ou une jambe. 6

Ces informations ne sont pas un conseil d'achat ni de contention. Tout choix de ce type se discute avec le médecin. Notre page sur la chute du lit détaille les sources.

La prévention est-elle démontrée chez les malades d'Alzheimer ?

Pas de façon solide. En 2007, l'Inserm écrivait que les essais randomisés sur la prévention des chutes chez ces patients restaient épars et peu concluants. 1 En 2015, il juge que les études de prévention sont encore peu concluantes, et qu'une prévention primaire est préférable à une prévention secondaire. 2

Une étude de 626 patients à démence débutante a conduit à cette dernière conclusion. 2

Que faire après une chute chez une personne désorientée ?

La recommandation de la HAS sur les chutes répétées (2009, ancienne) liste des signes de gravité : des traumatismes modérés à sévères, et l'impossibilité de se relever du sol avec un séjour au sol supérieur à une heure. Ce séjour peut avoir des conséquences : rhabdomyolyse, hypothermie, escarres, pneumopathies d'inhalation, déshydratation. 7

Le médecin recherche aussi, dans la même recommandation, un déclin cognitif. 7

En cas de blessure, de douleur ou d'impossibilité de se relever, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Les gestes à connaître sont détaillés dans nos pages « que faire après une chute » et « se relever après une chute ».

Quelles protections et quelles alertes existent, et que couvrent-elles ?

Deux familles d'équipements répondent à deux besoins différents. Un équipement de protection vise à amortir l'impact d'une chute. Une alerte vise à prévenir des proches ou des secours. Aucune ne remplace l'aménagement du domicile, une présence ou le suivi médical.

Un gilet airbag comme Elder est un équipement de protection individuelle : il ne prévient pas la chute et n'appelle pas les secours. Un bracelet d'alerte déclenche un appel quand la personne appuie sur SOS, et le bracelet seul ne détecte pas toutes les chutes. Selon l'avancée de la maladie, la personne peut ne pas penser à déclencher une alerte : c'est un point à examiner avec l'entourage et le médecin.

Aucune source officielle consultée pour cette page ne mesure l'efficacité d'un tapis de sol, d'une alarme de lit ou d'un détecteur de présence chez les malades d'Alzheimer. Nous n'en disons donc rien.

Quand consulter ?

Parlez-en au médecin traitant dès que les chutes se répètent, surtout sans raison évidente. 3 Il peut chercher les causes et revoir les traitements.

Appelez le 15 ou le 112 après une chute avec blessure, douleur vive, perte de connaissance ou impossibilité de se relever. Un séjour au sol de plus d'une heure est un signe de gravité selon la HAS. 7

Cette page informe. Elle ne remplace pas l'avis d'un médecin et ne pose aucun diagnostic.

Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Pourquoi une personne atteinte d'Alzheimer tombe-t-elle souvent ?
Selon l'Inserm, les troubles du jugement et de l'attention contribuent aux chutes, et la perte de poids s'accompagne de chutes ; l'Inserm souligne aussi l'impact des médicaments. L'Assurance maladie ajoute que la personne perçoit moins les risques. Les causes varient d'une personne à l'autre : le médecin les recherche. 1 2 4
Alzheimer multiplie-t-il vraiment le risque de chute par trois ?
C'est le chiffre de l'expertise collective de l'Inserm publiée en 2007, indépendant du stade et des médicaments. Il s'appuie sur des études de 1987 et 1988 : prenez-le comme un ordre de grandeur ancien, pas comme une mesure actuelle pour une personne. 1
Une chute est-elle un signe précoce de la maladie d'Alzheimer ?
C'est une hypothèse de recherche relayée par sante.fr, à partir d'une étude américaine de 2011 sur 125 personnes âgées. Une chute ne permet pas de conclure à une maladie. Si les chutes se répètent sans raison évidente, parlez-en au médecin. 3
Faut-il mettre des barrières au lit d'une personne atteinte d'Alzheimer ?
L'Inserm indique que les contentions physiques n'ont jamais montré leur efficacité contre les chutes et aggravent le risque de chutes graves. France Alzheimer juge les deux barrières très dangereuses sans surveillance active. La décision relève du médecin. 1 6
Comment aménager la maison d'une personne atteinte d'Alzheimer pour limiter les chutes ?
Enlevez ou collez les petits tapis, retirez les descentes de lit, rangez les fils, dégagez les couloirs, installez des barres d'appui et une veilleuse très faible entre la chambre et les toilettes, selon France Alzheimer et sante.fr. Un ergothérapeute peut adapter ces gestes. 3 6
Que faire quand une personne atteinte d'Alzheimer est tombée ?
En cas de blessure, de douleur ou d'impossibilité de se relever, appelez le 15 ou le 112. Un séjour au sol de plus d'une heure est un signe de gravité selon la HAS (2009). Parlez ensuite de la chute au médecin traitant. 7
Peut-on prévenir les chutes chez un malade d'Alzheimer ?
L'Inserm juge les études de prévention encore peu concluantes (2015) et préfère une prévention primaire. L'identification des facteurs de risque modifiables, avec une rééducation individualisée, devrait réduire le risque, sans le supprimer. 2

Sources

  1. 1. Inserm, expertise collective Maladie d'Alzheimer (2007), chapitre 10 : perte de poids, troubles de l'équilibre et autres déficiences. https://ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/113/Chapitre_10.html (lu le 20 octobre 2026)
  2. 2. Inserm, expertise collective Chutes des personnes âgées (2015), chapitre 2 : facteurs de risque liés à la santé. https://ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/6807/Chapitre_2.html (lu le 20 octobre 2026)
  3. 3. Sante.fr (Fondation Recherche Alzheimer), Pourquoi les malades d'Alzheimer font-ils plus de chutes ? (publié le 26/07/2024). https://www.sante.fr/node/8144541 (lu le 20 octobre 2026)
  4. 4. Assurance maladie, Chutes : qui est concerné et pourquoi tombe-t-on ? (page non datée). https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/chutes-troubles-marche/frequence-et-causes-des-chutes (lu le 20 octobre 2026)
  5. 5. Santé publique France, Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les 65 ans et plus, données 2015-2024 (publié le 12/03/2026, mis à jour le 16/03/2026). https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/traumatismes/chute/documents/bulletin-national/hospitalisations-et-mortalite-en-lien-avec-une-chute-chez-les-personnes-de-65-ans-et-plus-en-france.-donnees-2015-2024 (lu le 20 octobre 2026)
  6. 6. France Alzheimer, Les aménagements à la maison (brochure déposée en 2016, non datée dans le texte). https://aides.francealzheimer.org/wp-content/uploads/2016/07/Les-am%C3%A9nagements-%C3%A0-la-maison.pdf (lu le 20 octobre 2026)
  7. 7. HAS, Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées (2009). https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2009-06/chutes_repetees_personnes_agees_-_recommandations.pdf (lu le 20 octobre 2026)
  8. 8. HAS, Maladie d'Alzheimer et maladies apparentées : diagnostic et prise en charge (décembre 2011). https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2011-12/recommandation_maladie_d_alzheimer_et_maladies_apparentees_diagnostic_et_prsie_en_charge.pdf (lu le 20 octobre 2026)

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